‹ Troubles psychiques dans la maladie du sommeil [electronic resource]Chapitre 2 sur 31 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce qui ressort essentiellement de là, c'est que la maladie du sommeil se comporte, dans son expression cérébropathique, comme à tous les autres points de vue, à la façon d'une toxi-infection et donne lieu, en conséquence, à des symptômes prédominants de confusion mentale et de délire onirique, sous toutes les formes et à tous les degrés ; c'est aussi et surtout que, semblable à la syphilis, elle détermine souvent, en outre, un complexus nosologique rappelant à peu près exactement celui de la paralysie générale.

Nous pouvons donc dire que la Trypanosomiase humaine apparaît actuellement (ainsi que nous le supposions en 1898 et que Mott (igoS), Spielmeyer (1907) Tindiquaient) comme une méningoencéphalite diffuse, comme une sorte de paralysie générale consécutive à une toxi-infection, ajoutons comme une paralysie générale qui suivrait rapidement et sans transition les symptômes délirants et confusionnels de la phase secondaire, de la saturation toxinienne, en s'accompagnant d'une narcolepsie caractéristique.

Ce n'est pas un mince mérite, pour le travail de MM. G. Martin et Ringenbach, d'avoir sérieusement contribué à mettre en évidence cette notion scientifique, si intéressante et si féconde. Ce mérite s'augmente des exceptionnelles difficultés que présentait l'exécution de ce travail pour des médecins non-spécialistes, observant en pleine brousse, sur des sujets non hospitalisés pour la plupart et qu'il n'était possible d'interroger, sur les détails de leur délire, de leurs hallucinations ou de leurs impulsions, qu'à l'aide d'interprètes.

En félicitant les auteurs du plein succès de leur entreprise, si heureusement favorisée par l'Institut Pasteur, je tiens à dire aussi combien ce succès fait honneur à la Faculté de médecine de Bordeaux, d'où ils sont sortis, et au corps de savants et de vaillants auquel ils appartiennent.

Une œuvre de ce genre montre péremptoirement tout ce qu'on peut attendre d'une psychiatrie coloniale, le jour, prochain sans doute, où elle sera sérieusement fondée et organisée en France,

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