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- décrite par des médecins de la mission américaine
et par des médecins de la mission française. Elle était à peu près jugulée quand survint l’offensive de Mackensen, combinée à l’attaque bulgare. Toute la population serbe suivit, dans son exode, son armée dans cette mémorable retraite d’'Albanie qui restera dans l’Histoire exemple le plus admirable de ce que peut faire un peuple qui veut rester libre. Dans cette armée décimée, dans cette population affamée, le typhus éclata avec une violence imouïe, semant littéralement la route de cadavres, et rien ne peut décrire l’état où était ce peuple à son arrivée à Corfou, dernière étape de son calvaire. C’est là que nous fûmes envoyés pour soigner et secourir ce troupeau de moribonds squelettiques. Envoyé à la petite île dite du Lazaret, à cause du vieil hôpital grec abandonné qui y subsiste, 1l nous fut impossible de faire la moindre observation clinique dans cet amas des moribonds rappelant les visions du Dante. Maloré les précautions d'hygiène prises dès le début, nous avons dû être contaminé par le pou dès les premiers jours, puisque quinze jours après notre arrivée éclatèrent les prodromes de l’affection. Grâce aux soims et au dévouement admirable de notre ami le D'Tartenson, nous avons pu sortir victorieusement de cette épreuve.
Dès notre premier contact’avec les typhiques, nous avions été frappé par l'intensité de la réaction de tout le système nerveux au virus typhique. La gra— vité de la maladie chez les cérébraux, l’atteinte plus marquée sur toutes les tares antérieures, nous con-
firmait exactitude de cette observation. Mais les conditions déplorables dans lesquelles nous nous trouvions à Corfou au point de vue des confirmations ana— tomo-cliniques, le peu d’observations recueillies, étant donné notre maladie survenue si hâtivement, nous avaient empêché de poursuivre nos recherches, quand notre envoi en Roumanie, où le typhus sévit d’une facon effroyable, nous a permis de recueillir un certain nombre de faits que nous publions 1er.
Certes, nous ne songions avant la guerre à faire une thèse sur ce sujet. Elève de M. le professeur Hugouneng, qui avait bien voulu nous prendre comme préparateur et qui, pendant deux années, n’a cessé de nous témoigner la plus paternelle bienveillance, nous avions entrepris, sur ses conseils, un travail sur les acides aminés et l’argiemie en particulier. La guerre a interrompu nos recherches, et si nous publions ce travail fait hâtivement dans le courant d’une permission, c’est simplement pour remplir une formalité nécessaire à l’obtention d’un diplôme,
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