SCÈNE HUITIÈME
LOBD BLOUNT.
Vous vouliez me sauver I
LÉON
Vous vouliez m’enrichir l — Il me faudra du temps.
LOBD BLOUNT.
Du temps?
LÉ, O N
Pour réfléchir.
LOBD BLOUNT.
Monsieur... vous n’avez rien.
Quoi ! rien?... Et ma palette?
Et mon Caracalla? mon Bacchus?mon squelette?...
Voilà des petits legs qui vont m’embarrasser.
Des millions, parbleu ! c’est facile à placer ;
On sait que tout le monde en veut ; mais ma tortue ?
LOBD BLOUNT.
Vous me raillez ?
LÉON
Et puis, il faut que j'institue ’
Quelque chose. — Soyons immortel une fois 1 —
Un grand prix de loto. — Je demande trois mois.
LORD BLOUNT
Pourquoi ce faux-fuyant ? Cette terre vous charme,
Reslez-y. Je m’en vais.
LÉON, Tirement.
(a part.)
Battons-nous. Un gendarme,
Pour nous prendre au collet... et le mettre en prison!
(Hant.)
Je lègue tout à John ; mais rendez-moi raison.
iO
LORD BLOUNT
Soit 1
(ils se mettent en garde.)
LÉON, s’arrêtant, et relerant son flenret.
Avez-vous tout vu dans ce monde morose?
LORD BLOUNT
Tout.
LÉON
Vous avez peut-être oublié quelque chose î
LORD BLOUNT
Non.
LÉON, même jeu.
Mais si, si, milord. Êtes-vous négligent 1 Vous avez oublié de manger votre argent.
LORD BLOUNT, impatienté.
Non.
LÉON
Vos deux millions ?
J’en avais mangé quatre.
(ils font une passe.)
LEON, s’arrêtant encore»
Vous aimiez votre femme, au fond ?
LORD BLOUNT
' Veuillez vous battre.
LÉON
Et vous étiez jaloux.
LORD BLOUNT, de même.
Veuillez donc vous couvrir.
LÉON
Mais un mari trompé ne devrait pas mourir.