DEROULEMENT CHRONOLOGIQUE DE L'AFFECT | ET CONFUSION MENTALE
Nous avons vu qu'il suffisait qu'un des éléments de l'affect actuel rappelle un des éléments d'un affect anté-
rieur, pour que celui-ci se reproduise en entier dans
‘J'affect actuel.
Pavrov €t son école admettaient que. pour qu'un
réflexe conditionnel se produise, il fallait que l’action de excitant conditionnel soit antérieur à celle de l’excitant
absolu. Cela est dû à ce que l’affect a un déroulement chronologique. et que, dans la reproduction de l'affect antérieur, 1l n’est reproduit qu'à partir du moment où
un de ses éléments se trouve reproduit dans l’affect actuel.
C'est-à-dire que, si nous’ concevions le déroulement chronologique de l’affect comme un film, au moment où l’un des chchés du fil affect actuel reproduira un cliché
du film affect antérieur, c'est celui-ci ‘qui se déroulera
à partir de ce cliché, comme si on l'avait coupé au niveau du cliché commun.
Mais, pour les souvenirs lointains, la partie antérieure
au cliché du film affect antérieur pourra se dérouler.
En d’autres termes, s’il nous est arrivé d’avoir mal à la
-tête une heure avant la vue d’une rose, la vue de cette
rose nous donnera mal à Ja tête. Il n'y a donc plus reproduction de l'affect antérieur dans son ordre chrono-
logique car dans notre affect se déroulera un film où la
rose précède le mal de tête. Tout se passe comme si
le film avait été coupé et qu'on ait mélangé ses fragments.
C'est ce qui se passe dans la confusion mentale ou,
en plus, chaque cliché aura été coupé en petits morceaux qui auront été mélangés.
Par exemple, dans l'affect de notre cobaye à la compression de l'aorte, c’est la lampe qui le comprimera et notre main qui l’éclairera par intermittence. C'est aussi ce qui se passe dans le rêve; mais certains fragments . de film auront pu être conservés dans un ordre Ë peu
pr ès intact.