SCÈNE HUITIÈME
Car, enfin, laisser veuve une femme trop tendre, C’est mal ; c’est exposer son prochain à la prendre.
LORD BI.OUNT, insistant.
En garde l
(lia font une passe.)
LÉON, vivement.
Parez donc. — C’est absurde, milord ;
(Avec calme.)
J’ai failli vous tuer. — Tenez, tirons au sort :
C'est une émotion. Jouons à pile ou face,
Huit jours. Si vous gagnez, milord, je vous embrasse El je vous jette à l’eau moi-même.
LORD BLOONT.
Et si je perds ?
LÉON
Je mets, pendant huit jours, votre tête à l’envers.
Et je vous convertis, ou j’y renonce. — Pile !
(il jette une pièce de monnaie en l’air ; Jobn seprëcipite sur la pièce et la cacha
avec sa main.)
LORDBLOUNT.
Une condition, pourtant? Elle est facile.
LÉON
Je l’accepte, milord.
LORD BLOUNT
Vous garderez mes biens.
Qui? moi, j’hériterais encor de vous ?
LORD BLODNT.
J’y tiens,
Si je gagne.
' LÉON
Milord !... Eh bien, soit I — J’ai dit : pile.
JOHN, découTr«nt U pièce avec joie.
Ouli ! milord a gagné.
LORD BLOUNT
Je peux partir tranquille.
LÉON
(A John.)
Vous le pouvez. Butor !
LORD BLOUNT
Je me sens allégé.
— Surtout, pas de sermons.
Je m’y suis engagé.
LORDBLOUNT.
John? Prépare ma barque.
(John sort par la droite.)
LÉON, à part.
Où prendre une anicroche ?
LORD BLOUNT
Gardez mon testament.
LÉON
Je l’ai là, dans ma poche.
(a part.)
Tiens 1... non, non... ah ! je sais...
JOHN, rerenant effaré.
Milord?
LORD BLOUNT
Qu’as-tu ?