‹ Troubles nerveux du typhus exanthématiqueChapitre 9 sur 18 · RE RE A ART EN · texte numérisé non relu

RE RE A ART EN

lette habituelle. Le menton présente vers le huitième

Jour des secousses coïncidant avec des mouvements

carphologiques.

Le malade ne réagit que très difficilement aux excitations extérieures. Cependant, une visite agréable lui amène une vague réaction, tandis qu’une autre visite, dont l’opportunité ne Lui semble pas indiquée, provoque un réflexe très net. A la sortie du coma, le malade ne se rappelle nullement avoir recu ces visites, 1l ne se rappelle même pas de l’arrivée d’un collègue et ami amené dans un lit près de lui,et soigné en même temps que lui ie quinze jours pour la même affection.

Et pourtant encore + ion persiste le souvenir du délire, consistant dans la préoccupation constante au sujet de Verdun dont les nouvelles étaient mauvaises aux jours où a débuté la maladie. Cette pensée revenait constamment à l’état d'idée fixe.

Pendant les quinze premiers jours de la convalescence, imsomnie absolue, s’accompagnant d’un dédoublement de la personnalité dont la description est difficile. Le malade croit voir auprès de lui un

individu identique qui est malade à sa place, et qu’il ne

reconnait pas comme étant lui-même. Ce personnage dédoublé reçoit les injections d'huile camphrée, absorbe les aliments, et le malade ne s’étonne pas du relâchement des sphincters, puisqu'il ne peut commander au personnage étendu près de lui.

Ce dédoublement de la personnalité a duré une huitaine de jours à peu près.

Puis apparaissent les troubles trophiques et senso-

ss i0t riels : à signaler la chute de verrues qui étaient très abondantes et qui n’ont pas réapparu depuis.

L’escarre fessière apparait rapidement, mais cède à une thérapeutique énergique.

Il n’en est pas de même pour les troubles trophiques des pieds. Sur le gros orteil du côté gauche apparaissent les premiers symptômes d’une gangrène des extrémités, en même temps que les talons des deux côtés se sphacèlent, Ce n’est pas là une ulcération de décubitus, Il se forme de chaque côté une plaque gangrénée, de la dimension d’une pièce de 5 francs. Cette plaque évolue en profondeur et tombe un mois après, laissant une excavation profonde, sanieuse, qui bourgeonne très difficilement et tardivement sous l’influence des bains de lumière et de chaleur. Elle laisse une cicatrice cornée bourgeonnante, proliférant après trois ans encore très rapidement, et occasionnant par son développement une certaine gêne de la marche.

Les troubles sensoriels apparaissent quinze jours à peu près après la chute de la température. Ils consistent en une hyperesthésie sensorielle donnant des troubles très curieux.

L’hyperosmie est très pénible et donne naissance à des céphalées violentes. A l’époque de la convalescence du malade, les jardins de l’Achilléon étaient remplis de fleurs. Le malade, pourtant:loin d’elles, était extrémement incommodé par leur parfum et par les odeurs de la cuisine, située pourtant à 200 mètres de là, Il pouvait, les yeux fermés, faire le diagnostic d’une personne présente dans la salle simplement par son

odeur particulière. Ces phénomènes n’ont duré que, quelques jours.

L’hyperacousie était non moins prononcée. Une voix normale semblait être hurlée, le battement d’un tapis donnait l'impression de coups de canon et était insupportable.

Enfin les troubles visuels étaient caractérisés par des mouches volantes, des éblouissements, des éclairs brusques. Il faut cependant être très circonspect dans leur interprétation, l’albuminurie ayant persisté pendant deux mois et pouvant avoir occasionné un peu de rétinite.

Dès que les mouvements volontaires ont été possibles, après qu’a eu cessé l’ataxo-adynamie qui persista au moins un mois après la chute de la température, on a remarqué une paralysie périphérique ayant atteint tout le domaine du sciatique poplité externe droit.

L'extension du pied et du gros orteil est devenue impossible, l’anesthésie dans le domaine du nerf est devenue complète.

L'examen électrique fait par le professeur Cluzet à l'Hôpital d’Electrothérapie de Lyon, à la date du 6 juin, conclut à l’inexcitabilité du sciatique poplité externe droit, très forte hypoexcitabilité avec réversion de polarité du jambier antérieur. Mais le mouvement n’est pas trop ralenti.

Une radiographie ne montre aucun trouble trophique du système osseux.

À la date du 13 juillet, hypoexcitabilité légère du sciatique poplité externe, hypoexcitabilité avec réversion de la polarité dans tous les muscles de son domaine,

Lu Are Mais les-mouvements sont encore peu amples et sur— tout un peu ralentis. (Quelques mouvements volontaires d’élévation du pied possibles.) | Au mois d'octobre 1945, la guérison des troubles: moteurs et sensitifs était presque complète.

OBsERVATION II

Joh. C..., soigné à lhôpital Izolare de Saint- Spiridon, à Jassy, juin 1917, trente-huit ans.

Entré le 2 juin, avec un typhus très net contracté au régiment où sévit l'épidémie.

Les premiers symptômes datent de deux jours.

Début par céphalée violente, sans épistaxis. Aucune spécificité antérieure. Le malade, ayant préparé les concours des hôpitaux à Paris, s’est nettement observé. La céphalée est généralisée, et le malade la compare à un casque; légère photophobie. Hostile, comme nousmême, à l’administration d’analgésiques qui affaiblissent, il refuse toute médication en dehors des toniques cardiaques, telle que l’huile camphrée. Cette céphalée augmente et domine le tableau clinique. Deux jours après son entrée à l’hôpital, le malade est déjà dans un état subcomateux. La céphalée, s’accompagnant de rachialgie, lui.arrache un gémissement continuel. Il porte ses mains à la tête. La vessie de glace ne semble pas lui amener de soulagement. Quelques contractions fibrillaires dans les muscles des cuisses et des bras, ventre souple. Pas de vomissement. Constipation, cependant nous pratiquons une ponction

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lombaire. Il s'écoule quelques gouttes de liquide, sans

hypertension, parfaitement clair.

Le coma, le 7 juin, est complet. Aspect caractéristique des formes graves, mouvements du menton et des lèvres, langue grise épaisse, collée dans la bouche. Le malade gémit constamment, le moindre mouvement

imprimé à sa tête fait apparaitre un rictus doulou-

l'eUX.

Le 8, état encore aggravé. Pouls irrégulier, respiration soufflante. À 4 heures du soir, le malade se

dresse dans son lit avec une physionomie d'horreur,

jette les mains en avant en poussant des cris inarticulés. La mort suit de près cette période si brève de délire agité.

À l’autopsie, à part quelques lésions insignifiantes des poumons (congestion de décubitus) et une rate, grosse et difluente, le système nerveux ne présentait aucune lésion macroscopique d’encéphalite. Les vaisseaux pie-mériens étaient Imjectés avec peut-être un léger exsudat transparent sur la pie-mère, mais aucune légion méningée ne permettant d'expliquer la céphalée si tenace. ù

Rien de spécial du côté des pédoncules cérébraux, du cervelet, de la protubérance, du bulbe et de la moelle, si ce n’est de la congestion. Les coupes de

Pitres ont été négatives.

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