‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 67 sur 68 · Tome IIL · texte numérisé non relu

Tome IIL

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air de menace et de défi; mais avant d'atteindre les vaisseaux j ils furent chassés durivage par quelques Insulaires que nous primes-pour des Chefs. :

‘Dafant notre absence, le Capitaine Clerke avoit eu les plus vives inquiétudes sur notre sûreté; et ce qui augmenta beaucoup'sès-craintes, il avoit malycompris ce que lui avoient dit'quelques Naturels du pays qui se trouvoient à bord. lis avoient prononcé souvent le nom du Capitaine Cook; ils avoient parlé de mort et de carnage en termes épergiques et d'une manière détaillée; il en conclut qu’ils étoient instruits de ce qui nous étoit arrivé à Owhyhee, èt qu'ils rappeloient ce malheureux événement: mais le discours de ces Insulaires avoit rapport aux guerres causées: par les chèvres que M. Cook avoit laissées à Onee- Beow, etau massacre de ces pauvres chèvres, au milieu dela querelle qu'elles avoïent produite: M. Clerke, persuadé que cette conversation animée et ces tableaux efftayans avoient rapport aux sanglantes disputes que aous avions eues à Owkykce, y voyant d’ailleurs.un désir de vengeance de k part des habitans de ces Isles , fit équiper et armer les canots, et illes envoya à notre secours. 4 Onme chargea lelendemain de retourner à terre avec le détachement de l'aiguade: Les dangers que nous avions courus la veille déterminèrent le Capitaine Clerke à nous donner une garde de quarante hommes. Cette précaution m’étoit pas nécessaire; car nous trouvâmes la grève entièrement libre, et le terrain entre le lieu du débarquement et le lac, consacré par de petits pavillons blancs. Nous jugeûmes que quelques Chefs étoient venus visiter @e district, et que n'ayant pu s'y arrêter, ils avoient eu la bonté de

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DE COOK. : (1779) 419 s'occuper de notre sûreté et de notre repos. Nous vimes de l'autre côté de la rivière ;; à droite, plusieurs hommes armés de longues piques et de dagues; mais ils'n'essayèrent pas de troubler nos opérations. Leurs femmes traversèrent la rivière, et elles s’assirent sur le bord, tout près de nous; à midi, nous déterminâmes quelques-uns des hommes à nous apporter des cochons et-des racines, et même: à:les ‘apprêter. Dès que nous eùmes quitté la grève, ils vinrent sur le rivage, et l’un d’eux nous jeta une pierre: tous-lès autres ayant paru désapprouver sa conduite , ‘nous, ne crümes pas devoir montrer du ressentiment. |

Le 3, nous achevâmes de remplir nos 'futailles, sans éprouver beaucoup d’obstacles.De retour aux 'vaisseaux, nous apprîmes que plusieurs Chefsavoient été à bord ; et qu'ils avoient fait des excuses.sur la conduite de leurs compatriotes. Ils attribuèrent ces désordres à des disputes qui subsistoient parmi les principaux personnagés.de l'Isle, et qui occasionnoient du trouble-et de l'insubordination. Toneoneo, qui exerçoit l'autorité suprême d'année, pirécédente, à l’époque de notre relâche, et un jeune hommg, nommé Teavee, se disputoient le gouvernement d'A4ooi;: ils étoient l’un et l’autre petits fils de Pecreeorannee, Roi de #oahoo, qui 1voit donné l'administration d’4rooë au premier, et celle d'Oneeeow au second. Les chèvresilaissées par nous à Oneeheow, l'année d’auparavant, avoient donné lieu à la querelle. Toneoneo les réclamoit, sous prétexte que cette Isle dépendoit de lui : les amis de Teavee faisoient valoir le droit de possession; les deux partis soutenoient leurs prétentions par la force, et peu de jours avant notre arrivée , il y avoit eu une action, dans laquelle Toneoneo avoit été battu. Cette victoire -devoit avoir

‘pour Toneoneo des suites plus fâcheuses encore que M perte-des chèvres; car la mère de Tavee ayant pris un second mari, qui étoit Chef d’4s00f, et à la tête d’une face ‘tion puissante, ce Chef vouloit profiter d'une occasion si favorable pourde chasser entièrement de-lIsle, et dommer ‘le gouvernement au fils desa femme. Les chèvres avolent “multiplié : on en comptoit six , qui, en peu d'années, au- ‘oient vraisemblablement propagé cette race aux Isles ‘Sandwich ; mais j'ai déjà dit qu’elles furent tuées durant ‘la queries La mère, la sœur et le beau-père du jeune Prince, vin- “rent, de 4, à bord de Z Réso/ution, suivis de plusieurs . Chefs de leur parti : ils firent présent au Capitaine Glerke de diverses chr’<s qui étoient curieuses et qui avoient du prix : ils lui donnèrent entre autres des hameçons de pêche, qu'ils nous dirent composés des ossemens du père de notre vieil ami T'erreeoboo, tué dans une descente malheureuse faite sur l'Isle de 7704400, et la sœur du Prince ui: offrit un chasse -mouche dont la poignée étoit un os «d'homme, trophée qu'élle avoit reçu de son beau-père. Le ‘jeune Tavee n’étoit pas de la visite; il étoit occupé, à la suite de sa victoire, de quelques cérémonies religieuses qu ‘devoient durer vingt jours. * Le 5 etle 6 furent employés à remplir à terre les fu- ‘tailles de Za Découverte; les charpentiers calfatèrent les vaisseaux, et ils firent les autres préparatifs nécessaires -pour la campagne que nous allions entreprendre. Les Na- ‘tnrels ne nous incommodérent .plus, ‘et ils novs appor- ‘tèrent une quantité considérable de cochons et de végé- ‘taux. / | JECE L'un des-Tnsulaires vint * bord de 4 Découverte avec

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DE CooR, (1979) 4at wa morceau de fer dont il nous pria de lui faire un p4kooa. Les Officiers et les Matelots examinèrent soigneusement ce morceau de fer, et ils jugèrent. qu’il avoit servi de cheville au bordage d’un grand navire. Ils ne purent découvrir en quel pays on l’avoit travaillé ; mais à la ‘couleur terne (*) du métal et à la différence qu’ils aperçurent entre cette cheville et les nôtres, ils jugèrent qu’elle n'étoit sûre- . ment pas de fabrique angloise. Cette observation les dé-. termina à demander à l’Insulaire à quelle époque et dans quel lieu il s'étoit procuré cette cheville; et s'ils ne se méprirent point, il l’avoit tiré d’une pièce de bordage plus grosse que la bitte d'un cable, qui lui servit de terme.de comparaison : ils jugèrent de plus que cette pièce de bordage avoit été amenée sur les côtes de l'Isle depuis que nous l’avions quittée, au mois de Janvier 1778.

Le 7, nous recûmes de Toneoneo une visite inattendue. l@psqu'il eut appris que la Princesse douairière étoit sur notre vaisseau, nous eûmes bien de la peine à le détermiser à monter à bord; non qu'il parüt craindre pour sa sûreté, mais parce qu'il ne vouloit pas la voir. Leur entrevue fut hargneuse, et ils se jetèrent des œillades de haine, Il demeura peu de temps parmi nous, et il nous sembla très-abattu ; mais nous remarquâmes avec sury prise que.lors de son arrivée et lors de son départ, les femmes se prosternèrent devant lui, et que tous les Naturels dont nous étions environnés, lui rendirent les hommages qu'ils ont coutume de rendre aux personnages de

(*) Le fer que nous trouvâmes parmi les habitans de l’Entrée de ÆVootka, et qui-avoit presque ‘toujours la forme d’un couteau, étoit sensiblement beaucoup plus terne que le nôtre.

son rang. Il est extraordinaire qu’un homme en état de guerre avec les partisans de Teavee, qui se disposoit même à une seconde bataille, ait eu la hardiesse de venir seul au milieu de ses ennemis : mais il faut observer que les dissentions civiles, qui sont très-communes dans toutes les Isies de la Mer du Sud, ne semblent pas entrainer beaucoup-de-fureur où d’effusion de sang ; que le Gouverneur déposé continue de jouir de la dignité d’Eree, et qu'on Jui permet de faire usage de .tous les moyens pour recouvrer l'importance :qu'il a perdue. Au reste, j'aurai occasion de traiter cette matière plus en détail danslé chapitre suivant, où l’on trouvera toutes les instructions que nous avons pu nous procurer sur l'état politique de ces Isles.

“Nous appareïllämesle 8, à neuf heures du matin ; noûs

gouvernâmes vers Oncekeow, et à trois heures du soirinotts’

jetâmes l'ancre par vingt brasses, à-peu-près à l'endroit où nous avions mouillé en 1778. Nous amarrâmes avec la @ conde ancre sur vingt-six brasses :la pôinterenflée quiest': Vextrémité méridionale! de l'Isle, ‘nous restoit à l'Es:-Suds Est ,la pointe Nord de la rade au Nord un demi-ramb-Est , et'noustavions au'Nôrd-Est-quart-Nord une autre pointe veufléë qai se trouve ap Sud de celle-ci, Durant fd nuit, le vent souffla avec force de la partie de l'Est ; nous reconnümésjle pb du’matin que le vaisseau avoit dérivé de toite une ‘entablure, ét qué les deux ancres se troüvoient de Yavant à noûs : nous raccourcimés le cable ‘dé la seconde ancre; mais le vent étant trop frais pout démarrer, il falhit passer la journée du 10 et celle du 11 avec les ancres à l'avant. ae

Le vent devint plus maniable le 12, et le Masteralla au côté Nord-Est de l'Isle chercher un môuillagé plus com-

état de t même air seul que les utes les r beauerneur t qu'on recoui oCCahapitre:

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DE COOK. , (1779) 423 mode.ll revint lesoir, après avoir trouvé une jolie baie et un bon mouillage par dix-huit brasses, et un fond de sable clair; tout près dela pointe occidentale de la rade où nous étions à l'ancre, laquelle ‘est aussi la pointe la plus occidentale de l'Isle; ce village étoit à moins d’un mille de la grève battue par le ressac, mais d'une manière trop foible pour empêcher le débarquement. La direction des pointes dans labaie étoit Nord-quart-Nord-Est et Sud-quart-Sud-Ouest ; et dans l'intervalle de l’une à l'autre, les sondes rapportoient sept, huit et neuf brasses. Il ÿ avoit, au côté sèptentrional de la baie, un petit village , et nôus réncontrâmes, un quart de mille à ht i, quatre petits puits d d’une bonne eau. Le chemin. q qui | conduisoit à l'aiguade étoit uni, et l'on pouvoit aisément y. rouler les barriques. M. Blig s se

porta ensuite assez avant au Nord pour s'assurer qu °O-

reehowa forme une Isle particulière, et qu'il y 2 un passage entre cette terre et celle d’Oneekeow : jusqu'alors nous n'avions fait que conjectyrer l'existence de ce passage.

L'après-midi , on rentra à bord tous les canots, et nous nous tinmes prêts à appareiller le lendemain au matin.

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