‹ Troubles psychiques dans la maladie du sommeil [electronic resource]Chapitre 17 sur 31 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Délire onirique. Hallucinations visuelles, auditives, olfactives. Délire de persécution.

Le délire onirique, si bien étudié par le professeur Régis*, qu'on retrouve dans toutes les psychoses toxiques ou infectieuses se rencontre également dans la trypanosomiase. Le délire onirique est un véritable état somnambulique, un état second, et il est suivi d'une amnésie plus ou moins marquée, suivant le cas; il peut, une fois disparu, laisser dans la conscience certaines des conceptions engendrées par lui (idées postoniriques).

Ce délire est, dans toute l'acception du mot, un délire de rêve. Il naît et évolue dans le sommeil. Il peut être exclusivement nocturne et cesser au réveil pour reparaître le soir, mais à son degré élevé, il continue au matin et dans la journée, tel quel, comme un véritable rêve prolongé (Régis).

Chez N'si Hélàne (obs. 275), petite fille élevée à la mission catholique, l'accès de délire commença par une altération de son sommeil. Celui-ci fut peuplé de cauchemars et devint pénible. Son rêve, comparable à celui des alcooliques, était un rêve d'action dans lequel les hallucinations de la vue jouaient le principal rôle. Elle voyait, tout à coup, dans la nuit, un homme de son village qui s'approchait d'elle pour l'enlever. Parfois, il voulait la tuer ou l'empoisonner. Elle poussait de grands cris, puis pleurait. Ce rêve continuait pendant le jour, et son délire devenait un véritable rêve prolongé. Elle qui, avant sa crise, était triste, timide, vivait plutôt à l'écart de ses compagnes, en restant dans un coin, devint très excitée, parlait avec une grande volubilité, en son langage batéké, car elle prétendait avoir oublié le français. Son délire éveillé était le même que son délire dormant. Elle continuait les idées écloses pendant son rêve et ses hallucinations visuelles revêtaient un caractère terrifiant consistant surtout en visions d'assassins, d'hommes de son village qui non seulement voulaient sa mort, mais aussi celle de la k Mère supérieure » auprès de laquelle elle se réfugiait. Elle pénétrait partout, ouvrait les

Page 1