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II. — DESTRUCTION DU FOIE

I. Pick (1) a détruit les cellules hépatiques au moyen d'acide sulfurique introduit par le canal cholédoque.

Pour éviter l'issue de la bile par la piqûre qu’il avait faite, il pratiqua la ligature du canal cholédoque.

Dans un cas, il plaça une canule à demeure qui permettait l'écoulement de la bile dans l'intestin.

Les expériences portèrent sur des lapins, des chiens, des chats.

Quelques lapins présentèrent un accablement considérable après l'opération et moururent cinq ou six heures après, sans convulsions.

(1) Prox. Functionnelle. Ausschaltung der. Leber bei Säugethieren. Archiv. fur. experimen. Path. 32. 1893, p. 3*5-387.

D’autres ne présentèrent pas de symptômes et furent trouvés morts le lendemain matin, ou étaient très abattus à ce moment, refroidis, et mouraient dans le courant de la matinée.

Un arimal présenta une parésie des membres postérieurs, avec contractions toniques de courte durée, et mouvements cloniques dans les membres antérieurs. Les contractions disparurent alors. Le lendemain l'animal était très affaibli et ne tarda pas à succomber.

Les chiens vécurent un ou deux jours plus tard et présentaient des symptômes caractéristiques. Une ou deux heures après l'opération ils paraissaient remis et pouvaient se déplacer. Ils étaient pris d’une grande soif, mais vomissaient l'eau absorbée. Ils refusaient la nourriture.

Au bout de dix-sept à vingt-cinq heures commençait le stade d’asthénie cérébrale. Ils devenaient accablés et restaient indifférents et sans mouvements dans leur cage. L’apathie s'accentuait. Les animaux sortis de leur cage faisaient quelques pas paresseux, ils chancelaient et le plus souvent s’affaiblissaient. Vingt à quarante heures après l'injection s'établissait un sopor complet. Pas de mouvement, à l'excitation oculaire par une lumière vive, au bruit du claquement des mains près des oreilles. Pas de réaction à la piqüre ou à l’écrasement. Les pupilles étaient larges. Le réflexe pupillaire complètement aboli. Les réflexes rotuliens étaient, par contre, exagérés.

Les coups exercés sur la colonne vertébrale entrainaient, chez un animal, des mouvements des extrémités postérieures.

La température s’abaissait au-dessous de la normale, 370,7 dans un cas. 90 à 130 pulsations à la minute, régulières, fortes. Respiration (12 à la minute) calme, parfois ronflante.

Survient alors le stade de coma qui durait une ou deux heures et était interrompu régulièrement par des convulsions. Elles duraient quelques minutes (dix à vingt au plus) et consistaient en contractions toniques des extrémités, qui allaient parfois jusqu'à un véritable opistothonos. Le plus souvent c'étaient des convulsions cloniques d’une durée de quelques

minutes. Quelquefois, vers la fin, se produisaient des contractions prononcées d’un muscle ou d’une partie de muscle.

Les animaux mouraient vingt-quatre à vingt-huit heures après le début par arrêt respiratoire.

Parfuis, existait de la coloration ictérique des conjonctives.

Parmi les chats opérés. l'un mourut dans la nuit de l'opération. Le second présenta, le lendemain, de l'accablement qui ne tarda pas à aller jusqu'à la somnolence. Il reste insensible à la piqüre et au pincement. Les réflexes rotuliens sont très vifs. Le lendemain matin il était mort.

Le troisième chat était complètement apathique le lendemaln de l'opération. Anesthésie à la piqûre et au pincement. Pupilles larges, ne réagissant pas à la lumière. Réflexes rotuliens très forts.

A 10 h. 1/2 du matin sopor complet : P., 96. — R., 12.

À 11 h. 3/4 convulsions toniques des extrémités durant quelques minutes. Arrêt de la respiration et du cœur.

Il ressort donc de ces expériences que les phénomènes nerveux qui succèdent à la destruction du foie sont : l’asthénie cérébrale, 'exagération des réflexes, parfois des convulsions.

Il.Denys et Strubbe (1) ont détruit les cellules hépatiques par des corps chimiques injectés dans les conduits biliaires. On détruit ainsi les cellules tout en laissant intacte la circulation sanguine. Les auteurs choisirent, pour leurs expériences, l’acide acétiqüe dilué. Mis en contact avec les cellules, même à une faible concentration, il exerce sur elles une action destructive énergique. En diffusant dans le sang il se change en acétate et perd son action toxique.

On évite ainsi de compliquer les troubles qui succèdent aux lésions du foiepar des altérations fonctionnelles des autres organes.

Les animaux d'expérience furent des chiens.

Après que les derniers effets du sommeil chloroformique se sont dissipés, les chiens ne présentent rien de particulier. Ils se tiennent tranquilles, imitant en cela tous les animaux qui

(1) Denys et Srrusge. La Cellule, T. IX.

ont subi la laparotomie et qui portent au ventre une plaie d'une certaine étendue.

Les symptômes de la suppression hépatique se montrent habituellement après quelques heures.

Les animaux sont torturés par une soif vive qui parait quelquefois inextinguible. Ils vont boire continuellement, mais vomissent presque aussitôt l'eau qu'ils ont mgérée

En mème temps un changement se remarque dans leur caractère. Ils deviennent indolents, apathiques, restent eouchés à la mème place, ou vont se promener sans faire attention à ce qui se passe autour d'eux. Pendant leurs promenades, ils s'arrêtent sans motif, souvent dans une attitude de marche brusquement interrompue, et restent immobiles pendant longtemps, la tête penchée.

Pendant ce stade, ils présentent souvent une exeitabilité réflexe très prononcée.

Plus tard ils ne se lèvent plus, ne voat plus boire et tombent peu à peu dans le coma complet qui se termine par la mort.

Durant cette période, ils deviennent complètement passifs et se laissent mettre dans toutes les positions possibles.

La sensibilité est abolie.

Le plus souvent, l'immeobilité du coma est interrompue par des convulsions. Tout d'abord les convulsions sont localisées à certains groupes de muscles. Elles sont eourtes. Ce sont plutôt des secousses, des tiraillements. Puis elles se généralisent et revêtent eertains caractères des convulsions produites par la strychnine. Comme ces dernières, elles sont générales et peuvent être produites par les attouchements, les manipulations, des ébranlements quelconques pourvu qu'ils soient assez forts. Quand le tableau est complet la tête se porte vers la nuque, les dents grincent, les pattes battent l'air dans un mouvement de galoppement (?) puis elles se raidissent Le tronc s'incurve fortement en arrière, la queue se relève. A ce moment le spasme est intense et général.

Ges accès, auxquels succède une période de dyspnée, se renouvellent un nombre plus où moins considérable de fois.

ist.

Ils peuvent persister pendant des heures. D'autres fois, la mort survient après trois ou quatre accès.

La mort se produit après un temps variant de six à vingt-six heures, en général une douzaine d'heures.

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