‹ Troubles nerveux du typhus exanthématiqueChapitre 4 sur 18 · INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET HISTORIQUE

Quand aura cessé le fléau qui ravage actuellement le monde dit civilisé, et quand Phumanité, se recueil lant, fera le bilan de ses pertes, elle restera stupé— faite de l’appoint qu’auront amené les maladies contagieuses dans l’énorme hécatombe. Si, en Occident, grâce aux précautions d'hygiène prises dès le début, grâce surtout à la nourriture suffisante dont n’a jamais cessé de bénéficier l’armée, la mortalité due aux maladies contagieuses peut être considérée comme infime vis-à-vis des pertes occasionnées par le feu, il n’en est pas de même en Orient. Là, tout concou— rait à la propagation du fléau. L’hygiène déplorable d’une population apathique, des retraites commandées par les nécessités militaires et se faisant dans des conditions climatériques effroyables (retraite d’AIbanie dans l'hiver 1915-1916 par les Serbes, retraite

ÉTTO EE de Valachie del’hiver 1916-1917 par les Roumains), le manque absolu de nourriture, tout concourait à l'extension rapide de toutes les LES contagieuses, cortège habituel des armées.

Parmi elles, la plus redoutable est, sans conteste, le typhus exanthématique ou typhus des armées, typhus des camps, fièvre des lazarets, apparaissant dans l'Histoire chaque fois que l’humanité souffre de la faim et du froid. Certes, Tobias Coter, dès 1606, l’avait bien nommée en l’appelant febris hungarica ou morbus hungaricus. Tous les peuples que la Hongrie dans cette guerre a attaqués, tous ceux qu’elle a soutenus, tous ont souffert du fléau. Les décès dans les camps de prisonniers en Allemagne et en Autriche atteignent un nombre formidable au dire . des médecins rapatriés; on peut évaluer les pertes en Serbie à 250.000 morts, en Roumanie à un chiffre presque équivalent.

L'historique en a été tracé en détail, depuis les âges les plus reculés jusqu’en 1878, date de la guerre . russo-turque, par Maurice Nielly dans le Dictionnaire de Dechambre. Jusqu'à la guerre actuelle, le typhus n’avait guère été observé que par les médecins résidant en Afrique du Nord où le typhus siège à l’état endémique et occasionna, en 1894, à Alcer, une épidémie assez sérieuse. Un certain nombre de médecins militaires tombèrent victimes du fléau pendant la campagne du Maroc.

Pendant cette guerre, il apparut dès 1914, dès que les Serbes ayant rejeté les Austro-Hongrois repri-

rent possession de leur territoire. L’épidémie a été

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