LASSITUDE. — ASTHÉNIE MUSCULAIRE
Un autre phénomène sur lequel il nous paraît utile d’insister est l’asthénie musulaire qui, dans certains cas, peut ne se traduire que par de la lassitude et dans d'autres cas être assez marquée pour réaliser une des modalités de la neurasthénie. — Il est de notion banale que : « le moindre effort coûte aux ictériques. Ils s'épuisent vile et ue sont guère susceptibles d'un travail continu. » (Straus) (1).
La perte des forces, la faiblesse, se rencontrent d’un façon fréquente au cours des différentes affections hépatiques. Nous l'avons observée au cours d'hépatite infectieuse — cirrhose atrophique — de lithiase biliaire.
Nous avons noté surtout la lassitude chez un malade atteint d'une hépatite avec gros foie, grosse rate, subictère (variété de foie infectieux chronique).
Le seul symptôme dont se plaignait le malade, était la lassitude. C'était pour elle que le malade, bijoutier, travaillant assis, était entré à l'hôpital. Elle apparaissait le matin à son réveil, augmentait dans la journée et avait son maximum le soir. Il n'existait pas une diminution de la force musculaire, en rapport avec cette lassilude. Nous avons retrouvé ce symptôme chez un malade atteint d'ictère catarrhal sans fièvre.
L'asthénie peut être poussée plus loin.
Dans l'observation [ concernant un cas de cirrhose atrophique avec ascite, ayant débuté sous les allures d'une hépatite hypertrophique subaiguë avec ictère el fièvre, nous avons noté un état de prostration extrême. « La malade peut à peine remuer dans son lit, éprouve des douleurs àchaque mouvement. Elle est dans l'impossibilité de servir à boire sans aide. Elle répond difficilement comme fatiguée de parler, met un temps assez long avant de répondre aux questions qu'on lui pose.
(1) Srraus : Des ictères chroniques, th. d’agrég, p. 87.
Cette asthénie musculaire très accéntuée à persisté dans toute la période préascitique. La disparition des phénomènes correspondit à peu près à la première ponction,
L’asthénie nous avait si frappé qu'en publiant l'observation nous avons décrit Ces phénomènes sous le nom de neurasthénie secondaire hépatique. Gette neurasthénie fruste à été, en réalité, caractérisée, surtout, par une asthénie extrême (1).
Avant la période de cachexie du cancer hépatique, on observe de même cette asthénie, très prononcée. Il y à comme une « sidération des forces » qui ne se retrouve pas dans les autres cancers. Ce fait, joint à l'indifférence déjà signalée peut être utilisable pour le diagnostic. Nous trouverons plus loin des phénomènes d'apathie chez les animaux privés de leur foie.