PRÉFACE. IX
hre d'intelligences foibles, et des controverses, pour la plupart, aussi stériles qu'animées , auxquelles elles ont donné lieu.
En soi la question de la certitude renferme deux éléments, le vrai indépendant de la raison, et la raison qui perçoit le vrai. L'infaillible assurance dele percevoir actuellement, de le connoître, de le posséder, constitue la certitude , selon sa notion la plus étendue. Or , la raison n'étant essentiellement que la faculté de percevoir le vrai, de le connoître, il s'ensuit que la certitude n'est que la raison même essentielle , et que dès lors cette question, qu'est-ce que la certitude? se réduit à celle-ci : Qu'est-ce que la raison ? De sorte que là oii est la raison la plus parfaite, là aussi nécessairement est la certitude la plus grande. Or on peut distinguer dans l'humanité, non pas deux raisons diverses, mais deux degrés de la même raison mie et identique : la raison particulière de l'individu , la raison commune de l'espèce. Celle-ci étant évidemment supérieure à l'autre , puisqu'elle renferme tout ce qu'il y a de commun dans les raisons particulières, qu'elle est, à notre égard, la faculté de connoître élevée à sa plus haute puissance, elle constitue dès lors la véritable raison humaine , et par conséquent la certitude n'est pour l'homme en général