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au syndrome colique hépatique, et qui sont d'ordre réflexe: qu'il s'agisse d'attaques d’hystérie ou d’épilepsie chez les prédisposés,d’hémiépilepsie droite (Duparcque) de contrac tions localisées (Charcot), qu’il s'agisse de névralgies inter
costale,iléo-lombaire (Fabre),d'aphasie (Cyr), de paraplégie (Trousseau), d'accidents graves : coma et mort rapide (Fabre), etc.
Enfin nous ne visons pas ici les troubles nombreux, à point de départ hépatique, qui se produisent dans le domaine du système nerveux végétatif.
Restent des phénomènes liés aux modifications dans le fonctionnement du foie. Les fonctions du foie sont si variées et si importantes : biligénie, glycogénie, uropoièse, action sur les matières grasses, sur la fibrine et les matières azotées (matières albuminoides et peptones) et surtout pouvoir antitoxique, sans parler de l’action renforçante sur les toxines signalée par Teissier et Guinard (1), qu'à priori l’existence de ces troubles ne paraît pas douteux.
« Le foie, dit M. Hanot (2), est l’un des rouages fonda mentaux de la nutrition générale. Il alimente toute activité organique, et la défend contre les poisons. »
Les expériences sur les animaux qui sont relatées dans la troisième partie démontrent la nature des phénomènes. Ils sont d’origine toxique. Il sera donc question, dans ce travail d’une toxhémie ab hepale læso, toxhémie hépatique, hépato-toxhémie.
La démonstration, que l'expérimentation vient d'autre part confirmer,est essentiellement ici d'ordre clinique.Elle
(1) Teissrer. Rapports de l'intestin et du foie. Congrès de Bordeaux, 1895, p. 140.
(2) Hawor. Rapports de l'intestin et du foie. Congrès de Bordeaux, 1895, p. 170.
est en outre directe. S'il est des faits qui témoignent indirectément du rôle du foie dans la génièse dés troubles nervélix, nous nous sommes proposé d'utiliser des documents auss: purs que possible, c'est-à-dire où le foie et le système nerveux étaient-seuls « cliniquement » malades.
Pour être rigoureuse, cette demonstration nécessite la connaissance des difficultés du sujet, qui permet d'éviter les causes d'erreur.
Les unes sont d'ordre spécial. Les phénomènes dont on cherche le point de départ sont des phénomènes nerveux. Plus qu'en toute autre matière, en neuro-pathologie, si la cause accidentelle peut frapper l'observateur, la cause vraie est souvent plus éloignée, parfois inconnue. La base primordiale de toute étude pathogénique, en pathologie nerveuse, est, suivant l’enseignement de Charcot, l'hérédité. En présence d’une äffection qui se développe sous une influence banale, l'examen fait reconnaitre, dit M. le professeur Raymond, « la maladie qui sommeille, n'attendant qu’une occasion propice pour éelore (1). »
M. Hanot à bien montré que c’est dans le développement embryologique mêiie qu'est la cause de certaines affections du système nerveux. [Il s’agit là du groupe d’« éléments perpétuels » de Bizzozero. Chaque élément a son individualisation propre et oppose à la causé efficiente sa profonde personnalité. « L’antécédent organique de date endo-ütérine joue, surtout ici, un rôle de premier ordre. Sans lui, toute étiologie, toute pathogénie reste obscure et tronquée (2). »
Ces considérations sont surtout applicables à quelques
(4) Raymon». L'hérédité en pathologie nerveuse. Bull. méd., 9%, n° 27 et 28.
(2) V. Haxor. Maladies progressives, Bull. méd. n° 5], 26 juin 1896, p. 602.
affections nerveuses auxquelles on a attribué une cause hépatique, faits qui seront étudiés dans un chapitre particulier:
Les autres difficultés sont d'ordre général inhérentes au sujet lui-même et peuvent se résumer en la proposition banale :
Ne pas prendre pour un rapport une simple coïncidence. Les cas sont nombreux en effet, que, chez des hépatiques apparaissent des symptômes nerveux non imputables au foie. C’est ainsi qu'au cours d’une affection hépatique, les centres nerveux se trouvent être le siège d’une lésion banale, telle qu'hémorrhagie. Dans le cas de Monneret par exemple, au cours d’une ictère grave, il est noté des convulsions localisées à un seul côté. Or l’autopsie démontre l'existence d’une hémorrhagie méningée. Le trouble nerveux ne se rattache au foie qu'indirectement.
Les troubles nerveux, qui surviennent chez les hépatiques, sans être d’origine hépatique, sont dus à une cause infectieuse, toxique, autotoxique, diathésique.
Fréquemment on voit survenir, sous l'influence d’une cause infectieuse, des phénomènes cérébraux, en mème temps que l’urobiline décelée dans l'urine indique le fonctionnement imparfait du foie. Dans ce cas, le délire estil lié au trouble hépatique ? C’est là une question qui se pose, mais l’urobilinurie, d'autre part, ne pourrait-elle être mise sur le compte du délire ? Enfin, hypothèse plus vraisemblable, les troubles cérébral et hépatique ne doiventils pas être imputés à la cause générale ? On peut aller plus loin : chez des hépatiques, le délire survenant, dépend parfois d’une cause banale infectieuse et n’est pas en rapport avec la lésion hépatique.
Il en est de mème en ce qui concerne les causes toxiques L'alcool agit directement sur le cerveau et sur le foie. La coexistence de troubles à la fois cérébraux et hépatiques
PAS indiquent-ils une causalité entre eux, ou n'ya-t-il pas là une pure coineidence ? C’est là, il faut le dire, en ce qui concerne le délire, une des plus grandes difficultés de notre sujet ; on ne saurait être trop réservé dans le choix des observations. Pour ce qui est de l'alcool, une remarque mérite cependant d’être faite. Grilli (1), qui exerce dans les asiles d’aliénés, a été frappé de la rareté des cirrhoses chez les aliénés mème alcooliques et il pense que l'alcool agit chez les uns sur le système nerveux, chez d’autres sur le foie. Les diverses modalités dans la manière d'agir d’un poison, montrent bien l'influence de la prédisposition.
Le problème peut être plus complexe à propos d’autointoxications, telles que le diabète, la goutte, l’uricémie. Bien que le foie soit lésé fréquemmentdans le diabète, que dans 60/100 des cas le diabète soit lié à une lésion alcoolique du foie (Glénard) (2), il ne peut venir à l'esprit d’attribuer au foie Les symptômes nerveux de cette auto-intoxication.
La goutte, d'après Murchison (3), est liée à un mauvais fonctionnemeut du foie, à une torpeur de l'organe. — L’uricémie, d'autre part, pour nombre d'auteurs, résulte d’une déviation fonctionnelle hépatique. Doit-on mettre chez les goutteux, les uricémiques, les phénomènes nerveux sur le compte de l'organe hépatique ou de la diathèse ? La discussion est permise. Mais ces phénomènes, même pour les auteursles plus favorables, ne sont que médiatement hépatiques. Ils n’entrent pas dans notre sujet.
Autre difficulté : du fat de son tempérament, un neuro-
(1) Griur. Lo Sperimentale, mai 1889.
(2) GLénar». Résultats objectifs de l'exploration du foie chez les diabétiques. Lyon méd. L. XLIV, 1890, p. 264. « La clinique affirme l'existence d'un diabète vrai produit uniquement pour une affection du foie d'origine exclusivement alcoolique » 65 cas sur 234 hommes.
(3) Murcurson. Malad. du foie, trad. Cyr. 2° éd. 1878.
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arthritique peut présenter des phénomènes hépatiques et nerveux. Îls ne sont cependant pas liés les uns aux autres. Ils coexistent seulement chez un même individu.
Cause infectieuse ou toxique, auto-intoxication, diathèse. ce sont là des causes d'erreur qu'il faut éliminer, car elles peuveut tenir toute la phénoménalogie sous leur dépendance.
Est-ce tout ?
Si, chez l'animal bien portant, on peut expérimentalement supprimer le foie, sans léser d’autres organes, chez l’homme, la cause qui altère le foie agit directement sur d’autres viscères comme le rein — ou bien le foie, primitivement atteint lèse secondairement le rein. L’intoxication n’est plus alors purement hépatique.
Enfin, si l'on tient compte, pour juger de l’état du foie, des lésions cellulaires qu'on trouve à l’autopsie il faut faire le départ des lésions terminales ou agoniques. Il faut d'autre part, que les lésions ne soient pas purement banales.
Nous pouvons donc préciser maintenant ce que nons entendons par troubles nerveux d’origine hépatique.
Il faut que les troubles nerveux soient liés à des symptomes ou à des lésions hépatiques indiscutables — que le foie soit malade à l'exclusion d'autres organes, surtout le rein — qu'on ne puisse incriminer une cause générale infectieuse, toxique, autoloxique pour expliquer les phénomènes nerveux.
S'il est, dans l'interprétation des faits, des désidérata rigoureux, par contre, l'étude des troubles de la fonction hépatique est devenue plus précise, par suite de la recherche de certains signes fonctionnels, chimiques, physiques, la connaissance des phénomènes prodromiques, de la précirrhose hépatique, du préhépatisme.
M. Hanot (1) a montré les petits signes de la cirrhose.
Ce sont les troubles dyspeptiques, le métévorisme, la constipation, les crises de diarrhée, l'acholie pigmentaire, (a ajouter la polycholie pigmentaire de Chauffard), la teinte bronzée du tégument, le prurit, les épistaxis, les hémorrhagies gingivales, les œdèmes localisés, l’urobilinurie, la glycosurie alimentaire.
À ces deux derniers signes urinaires en rapport avec le trouble biochimique de la cellule hépatique, il faut ajouter :
La diminution du taux de l'urée qui n’a de réelle valeur que si on l’évalue par rapport à l'azote total, — l'excès d'acide urique, Fhémaphéisme, la production de pigment rouge, la peptonurie, l'hypertoxieité urinaire (l’évolution du coefficient uro-toxique est déterminée suivant le procédé de M. le P' Bouchard) la diminution des acides sulfo-conjugués (2), l'existence des pigments biliaires modifiés (Hayem) (3) les variations des acides biliaires (4).
Enfin l'examen du foie est facilité par son exploration suivant le procédé du pouce de Glénard. (5)
Ces recherches permettent d'étudier les phénomènes nerveux qui dépendent non seulement de grosses lésions hépatiques, mais de simples troubles fonctionnels, de tenir compte des cas où «la maladie hépatique ne s’extériorise que par les défaillances initiales du travail biologique de la cellule » (Hanot).
Comment procéder pour établir la démonstration ? Les phénomènes de l’ictère grave sont trop complexes
(1) Hanor. Considèr. gén. sur la cirrhose alcoolique. Sem. méd. 25 août 1893.
(2) Decuérer. Relat. path. du foie et de l'estomac Th. Paris, 1894.
(3) Haye. Soc. méd. des hôp. 31, mai 1898.
(4) Cassaér et Moncour. Arch. clin. de Bordeaux, 1894, p. 487.
(5) Grénarp. Résult. ohj. de l’expl. du foie chez les diabétiques. Lyon méd., 20 avril 1890.
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pour servir de point de départ. Car, s'il est vrai que le foie subit dans ce syndrome une destruction pour ainsi dire brutale, il n’en est pas moins certain que le rein se trouve en général intéressé de son côté, qu'il peut y avoir action directe de l'agent morbifique sur les centres nerveux. Par contre, par déduction, et grâce à des cas intermédiaires, il est possible de prouver la nature hépatique des troubles nerveux de certains ictères graves.
On ne peut s'appuyer non plus sur les phénomènes nerveux terminaux qui viennent assez fréquemment mettre fin à des maladies du foie. car il faut tenir compte des troubles nerveux qui se rencontrent chez les inanitiés. Or, à la période de cachexie, Les hépatiques ne s’alimentent plus, le foie ne remplit plus son rôle sur la nutrition générale.
L'existence des troubles nerveux, au cours d’une affection hépatique, évoluant d’une façon transitoire, paraît au contraire défier toute objection. Il en est de même pour ceux qui, s'ils ontpersisté jusqu'à la mort, se sont manifestés avant la période cachectique.
L'apparition, sous des influences déterminées, des phénomèmes nerveux chez des animaux déshépatisés revenus à l’état de santé, fournit, d'autre part, un argument inattaquable,
Tout notre travail consistera à résoudre le problème de l’hépato-toxhémie.
Supposons-le résolu et voyons les conséquences qui en résultent :
L'existence de troubles nerveux par modification du foie montre l'importance du bon fonctionnement de cet organe pour le maintien de l'intégrité du système nerveux, en dehors de toute interprétation. Le foie devient fauteur possible des troubles nerveux. En présence d’un syn-
ie | does drome nerveux mal connu, il est utile de rechercher l'état du foie. Bien plus, dans un examen complet de neuropathologie, il devient nécessaire de tenir compte de l'organe hépatique. :
Au point de vue nerveux, l'hépato-toxhémie agrandit le cadre des troubles sympatiques à opposer aux maladies dites essentielles. Celles-ci s’établissent en vertu d'une prédisposition congénitale ou acquise, sous une influence connue (infectieuse toxique,psychique)ou inconnue. Les troubles nerveux symptomatiques, secondaires, provoqués, sympathiques peuvent simuler les maladies nerveuses. Il s'agit en réalité de processus physiologo-pathologiques qui reconnaissent leur point de départ dans un organe étranger au système nerveux. C'est ainsi qu'à côté de l’épilepsie essentielle (morbus sacer des anciens), ilpeut exister une épilepsie hépatique; à côté de la neurasthénie héréditaire, une neurasthénie hépatique. Mais différents de la maladie qui à son origine Jusque dans l'œuf, ces états épileptoides, neurasthénoïdes, reconnaissent une étiologie déterminée et présentent une évolution symptomatique en rapport avec l’étiologie qui la commande.
D'une façon générale, à côté de la toxhémie rénale, se place une nouvelle toxhémie (hépato-toxhémie) qui comprend comme elle des accidents nerveux graves : délire, coma, convulsions, pouvant se synthétiser dans le syndrome nerveux terminal, et des petits accidents : céphalalgie, vertiges, troubles oculaires, prurit, somnolence, ete.
Une fois établie la démonstration que le foie est organe provocateur de phénomènes nerveux,c'est là une base pour des recherches ultérieures.
Il est à savoir si le foie ne peut. dans certains cas, expliquer les troubles nerveux de l’ictère grave, s’il intervient dans la production du delirium tremens, de l’éclamsie puerpérale.
Les He.
Il est à faire le départ de ce qui revient au foie dans des associations morbides, soit de lésions organiques, soit de troubles fonctionnels.
Autre chapitre : Les troubles nerveux dus au fonctionnement imparfait du foie (dans l’hépatisme de Glénard) ne peuvent-ils se transmettre héréditairement, sous forme de faiblesse du système nerveux chez les descendants, et en même temps que la déviation hépatique(1) (troublesnerveux héréditaires d’origine hépatique).
En faveur de certaines de ces déductions, il sera fourni des faits observés. Mais ce n’est là qu’un chapitre qui s'ouvre.
En fin de compte, doit on admettre que le foie à lui seul crée des troubles nerveux? Il en est peut-être ainsi après la destruction complète et brusque du foie, dans l’insuffisance hépatique, et surtout dans la suppression complète du foie chez les animaux, (déshépatisation). Mais en clinique et dans les cas moins accentués de même que dans les troubles fonctionnels, on ne peut méconnaitre l'influence de la prédisposition. Cette notion, d’ailleurs, n’infirme pas la pathogénie. Elle permet mieux de comprendre l'apparition des troubles.
Dans le tabes, l'infection est le plus souvent la syphilis.
La notion de la syphilis est-t-elle diminuée par celle de l’hérédité mise en lumière par Charcot dans cette maladie ?
Il est possible, d'autre part, qu'uneatteinte antérieure du cerveau par une intoxication, puisse favoriser le développement de l’hépato-toxhémie.
(1) PrerRET. In. Thèse de Raphély. Phénomènes pyschiques de nature mélancolique. Th. Lyon, avril 1889, p. 39.