SCÈNE HUITIÈME
LOAD BLOUNT
Vous descendiez au fond.
LÉON
Au fond ?
LORD BLOUNT
Gomme un pavé.
LÉON
Sapristi I Mais, alors, c’est lui qui m’a sauvé ?
Oui, monsieur, pour savoir ce que vous alliez faire.
LÉON, à John.
Prends ton habit ; rends-moi le mien, je le préfère.
LORD BLOUNT
Je m’étais étendu dans la mer mollement ;
Je roulais dans l’azur, je me noya’s gaiement.
Lorsque je suis heurté par un talon de botte.
Je regarde, et je vois une jambe qui flotte ;
Cela pique beaucoup ma curiosité.
Je suppose un confrère inexpérimenté ;
Je jette, en un clin d’œil, ce monsieur sur le sable... C’était vous I
LÉON
C’était moi. — Vous êtes admirable.
Milord, je serai donc toujours votre obligé ?
LORD BLOUNT
Non I je suis mécontent : vous m’avez dérangé.
— Bonsoir.
LÉON
LORD BLOUNT
Je m’en vais.
Hein ?
LÉON
C’est assez d’uno alerte.
LORD BLOUNT
Et ne m’obligez plus à vous sauver.
LÉON, le retenaot.
Non, certe,
LORD BLOUNT
Eh bien, que faites-vous ?
LÉON
Parbleu ! je vous retiens.
LORD BLOUNT
Et de quel droit, monsieur ?
LÉON
Vous me léguez vos biein , Ce sont des nœuds tout faits entre nous, je les sei ro.
LORD BLOUNT
Cela me convient-il ?
Ce n’est pas nécessaire.
Votre legs nous a mis sur le même niveau ;
Un bienfaiteur, milord, mais c’est du fruit nouveau Pour moi. Je vous conserve.
LORD BLOUNT
Ohl
LÉON
Je serai votre ombre.
Monsieur !
LORD BLOUNT, rurieax.
LÉON
Vous me plaisez.
SCfeNE HUITIÈME.
Mais c’est original.
Monsii'Ur I
LKON.
jVous êtes sombre ;
LORD BLOL'NT.
Adieu, monsieur.
LÉON
Encor ?
Ah ! vous croyez qu’on lègue impunément son or ; Qu’on est bon, sans courir quelque mésaventure.
Et qu’on fait des heureux sans une égratignure ? Vous vous trompez, milord. Je m’attache à vos pas, Je me cramponne à vous.
LORD BLOÜNT.
Cela ne se fait pas.
LÉON
Vous vouliez m’enrichir, vous, et sans me connaître, Cela se fait-il mieux?
LORD BLOONT.
Ne suis-je plus mon maître?
LÉON
Non ; quand j’aime les gens, ce n’est pas à demi.
LORD BLOUNT
J’aurai donc un geôlier ?
Vous aurez un ami.
LORD BLOUNT
Il est des dévouements dont on se débarrasse.
LÉO. N
Milord, n’essayez pas; j’ai l'amiiié tenace.
LORD BLODNT.
Je VOUS reacontrerais toujours ?
LÉON
Toujours.
LORD BLOUNT
Assez.
LÉON
Vous vivrez.
LORD BLOUNT
Non.
Si.
LORD BLOUNT
Non.
LÉON
Non?
LORD BLOUNT
Vous me menacez ?
LÉON
Je vous égorgerais plutôt.
LORD BLOUNT, avec calme.
Je VOUS rends grâce,
Et nous rllins sortir enfin de cette impasse.
— Vous ôtes un faquin. — A vos ordres.
LÉON
Milord!...
Eh bien, nous nous battrons.
LORD BLOUNT
A mort, monsieur.
LÉON
A mort.
(A p»rt.)
Gagnons du temps.