RÉSUMÉ. — CONCLUSIONS
En dehors des causes infectieuse, toxique, autotoxique, diathésique, qui peuvent tenir sous leur dépendance des troubles nerveux et hépatiques, en dehors de l'intervention du rein, il existe un ensemble de troubles nerveux d'origine hépatique, démontrés par la clinique et l'expérimentation.
On peut diviser les troubles nerveux hépatiques en accidents nerveux graves et en petits accidents.
Les accidents nerveux graves comprennent :
Le coma hépatique transitoire, terminal, complexe (hépatorénal), le coma de certains ictères graves. Il se différencie des autres comas toxiques, et devient parfois un signe révélateur d'une affection hépatique.
Le délire hépatique, transitoire et terminal, pouvant être l'expression dernière du délire chez un alcoolique ; la folie hépatique, la pseudo-paralysie générale hépatique.
Les convulsions transitoires, terminales, revêtant la forme d'éclampsie mortelle chez les enfants, d'épilepsie chez l'adulte (forme curable, transitoire).
Le syndrome nerveux terminal hépatique, en dehors de l'ictère grave, ne s'’accompagnant nid'ictère ni d'hémorrhagies, dans lequel on retrouve le délire, le coma, les convulsions, et qui est complété par des paralysies et des contractures, incomplètes, variables, transitoires, alternantes.
Le tremblement hépatique transitoire ou terminal.
Les petits accidents comportent :
Les modifications du caractère, au cours des maladies à ictère et sans ictère.
La lassitude, une asthénie musculaire qui peut prendre le masque d'une neurasthénie fruste.
La céphalalgie, des vertiges, les troubles du sommeil qui
se présentent soit sous forme de d’insomnie, ou de somnolence et de narcolepsie hépatiques.
Des troubles de sensibilité générale : prurit, névrite toxique, des troubles vaso-moteurs (télangiectasie).
Des modifications de la réflectivité.
Des troubles oculaires (ophtalmie hépatique), Ils comprennent la xantopsie, l'héméralopie, la rétinite pigmentaire, l'amblyopie, l’ædème papillaire transitoire, l’asthénopie, les troubles pupillaires.
On a attribué au foie un rôle pathogénique dans l'apparition d’affections médullaires chroniques et de névroses. Il n’est pas démontré par des observations cliniques et anatomo-pathologiques que la colique hépatique puisse donner naissance à l’ataxie locomotrice et à l’atrophie musculaire progressive et généralisée, Il n'est pas contraire à la logique, bien que le fait ne soit pas assis sur des bases solides, qu’une colique hépatique puisse agir pour occasionner la mise en action de la maladie de Parkinson et du goitre exophtalmique.
Il n’y aurait pas là une action toxique spécifique, mais un réflexe, simple cause accidentelle.
Ces faits doivent être étudiés avec la plus grande réserve en se mettant en garde contre les coexistences morbides, — La coïncidence d’une cirrhose hypertrophique thyroïdienne et d’une cirrhose hypertrophique biliaire, quoique cas isolé, est à
retenir.
À côté des phénomènes nerveux, il faut placer les lésions. Même en se bornant à l'étude du cerveau, l'examen anatomique est difficile. On constate l'œdème histologique du Cerveau.
Il est malaisé en général d'adapter la lésion au trouble nerveux, Pour le coma, la question se pose : certains comas hépatiques,comme cardiaques ou rénaux paraissent en rapport avec l’œdème histologique.
Quant à la nature des phénomènes, ils résultent d'un trouble
ou de l'arrêt de toutes les fonctions du foie qui sont connexes (dysglycémie, urémie hépatique). Mais ils dépendent surtout de la cholémie ou de l’acholie. La cholémie, qui peutêtre invoquée au cours des maladies à ictère, se réduit en fin de compte à l’acholie.
De quelque façon qu'agisse le foie, par la disparition d’une de ses nombreuses fonctions eten particulier de la fonction antitoxique, la déshépatisation doit être étudiée chez les animaux. Toutes les expériences sont confirmatives et montrent l’influence du foie sur le système nerveux. Dans l’extirpation du foie, la destruction du parenchyme par les acides forts ou dilués, les accidents se manifestent. Ils revêtent leur caractère de netteté le plus grand après la fistule d’Eck simple ou associée à la ligature de l’artère hépatique, et à la destruction du foie.
Il s'agit, en réalité, d’une toxhémie carbamique (véritable carbamiémie).
En somme, à côté de l'urémie nerveuse prend place la toxhémie hépatique, hépato-toxhémie nerveuse.
La somnolence, l’asthénie et le coma donnent surtout la note hépatique.
Vu : le Doyen de la Faculté, Vu : le Président, BROUARDEL. RAYMOND.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD,
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