EE
la vitalité. C'est à cela que Gowers donne le nom d’abiotrophie.
Il cite divers exemples :
La canitie est un trouble d'ordre qualitatif, un désordre durable d’une des fonctions du follicule pileux ; et elle montre que, sans que la vie de celui-ci soit complètement compromise, une partie du travail vital peut cesser. C'est un trouble d'ordre abiotrophique.
Dans la forme pseudohypertrophique de la paralysie musculaire idiopathique, les fibres musculaires, après un complet développement cessent de maintenir leur nutriton. Le trouble vital de la fibre musculaire est l’élément essentiel de la maladie. C'est un défaut de capacité vitale vraiment constitutionnel.
Des diverses formes d’abiotrophie, une des plus frappantes est peut-être celle qui intéresse le neurone moteur spinal. Il est tout à fait certain que la dégénérescence du nerf moteur n'est pas consécutive à l’atrophie musculaire. Parfois la maladie est consécutive à certaines influences telles que maladies aiguës qui dominent la nutrition du système nerveux.
Dans les atrophies optiques héréditaires, après être arrivé à un complet développement, le nerf se met à dégénérer, souvent à la suite de causes occasionnelles, tabagisme ou maladie aigüe, et on se trouve en présence d'un défaut de capacité vitale du nerf.
Si on à un trouble abiotrophique trop faible pour se manifester, une altération de l'état général entraînant un désordre nutritif, pourra le déclencher. |
Eine
CLASIE
Pour Paces, il y a deux sortes de troubles : ceux d'origine abiotrophique et ceux d’origine clasique. PAces oppose à la notion d'abiotrophie, celle de clasie. Il désigne par «clasie», le caractère brutal de l'agression du tissu et l'anéantissement rapide de la fonction qui s y rattache. Les altérations du type clasique se constituent brusquement. Elles ont une topographie anatomique en foyer souvent centré par un vaisseau ; au lieu d'une topographie fonctionnelle, ce qui est le cas fréquent dans l'abiotrophie.
Il cite que dans le cas d'une embolie, il se produit une série d'accidents qui témoignent de l'interruption brusque des conductions nerveuses dans un point déterminé, d'éclipse temporaire de la fonction correspondante par lésion d'ischémie passagère. Il s'agit d'accidents qui ont pour effet de réduire l'apport sanguin nécessaire au fonctionnement normal et d'entraîner un désordre passager. Il existe des troubles fonctionnels d'ordre clasique dans le cas précédant, les troubles passagers. Il cite aussi comme exemple de troubles fonctionnels d'ordre clasique, la claudication intermittente.
Pour Paces, nous pourrons avoir aussi des troubles
mixtes ; et nous pourrons, d'autre part, avoir des trou-
bles d'ordre abiotrophique renforcés par des troubles d'ordre clasique.
J'ai eu l’occasion d'observer un malade dont toute une branche des ascendants maternels avait présenté une alrophie optique de l'œil droit, qui fit brusquement un scotome hémianopsique de l'œil droit. Il est probable que chez ce malade, nous sommes en présence d'une mani-
SRE
festation abiotrophique héréditaire, . renforcée par une niamifestation vasculaire d'ordre clasique.
J'ai observé un malade atteint d’une sinusite sphenoidale droite, (qui, on le sait, donne généralement un scotome de type central), qui avait présenté une hémianopsie en cadran de topographie vasculaire de l'œil droit, scotome persistant et à type opaque, et qui avait présenté en dehors de cela, des scotomes scintillants, bi-latéraux homonymes à type cortical, cessant rapidement et brusquement ; il n'est pas douteux là aussi, que nous ayons l'addition d’un trouble fonctionnel d'ordre clasique (spasme vasculaire) à un trouble fonctionnel d'ordre abiotrophique (névrite par sinusite).
Dans le même ordre d'idées. Gowers cite le cas d'un malade atteint de tabès qui avait présenté une hémianopsie d'un œil, apparue brusquement.
C'est encore par l'abiotrophie de Gowers que l’on peut expliquer certaines prédispositions héréditaires telle que celle de faire une même lésion au même endroit et au même âge. On est frappé du fait que dans certains ictus par exemple, on voit le père et le fils faire un ictus sur la même artère ; il est probable quil s’agit là d'une lésion artérielle d'ordre clasique, qui s’est manifestée au cours d’une altération de l'état général, survenue sur une lésion abiotrophique héréditaire.
PaGes insiste sur la nécessité d'un regroupement de la classification pathologique: en syndromes abiotrophique, clasique et mixte ; les troubles fonctionnels et lésionnels ne représentant que des degrès différents d'un même processus abiotrophique ou clasique ; les troubles fonctionnels pouvant évoluer vers les troubles organiques, ne re-
LE
a sé
| présentant que des degrès différents de l’évolution lésion- É nelle ; et les troubles abiotrophiques pouvant entraîner des # troubles clasiques et réciproquement.
PaGEs insiste aussi sur la notion de sympathie et synergie et sur la répercussion d'un trouble fonctionnel + d'un organe sur un autre.
Conception de Pavlov et ses élèves
Avec les travaux de Pavroy et ses élèves, les rapports
% du psychisme et de l'organique sont entrés dans une À nouvelle phase scientifique.
= Paviov et ses élèves, en étudiant la secrétion réflexe . des glandes salivaires chez le chien au moyen d'une à fistule parotidienne consiatèrent, non seulement que le E chien secrète de la salive quand on lui met de la nour- E-- riture dans la bouche, mais encore que l'animal peut saliver à la simple vue ow à la simple odeur de l'aliment. $ Si on fait agir sur le chien un excitant lumineux, sonore Be. ou cutané, en même temps qu'on lui apporte la nourri- E -ture et qu'on recommence l'expérience de la même façon ne et avec le même excitant à plusieurs reprises, pendant un z grand nombre de fois, on constate que la simple action ; de l’excitant entraîne la secrétion salivaire. C’est ce que Pavioy dénomma réflexe conditionnel ou acquis, par opposition aux réflexes inconditionnels ou héréditaires qui sont particuliers à chaque espèce d'añimal tandis que le s. réflexe conditionnel n’est propre qu'à un animal donné,
L’excitant lumineux, sonore ou cutané s'appelle excitant conditionnel et la nourriture excitant absolu. S1 on fait agir l’excitant conditionnel après le début
de l’excitant absolu, ne serait-ce que d’une minute, le
réflexe conditionnel ne se produit pas. Si on commence à faire agir l’excitant coWditionnel avant l'alimentation. et qu'on le prolonge jusqu'au début de celle-ci, la secrétion salivaire se produit, mais est plus faible que si on le fait agir en même temps. C'est ce type de réflexe qu'on appelle réflexe à retardement. L'intervalle de temps qui sépare le début de l’excitant conditionnel du début du réflexe, tend à diminuer avec la répétition de l'expérience. -
Si on commence à faire agir l'excitant conditionnel avant l'alimentation et qu'on l’arrête avant le début de celle-ci, le réflexe conditionnel est encore plus faible ; cest ce qu'on appelle réflexe de trace, l'intervalle de temps entre l'excitant conditionnel et le début du réflexe tend à diminuer avec la répétition du réflexe. = Dans tous ces cas, si on répète l'expérience pendant longtemps sans excitant absolu, le réflexe diminue, puis disparaît.
Si après avoir installé un réflexe conditionnel à un
un excitant lumineux, par exemple, on répète l’expérience en faisant agir un excitant sonore en même temps que l'excitant lumineux sans alimenter l'animal, l’excitant sonore pourra à lui seul, déclencher le réflexe condition nel. Mais au bout d'un certain temps, le réflexe conditionnel ne se produira plus même si on fait agir en même temps que l'excitant sonore l'excitant lumineux ; tandis qu'il se produira avec l'excitant lumineux seul, sans excitant sonore. L’excitant sonore a dans ce cas une action inhibitrice. De même, si pendant l'expérience, il survient un évènement extérieur qui distrait l’animal{ le réflexe ne se produira pas. Il y a là un autre processus d’inhibition.
nor
Toutes ces expériences furent réalisées dans des conditions idéales, l'animal étant isolé de toute action exférieure et pouvant seulement percevoir l'excitation de l’excitant conditionnel. :
Tziroviren a obtenu des réflexes conditionnels pour les troubles vasomoteurs. -
BriKov et BERKMAN ont pu provoquer des réflexes conditionnels pour la sécrétion urinaire chez le chien. Le lavement chez celui-ci provoque une excrétion d'urine. Chaque jour, à la même heure, ils ont administré à l'animal un lavement à l'eau tiède et en même temps on lui faisait une excitation interne ou on lui faisait entendre un son musical. Au bout de deux ou trois semaines de ces exercices méthodiquement répétés ils ont pu constater qu'il suffisait de produire la même excitation externe pour provoquer la secrétion d'urine par les reins.
Barcaracx et Morin ont obtenu des résultats analo-
gues.
Popkoparer à étudié la production de réflexes con-
ditionnels à l'apomorphine. Il a fait ses expériences sur un chien présentant une fistule chronique de la parotide. Il injectait r cm“ d'apomorphine à 0,1/100 ; avant que l'apomorphine ait commencé à agir, il utilisait comme excitant conditionnel Le son d'un tuyau d'orgue qui débutait deux minutes après l'injection et continuait pendant toute la durée du vomissement et de la salivation provoqués par l'apomorphine. En répétant ainsi l'expérience pendant longtemps, ils parvinrent à obtenir la salivation et le vomissement par le simple son d'un tuyau d'orgue.
Le Docteur KryLor est parvenu à produire des réflexes conditionnels à la morphine. Il injectait sous la
Re
peau de la patte d’un chien, chaque jour, une dose de morphine. Il obtenait toujours : vomissements, sommeil. défécation. Après huit à dix jours, il injecta au lieu de morphine, de l’eau physiologique et vit apparaître les mêmes phénomènes d'empoisonnement. En continuant, il parvint à obtenir les mêmes symptômes par le simple bruit de la seringue.
Le Docteur Lorsarcns, chez l'homme, constata que la leucocytose digestive se produisait à la seule vue des ah-
ments. à Meraznirov injecta dans les veines de l'oreille du lapin
du vibrion cholérique chauffé. Cette injection était pré-. cédée d’une excitation externe: son d’une trompette ou grattage de l'oreille. Les lapins ont reçu quinze à trente injections successives à raison de une par jour associées à l'excitant conditionnel. Dix à quinze jours après la dernière injection, la formule leucocytaire étant redevenue normale, les lapins ont alors reçu l'excitant conditionnel seul, deux à quatre fois par heure.
Voici les résultats :
E . Premier lapin : Deuxième lapin :
Avant l'expérience... 11.600 leucocytes 7.900 leucocytes
3 à 5 heures après... 17.900 » 28.426 »
7 heures après 16.900 » 16.826 »
2h heures après 9.700 » 13.300 »
Chez un lapin témoin, pas de variation.
Dans une deuxième expérience, il opère d'une façon analogue.
Premier lapin : Deuxième lapin :
15 minutes après... 10,000 leucocytes 7.900 leucocytes 3 à 5 heures après... 24.900 VAT 9.500 »
6 heures après .……. 13.700 » 9.500 »
24 heures après 0.700 y 19,900 23
MO
Les Docteurs Nicorau et Dimrrriu ont refait ces expériences en trouvant des résultats analogues.
MerazNikov étudia ensuite la formation d'anticorps.
Il injecta dans le peritoine du lapin 2 cm3 d'émulsion de vibrions cholériques chauffés. Il faisait précéder son injection du grattage d’une région déterminée du flanc. Il répéta ainsi 12 à 15 injections pendant deux à trois semaines. Après, il fit agir l’excitant conditionnel seuf et obtint un changement du titre d’agglutination. Avant l'excit. 1 jour 2 jours 3 jours 4 jours 6 jours 9 jours conditionnel après après après après après aprés
Il refit l'expérience sur d’autres lapins avec le son d'une trompette et obtint des résultats analogues.
Nicorau et Anrinescu Dimirriv obtinrent des résultats analogues.
Meraznixov opéra de façon analogue pour la réaction leucocytaire du péritoine à l'injection de toxines et obtint des résultats semblables.
Ces expériences nous montrent l’action des réflexes conditionnels sur l'immunité.
Praronov, dans une série d'expériences, démontre la possibilité de créer des réflexes conditionnels par la parole, intéressant le sommeil, le pouls, la tension artérielle. Il faut dire tout de suite que la parole seule ne joue aucun
rôle dans l'action du réflexe conditionnel, si elle n'est
associée par l'acte, à l'acte qu'elle signifie. Exemple: le mot «j'ai mal» ne joue aucun rôle s'il n'est associé à une action douloureuse réelle et ce n'est qu'après qua l'on peut provoquer une réaction déterminée du système nerveux au mot «j'ai mal».
On pique une personne hypnotisée en lui disant: « Vous
Pre
aurez mal». fl s'ensuit une réaction respiratoire et une accélération du pouls. Si on lui dit ensuite: « Vous au-
rez très mal», on observe a même réaction.
Madame Vassicreva, au laboratoire du Professeur BecuTerEv, en faisant agir une sonnette et en prononcant le mot «sonnette» en même temps qu'on faisait agir une excitation électrique, obtint un réflexe moteur au seul son de la sonnette où du mot «sonnette ».
PLaronov, chez une femme hypnotisée à 1 heure 18, lu dit: «Vous buvez de l’eau, vous avez bu un verre, vous buvez un deuxième verre, vous buvez un troisième verre, vous buvez un quatrième verre, vous buvez encore un vetre,» À 1 heure 36, elle se réveille, ressent un besoin d'uriner et urine 385 grammes. On avait déterminé auparavant sa Secrétion moyenne d'urine qui était de 150 grammes pendant deux heures. Cette diurèse s’est accompagnée d'une concentration du sang, le nombre des globules rouges qui était de 3.983.000 avant l'expérience est devenu {4.090.000 après.
Horr et WERrMER à Vienne obtinrent des résultats analogues.
GLAZER, en 1924, en étudiant la leucocytose sous l'influence de Ia nourriture, obtint les mêmes résultats par autosuggestion.
ISromiNE et Topnizski obtinrent des résultats analogues. |
PLaronov traite les vomissements de la grossesse par suggestions :hypnoptiques.
CHarcor avait pu provoquer de l'ædème du bras par la seule parole.
PonraporzskY réussit à obtenir plusieurs fois, par des.
LRo0s
excitations verbales, des brûlures sur la peau d’un hypnotisé.
En 1927, Fine obtint des résultats analogues.
SOUMBATOF obtint des œdèmes et des éruptions.
AzLENDY cite le cas d'un eczéma guéri par la psychanalyse.
Ces différentes expériences nous montrent : qu'il existe des réflexes conditionnels à l’action vomitive et salivaire de la morphine et de l'apomorphine, aux troubles vasomoteurs, à la secrétion urinaire, à l’immunité, aux variatons de la formule sanguine. Elles nous montrent aussi l'action de la suggestion.
Personnellement, nous avons fait quelques séries d’expériences.
Afin d'étudier l’action des réflexes conditionnels dans la vie courante, nous avons fait toutes nos expériences, autant que possible, dans les conditions normales de vie et prolongées pendant longtemps.