‹ Troubles Fonctionnels et Reflexes ConditionnelsChapitre 10 sur 49 · EXPÉRIENCES AU GAZ D’ÉCLAIRAGE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES AU GAZ D’ÉCLAIRAGE

Nous voulons produire un réflexe conditionnel à l'in toxication par le gaz d'éclairage. |

Pour cela, on prend un cobaye ; on le met sous une cloche communiquant par son sommet avec un robinet à gaz ; on fait arriver du gaz en même temps qu'on fait agir sur les yeux du cobaye une forte lumière interrompue, au moyen dun carton, de façon à projeter une lumière intermittente,

Nous débutons le 9 Octobre et nous faisons l'expérience une seule fois par jour. Le cobaye intoxiqué commence par présenter des réactions de peur, (tremblement) ; il essaye de monter dans le haut de la cloche, le gaz étant plus lourd que l'air; ïil lèche la cloche, puis tombe brusquement. On enlève alors la cloche, on supprime la lumière. Le cobaye couché sur le dos présente

des convulsions à type de mouvement de marche dans

le vide, puis tombe en résolution musculaire. Il reprend connaissance quelque temps après.

Nous recommençons le 13 Octobre : même déroulement des actes. Nous interrompons ensuite pour recommencer le 23 Décembre, le 7 janvier, le 14 janvier, le 18 janvier, et fe 19 janvier. — Chaque fois, l'animal commence par

paraître inquiet, tremble, monte dans le haut de la

cloche, puis paraît abattu, tombe, et présente des convulsions à type de mouvement de marche.

Le 21 Janvier, nous essayons, en Îe mettant sous la cloche, et en le soumettant à la lumière intermittente, sans gaz d'éclairage. Il parait inquiet, tremble, maïs ne tombe pas et ne présente pas de convulsions. Nous faisons agir le gaz, et les convulsions se produisent. Nous voyons qu'il existe un réflexe conditionnel pour l'état affectif, précédant l'intoxication par le gaz d'éclairage

Le 22 janvier, nous faisons agir dès le début, le gaz d'éclairage et le cobaye tremble, monte dans la cloche et tombe en état convulsif.

Les 24, le 27, le 28, le 29 et le 31 janvier, le rer et le 2 février, nous mettons le cobaye sous la cloche, nous faisons agir la fumière intermittente et nous soufflons dans un tuyau, pour üniter le bruit que fait le gaz en arrivant : le cobaye présente l'état affectif qui précède l'intoxication : inquiétude, tremblement, mais ne tombe pas en convulsions. Nous faisons alors agir le gaz et le cobaye tombe en convulsions. ‘

Les 3, 4, 5, 7, 8, 0 février, nous opérons en faisant agir le gaz d'emblée et le cobaye se comporte toujours de la même façon.

Le 8 février, nous opérons avec gaz, mais en notant le moment ou l'on commence à faire agir le gaz et celui où le cobaye tombe en convulsions, pour voir s’il n’y aura pas de variation de temps, dû à un réflexe conditionnet d'ordre qualitatif de résistance au gaz. La durée entre le début de l'arrivée du gaz et la chute du cobaye est de 3 minutes. Le 9 février, la durée est de 3 minutes. Le 10, de 2 minutes. Le 11. de 3 minutes. Le 12 de 2 minutes.

Le 14 février, nous commençons à faire agir la lumière intermittente avant le gaz, pour voir s'il n'y aura pas

une variation de durée. La: durée est quand même de 3 minutes.

Le 15 et le 16 février, nous opérons de même: la durée est toujours de 3 minutes. Le 17 février, et les jours suivants, nous opérons autrement : nous commençons à faire agir la lumière intermittente, sans gaz, faisant ensuite agir le gaz, sans lumière intermittente, puis, nous refaisons agir la lumière au moment de l'intoxication. La durée est de 3 minutes.

Le 18, nous opérons de même, durée: 2 minutes.

Le 19, durée: 3 minutes.

Le 21 Février, nous ohservons toujours, avec la seule lumière intermittente, du tremblement et de l'inquiétude, mais pas de convulsions, avec gaz la durée est de 1 minute. |

Le 22 et le 23 en opérant de même, elle est de 2 minutes, le 24, de 3 minutes, le 25 de 1 minute 1/2. le 26 de 2 minutes et le 28 de 1 minute 1/2. Nous voyons que la durée entre le début de l’arrivée du gaz et la chute du cobaye semble indépendante de la façon dont “on fait agir la lumière intermittente.

Le 1er mars et les jours suivants, nous faisons agir la lumière intermittente pendant toute la durée de l'expérience et entrer le gaz par petites secousses. Le, 2 mars ; durée 1 minute. Le 3, durée 3 minutes.

Le 4 mars et les jours suivants, nous opérons sans gaz, avec la lumière, puis arrêtons la lumière et faisons agir le gaz, puis recommençons la lumière au moment de l’intoxication. Durée: le 4 mars 3 minutes; le 5 mars 3 minutes ; le 7, 1 minute.

Le 8 mars et les jours suivants, nous faisons agir la lumière intermittente de façon permanante. Durée : pour

Ve

le 8, 1 minute.Le 9 et le 10, durée 1 minute. Le 11, 3 minutes. Le 12, nous faisons agir très peu, de gaz ; {a durée est de 3 minutes. Le 15, de même, le cobaye commence à trembler, lèche la cloche, puis tombe. Le 16, durée : 3 minutes. Le 17: 1 minute. Les 18; 19, 21, 25, 23, durée: 2 minutes. Les 24, 25, 26, 28, 30 et 31 mars; les fe, 2,3; et 5 avril: r minute. Le 6: 2 minutes.

Le > avril, l'excitant lumineux est commencé bien avant, on fait entrer un peu de gaz et on arrête ; au bout le 6 minutes, le cobaye tombe. Le 9 avril, durée: : minute. Le 11, 3 minutes, les 12, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23: durée 2 minutes — Nous arrêtons l'expérience.

Nous voyons que nous avons obtenu un réflexe conditionnel à l'état affectif précédant l'intoæication, mais que la durée entre le début de l'arrivée du gaz et la chute du cobaye, a été totalement indépendante de la façon dont nous faisions agir l'excitant lumineux. — Il ne s'est pas produit de réflexe conditionnel à l'action toxique du gaz d'éclairage.

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