CE QUE SERA LE CATHOLICISME DANS LA SOCIÉTÉ NOUVELLE
30 juin 1831.
Le caractère du vrai comme du juste est d'être essentiellement invariable : la religion , loi parfaite de justice et de vérité, est donc immuable par son essence. Elle ne peut pas plus changer que la nature des êtres dont elle exprime les rapports. Mais, en demeurant toujours immuablement la même, il est aussi de son essence de revêtir successivement, soit dans l'intelligence de l'homme, soit dans la société extérieure, des formes diverses, à mesure que l'une et l'autre se développent sous son influence. Ainsi le dogme invariable revêtoit une forme nouvelle dans l'intelligence développée de Bossuet exposant aux peuples les mystères de la foi, ou étoit mieux conçu de lui que lorsqu'il bégayoit, dans le premier âge, les éléments de la doctrine chrétienne. Ainsi encore
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l'Eglise, sans que le principe et le fond de ses institutions variât réellement, se produisent, dans ses rapports avec la société publique, au temps de Charlemagne et de ses successeurs, sous des formes différentes de celles appropriées à ses commencements et aux siècles de persécution. En un mot, l'esprit humain, en se développant, pénètre de plus en plus dans les profondeurs infinies des vérités divines qui ne changent point, et la société humaine, par un progrès semblable, tend à se spiritualiser de plus en plus, ou à se rapprocher de plus en plus de l'Eglise, qui modifie ellemême ses formes extérieures, ses modes de relation avec la société, selon ce progrès. Après avoir essayé de fixer les traits distinctifs de cette société que le monde en travail s'efforce d'enfanter, il ne sera donc ni sans utilité ni sans intérêt de rechercher ce que sera le catholicisme dans cette société nouvelle , et comment s'opérera leur union.
Nous avons déjà dit que la science depuis longtemps séparée de la foi s'allieroit intimement avec elle ; mais il faut concevoir pourquoi cette alliance s'effectuera nécessairement, et quels sont les effets qu'elle devra produire. Pout tout esprit créé il. existe deux éléments distincts, également indispensables , de la connoissance. L'un de ces éléments est l'infini même , l'idée pure de l'être et de ce qui le détermine en soi. Sans cette idée point d'intelligence, car on ne pourroit sans elle énoncer aucune proposition , toute proposition impliquant
le mot est, qui suppose l'idée pure, universelle, infinie de l'être , et qui est le nom propre de Dieu. Mais , pour que cette idée soit saisissable, il faut qu'elle soit déterminée, il faut par conséquent que l'esprit renferme quelque chose qui corresponde à ce que Dieu ou l'Etre infini est en soi , aux propriétés qui le rendent intelligible à lui-même. D'une autre part, si l'infini est l'élément primitif de la connoissance , relativement aux esprits créés , il n'en est pas le seul : car toute connoissance réelle prend en eux une forme finie, en tant qu'elle leur est individuellement propre ; et de plus , s'il est nécessaire qu'ils connoissent l'infini , qu'ils connoissent Dieu d'une certaine manière , pour connoître quoi que ce soit, ils ne peuvent non plus rien connoître sans se connoître euxmêmes, c'est-à-dire, sans connoître le fini; et ces deux éléments, le fini et l'infini, concourent simultanément pour former l'intelligence actuelle et se retrouvent dans toute connoissance.
De làdeuxmodesdeconnoissances naturellement inséparables, quoique divers et subordonnés. L'esprit évidemment n'existe pas dans les mêmes rapports, ne soutient pas les mêmes relations avec l'infini et avec le fini. Il aperçoit l'un, sans pou voir jamais l'embrasser en entier ou le comprendre ; rien , au contraire, dans sa nature, n'empêche qu'il ne comprenne ou embrasse entièrement l'autre. Le mode selon lequel l'esprit connoît ou possède l'infini s'appelle foi; le mode selon lequel il connoît ou possède le fini, s appelle conception,
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science. La science et la foi sont donc unies par un lien naturel et indissoluble. Point de conception sans foi , point de foi sans un commencement de conception ou de science. La philosophie la moins religieuse a donc de toute nécessité, aussi bien que la religion , ses dogmes ou ses objets de foi, et seulement, comme elle ne veut pas les rapporter à leur origine, et qu'elle s'efforce de les identifier avec les objets de la conception, elle confond systématiquement le fini et l'infini , et fait de la connoissance et de l'intelligence même un profond chaos, au sein duquel l'esprit en révolte contre ses lois s'agite d'un mouvement stérile et aveugle.
Cependant la raison de tout ce qui est fini, c'est-à-dire contingent et relatif, se trouvant etne pouvant se trouver que dans l'infini, c'est-à-dire dans ce qui est absolu et nécessaire, il s'ensuit que la science a sa raison et son fondement dans la foi. Et, de fait, la science, qu'on doit dislinguer de la simple observation matérielle des phénomènes, a toujours emprunté son caractère général et les principes de ses explications aux dogmes de la foi ou aux notions que la foi lui donnoit de l'Etre infini, de ses propriétés nécessaires, de son mode d'existence et de ses lois propres ; et encore aujourd'hui, la science anîi-chrétienne, la science incrédule ne fonde ses théories que sur des notions de ce genre préconçues arbitrairement, ou implicitement admises. Mais aucune de ces théoies ne satisfaisant à l'ensemble des problèmes
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qu'il s'agit de résoudre par l'explication de leurs causes communes et primitives, elie est visiblement conduire ou à renoncer à toute théorie c'est-à-dire à se détruire elle-même en tant que science véritable , ou à chercher dans d'autres dogmes plus certains et plus féconds le principe de sa vie et de son développement.
D'un autre coté , le catholicisme , vers le moyen âge, avoit formé en dehors des faits , dont trop long-temps on négligea l'étude, une science que des hommes d'un grand génie cherchèrent à déduire immédiatement de ses dogmes. Mais , outre que la connoissance explicite des phénomènes est indispensable à la science, deux causes empêchèrent le succès de celte vaste entreprise. Premièrement, les esprits, même les plus puissants, toujours circonscrits à quelque degré dans les conceptions de leur siècle, n'avoient pas pénétré assez avant dans le dogme catholique pour y découvrir et en dégager , en quelque sorte , les lois universelles de ia création; car ceci n'est pas le fruit de la pensée d'un homme, mais l'œuvre suc cessive de la société. Secondement, la méthode qui prévalut dans l'école et qui n admettait que les procédés purement logiques , tuoit par cela seul toute invention, et ne pouvoit produire qu'une science verbale, abstraite et vide.
La science catholique est donc à créer, et c'est elle qu'attend l'esprit humain, fatigué de l'insuffisance et du désordre de la science actuelle. Des notions certaines de la foi sortira tôt ou tard et
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peut-être bientôt un système général d'explication , une véritable philosophie conforme au besoin des temps , qui , fondée sur les lois constitutives de l'intelligence, ramènera les divers ordres de connoissances à l'unité, en montrant qu'animées , en quelque manière, de la même vie, dépendantes des mêmes principes, les moins élevées ont leur raison et leur fondement dans les plus hautes , et en unissant ainsi de nouveau et plus étroitement ce qu'unit à jamais la nature des choses , la croyance et la conception , Dieu et l'univers. De cette concordance il résultera une preuve, humaine sans doute, mais puissante du dogme, et les esprits rebelles, obligés désormais de vivre tout ensemble hors de la foi et hors de la science, reviendront, pour ne pas mourir, de toutes parts au catholicisme.
Son action, sous un autre rapport, ne sera ni moins grande ni moins salutaire. A mesure que , l'intelligence croissant, la société se soustrait à l'empire de la force qui est la loi de la brute , il faut qu'à la place de ce lien matériel, un autre lien vienne unir les hommes que la liberté isole et sépare, et les unir volontairement, sans quoi ils cesseroient d'être libres. Ce lien n'est autre que l'amour; et puisque le catholicisme, par sa nature propre, développe la liberté en développant l'intelligence, il est nécessaire qu'il développe proportionnellement l'amour; autrement, au lieu de perfectionner la société, il la détruiroit. Et, en effet, il y a dans le sein du catholicisme un principe
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d'amour inépuisable , immense, et l'amour, sommaire de la Loi, est la vie tout entière du chrétien , sa vie du temps et sa vie de l'éternité. La puissance que le catholicisme exerce à cet égard sur l'homme, puissance que ses ennemis les plus ardens n'ont osé lui contester et qui frappoit d'admiration le fondateur de l'islamisme (i), est manifeste à cette époque même d'affaiblissement de la foi. Ce seroitun bien bel ouvrage que l'histoire de la charité, c'est à-dire de l'amour le plus universel, le plus pur, le plus saint, chez les nations chrétiennes. On le verroit, d'âge en âge, combattant la férocité native qu'elles apportèrent des forêts du Nord, adoucir leurs mœurs et leurs lois, produire le sentiment que nous appelons humanité, inspirer au riche la pitié, la tendresse pour le pauvre , au puissant le respect pour le foible, rapprocher tout ce que divisent les intérêts, les préjugés, l'orgueil, prêter aux larmes une force divine, élever les haillons de l'indigent au dessus de la pourpre impériale, faire de la souffrance et de la misère une dignité sublime , devant laquelle il étoit ordonné aux rois de tomber à genoux. Et jamais cet amour n'a cessé de couler de sa source intarissable. A travers l'enveloppe d'égoïsme dont les froides doctrines d'une philosophie matérialiste ont comme recouvert la société, il a su encore y pénétrer, et on le reconnoît aux progrès chaque jour croissants de cette humanité et de cette douceur
(1) Il est dit dans le Roran : Dieu a donné la miséricorde aux disciples de Jésus.
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qui caractérisent les peuples du Christ. Dans la plus vive exaltation de leurs haines et de leur colère, ils montrent une horreur du sang autrefois inconnue. L'esprit de persécution , relégué chez un petit nombre d'hommes, s'éteint et bientôt cédera tout-à-fait aux justes idées de la liberté qui se propagent rapidement et prévalent déjà dans l'opinion publique. Les derniers restes (le la barbarie disparoissent peu à peu de la législation. Plus de torture , et prochainement, on doit l'espérer, plus de peine de mort. Parmi les enfants de la même patrie, il existe une tendance visible à s'associer, à se protéger, à se défendre mutuellement, et cette tendance se manifeste d'une manière plus frappante encore de peuple à peuple, dans ces relations d'un genre nouveau qui établissent entre les opprimés et les infortunés de tous les pays une sympathie active et touchante. Le patriotisme exclusif, principe de tant de calamités et de tant de crimes , s'affoiblit et fait place à un sentiment généreux de fraternité universelle, qui diminuera les causes de guerre et rendra Sa guerre elle-même moins atroce et moins désastreuse. Ce sont là, certes , de grands pas vers une amélioration sociale. Que sera-ce donc lorsque le catholicisme, entièrement libre, pourra, sans obstacle, verser, et verser encore sur cette société qui est son ouvrage ses flots toujours renaissants d'amour? Alors s'effacera successivement, autant qu'il est possible sur la terre, ce qui sépare, ce qui divise les individus et les nations , qui 7 affranchies poli-
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tiquement et unies entre elles par l'obéissance volontaire à un seul pouvoir spirituel divin, vivront d'une vie puissante et commune. C'est l'amour qui a créé le genre humain, c'est l'amour qui l'a sauvé, et c'est l'amour qui, consommant son unité terrestre, lui montrera, même ici bas, comme une magnifique image de ce qu'il est destiné à devenir dans une autre patrie.
Type et moyen nécessaire de cette unité, l'Eglise l'appelle depuis dix-huit siècles et travaille incessamment à la réaliser, ou à constituer ce royaume de Jésus-Christ , dont il nous a lui même appris à demander l'avènement à son Père. Sans doute , pour qu'il s'établisse , il faudra beaucoup de temps encore. Nous ne faisons que d'entrer dans la période où s'accompliront les dernières promesses faites à l'homme par son Rédempteur. Cependant déjà l'on distingue clairement la route où marcheront les peuples , et bien que les points intermédiaires échappent à nos regards, la foi et la raison même en découvrent aisément le terme. Délivrée des chaînes que lui avaient imposées des souverainetés qui devront au moins se modifier profondément pour ne pas être incompatibles avec le nouvel ordre social, l'Eglise deviendra, non par l'exercice d'aucune juridiction politique , mais par sa force interne et toute spirituelle, le plus ferme appui des iiberlés publiques, lesquelles se confondront avec sa propre liberté. La renaissance d'un pouvoir qui dépouilleroit les nations de leurs droits si péniblement acquis, la replongeroit elle-
même dans la servitude. Ainsi elle s'identifiera toujours davantage aux peuples qui, lui devant tout, lui rendront tout en reconnaissance et en amour; et si, pour que Ton crût à la possibilité d'une semblable union de l'Eglise et des peuples, il falloit des exemples, il suffiroit de nommer l'Irlande, cette noble terre de foi et de liberté.
C'est un point de doctrine catholique, que la hiérarchie, en remontant des ordres inférieurs, par les évëques , jusqu'au souverain Pontife, est d'institution divine, et par conséquent immuable. Mais elle a existé sous différentes formes dans ses rapports avec la société politique et civile. Autres étoient les premiers évéques, à la naissance du christianisme, autres ils furent sous les empereurs grecs, autres dans les monarchies féodales , autres encore dans les monarchies de cour. Investis, depuis Constantin, de nombreux privilèges, d'un rang dans l'Etat , hommes du pouvoir en même temps qu'hommes de Dieu, environnés de pompe et d'éclat , cette sorte d'existence qui frappoit les regards et la puissance qui s'y joignoit, purent être utiles à certaines époques et le furent réellement , lorsque l'Église avoit à défendre, contre la force brute, et son indépendance et les droits dû foible confié à sa tutelle. Mais rien de cela, on le voit assez, ne sauroit subsister à l'avenir. Le mélange du spirituel et du temporel, toujours , en dernier résultat, funeste à la religion, offrira même une impossibilité manifeste dans des sociétés où le gouvernement ne sera que
l'administration des choses matérielles, et où chacun, administrant avec une pleine liberté ses propres affaires, aura, en vertu du même principe, le droit de concourir à celle des affaires communes. Comment le prêtre posséderoit-il des privilèges politiques , quand pour personne il n'existera de privilèges politiques? Citoyen de son pays au même titre que tous les autres, jouissant des mêmes droits, que pourroit-il d'ailleurs demander, désirer de plus? Mais il lui restera néanmoins un grand , un magnifique privilège, le privilège du dévouement, le privilège du sacrifice; et celui-là, il ne saurait le perdre; car il le tient de Dieu. C'est Dieu qui l'a établi pour être l'homme du peuple, le confident de ses misères, le médecin de ses douleurs secrètes, le dépositaire de ses larmes, l'interprète de ses besoins, le protecteur, l'ami, le père , la providence vivante de tous ceux qui ont faim et soif, de tous ceux qui pleurent , et il n'y a personne qui les console. Souffrir avec eux, mourir pour eux, voilà, encore une fois, le privilège du prêtre, et il sera temps pour lui de le céder, lorsqu'on le lui disputera.
La question des pauvres, qui n'est pas seulement une question d'économie politique, mais une question de vie et de mort pour la société, parce qu'elle est une question de vie et de mort pour les cinq sixièmes du genre humain , est plus que jamais l'une de celles qui appellent en Europe une prompte solution. Les anciens la résolurent par l'esclavage, et la force des choses l'eût déjà
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résolue dans le même sens en Angleterre, si le christianisme , qui avoit su y trouver une solution bien différente, et que l'humanité ne saur oit assez bénir, n'opposoit au retour de la servitude antique une insurmontable barrière. Ce n'est pas uniquement par son esprit de miséricorde et de charité que le christianisme put rendre possible l'abolition de l'esclavage, mais encore et surtout par la manière dont il envisagea le travail, et par ses institutions qui tendoient toutes à empêcher que sa valeur ne descendît au dessous de certaines limites. L'esprit protestant , devenu plus tard l'esprit philosophique, tend, au contraire, à diminuer indéfiniment le prix du travail , pour augmenter en proportion et la quantité des produits et les bénéfices sur les produits , et par là même il tend à accroître toujours davantage la détresse du pauvre, et à concentrer les richesses entre les mains d'un petit nombre d'hommes, qui trafiquent de ses sueurs et spéculent sur sa faim. Il suit delà qu'à moins d'un changement total dans le système industriel, un soulèvement général des pauvres contre les riches deviendroit inévitable, et que, bouleversée de fond en comble, la société entière périroit dans d'effroyables convulsions. Ce n'est pas ici le lieu d'expliquer ce que le catholicisme peut faire et ce qu il fera pour remédier à de si grands maux et pour prévenir de si terribles calamités. Cette tâche appartient à un écrivain qui , ayant long-temps médité sur ce sujet, et pouvant s'appuyer sur un vaste ensemble de faits soigneuse-
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ment rassemblés et vérifiés , se propose de le traiter dans X Avenir, avec l'étendue qu'exige son importance. Je veux seulement indiquer ici l'immense carrière qui s'ouvrira bientôt devant le prêtre, appelé à servir, par des moyens nouveaux, la portion souffrante de l'humanité. Car, soit qu'on développe le système de colonies agricoles, déjà essayé avec succès ; soit qu'on applique, dans l'industrie, au profit du pauvre le principe d'association ; soit , comme il est probable , qu'on réunisse par une heureuse combinaison les travaux industriels et ceux de la culture, l'intervention du prêtre sera toujours également nécessaire, non seulement pour donner à ces associations le caractère moral d'où dépendent leur utilité politique et leur prospérité matérielle, mais encore pour qu'un tiers désintéressé serve de lien entre les deux parties qui devront contracter, entre le riche qui fournit la terre et l'argent, et le pauvre qui ne peut mettre que son travail dans le fonds commun.
Oui, le catholicisme sera grand dan* l'âge qui commence, dans l'âge de la liberté. Son antique foi fécondera la science qui s'appuiera sur elle; l'amour infini dont il est la source, en donnant pour base à l'ordre nouveau l'obéissance volontaire, relèvera la dignité de l'homme, atténuera les causes de discorde, rendra tous les peuples frères, et fera du genre humain , ce qu'il étoit originairement , une famille. Et , comme il y aura toujours des pauvres , ils seront, eux, la famille du prêtre, les enfants de sa dilection , recueillis, si
l'on peut le dire, et réchauffés au fond de ses entrailles de père , parce qu'à raison même de leurs souffrances et de leurs larmes, le seul héritage qu'ils reçoivent, le seul qu'ils transmettent, ils sont visiblement les privilégiés du Christ, qui fut pauvre et souffrant lui-même, du Christ qui a dit : Heureux ceux qui pleurent!
DAtfS LE JOURNAL L AVENIR.
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