VIII. - CE QUI RESTERAIT A FAIRE
Coraine l'on voit, la thérapeutique des troubles mentaux dans l'armée est à peu près organisée ; les solutions militaires à appliquer se sont déjà dégagées et se précisent chaque jour. Que reste- t-il à faire pour hâter cette évolution?
D'abord mettre au point les doctrines officielles anciennes relatives aux troubles mentaux; qu'il soit bien entendu que l'on peut «tre obligé d'interner un aliéné aigu sans pour cela devoir nécessairement le réformer plus tard
Augmenter les facilités de développement et de fonctionnement déjà accordées aux Centres de psychiatrie. Bien outillés, bien pourvus de personnel, ce sont d'excellents instruments de traitement et de prophylaxie. Utiliser à cet effet tous les spécialistes, faire revenir ceux qui ont des affectations où ils sont mal employés.
Développer les consultations exiernes annexées aux centres. En recommander la pratique aux dépôts, pour les cas douteux, les visites d'incorporation, etc.
Cr'éer au plus tôt des asiles pour incurables neuropsyc/iiçues non dangereux. Il est lamentable de voir des trépanés avec troubles mentaux graves, des commotionnés, des paraplégiques organiques, victimes de la guerre parmi les plus ciuellement frappées, C'tre parfois réduits à l'asile d'aliénés, ou à une véritable indigence, car ils ont besoin de soins qu'une fois rendus à la vie civile ils ne peuvent recevoir avec leurs faibles ressources de réformés. Ils ne peuvent d'autre part continuer à encombrer les formations, qui sont des hôpitaux, non des hospices.
Utiliser rationnellement les auxiliaires. — Ne pas mettre dans la métallurgie ceux qui ne peuvent entendre des coups de marteau. Organiser, notamment avec le concours des centres neuro-psycliiatriqnes, des équipes agricoles pour les commotionnés et certains déprimés qu'il faut soustraire à la vie de caserne et qui sont inaptes à faire campagne.
Compléter la loi Dalbiez par des dispositions empêchant la récupération des aliénés dangereux au bout de trois mois, obligeant, lors des contre-visites, les commissions de réforme à prendre connaissance du motif de la précédente réforme, et, sHl s' agit d affection mentale, leur interdire la récupération sans avis conforme du centre de psychiatrie.
igo TROUBLES MENTAUX DE GUERRE
Rappeler d'une façon impérieuse aux commissions de réforme qu'elles ne doivent pas récupérer comme elles le font trop souvent, sans examen sérieux et en tous cas sans avis autorisé, des trépanés antérieurement placés après enquêtes et expertise, en position de réforme temporaire. A plusieurs reprises, nous avons vu des trépanés, réformés temporairement, puis repris, soumis à des efforts nuisibles, et dont l'état s'est aggravé.
Faire comprendre aux commissions de réforme l'intérêt général qu'il y a à ce qu'elles conforment leurs avis, en matière de troubles mentaux, à ceux des chefs de centres (j'ai obtenu à cet égard, après quelques efforts, des résultats qui devraient être généralisés)
Au point de vue des réformes n" 1, compléter les dispositions de tendance très bienveillante, qui ont été adoptées, par une étude de Vétai antérieur du sujet. Cette innovation en matière de pensions et gratifications s'impose si l'on ne veut pas voir monter de manière excessive le budget des pensions. Nous ne sommes plus sous le régime du temps de paix ; l'Etat ne prend plus seulement des conscrits jeunes et sains ; il incorpore des récupérés de vieilles classes, dont certains ont des tares acquises dont il n'est pas légitime qu'à l'occasion d'un léger accident de service il soit un jour rendu responsable. L'alcoolisme est l'auteur d'une bonne partie de ces lares acquises et justifierait à lui seul cette prise en considération de l'état antérieur.