‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 68 sur 68 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Description générale des Tsles Sandwich. Leur nombre, leurs noms:et* leur. position. Owhyhee : son étendue et. sa division eh districts. Description de.ses côtes et du Pays adjacent. Indices de vol-

\ cans. Montagnes de neige. Leur hauteur est déter-

minée, Récit d’un voyage dans l’intérieur du pays.

Mowee, Tahoorowa. Morotoi, Ranai. Woahoo.

. Atoi, Oneeheow. Oreehowa. Tahoora. Climat,

Vents. Courants. Marées. Arimaux et végétaux, + Observations nd ip

AA AAA AIM A MMA SLT

Avarr de quitter les Isles Sandwich, il convient de faire ici une description générale de leur position, de leur histoire naturelle, et des : mœurs ét des usages des habitans. Mg

Des hommes beaucoup plus en état que moi de remplir cette tâche, ont déjà communiqué leurs remarques sur ce point. Si le Capitaine Cook et M. Anderson eussent vécu assez long-témps pour profiter des instructions que nous avons eu occasion de recueillir lors de notre secon le relâche sur ces Isles, les lumières et les soins de deux observateurs aussi exacts n’auroient rien laissé à désirer au public ; le lecteur déplorera sans doute avec moi les malheurs qui l'ont privé des observations de deux hommes d’un talent si supérieur, et qui m'ont imposé la tâche de lui

nom es son riplion de voldéter. e U pays.

oahoo, limat, étaux,

ient de de leur S habi-

> remaïques uUSssent ns que con le > deux ésirer oi les mmes de lui

présenter les observations que les divers services auxquels j'ai été employé m'ont permis de faire. :

Ce groupe est composé de ouze Îles , qui s'étendent en latitude depuis 18 degrés 54 minutes jusqu'à 22 degrés 25 minutes Nord, et en longitude du 19y.° degré 36 minutes au: 208.e degré 6 minutes Est. Les Naturels Ps appellent : 1. Owkyhee ; 2. Mowee ; 3. Ranaï où Oranai; 4. Morotinne ou Morokinnee; 5. Kakowrowee où Tohoororewa ; 6. Murotoi ou Morokof ; 7.

Woahoo où Oahoo ; 8. Atooi ; Atowi ou Towi, et,

quelquefois :Kowi (1}; 9 Nechrehow où Onecheow ; 10: Orechoua du. Rechoua ; et 1t: Takoora : “exce pté Morotinneé: et Tahovra, elles sonttoutes liabitées, Outre ces onze terres ; les gens du pays nous dirent-qu'il y en à une douzième appelée Môdoo-papapa(2) ou Komodoo-papapa , située’ à l'Ouest-Sud- iron de Tahoora ;

qu’elle est basse et sablonneuse ; et'qu'on ÿ' va seitéiieit

prendre des tortues et des oiseaux de mér. Comme je

n'ai pas découvert qu'ils en connoissent aucuñe aûtre , il est probable qu'il n'en existe bre aux environs wi ce petit archipel, * 1: us it

M. Cook leur a donné le nom d’Îsles Sandwich en l'honneur du Comte de Sandwich, sous l'administration duquel il a enrichi la Géographie de découvéttes si nombreuses et si importantes ; homisage bien dû à un Ministre

(x) 11 faut observer que les habitans des Isles situdes au vent}

emploient le Æ au-lieu du 7”; dote disent, par tsamplé, Morokoi au-lieu de HMorotoi.

(2) Modoo signifie Isle, et papapa signifie vs ou uni, Le Capitaine Cook, Vol, II, page 900, donne à cette Isle le nom de Tarmmata-pappa, *

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qui s’est occupé si noblement de tout ce qui pouvoit multiplier les avantages ou concourir aux succès des expéditions de M. Cook ; qui a:secondé-avec un zèle extrême les vues de ce grand Navigateur, et s’il m'est permis de joindre ici la reconnoissance de quelques'individus à ‘celle de toutes les Nations, quiaprès:la mort de notre Commandant , a protégé sn tous les Officiers qui avoient servi sous ses ordres, ::

-Owkyhee, la plusorientäle et la plus considérable, est d'une forme triangulaire:et presque équilatérale : les poin- ‘tes des angles forment lesextrémités Nord, Est et Sud. La pointe du Nord gît par 20 degrés 17 minutes de latitude et 204 degrés à, minutes de longitude orientale ; celle de l'Est par 19-degrés, 34 minutes de latiqude et 205 degrés 6 minutes de longitude ; celle du Sud par 18 degrés, 54 minutes de latitude et 204 degrés 15, minutes de longitude: sa plus grande: longueur , dont la directioniést à-peu-près Nord et Sud,..est de vingt-huit lieues et demie; sa largeur de vingt-quatre,,et; sa.citcanférence; d'environ deux cent cinquante-ciaq milles géographiques on deux cent quatrevingt-treize milles anglois : elle est divisée en six «grands districts, dant voici les noms ::4mokaoa et Aheedoo au côté Nord-Est ; 4poona et Kaoo au Sud-Est ; Akond et Koarra #'Ouest! ; ; cr:

Les districts d’Amakaos et d'Ahcedoo sont séparés par une montagne appelée Moura-Kaak( ou la montagne de Koaz ), laquelle offre trois pics toujours couverts de neige, qu’on voit d’uÿe manière distincte à la distance de quarante lieues.

Dés rochers élevés et escarpés, d'où tombent une multitude de belles cascades, forment la côte au Nord decette

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ble, est s poinud. La itude et de l'Est 6minuinutes sa plus ord et eur de X. cent quatregrands loo au 4kond

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DE COOK.. . (1779) 427 montagne. Nous eümesl’espoir de rencontrer un havre derrière un Cap renflé qui git par 20 degrés 10 minutes de latitude Nord et 204 degrés 26 minutes de longitude orientale; mais en doublant la pointe et.en longeant de près le rivage, nous aperçümes une vallge basse qui réunissoit le Cäp à un autre promontoire élevé situé au Nord-Ouest. Le pays s'élève peu-à-peu vers le centre de l'Isle ; il est coupé par des ouvertures étroites et profondes, ou plutôt par des creyasses; il nous a paru bien cultivé, et semé de nombreux villages : la montagne de neige est Mnen et la partie inférieure est revétue;de bois.

, La côte d'Æ4eedoa, située au Sud de MounerKaek est dune hauteur modérée; les derrières sont plus unis, et moins remplis de ravins que les cantons qu’on voit au:Nord- Ouest. Nous: croisämes presque un mois à la hauteur de ces deux districts, set toutes les fois que nous pümes nous tnircà une. disiance convenable du rivage , nous füûmes cûvironnés de pirogues chargées de provisions de toute espèce. Nous eûrhes souvent une mer trés-grosse et une houle forte sur cette bande del’Isle ; et comme nous n'avions point de sondes, etque ndusremarquion beaucoup de fonds de mauvaise tenue, nous mavignâmes constamment à deux'ou trois lieues de laterce , ue dans l’oc casion dont j'ai déjà parlé.

La côte au Nord-Est d'Æpoona, qui forme l'extrémité éshmnis de l'isle,:est basse et plate ; la pente de l'intérieur est très-insensiblé , et tout le pays est couvert'de cocotiers et d'arbres à pain. Autant que nous pümes en juger, c’est le beau canton, et l'on nous dit ensuite que le Roi y réside quelquefois : à l'extrémité Sud-Ouest ; les collines s’élèvent brusquement des bords de la mer : on ne

voit entre leurs ‘pieds et les flots, qu'une bordure étroite” de terrains bäs. Noûs fümes ici assez près de la côte, et nous trouvâmes les flancs des collines revêtus d’une belle verdure; mais la population nous ÿ parut peu considérable. En doublant la pointe “@rientale’ de Isle nous découvrimes une autre méi‘agne de:neige , appelée Mouna* Roa (ou montagne étendue ) ; qui continua à être fort visible tout le temps que rious longeämes la bande Sud: Est ; elle est applatie à la cime, et forme ceique les marins appellent un plateau, nous vîmies toujours son sommet enseveli dans les neiges, et nous aperçûmes une fois un!

espace assez considérable de ses flancs qui en étoit revêtu; mais la plus gr-nde pen de cette neige ps ‘en: peu de jours,

Selon la ligne tropicale de neige, telle que M. de la Cons damine l’a déterminée , d’après des observations faites sur les Cordillières, cette montagne doit avoir au-moins 16,020 pieds d’élévation, c’est-à-dire, qu’elle est plus haute de 724 pieds que le Pico de Teyde ou le Pic de Ténériffe ; si lon adopte les calculs du docteur Heberdeen; et de 3,680; si lon s’en rapporte à ceux du Chevalier de Borda: Les pics de Mouna-Kaak nous parurent avoir environ un demi-mille d'élévation, :et comme ils étoient revêtus de neige par-tout, la hauteur de leurs sommets ne peut pas être de moins de 18,400 pieds. Au reste, il:est probable quel'élévation, de ces deux montagnes est encore plus grande: car, dans les Isles, les’effets de l'air chaud de la mer doivent, à latitude égale, porter:la ligne de neige à une hauteur plus-grande que dans les endroits où l'atmosphère est refroidie de tous côtés par une immense étendue de neiges qi ne fondent jamais.

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a Cons tes sur 16,020 ute de ériffe ; et de Borda:

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La côte de Ka00 présente l'aspect le plus sauvage.et le

plus affreux ; tout ce district semble avoir été bouleversé par une convulsion terrible, Le sol est par-tout couvert de fraisil, et entrecoupé en bien des endroits de bandes noires, lesquelles paroïssent marquer le cours d’une lave qui stest écoulée, il n’y a pas un grand nombre de générations, de la montagne de Roa vers le rivage. Le promontoire Sud ne semble offrir que des scories d’un volcan. La pointe saillante est composée de rochers brisés et crevassés, empilés les uns sur les autres d’une manière irrégulière, et terminés en aiguilles.

Malgré l'aspect hideux de ce canton de l'Esle, on y voit un graud nogbre de villages, et il est certainement beaucoup plus peuplé que les montagnes verdoyantes d'Apoora. Il n'est pas difficile de rendre raison de cette singularité. Les Insulaires manquant de troupeaux, n’ont pas besoin de pâturages, et ils préfèrent d’une manière assez naturelle, les terrains les'plus commodes pour la pêche ou les plus propres à la culture des ignames et des bananes. Il y a parmi ces ruines, quelques districts d’un sol riche, qui sont plantés avec soin, et la. mer des environs offre une assez grande variété de poissons excellens, dont nous fûmes toujours abondamment fournis , ainsi que d’autres

provisions.

En travers de cette partie de la côte, une ligne de six brasses ne capporte point de fond à.moins d’une encablure du rivage ; j'en excepte cependant une petite crique située à l'Est de la pointe méridionale , où nous eûmes des sondes régulières de cinquante et cinquante-huit brasses, fond de beau sable. Avant de parler des districts de l'Ouest , il est bon de remarquer que toute la bande orientale d FANS

depuis l'extrémité Nord jusqu'à l'ettrémité Sud , n'offre aucüueespèce de havre ou d'abri- pour les aise “ Les parties Sud-Ouest d’Akona sont davsle même état que le district adjacent de Kaoo; mais plus Join au Nord, le pays a été cultivé avec beaucoup de’ spé et ilest extrémement peuplé.

… La baie de Karakakoo, que j'ai déjà décrite, se trouve dans cette partie de l'Isle. On n’aperçait le long de la côte que des scories en grosses masses , et des fragmens de rochers noircis par le feu : pat.dérdière: le tetifiin s'élève peu-à-peu l’espace d'environ deux milles et demi, et il semble avoireété couvert autrefois de pierres mobiles brûlées. Les Naturels se sont doriné la péine de les enlever, souvent jusqu’à plus de trois pieds de profondeur : c'est un grand travail; mais la fertilité du solles en dé- Ring amplement : ils cultivent ici sur un terrain de cendres très-fértiles, des patates douces, et l'arbre dont ilstirent leurs étoffes. Les champs sont enfermés de murs de pierres, et entre -mêlés de bocages de cocotiers; on trouve des arbres à pain, dont la végétation est trés-forte sur les terrains qui de détrièré ces plantations.

Le district de Koaraa s'étend depuis la pointe la plus occidentale jusqu’à l'extrémité Nord de l'Isle : toute la côte qui est dans l'intervalle, forme une vaste baie, appelée Toc-yak-yak, bornée ‘au Nord par deux collines trèssensibles. 11 y a, vers la partie la plus intérieure de cette baie, un fond de corail de mauvaise tenue, qui se prolonge. à plus d’un mille de la côte, et en-dehors duquel on trouve des sondes régulières et un bon mouillage par vingt brasses. Le pays, aussi loin que put s'étendre notre vue,

n'offre

me état Nord, est ex-

trouve Ja côte de ros'élève setil nobiles es endeur :

n déain de dont murs s; on 1 est plan-

plus te la pelée trèscette onge.

>uve ingt ue,

DE COO7 (1779) 43r nous parut fertile et bien peuplé; le sol nous $embla de la même nature que celui de Kaoo; mais on n’y rencontre point d’eau douce.

Je n'ai parlé jusqu'ici que des côtes de llsie et des terres voisines du rivage ; ce sont les seules portions que j'aie eu occasion d'examiner par moi-même. Ce que je puis dire de l'intérieur m'a été communiqué par quelques-uns denos Messieurs, qui partirent l’après-dinée du 26 Janvier, avec le projet de pénétrer dans l'intérieur du pays, aussi loin qu’ils le pourroient, et sur-tout de faire des efforts spouf atteindre les montagnes de neige.

Après s'être procuré deux Näturels qui devoient leur servir de guides , ils quittérent le village à quatre heures du soir, et ils dirigèrent leur marche un peu au Sud de l'Est. À trois ou quatre milles de la baie, ils trouvèrent le pays tal que je lai déjà décrit : les collines s'élevèrent ensuite d’une manière plus brusque, et ils arrivèrent à des plantations étendues qui terminent la vue du, pays telle qu'on l’a des . ‘sseaux. “9

Ces plantations offrent du sarrow (*) ou dès racines

(*) Les patates douces et le tarrow étoient ici plantés à quatre pieds d’intervalle; les patates douces étoient enfoncées presque jusqu’au: sommet de la tige, et couvertes d'environ nn demiboisseau d’un terreau'léger. Le tarrow étoit nu jusqu’à la racine ; la terre végétale qui l’environnoit étoit creusée en forme de bassin, afin de retenir l’eau de pluie; car cette racine a besoin d’un certain degré d'humidité. Nous avons déjà dit que Île tarrow est toujours planté, aux {sles des Amis ct de la Société, dans des terrains bas et humides, et ordinairement dans les endroits où l’on peut détourner un ruisseau. Nous avions imaginé qu'il né croft point ailleurs; mais nous geconnûmes ici, qu'avec la précaution dont j'ai déjà parlé, äl réussit également sur un terrain plussec. En effet,

43a TROISIÈME VOYAGE

d'eddy, des patates donces, des arbres avec l'écorce desquels les Naturels fabriquent leurs étoffes; ces diverses productions sont disposées en lignes d’une. manière :trèsrégulière. Les murailles qui les séparent sont composées de pierres mobiles et brülées, que les.Insulaires entassent lorsqu'ils nettoient leurs champs ; et comme elles sont entièrement cachées par des caunes de sucre, elles forment les plus belles haies qu’on puisse imäginer. Nos Messieurs passèrent une nuit à la seconde cäbane qu'ils trouvèrent parmi les plantations : ils jugèrent qu'ils étoient alors à six ou sept milles de notre mouillage. Le point-dé-vue dont ils jouirent à cet endroit leur parut charmant; ils voyoient devant eux les vaisseaux dans la baie ; une tile continue de bourgades entre-mêlées de bocages de cocotiers ; s'étendoit à leur gauche le long de la côte de la mer, et par-derrière, un bois épais se prolongeoit au-delà de: leur horizon; à leur droite, ils apercevoient jusqu'à l'extrémité de l'horizon des terrains couverts de. plantations paires et bien tenues.

Les Naturels leur montrèrent, loin de toute autre habitation , la résidence d’un Hecilte qui avoit ..é jadis un Chef important et un guerrier célèbre, mais qui avoit abandonné depuis long-temps les côtes de l'Isle, et qui alors ne sortoit plus de sa hutte. Ils se proternèrent devant lui à mesure qu’ils en approchèrent, et ils lni of- -frirent ensuite une partie des vivres qu'ils avoient apportés. L'hermite avoit de l’aisance et de la gaieté dans le maintien;

| chacnn de nous jugea le tarrow des 1sles Sandwich le meilleur de tons ceux que nous avions goûtés. On negnet point de bananes dans ces plantations; elles viennent parmi les arbres à pain.

écorce il ne parut presque point surpris de voir nos Messieurs : iverses on le pressa d'accepter quelques-unes de nos curiosités ; e très- mais il les refusa , et il se retira bientôt dans sa cellule. posées Nos Messieurs dirent à leur retour , qu’ils n’avoient jamais tassent rencontré d'homme aussi vieux, et ceux qui calculoient son 1] pat en- âge au plus bas, lui donnoient plus de cent ans. | brment Comme nos voyageurs avoient imaginé que la montagne || sieurs n'étoit pas à plus de dix ou douze milles de la baie, et que || vérent par conséquent ils y arriveroient aisément le lendemain 1] s à six de bonne heure ( erreur à laquelle son élévation considé- | | dont rable put les conduire ),ils furent très-surpris de voir que {| Jolent sa distance se trouvoit à peine diminuée. Cette remarque, | nue de jointe à l’état désert du pays dans lequel ils alloient entrer, | endoit les obligea de se fournir de vivres, et'ils détachèrent 1] riére, un de leurs guides au village. Tandis qu'ils attendoient son |! On ; à retour, ils furent joints par quelques-uns des serviteurs | DrizOR de Kaoo, que ce vieillard généreux, instruit de leur course, (1 bien leur envoyoit, chargés de rafraichissemens , avec ordre qe de demander et prendre sur ses terres tout ce dont nos Ir habi- Messieurs auroient besoin. È lis un Ils furent très-étonnés de trouver le froid si vif dans (1) avoit cette partie de l'Isle; mais, n’ayant point de thermomètre, (ll et qui ils ne purent en juger que par l'impression qu’ils reçurent; ||] a de- et quand on considère qu'ils venoient de quitter une atmo- Il l ii of sphère chaude, cette méthode dut les tromper. Au reste, LL prtés. ils eurent si froid qu’ils dormirent peu, et que leurs guides uen; ne dormirent point du tout ; une toux continuelle troubla fe le repos des uns et des autres. Ils ne devoient pas être A * à une hauteur considérable, puisqu'ils étoient éloignés de {\1A rise la mer de six ou sept milles seulement, et que l'inclinaison | | [1

d'une partie du chemin avoit été très-modérée; il faut Tome LIL, 28

attribuer ce degré extraordinaire de froid au vent d'Est, qui souffloit grand frais sur les montagnes de neige, Ils se remirent én route le 27 dès le grand matin, et ils remplirent leurs callèbasses à un excellent puits, situé à environ un demi-mille de la cabanne où ils avoient couché. Après avoir dépassé les plantations , ils arrivèrent à un bois épais, dans lequel ils entrèrent par un chemin destiné à ceux des gens du pays qui vont cueillir des bananes sauvages et prendre dés oiseaux. [ls ‘avancèrent ‘alors ‘très-peu, et leur route fut pénible ; le terrain étoit maré- Cageux ou semé de grosses pierres; le sentier se trouva étroit, et souvént interrompu par des arbres qui le traérsoient, et par-dessus lesquels il falloit grimper ; car T'épaisseur du sous-bois ; des deux côtés , ne permettoit pas ‘d'en faire le tour. Ils observèrent dans ces forêts des ‘morceaux d'étoffe blanche , placés sur. des perches , à ‘peu de distance les uns des aütres; ils supposèrent que “c'étoient des démarcations de terrains : ils n’en virent en ‘effet que dans les lieux oùil croissoit des bananes sauvages. Les arbres de la même espèce que ceux que’nous avions appelés arbres à épice’ de la Nowvelle- Hollande , étoient "élevés et droits, et ils avoiént de deux à quatre pieds de ‘circonférence.

‘Quand ils’eurent fait environ dix milles duns les bois, ils éarent le déplaisir de se trouver tout-à-coup à la vue et à peu de distance de la mer. Le sentier qui avoit tourné imperceptiblement au Sud, les avoit conduits à droite de la méntagne qu'ils vouloient gravir. Ils ‘ne purent la voir ‘du sonimet des arbres les plus élevés ,’et l'impossibilité de ‘la reconnoître augmenta beaucoup leurs regrets :ils furent donc obligés dé rétrograder de six ou sept milles, justqu’à

ent d'Est, ige.

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ent à un in destiné bananes ent ‘alors pit marése trouva ai le tra- Der ; Car ettoit pas jrêts des ches, à rent que virent en sauvages.

us avions s étoient ‘pieds de

les bois, la vue et it tourné lroite de t la voir bilité de ls farent

; justqu'à

DE COORK. (1779) 435 üne hutte déserte, où ils avoient laissé trois des Naturels du pays et deux de nos gens, avec le peu de provisions qui restoient : ils y passèrent la seconde nuit; et leurs guides trouvèrent l'air si froid et si désagréable, qu'ils partirent tous au lever de l'aurore.

Le défaut de vivres força nos Messieurs à regagner quelques-unes des parties cultivées de l'Isle , et ils sortirent du bois par le sentier qui les y avoit amenés. Lorsqu'ils ‘arrivèrent aux plantations , ils furent environnés d'Insulaires qui leur vendirent des provisions , et ils déterminèrent deux d’entre eux à leur servir de guides. Après s'être procuré des instructions sur la direction du chemin, notre petite troupe, compôsée alors de neuf hommes, fit six ou sept milles le long des bords du bois, et elle y pénétra une‘seconde fois par un sentier qui se prolongeoit à l'Est. Îs traversèrent d’abord une forêt de trois milles de longueur, remplie de grands arbres à épice , qui croissoient sur une terre végétale très-fertile et très-compacte : ils découvrirent par-derrière, une butte de la même étendue, couverte de petits arbrisseaux, garnis d’un sous-bois fort épais, qui croissoit sur un fond de pierres mobiles brülées. Ces broussailles les conduisirent à une seconde forêt d’ar-

bres à épite, que produisoit un sol brun très-riche. La

seconde forêt fut encore suivie d’ane aatre butte aussi stérile et de la même nature que la première. Cette succession alternative de forêts d’une belle végétation et de broussailles très-pauvres, offriroit peut-être des remarques curieuses aux Naturalistes. Je n'ai rien pu en apprendre d’ailleurs, sinon que les buttes sembloient, d'aussi loin qu’on les apercevoit , courir dans des directions parallèles à la côte de la mer , et avoit Mouna roa pour leur centre. 28 *

Qu 6e mme — me

En traversant les bois, ils reucontrèrent beaucoup de pirogues à moitié achevées, et ils virent quelques cabanes; mais ils n’apercurent point d’habitans. Lorsqu'ils eurent parcouru un espace d'à-peu-près trois milles dans la seconde forêt, ils arrivèrent à deux huttes où ils se reposérent : selon leurs calculs, ils n'avoient pas fait moins de vingt milles depuis le matin, et ils étoient extrêmement fatigués. sÎs n’avoient point trouvé de sources ni de ruisseaux depais leur départ des plantations, et ils commencoient à souffrir beaucoup de la soif; ils furent obligés de se diviser avant que la nuit survint, et d'aller chercher de l’eau douce. Ils en trouvèrent enfin une petite quantité, que la

pluie avoit laissée au fond d’une des pirogues dont je par-

lois tout-à-l'heure : elle avoit la couleur d’un vin rouge; mais ils furent charmés de leur découverte. Le froid fut encore plus vif qu'il ne l’avoit été jusqu'alors : quoiqu'ils se fussent enveloppés dans des nattes et des étoffes du

pays, quoiqu'ils eussent entretenu un grand feu entre les deux huttes , ils dormirent très-peu , et ils furent obligés de se tenir en mouvement la plus grande partie de la nuit. Il est probable qu’ils étoient à une hauteur assez considérable; car presque tout le chemin qu’ils avoient fait avoit

été en pente.

Ils continuèrent leur route le 29 à la pointe du jour : ils se proposoient de faire un dernier effort pour atteindre la montagne de neige; mais ils étoient presque épuisés lorsque Jo pen d'eau qu'ils avoient trouvée le soir de la veille leur manqua. Les constructeurs des pirogues ayant tracé ce sentier , ils se virent au bout, et ils furent contraints de se frayer un passage le nieux qu'ils purent. Chacun d'eux montoit de temps en temps sur les arbres

Paucoup de es cabanes; u'ils eurent dans la sese reposèt moins de ement fae ruisseaux nençoient à » se diviser er de l’eau tité, que la ont je parvin rouge ; e froid fut : quoiqu'’ils étoffes du un entre les ent obligés » de la nuit.

»Z considét fait avoit

e du jour :

r atteindre ue épuisés soir de la gues ayant urent conls purent.

les arbres

DE COOK. (1779) 437 les plus élevés, pour reconnoitre le pays d’aleptour. À onze heures, ils atteignirent une butte de pierres brülées, du sommet de laquelle ils découvrirent la montagne de

neige qui sembloit être douze ou quatorze milles plus loin.

Ils délibérèrent ici s’ils iroient en avant, ou s'ils se contenteroient de la vue qu'ils avoient alors de Mouna roa. Le chemin étoit devenu très-fatiguant, depuis que le sentier les avoit abondonnés, et il le devenoit davantage à chaque pas. Les crevasses profondes qui remplissent le sol étant couvertes d’une mousse légère, ils chanceloient presque à tout moment ; et une surface de pierres brûlées mobiles, qui se brisoient sous leurs pieds comme des morceaux de pots cassés, formoit l’espace intermédiaire. Ils jetèrent des pierres dans plusieurs des ouvertures ; ils jugèrent, par le bruit, qu’elles tomboient à une profondeur considéable, et le terrain résonnoit sous leurs pas. Outre ces obstacles décourageans, leurs guides montrèrent beaucoup de répugnance à continuer la route ; et prévoyant qu'ils les solliciteroient en vain à prolonger le voyage d’une nuit, ils résolurent de retourner aux vaisseaux après avoir reconnu le pays du sommet des arbres les plus élevés. Îls se virent environnés de bois de toutes parts du côté de l’Océan : ils ne purent distinguer à l'extrémité de l'horizon, le firmament de la mer: et entre le lien où ils étoient et la montagne de neige, il y avoit une vallée d’environ sept à huit milles de largeur , par-dessus laquelle la montagne ne paroissoit être qu’une colline d’une élévation modérée. F

Îls passèrent cette nuit dans une cabane de la seconde forêt : le 30, avant midi, ils étoient hors de la première, à environ neuf milles au Nord-Est des vaisseaux, vers

— rs —

lesquels ÿs dirigèrent leur marche à traversles plantations. Ils ne irouvérent pas en friche un seul des terrains susceptibles de culture, et d’après leur rapport, il y a lieu de croire que le pays ne sauroit être mieux cultivé, ou qu'on ne pourroit en tirer une quantité plus considérable de productions. Ils furent surpris de rencontrer plusieurs Champs de foin, et ayant demandé à quel usage on employoit cette récolte, on leur dit qu’elle servoit à couvrir les plantations de sarrow qu'on vouloit garantir de l'ardeur du Soleil. Ils virent un petit nombre de huttes éparses au milieu des plantations ; lesquelles offrent un abri passas ger aux travailleurs; mais ils n'aperçeurent point de village à plus de quatre ou cinq milles de la mer. Ils trouvérent, près de l’une des bourgades éloignées de la baie d'environ quatre milles, une caverne de quaraute brasses de long et detrois de haateur et de largeur. Elle étoit ouverte aux deux extrémités ; les flancs étoient cannelés, comme si on les eût travaillés au ciseau, et la sucface luisante, ce qui leur parut être un effet du feu.

Après avoir raconté les détails les plus importans de ce petit voyage vers la montagne de neige, je passe à la description des autres Isles.

Mowee est l'Isle la plus considérable après celle d'Owhyhce , dent elle est aussi la plus voisine : elle se trouve huit lieues au Nord-Nord-Ouest d'Owkyhee , et elle a 140 milles géographiques de tour. Un isthme bas la divise en deux péninsules circulaires ; la péninsule qui est à l'Est se nomme Owkyrookoo. Les montagnes de l’une et de l’autre s'élèvent à une trés-grande hauteur, puisque nousles avons vues à plus de 5o lieues. Les sondes ne rapportoient point de fond sur les côtes du Nord, non plus que sur la bande ;

antations.

is suscepa lieu de ou qu’on rable de plusieurs e on emcouvrir de l'ar- S éparses ri passa boint de Ils troue Ja baie brasses ouverte comme luisante,

tans de passe à

> d'Oswtrouve elle a à divise l'Est se l'autre avons point bande

septentrionale d'Owkykee; et le pays offre la même verdure et la même apparence de fertilité. Nous eûmes au Sud-Est, entre cette terre et les terres adjacentes, des sondes régulières de: 50 brasses, fond de sable. Depuis lapointe Ouest, qui est basse, me se prolonge fort loin vers Ranai, et au Sud de ce bas-fond , il y a une vaste baie très-belle, bordée d’une grève de sable , ombragée par des cocotiers. Il est vraisemblable qu’elle renferme un bon mouillage, qu'on y està l'abri des vents dominans , et que le débarquement y est commode. Par-derrière, l'aspect du pays est très-pittoresque ; les collines s'élèvent presque perpendiculairement, et elles forment une multitude de pics : leurs flancs escarpés, et les crevasses profondes qu’elles contiennent , sont revétus d'arbres, parmi lesquels nous distinguâmes beaucoup d’arbres à pain : les sommets sont entièrement pelés, et d’un brun rougeâtre. Les Naturels nous dirent qu’il y a un havre au Sud de la pointe orientale, et ils nous assurèrent qu'il est supérieur à celui de Kara- Kakooa ; ils ajoutèrent qu'on rencontre, au côté Nord- Ouest , un second havre, appelé &eepoo-Xeepoo.

Tahoorowa est une petite Isle située à la hauteur de la partie Sud-Ouest de Mowee, dont elle est éloignée de trois lieues. Elle est dénuée de bois, et le sol paroît y être sablonneux et stérile. La petite Isle déserte de Morrotinne git entre Takoorowa et Mowee.

Moroior git deux lieues et demie à l’Ouest-Nord-Ouest de Mowee. La côte Sud-Ouest, la seule dont nous ayions approché, est très-basse; mais le terrain s'élève ensuite à une hauteur considérable , et de la distance d’où nous la vimes , elle paroissoit être absolument dénuée de bois. On nous a dit qu’elle produit sur-tout des ignames. Il est

4lo TROISIÈME VOYAGE

probable qu’on y trouve de l’eau douce , et elle cff:e, sur les bandes Sud et Ouest, plusieurs baies qui promettent ur bon abri contre les vents alisés.

Ranai gît à environ trois lieues de Mowee et de Morotoi, au Sud-Ouest du passage qui sépare ces deux Isles. Les cantons du Sud sont élevés et escarpés ; mais les autres ontune position plus favorable, et ils nous parurent bien peuplés. On nous a dit qu’elle produit très-peu de bananes et d'arbres à pain, mais qu’elle abonde en racines, et qu'on y recueille beaucoup d’ignames , de patates douces et de Zarrow. |

Wohahoo est éloignée de Morotoi d'environ sept lieues au Nord-Ouest. Autant que nous avons pu en juger d'après l'aspect. des parties Nord-Est et Nord-Ouest ( car nous n’aperçümes point la bande méridionale ), c’est sans comparaison la plus belle Isle du groupe. On ne trouvera nulle part des collines plus vertes, des prairies et des bois plus variés , des vallées plus: fertiles et mieux cultivées. Comme j'ai déjà décrit la baie que forment les extrémités Nord et Ouest où nous mouillâmes, j'ajouterai seulement que nous découvrimes, à deux milles de la côte, un fond de roche de très-mauvaise tenue, dans la crique qui est au Sud de notre ancrage. Si la garniture des ancres étoit foible, si le vent-fouffloit avec force du Nord, rumb auquel la rade est entièrement ouverte, il pourroïi y avoir du danger ; mais avec de bons cables, on courroit peu de risques, parce que le fond est d’un beau sable depuis l’'ancrage qui se trouve en face de la vallée à travers laquelle s'écoule la rivière, jusqu’à la pointe septentrionale.

L'Isle d'AÆ£oof gît à vingt-cinq lieues au Nord-Ouest de Fohaoo. Le sol est rompu et escarpé au Nord-Est et au

cffre, sur promettent

de Moroeux Isles.

ais les auurent bien de bananes “cines , et es douces

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Xtrémités seulement , un fond jui est au étoit foib auquel avoir du u de risuis l’an-

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DE COOK. (1779) fAr Nord-Ouest ; ilest-plus uni au Sud : la pente des collines est douce depuis le bord de la mer, et elles sont couvertes de bois jusqu’à assez avant dans l’intérieur du pays. Ses productions sont les mêmes que celles des.autres Isles; mais les Naturels soignent leurs plantations avec beaucoup plus d'adresse que les habitans des terrès voisines. Dans les cantons bas, près de la baie où nous mouillâmes, des fossés profonds et réguliers coupoient ces plantations : les haies étoient d’une propreté voisine de l'élégance, et les chemins qui les traversoient avoient une perfection qui fe-

. roit honneur à des Ingénieurs européens.

Oneeheow est à cinq lieues à l'Ouest d’Æ£00i.La bande orientale a de la hanteur, et elle s'élève brusquement du sein de la mer; mais le reste de l'Isle est composé de terrains bas, si j'en excepte un Cap renflé et arrondi qui se trouve à la pointe orientale. Elle produit une quantité considérable d’ignames , et de cette racine douce appelée see : nous n’en tirämes pas d’autres provisions.

Oreehoua et Tahoora sont deux petites Isles. situées aux environs d'Oncekeow. La première forme un seul mamelon élevé , réuni à l’extrémité septentrionale d’Oxreekeow par un récif de rochers de corail. La seconde est au Sud-Est d'Oreekeow , et elle est déserte.

Le climat des Isles Sandwich diffère peu de celui des Isles d'Amérique situées par la même latitude : en tout cependant, il est peut-être un peu plus tempéré. Le thermomètre placé à terre dans la baie de Karakakooa ne s'éleva jamais au-dessus de 88 degrés, et même il n’atteignit cette hauteur qu’un jour. Son élévation moyenne, à midi, fut de 83 degrés : dans la baie de Wymoa , elle fut de 76 degrés à la même époque de la journée, et en mer, de 75 degrés: à la Jamaïque , la hauteur moyenne du

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44a . TROISIÈME VOYAGE

thermomètre , à midi, est d'environ 86 degrés, et en mer, de 80 degrés.

N'ayant pas été aux Isles Sandwich dans les mois orageux, nous n'avons pu remarquer si elles sont sujettes aux oùragans et aux vents impétueux qu'on éprouve aux Isles d'Amérique ; mais comme les Naturels du pays ne nous ont pas attesté ce fait d’une manière positive, et que nous n’avons aperçu aucune trace de ces convulsions de l'atmosphère, il y a lieu de croire qu’elles ressemblent, à cet égard, aux Isles de la Société et des Amis, qui en général essuient peu d’ouragans.

Durant les quatre mois que nous passämes sur les parages de ces Isles, nous eùmes une quantité plus considérable de pluie qu'il n’en tombe ordinairement pendant la saison sèche aux Isles d'Amérique. Nous vimes communément les nuages se rassembler autour des sommets des collines, et verser de la pluie sous le vent; mais ces nuages se dispersent lorsque le vent les a séparés de la terre; ils se perdent dans l'atmosphère, et ils sont remplacés par d’autres : c'est ce qui arrivoit chaque jour à Owky hee ; les montagnes étoient pour l'ordinaire enveloppées d'un nuage; des ondées. tomboient successivement sur les diverses parties de l’intérieur de l'Isle, tandis qu'on avoit un beau temps et un ciel pur aux bords de la mer.

Les vents souffloient en général de l'Est-Sud-Est au Nord-Est ; ils se détournoient quelquefois d'un petit nombre de points au Nord et au Sud ; mais ces derniers étoient légers, et ils duroient peu. Nous eùmes tous les jours et toutes les nuits, une brise de terre et une brise de mer, dans la baie de Æarakakooa.

Les courans nous parurent très-peu fixes ; quelquefois ils portoient au vent, et d’autres fois sous le vent, sans

Ph mer,

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efois sans

DE COOK. (1779) 443 aucune régularité. Ils ne semblent gouvernés, ni par les vents , ni par aucune autie chose que je puisse assigner. Leur direction étoit souvent au vent, et opposée à celle d’une brise fraîche.

Les marées sont trés-régulières : le flux et le reflux sont de six heures. Le flot vient de l'Est, et la mer est haute dans les pleines et les nouvelles Lunes, à trois heures quarante: cinq minutes, temps apparent; sa plus grande élévation est de deux pieds sept pouces , et nous avons toujours ob: servé qu'elle monte de quatre pouces de plus quandla Lune est au-dessus de l'horizon que lorsqu'elle est au-dessous.

Les quadrupèdes de ces Isles , ainsi que de toutes les autres qu'on a découvertes dans la Mer du Sud, se réduisent à trois familles, les chiens, les cochons dt les rats. Les chiens sont de la même espèce que ceux d'O-Taïri; ils ont les jambes courtes et tortues, le dos long, et les oreilles droites: je n’ai aperçu de variétés que dans leurs peaux ; quelques-unes offrent de longs poils grossiers, et la robe des autres est fort douce. Ils sont à-peu-près de la taille du ‘chien appelé en 4rgieterre, Turnspit, et extrêmement paresseux. Il fautpeut-être attribuer ce défaut à la manière dont on les traite plutôt qu'à une disposition naturelle : en général, on les nourrit et on les laisse

vivre avec les cochons, et je ne me souviens pas d’en avoir vu un seul servir de camarade à l’homme. L'usage des habitans du pays, qui les mangent, les écartera toujours de la société; et comme il n’y a dans l'Isle ni bêtes de proie, ni gibier , il est vraisemblable que les qualités sociales du chien , sa sagacité, sa fidélité et son attachement pour son maître, demeureront toujours inconnus aux Naturels. |

Les Isies Szxdwich ne paroissent pas avoir, en propor-

té, md mt

tion de leur étendue, autant de chiens que celle d’O-Taiti; mais d’un autre côté, on y trouve plus de cochons, et la race en est plus grosse et d’un poids plus considérable. La quantité de porcs que nous en tirâmes fut réellement extraordinaire. Nous croisâmes ou nous mouillämes près de quatre mois à la hauteur de la côte, ou dans. le havre d'Owkyhce : durant cet intervalle, on servit tous les jours une portion énorme de porc frais aux deux équipages, et notreconsommation fut évaluée à soixante tonneaux de cinq quintaux chacun. Nous en embarquâmes soixante autres barriques, et au. milieu d’une telle abondance, on en gaspilla une quantité incroyable. La plus grande partie de ces cochons nous vint de l'Isle d'Owkyhee seule , et cependant nous ne,nous aperçûmes pas, à notre départ, que cet article y fût épuisé, ou même qu'il y eût diminué. Les oiseaux des Isles Sandwich égalent en beauté tous ceux que nous avons vus ailleurs durant le voyage. On y en trouve un grand nombre, mais les espèces n’en sont pas variées. Il y en a quatre qui semblent appartenir aux Trochili où aux colibris de Linnæus. Le premier est un peu plus gros que le bouvreuil ; il est d’un beau noir lustré, etil a le croupion et les cuisses d’un jaune foncé : les Naturels lui donnent le nom de 400400. Le second est d’un rouge écarlate très-brillant : il a les aîles noires et bordées de blanc, et la queue noire; on l'appelle dans le pays Eceeve. Le troisième , qui semble être un individu jeune ou une variété du précédent, est tacheté de rouge, de brun et de jaune. Le quatrième est entièrement vert ; il a une teinte de jaune, et on l'appelle aKaiearooa. Il y a une espèce de grive qui a la poitrine grise, et un petit oiseau du genre des moucherolles; un rail, qui a les aîles trèscourtes et qui manque de queue : nous le nommâmes ra/us

D. Taitis la race ble. La nent exprés de e havre es jours nges, et de cinq > autres en gasartie de , et cert, que 1é, té tous On y n sont ir aux est un lustré, »s Na- : d’un rdées Pays jeune e, de sila | une seau rés- Üus

DE COOK. (1779) 445 ecaudatus, On rencontre des corbeaux; mais ils sont rares; leur couleur est d’un brun foncé tirant sur le noir ; leur cri diffère de celui des corbeaux d'Europe. On remarque deux petits oiseaux qui sont du même genre et trés-communs ; l'un est rouge ; on le voit ordinairement autour des cocotiers, sur-tout lorsque ces arbres, dont il paroît tirer une grande partie de sa subsistance, sont en

fleur ; l'autre est vert : is ont tous deux la langue longue

et garnie d’une petite frange à la pointe. Un oiseau à tête jaune, auquel nous donnâmes le nom de perroquet à cause de la structure de son bec, est aussi très-commun ; il n’appartient pasnéanmoins à cette famille; mais il ressémble beaucoup à la exia flavicans, ou au bec croisé jaune deLinnæus.

Il y a de plus des chouettes et des pluviers.de deux sortes, dont l’un ressemble beaucoup au pluvier sifflant d'Europe ; un gros pigeon blanc, un oiseau à longue queue quiest noir, et qui a le croupion et les plumes du dessous des aîles jaunes : celui-ci a les plumes du dessous des aîles beaucoup plus longues que ne les «ont ordinairement les

oiseaux , si j'en excepte les oiseaux du Paradis. On y ren-

contre de plus la poule d'eau commune.

Les productions végétales sont à-peu-prés les mêmes que celles des autres Isles de la Mer du Sud. J’ai déjà dit'que nous n'avions mangé nulle part de meilleures racine de farrow, et que nous attribuâmes son excellente qualité à à la culture sèche qu'on lui donne. Les arbres à pain n'y sont pas aussi iabondans que sur les fertiles plaines d'O-Taïti; mais ils produisent une quantité double de fruit. En général, les arbres ont à-peu-près la même hauteur qu'aux Tsles de la Société; mais les branches sortent du tronc beaucoup plus bas et avec plus d’abondance.

La grosseur des cannes de sucre est extraordinaire; on nous en apporta à Æ£ooÿ une qui avoit onze pouces un quart de circonférence, et qui offroit L'teles pieds de tige bons à manger,

Les Insulaires d'Oneekeow nous vendirent plusieurs grosses racines brunes de la forme d’une igname , et du poids de six à dix livres : le suc qu’elles donnent en abon- “dance est très-doux et d’une saveur agréable, et nous jugeâmes qu’il peut fort bien tenir lieu de sucre. Les Naturels du pays laiment passionnément; ils l'emploient à -Chacun de leurs repas, et nos gens le trouvèrent aussi trèsbon et très-sain. Nous n'avons pu découvrir à quelle es- -pèce de plantes appartiennent ces racines; car nous avons ‘essayé vainement de nous en procurer des feuilles : nos Botanistes ont supposé qu'elles sont produites par une fougère.

Afin de suivre l'exemple du Capitaine Cook , je vais donner un précis des observations astronomiques que nous ‘fimes à notre observatoire, dans la baie de Karakakaoa, pour déterminer la latitude et la longitude de cette baie, ainsi que le mouvement journalier (et l’écart de la montre marine. J’y joindrai le résultat moyen de la déclinaison de #'aimant, de linclinaison de l'aiguille aimantée , et une table de la latitude et de la longitude des Isles Sandwic.

La latitude de l'observatoire , déduite des distances méridiennes du ‘Soleil auZénith,de onzeétoiles du côté du Sud et ‘de quatre étoiles du côté du Nord , relativement au Zénith, fut de.....:................. 19028 o" Nord.

Voicila longitude de l'observatoire, telle qu’elle fut déduite de 253 suites

aire ; on ces un ieds de

lusieurs ; et du n abont nous ss Naloient à ssi trèselle es- S avons es: nos Dar une

je vais ae nous.

1kooa , baie, nontre son de et une lwick:

Nord.

d'observations de la Lune : chacune :

des suites étoit composée de six distances observées dela Lune au Soleil, ou aux étoiles : nous ne calculâmes à l'observatoire que quatorze de ces suites: nous en primes 105 tandis que nous croisions à la hauteur d’Owhyhee , et 134 durant notre relâche à Atooi et à Oneeheow : après avoir rapporté , à l’aide du.garde-temps, toutes ces suites d'observations, nous

WrORVÈMER, anse scene te noces 20/40 0” o” Est.

terminée le 19 Janvier 1779 , par le garde-temps, selon le mouvement journalier qu’il avoit à Greenwich ,

fut de..... dos pansements .. 274 :7 15 Est.

La longitude de l'observatoire, déterminée le 19 Janvier 1779, parle :

garde-temps , selon son. mouvement journalier , telqu'il avoit été corrigé

en. différens endroits..et.en dernier

lieu à Semgonoodka , havre de l'Isle

d'Oonalashka, futé... iius ‘203 37 22 Est.

Le garde-temps perdait chaque jour 9" 6 sur le-temps-moyen, et le 2 Février 1779, il retardoit.de 14, 41’ a" sur le temps moyen...

La déclinaison de l’aimant, d’après

des azimuths pris à terre avec quatre différentes boussoles, fut de......

La déclinaison, d’après des azi-

8 6 o Est.

muths pris à bord de / Résolution,

avec quatre différentes boussoles , fut

Micros sree ANUS DV ELUT "70 32’ o Est.

L’inclinaison du }une aiguille équi-

Pôle Nord de fi. | librée....... fut de 400 22’ 31°

guille aimantée , | une aiguille non

prise à terre avec) équilibrée. ... de 4o 41 15 L’inclinaison duJune aiguille équi-

Pôle Nord de l'ai-F librée....... fut de 41 50 0

guille aimantée ,fune aiguille non |

prise à bord avec] équilibrée... : de 40 30 45

Sandwich. |

Latitude. Longitude,

La pointe Nord: .1........ x0°-17/ 204° ‘2

Owhy- JLa pointe Sud: .::,....:., 18 54 204 15 hee. )}La: pointe orientale... 19 34 205 6 La baie de Karakakooa. . . . ‘19 28 204 0

La pointe orientale, . ....... 20:50 204 & Mowee.! La pointe Sud... ... RP AS 20 34 203 48 La pointe Ouest........... 20 54 203 24 Morokinnee...........,....,.,.. 20 39 203 33 Tahoorowa. . . . . + au vte one so 0 à10.018 0 20 38 203 27. Ranai. La pointe méridionale... ... 20 46 203 8 Morotoi. La pointe occidentale. . ..... 21-10 202 46 VWoahoo. Au mouillage. ........,.. 21 43 202 9 Atooi. Baie de Wymoa..........1: + 21 57 200 20 Oneeheeow. Au mouillage. ......... 21 50 199 45 Oreehoua.. +... 6e 00e oise +... 22 2 199 52 Tahoora.......... TR ALT 21 43 199 36

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