‹ Troisièmes mélangesChapitre 59 sur 96 · PRÉFACE. XCIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XCIX

ses trophées. A-t-il dit, comme l'auroit pu faire un ministre de Charles X : «Le Roi a délivré l'Europe des pirates africains : en vengeant la justice et en servant l'humanité , il a doté la France d'une colonie magnifique; en un mot, il a pris Alger. » Est - ce là ce qu'a dit à. la Chambre le ministère de Louis-Philippe ? non, pas tout-à-fait, il a dit : « Le Roi a pris sa nièce. » Plusieurs causes ont favorisé le succès passager du système dont la France subit l'inexprimable honte. Partagée en divers partis, elle n'a pas opposé à l'oppression une résistance compacte. Après quelques vaines tentatives d'action , les hommes de la légitimité et du droit divin, peu d'accord entre eux, sont rentrés dans une inertie politique complète. Débarrassé de ceux-ci, qui ne forment d'ailleurs en France qu'une assez foible minorité, le Pouvoir n'a rien négligé pour diviser les autres. Il s'est rattaché la haute bourgeoisie, l'aristocratie d'argent , par le monopole industriel , la bourgeoisie moyenne par le monopole électoral , la petite bourgeoisie par la crainte de l'émeute. Après avoir ainsi morcelé la bourgeoisie , et l'avoir séparée du peuple, qu'il lui représente comme son ennemi naturel, irréconciliable, il a pu travailler , sans risque immédiat , à consommer le servage de celui-ci, détruire l'une après l'autre, avec l'ap-

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