STELLA, LÉON
LÉONi
Les Anglais ont parfois des caprices baroques,
Je le sais; mais lord Blount... lord Blount abuse un peu.
— Allons, c’est impossible, et ce doit être un jeu.
STELLA
Quel est donc ce lord Blount?
‘ LÉON
C’est un Anglais bizarre ; L’inconnu l’attirait; l’espèce n’est pas rare.
— Ce n’était qu’un client.
STELLA
C’était un insensé.
LÉON
Oui, oui, tout simplement. — On est bouleversé.
D’abord ; et puis, enfin, il faut bien se remettre.
STELLA
Que tenez-vous donc b ?
LÉON
Qui, moi?... c’est une lettre...
Ahl oui, je sais... lisons. — « V^oici mon testament! »
STELLA
C’était donc sérieux ?
LÉON
11 rit étrangement.
(Lisant.)
« Monsieur Bradai, mon peintre, un peu sot, mais honnête.
Se sert de son esprit pour avoir le cœur bête.
Il voit devant l’argent tous les cheminsiiuverts,
Et se croit philosophe, en aimant de travers. »
— Il se moque de moi. — h Je compte bien en rire,
Et je suis curieux de voir le pauvre sire Se débattre sous l’or dont je vais l’accabler.
Je lègue... » — Hein? quoi? commentâmes yeux vont se troubler... C’est mon nom... mon... mon nom... je... j’en deviendrai bègue. Voyez, ce sont ses biens, tous ses biens qu’il me lègue.