LES MORTS. 43 I
Des lieux inconnus où le fleuve se perd , deux voix s'élèvent incessamment :
L'une dit : Du fond de V abîme, foi crié vers vous , Seigneur : Seigneur , écoutez mes gémissements, prêtez ï oreille à ma prière. Si vous scrutez nos iniquités , qui soutiendra votre regard ? Mais près de vous est la miséricorde et une rédemption immense (1).
Et l'autre : Nous vous louons, ô Dieu ! nous vous bénissons : saint , saint, saint est le Seigneur Dieu des armées ! La terre et les deux sont remplis de votre gloire (2).
Et nous aussi nous irons là d'où partent ces plaintes ou ces chants de triomphe. Où seronsnous? Qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur !
(1) De -profanais .
(2) Te Deum laudamus.
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*mo*et
Dors, ô ma Pologne, dors en paix, dans ce qu'ils appellent ta tombe : moi, je sais que c'est ton berceau.
Lorsque, délaissée, trahie, rendue de fatigue, épuisée de combats, ton front pâlit, tes genoux chancelèrent , ils tressaillirent d'une joie féroce et poussèrent un long cri, un cri sauvage, aigu, comme le cri de l'hiène qui la nuit fait frissonner le voyageur sous sa tente.
Dors, ôma Pologne, etc.
Tel que ces chevaliers qui sommeillent, revêtus de leur armure, su» les vieux tombeaux, le géant étoit là couché sur la terr«- ils jetèrent sur lui un