‹ Troisièmes mélangesChapitre 40 sur 96 · PRÉFACE. LXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LXIII

et de jouissances, une fièvre de l'or qui dévoroit tout ce qu'elles receloient de noble et de généreux, et l'honneur et la conscience même. Mais c'étoit là encore travailler contre soi, car dans la lutte des intérêts celui de quelques uns ne pouvoit à la longue prévaloir contre l'intérêt de tous.

Aussi la Restauration usa-t-elle d'un troisième moyen pour s'affermir. Elle s'efforça de se rattacher le peuple par la religion. Personne ne met en doute la nécessité sociale des croyances religieuses, et très peu de personnes aujourd'hui , quelles que soient les manières diverses dont elles comprennent le christianisme, contestent les bienfaits que l'humanité lui dut dans le passé et l'influence qu'il doit encore exercer sur elle dans l'avenir. Nul ne blâmeroit donc la Restauration d'avoir été et religieuse et chrétienne, si elle avoit été simplement , si elle avoit été réellement chrétienne et religieuse. Au fond elle ne fut ni l'un ni l'autre. Nous ne parlons pas des hommes , nous parlons du gouvernement. Le gouvernement ne vit dans le catholicisme, professé, comme le disoit la Charte, par la majorité des Français, qu'un instrument utile à sa politique, un ressort puissant de l'administration. Pour le faire servir à ses desseins il falloit en diriger l'action, et par conséquent régler, en partie

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