A LA POLOGNE
peu de cette terre trempée de sang et dirent : Il ne se réveillera plus !
Dors, ô ma Pologne, etc.
Tes fils dispersés ont porté dans le monde les récits merveilleux de ta gloire. Ils ont raconté comment, tout à coup brisant le joug de tes oppresseurs , tu te levas semblable à l'ange que Dieu envoie , armé de son glaive , pour punir ceux qui se rient de la justice; et le cœur des tyrans s'est troublé.
Dors , ô ma Pologne , etc.
Puis , quand ils ont dit tout ce que virent tes yeux avant de se fermer, l'indomptable courage des hommes, l'héroïque fermeté des plus foibles femmes, l'ardeur sainte des jeunes vierges, le dévouement religieux des prêtres, les petits enfants mêmes se dégageant des bras de leurs mères afin d'aller mourir pour toi, les peuples émus ont baissé la tête, et se sont pris à pleurer.
Dors, ô ma Pologne, etc.
Tant de sacrifices, tant de travaux devoient-ils être stériles? Ces sacrés martyrs n'auroient-ils semé dans les champs de la patrie qu'un esclavage éternel? En seroit-ce fait à jamais de cette patrie vers laquelle encore se tournent de loin les regards des pauvres exilés ? N'en resteroit-il qu'une fosse couverte d'un peu d'herbe? Ah! dites-le, dites-lemoi !
Dors , ô ma Pologne , etc.