VALEUR DES RÉFLEXES CONDITIONNELS ET DE L’AFFECT
Nous allons maintenant étudier l'importance des réflexes conditionnels et de l'affect, dans la vie courante, avant de létudier au cours des manifestations pathologiques.
Certains auteurs ont voulu voir, dans les réflexes conditonnels l'explication du comportement de l'individu et l'école du Behavourisme a peut-être donné une importance trop grände aux réflexes conditionnels, leur attribuant à eux seuls presque tout le comportement de l'individu. Certes, s1'les réflexes conditionnels jouent un très grand rôle dans le psychisme de l'individu, il n'en est pas moins vrai que d’autres facteurs vont intervenir et certains interviendront même par leur action sur les réflexes conditionnels. Nous avons vu en effet qu'il existait une sélection en ce qui concerne le choix de l'excitant conditionnel. En effet, suivant l’affect de l'individu, le même facteur pourra déclencher ou ne pas déclencher de réflexe conditionnel. 5) {
D'autre part, suivant l'affect, le sujet donnera une importance plus ou moins grande à l'événement qui à déclenché le réflexe et à l'excitant absolu.
Exemple : un psychasthénique a de l’agoraphobie parce qu'en traversant une grande place, il faillit être écrasé. Or, le même malade a fait la guerre, où il a été en danger de mort, sans qu’il lui en soit resté le moindre
trouble dans son comportement.
Telle personne qui aura vu un arbre se renverser sans blesser personne en gardera la phobie du vent, alors qu'ayant été gravement blessée dans un accident d’automobile, elle continue à conduire son automobile sans la moindre peur.
D'autre part, notre volonté nous permet de diriger, tout au moins en partie, notre imagination. Si nous voulons penser à une partie de chasse, nous y pensons ; Si nous voulons penser à des montagnes couvertes de neige, nous ÿ pensons.
Or, notre imagination nous permettant de penser à un affect antérieur, pourra établir un réflexe conditionnel à cet affect antérieur. C'est peut-être une explication au fait que certaines personnes peuvent accélérer leur rythme cardiaque à volonté ; il leur suffit, pour cela, de concentrer leur imagination sur un événement antérieur, pour entrainer un réflexe conditionnel à une accélération du rythme cardiaque qu’elles avaient lors de cet évènement. D'autres personnes peuvent obtenir un frisson en concentrant leur pensée sur un souvenir de montagne ; c’est un fait bien connu que le fait de voir un film d'alpinisme au éinéma, donne une impression de froid.
Nous voyons donc que notre volonté ayant une action sur notre imagination va contrôler notre affect. Il semblerait qu'il y ait encore là une réduction du principe de causalité.
Mais d'autre part, notre volonté sera efle-même contrôlée par notre affect. La vue d'un objet donné entrainant un réflexe conditionnel à un affect antérieur, dirigera notre pensée dans un certain sens ainsi que notre volonté, souvent même sans que nous en ayons conscience. Exemple : Se trouvant un jour chez un ami, une personne
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voulait prendre le train pour des raisons d’ailleurs très justifiées à ce moment-là. Retournant par la suite chez ce même ami, elle voudra prendre le train et trouvera dans son esprit une justification quelconque «qu'il fait beau ce jour-là à la campagne ! »
L'affect pourra, dans certains cas, inhiber complètement la volonté. Exemple : Un employé était très fatigué le jour où ïl a été présenté à son patron et n’avait pas de volonté du fait de sa fatigue. Par la suite, toutes les fois qu'il se trouvait en face ue”son patron il n’avait plus de volonté et il n'arrivait jamais à lui faire une demande d'augmentation de salaire, alors que dans la vie courante c'était un homme très volontaire.
De même, des réflexes conditionnels à des émotions passées pourront, dans certains cas, provoquer une inhibition de la volonté.
Une personne sera hyperémotive, parce que dans sa vie courante, il y a quelque chose qui-rappelle un affect antérieur où elle avait eu une forte émotion.
Réciproquement, une émotion imprévue pourra inhiber un réflexe conditionnel à un affect antérieur et rendre une personne volontaire, alors que dans la vie courante elle était toujours indécise. C’est le cas fréquent de certains psychasthéniques qui, lorsque la vie de leur enfant est en danger, présentent une volonté et une décision exträdrdinaures. : :
Il faudra, d'autre part, tenir compte du complexe action réaction. C'est lui qui fait que certaines personnes se projettent d'autant plus facilement sous une automobile qu'elles veulent l'éviter.
Un candidat s’émotionnera d'autant plus facilement à un examen, qu'il voudra ne pas s’émotionner. Il est
probable que le fait de vouloir un état d'âme donné entraine une réaction en sens contraire dans le sens de l'abolition de volonté.
Mais il est à remarquer que cette ambivalence sera variable suivant la personne et suivant l'influence du désir sur l’affect de celle-ci et que nous pourrons avoir, soit une réponse correspondant au désir, soit en sens contraire.