OBSERVATION I
G.F..., médecin aide-major, au Lazaret de Corfou.
Trente ans. Aucune maladie antérieure. Deux faits cependant à signaler :
Albumimurie ayant duré six mois dans le courant de l’année 1913, occasionnée par une intoxication chronique par l’oxyde de carbone dans un laboratoire.
En septembre 1915, chute de cheval ayant occasionné une fracture du radius droit et une forte contusion de la jambe droite avec hématome et froissement de toute la masse musculaire.
Arrivé au Lazaret le 15 février 1916.
L’affection débute brusquement le 3 mars 1916 au matin, par un frisson violent. À peine quelques prodromes les deux ou trois jours précédents, anorexie, inappétence légère. La température prise le 3 mars à 11 heures du matin est de 40°1. Quelques heures après éclate une céphalée violente avec rachialgie, sans vomissement ni constipation. Le soir, la température tombe brusquement, la céphalée disparaît comme par enchantement. Léger appétit. Pendant la nuit, sommeil agité, cauchemar avec idée fixe (préoc-
DR GRIES
cupation au sujet de l’offensive allemande à Verdun). Le matin, sensation de bien-être. Le malade essaie de se lever. Une paraplégie brusque le fait choir; avec impossibilité complète de se remettre debout. Immédiatement, la céphalée réapparait, allant en augmentant constamment. La température est remontée à 40°2.' A midi, les taches pétéchiales apparaissent sur les poignets, au pli du coude et sur les: flancs, posant le diagnostic. L’évacuation sur l’hôpital de lAchilléon est décidée. Elle a lieu le lendemain 5 mars. Pendant le trajet qui dure deux heures environ, la céphalée devient intolérable. Quelques heures après l’arrivée, le malade tombe dans le coma. Pendant douze jours, la température se maintient à 4005 et atteint même 41 degrés. Le pouls présente des intermittences. Au quatorzième jour, le 47, la température tombe brusquement sans que le malade sorte de sa torpeur ; le soir, elle remonte à nouveau à 40 degrés. Elle s’y maintient six jours avec des phénomènes urémiques surajoutés au syndrome typhique.
Cheyne Stokes pendant toute la journée du 17. Anurie .
presque complète, urines rares, bouillon de bœuf avec gros disque d’albumime. Enfin, le 19, la température décroit lentement en lysis descendant; le-21, le malade sort brusquement de sa torpeur.
Pendant tout le temps de la maladie, entre le
5 mars et le 21, le coma a été absolu. Le facies était:
caractéristique. Veux excavés, narines pincées. La langue a 1 aspect caractéristique de la langue typhique, sèche, grise, comme gonfléeet fixée dans la bouche, avec des contractions fibrillaires. Haleine aigre-
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