DÉMENCES ARTÉRIELLES ET ORGANIQUES
Mais il y a plus : je viens de dire que nous sommes plusieurs à noter que la paralysie générale de ces dernières années a une évolution plus rapide qu'aupai'avant. Si nous dépouillons nos observations, nous trouvons parmi ces cas accélérés des gens qui, depuis l'introduction des arsénobenzols dans la thérapeutique, ont fait soigner par eux une syphilis déjà ancienne. N'y a-t-il pas eu là une erreur? En d'autres termes, plus on s'éloigne de l'accident primitif, moins le traitement par les arsénobenzols est inoffensif et moins aussi il paraît efficace. Gaucher a insisté à plusieurs reprises sur les dangers qu'il comportait; j'ai signalé moi-même, dans une communication à l'Académie de médecine, les réserves qui me semblaient nécessaires.
Ces réserves, qui s'appliqueraient légitimement à un cas quelconque de paralysie générale, sont beaucoup plus graves quand il s'agit de sujets tombés malades aux armées et ayant pu subir, non seulement une commotion cérébrale à un jour déterminé, mais aussi des ébranlements commotionnels moyens et longtemps répétés. On ne saurait assez le redire : rien n'est plus difficile que de distinguer de la paralysie générale certains cas de syndrome comraotionnel. Or pour ceux-ci, la question thérapeutique est nette : le pire danger est un traitement congestif, comme les arsénobenzols le réalisent, avec la neuroloxicité en plus. Donc, pour cette catégorie de malades, qui sont curables s'ils ne sont que commotionnés et si l'on ne fait pas de traitement intempestif, interdiction absolue de tout traitement spécifique, mercuriel ou arsenical, malgré une lymphocytose rachidienne avec albuminose, malgré un Wassermann positif.
Pour les autres paralytiques, quand il n'y a pas coexistence évidente de lésions de syphilis cérébrale, c'est affaire d'espèce et de circonstances. Je crois préférable de s'abstenir.