EXPÉRIENCES A LA COMPRESSION DE L’AORTE ABDOMINALE
Nous voulons essayer de provoquer un réflexe conditionnel à la paraplégie obtenue par la compression de l'aorte abdominale d’un cobaye.
Le cobaye est attaché sur le dos par une sangle en caoutchouc qui laisse libres les pattes postérieures. Nous comprimons l'aorte abdominalé du cobaye avec le doigt, ce qui est assez facile chez le cobaye. En même temps, nous faisons agir une lumière intermittente, analogue à celle que nous avons utilisée pour l'expérience au gaz d'éclairage. Nous comprimons l'aorte jusqu'à l'apparition d'une paraplégie transitoire. L'animal présente d’abord des réactions de défense: cris, mouvements des pattes, secousses du train postérieur, puis présente une paraplégie avec abolition de la sensibilité (que nous contrôlons au moyen d'une aiguille), de la motricité et des réflexes dans les deux pattes postérieures ; et défécation. Nous arrêtons alors la lumière et la compression, le cobaye reste ainsi quelques minutes, puis redevient normal. Nous opérons à raison d’une seule séance par jour.
Chaque fois, le cobaye est transporté de la lapinière au laboratoire toujours dans la même caisse et en compagnie des mêmes cobayes.
Nous commençons le 9 octobre, puis continuons chaque jour jusqu’au 13 octobre. — Le 13 octobre, nous faisons
d'A DE
agir la lumière intermittente sans compression de l'aorte abdominale, et obtenons une paraplégie avec anesthésie et suppression de la motricité, mais non précédée de secousses du train postérieur.
Cette première expérience nous a montré quil existe un réflexe conditionnel à la paraplégie par compression de l'aorte abdominale.
Nous recommençons les 23 et 28 décembre, avec compression de l'aorte abdominale ; le 28 décembre, le cobaye meurt spontanément.
Nous recommençons de façon analogue, avec un autre cobaye. L'animal est attaché sur le dos, l'excitant conditionnel étant toujours le même, c'est-à-dire, la lumière intermittente.
Nous commençons le 3 janvier et continuons les 7, 8, 10, 12, 14, 15, 18, 19 janvier, à raison d'une compression par jour.
Le 21, nous essayons sans compression de l'aorte abdominale, l'animal étant attaché de la même façon et en faisant agir l'excitant lumineux. L'animal présente une paraplégie.
Le 22 janvier nous opérons avec compression.
Le 24, sans compression, nous obtenons une paraplégie.
Le 25, nous opérons avec compression.
Le 27, sans compression, avec la lumière intermittente, nous n'obtenons rien. Nous opérons ensuite avec compression.
Le 28 janvier, sans compression, avec la seule lumière intermittente, nous avons une paraplégie. Nous récommençons en comprimant l'aorte abdominale.
Le 29 janvier, sans compression et avec la seule
PTE
lumière intermittente, nous obtenons une paraplégie, mais avec céenservalion de la sensibilité : l'animal crie si on le pique, mais ne retire pas la patte. Nous recommençons avec compression de l'aorte abdominale et nous avons une paraplégie avec anesthésie. — Nous voyons qu'il y a ici dissociation entre l'anesthésie et la motricité, ce qui semble prouver que le réflexe conditionnel porte sur le phénomène nerveux el non sur un spasme de l'aorte. D'autre part, nous voyons que le réflexe conditionnel peut ne porter que sur un des éléments de la réaction obtenue par l'excitant absolu.
Le re février, sans compression, nous obtenons une paraplégie sensitivomotrice.
Le 2 février, sans compression, nous n'obtenons rien, nous recommençons avec compression et obtenons la paraplégie. ,
Les 3, 4, et 5 février, nous opérons de même et tout se passe de la même façon.
Le 7 février, nous opérons avec compression pour voir si nous rétablirons ‘le réflexe conditionnel.
Le 8 février, le 9 et le 10, nous opérons d’abord sans
compression ; il ne se produit rien. Ensuite avec compression. De même le 11 et le 12.
Le 14 février, sans compression, nous obtenons une paraplégie précédée de secousses de la partie postérieure du tronc et de réaction de défense du cobaye. Nous recommençons en comprimant l'aorte. Cette expérience nous montre que le réflexe conditionnel peut porter à la fois sur l'état affectif qui précède la réaction et sur celle-ct.
Le 15° février, sans compression, nous n'avons pas de
Done
sécousses, mais nous obtenons une paraplégie et défécation de l'animal.
Le 16 et le 17, nous opérons d'abord sans compression de l’aorte et n’obtenons rien, puis en comprimant l'aorte.
Le 18 et le 19, nous opérons sans comprimer, nous obtenons une anesthésie, mais les réflexes et la motricité sont conservés. L'animal bouge sa patte, mais ne crie pas si on le pique. Nous recommençons ensuite en comprimant l'aorte. — Nous voyons que nous avons obtenu l'inverse de ce que nous avions le 29 janvier où c'était la motricité qui était supprimée et la sensibilité qui était maintenue. Ceci nous montre le polymorphisme sur la façon dont est rendu un réflexe conditionnel et qu'on peut avoir tantôt tel élément, tantôt tel autre du phénomène. | ;
Le 21 février, sans compression, nous obtenons une paraplégie sensitivomitrice, mais seulement du côté droit et précédée de secousses ; nous recommençons €n comprimant. Ceci nous montre que le réflexe conditionnel peut ne porter que sur une partie de l'étendue du phénomène. (en effet, il n'a porté que du côté droit).
Le 22 février, sans compression, nous n'obtenons rien. Nous recommençons en comprimant.
Le 23, sans comprimer, nous avons une paraplégie.
Le 24, sons comprimer, nous n'avons rien. Nous recommençons en comprimant.
Le 25, sans comprimer, pas de paraplégie, mais convulsions des membres supérieurs ; nous recommençons avec compression. Nous voyons ici que le territoire des: convulsions a été transféré.
Le 26, sans comprimer, nous obtenons une anesthésie,
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