CHAPITRE I
Troubles psychiques élémentaires.
C'est dans le domaine moral plutôt que dans le domaine intellectuel proprement dit que se manifestent les premiers troubles psychiques des trypanosomés. Les malades présentent des modifications de caractère et d'humeur soit dans le sens de l'énervement et de l'excitabilité, soit dans le sens de l'apathie et de l'indifférence. II en est certes qui, au début de leur
I. Plusieurs définitions, et les citations empruntées au Précis de psychiatrie (4* édition) de Régis, ont été placées dans notre travail entre guillemets.
4 l'encéphale
affection n'ont aucune anomalie psychique au moins apparente, mais peu à peu, à mesure que la maladie fait des progrès, les trypanosomés « changent de caractère » ' : ils deviennent facilement émotifs, pleurent ou se mettent en colère pour les motifs les plus futiles, et ces modifications de leur humeur sont facilement remarquées de l'entourage. Elles sont bien connues des indigènes du Congo français et de toutes les personnes qui ont vécu quelque peu au contact de ces malades. A première vue, on croirait pouvoir'classer les trypanosomés en deux catégories : les uns agités, exubérants, d'une loquacité intarissable, toujours prêts à se fâcher, à frapper et à blesser les gens; les autres calmes, taciturnes et muets ; mais même parmi ces derniers, nombreux sont ceux sujets aux crises de colère et d'emportement, subites, violentes et furieuses, sur lesquelles nous reviendrons au cours de cette étude. Cette irritabilité, cette excitation est la note dominante du caractère de la plupart des trypanosomés. Pour la moindre raison, ils se battent, se frappent à coups de bâton, se jettent des bouteilles à la tête.
Ils crient, ils ont le verbe haut, ils répondent à la plus petite observation. Ils réclament même quand ils savent avoir tort. Avec une insistance toute spéciale, ils viennent à notre bureau et y resteraient des heures entières, si on les laissaitfaire, pour vous demander « des papiers », ou pour obtenir une faveur. Ils sont obsédants. M'Boyo (obs. 25 1) se plaint, en gémissant et en pleurant à chaudes larmes, qu'un tirailleur hospitalisé au pavillon général de l'hôpital lui a donné des coups au moment de la distribution de la ration et lui a renversé sa nourriture. Or, il résulte de l'enquête de M. le médecin-chef de l'hôpital que « M'Boyo a grossièrement insulté dans sa langue l'Européen qui a fait la distribution, sous prétexte que sa ration, ce jour-là, ne comportait pas de viande. Un tirailleur, qui se trouvait à proximité et qui est du même pays que ce trypanosomé, ayant compris le sens de ses paroles lui en fit la remarque. Celui-ci continua à insulter les blancs en général. Le tirailleur, ayant pitié de ce malheureux infirme, se contente de le bousculer. Le trypanosomé réplique par des coups de bâton. Les torts sont donc entièrement du côté du trypanosomé. Cette catégorie de malades est d'une grande insolence aussi bien contre les médecins traitants que contre les infirmiers de l'hôpital chargés de les nourrir et de les surveiller. A différentes reprises, en passant devant l'Institut Pasteur, j'ai entendu des réflexions très désobligeantes à l'égard de tous ^ »
1. « Le caractère devient morose et taciturne. » Corre, Traité clinique de pays chauds, p. 253.
2. Extrait d'une lettre officielle de M. le médecin-chef de l'hôpital de Brazzaville.
Nos trypanosomés paraissent toujours être « en état de défense ». Ils ne sont jamais contents, jamais satisfaits. Ils perdent ce respect particulier, cette crainte du chef et de l'Européen en général. Ils ont l'esprit de discussion exagéré et, dans les cas avancés, on retrouve ce sentiment très nettement. « Je n'ai pas peur du blanc... je gueule avec lui je suis l'égal du blanc... J'irai causer au chef comme à un camarade. » Toute discipline est perdue.
Ils protestent pour tout et pour rien ; contre le médecin qui ne les soigne pas bien; contre le traitement, lorsque celui-ci est suspendu pendant quelques mois, ou lorsqu'il est trop long ou trop intensif ; contre les piqûres s'ils reçoivent des injections d'atoxyl ; contre les cachets s'ils avalent de l'orpiment ou toute autre médication. Vous pouvez choisir tel produit que vous voulez, « ce n'est jamais le bon médicament! ce n'est pas celui-là qu'il veut, c'est un autre ». Et la scène suivante se renouvelle à chaque instant : un malade quelconque refuse un matin de suivre son traitement et d'avaler son orpiment. « Piment! Piment! Toujours donner piment! crie-t-il en français. Médicament y en a pas bon pour la tête », car il n'admettra pas que pour ses maux de tête, on lui fasse prendre la même médication qu'il a avalée la semaine précédente contre la faiblesse généralisée ou la somnolence! Et peu à peu le diapason de sa voix monte... il parle... il parle avec volubilité en gesticulant... il raconte qu'il y a assez longtemps qu'il se trouve à l'hôpital qu'il veut rester à son village, et, refrain inévitable et certain, qu'il n'a pas assez à manger. Les autres malades, ses compagnons de misère, attendant leur tour de consultation, font vite chorus, joignent leurs réclamations aux siennes. L'un trouve qu'on lui donne trop de manioc et voudrait du poisson salé, l'autre qu'il a du riz alors qu'il ne l'aime pas. Et ce sont des protestations de toutes parts, c'est à qui fera entendre sa voix plus haut que celle du voisin...
Parfois, l'un d'eux vous demande avec insistance à sortir de l'hôpital, et mettra, devant votre refus, une constance extraordinaire et opiniâtre à obtenir sonexeat; il a si peu de sérieuses raisons de quitter l'hôpital que deux jours après il reviendra, sollicitant de nouveau son admission.
Les faits précédents ne sont qu'une sorte de manifestation du négativisme à son premier degré, « une tendance permanente et instinctive à se raidir contre toute sollicitation venue de l'extérieur quelle qu'en sort la nature » (Kahlbaum)
Beaucoup de nos malades opposent, il semblerait systématiquement, une légère résistance à tout ce qu'on leur commande. S'agit-il de prendre
I, RÉGIS, Précis de psychiatrie, p. 356. 1910. Paris, O. Doin, éditeur.
leur température le matin, ils trouvent un prétexte urgent pour essayer d'échapper à l'infirmier au moment où il va leur placer le thermomètre sous l'aisselle. Commande-t-on de se mettre en route pour se rendre àla visite, personne ne se lève pour faire le premier pas! Et, cependant, en inverse de cette résistance morbide, par une sorte de contraste bizarre et paradoxal, ces mêmes individus auront une tendance à la suggestibilité et à la passivité qui coïncide avec leur négativisme, et nos malades sont relativement faciles à diriger et à conduire.
Ils sont également d'une confiance extraordinaire vis-à-vis de certains de leurs compagnons de misère. Plusieurs de nos malades sont arrivés de la brousse avec des économies assez considérables pour eux et péniblement amassées pendant un an ou deux au service des Européens. Ils sont aussitôt entourés de camarades qui se prétendent du même village qu'eux, qui se disent leurs amis, « leurs frères » ! et l'argent est vite dépensé, bien inutilement et avec exagération ! Et cette crédulité vis -à-vis des indigènes de leur pays s'accompagne, au contraire, d'une méfiance envers les noirs d'une autre race que la leur. Elle est surtout très nette vis-à-vis de l'Européen. Ainsi, nous gardons en dépôt une somme de 3oo francs au nommé Simiti (obs. 355), que nous tenons à son entière disposition et que nous lui remettons par sommes de lo et de 20 francs. Si le lendemain au plus tard du jour 011 il nous a adressé une demande, il n'a pas son argent, il est prêt à crier au voleur, et à croire sérieusement que nous voulons garder pour nous son trésor.
Nous pourrions multiplier ces exemples.
L'indigène, surtout celui du Moyen-Congo, est, en général, lent et paresseux, et il n'est guère besoin d'une longue expérience coloniale pour se rendre compte combien l'expression « travailler comme un nègre » est fausse; mais les trypanosomés tout particulièrement sont nonchalants, apathiques. Le vouloir d'effort est chez eux réduit au minimum. Parmi tous nos malades hospitalisés, aucun ne veut accepter la moindre corvée, aucun ne veut se rendre utile et faire un travail quelconque peu fatigant, de propreté ou de débroussaillement. Beaucoup sont cependant dans un état de santé suffisamment excellent pour travailler. Quelquefois d'ailleurs, mais plus rarement, le pouvoir d'effort est diminué chez eux, et bien des Européens ayant à leur service des boys, des cuisiniers consciencieux et sérieux ont eu leur attention attirée par la négligence, la lenteur du travail, la nonchalance de leurs serviteurs qui, cependant, pleins dezèle et de bonne volonté s'efforçaient de faire correctement leur ouvrage.
L' « optimisme de diagnostic » (le malade ne croit pas être atteint de maladie du sommeil) et « l'optimisme de pronostic » (l'individu atteint de maladie du sommeil ne croit pas être malade), bien observés chez les tuberculeux, se rencontrent chez nos malades. Les plus intelligents même, n'admettent jamais notre diagnostic, malgré les symptômes avancés de la maladie, sauf lorsqu'ils ont des accès invincibles de sommeil. Hospitalisés depuis une année ou deux, malgré les cas qu'ils ont pu suivre, malgré les progrès qu'ils ont pu voir prendre par la maladie aboutissant malheureusement chez de nombreux camarades à la mort, ils ne veulent pas reconnaître qu'ils sont atteints. Toutes les explications échouent devant cet entêtement particulier. Et même, lorsque terrassés par la maladie qu'ils connaissent cependant et qu'ils savent diagnostiquer à sa période avancée (folie, torpeur, sommeil), dès que la moindre injection d'atoxylleur a donné un coup de fouet, une certaine amélioration passagère, ils se prétendent guéris et refusent très souvent de continuer une médication qu'ils jugent dès lors inutile... Incapables de marcher, dese tenir debout, ils répondent, quand on leur demande de leurs nouvelles : « Ça va bien ». Impotents, alités, paralysés, ils disent : « C'est du rhumatisme ' ! »
L'affectivité est modifiée chez le plus grand nombre des trypanosomés ; après avoir pleuré et s'être lamentés sur le sort misérable et la maladie d'un de leurs amis, ils sont indifférents à son égard le jour de son décès. Des gens de leur pays, des parents rapprochés même, avec qui ils vivent depuis longtemps, avec lesquels ils sont entrés le même jour à l'hôpital, meurent sans qu'ils éprouvent le moindre chagrin. Ils ne sont même pas impressionnés.
Il est vrai que, souvent, dans certains villages du Congo, le disparu ne laisse aucun regret même parmi sa famille, mais celle-ci se croit obligée tout au moins, en se conformant aux usages et coutumes du pays, à des cris, à des manifestations extérieures que nos malades ne se donnent même pas la peine de mettre en évidence.
Cette indifférence à ce qui les entoure se retrouve dans tous leurs actes. Négligents de leur personne, ils vivent, la plupart, dans un état de
I. « Il est à remarquer que la plupart des malades véritablcments somnolents, nient le sommeil quand on les interroge. On ne les a pas plutôt quittés qu'on les aperçoit étendus dans un coin de cour ou de case. » Gorre, p. 253.
l'encéphale
malpropreté extraordinaire malgré un état physique relativement satisfaisant leur permettant de prendre des soins hygiéniques et corporels. « Ils ont peur de l'eau », et soit par crainte du froid (car ils ont de l'hypersensibilité vis-à-vis des basses températures)^, soit par paresse, ils se laissent envahir par les poux, par les puces, par les puces-chiques et par la gale.
Avec les progrès de la maladie, l'inconscience de leur état et du milieu où ils vivent se remarque davantage. L'attention, la réflexion, la volonté, diminuent chez eux de plus en plus; l'obnubilation des facultés intellectuelles, la torpeur cérébrale, symptômes psychiques sur lesquels nous insisterons aux cours des chapitres suivants, augmentent. L'indifférence à tout devient très profonde. Le trypanosomé ne s'étonne de rien. Il vit en étranger à ce qui l'entoure et n'a plus d'autre souci que celui de sa nourriture.
Chez les trypanosomés, la sensation de la faim est exaltée et la boulimie, si commune dans les différentes psychoses, est fréquente dans la trypanosomiase.
Nos malades ne trouvent jamais leur ration suffisante ; ils réclament sur sa qualité, mais surtout sur sa quantité. Dès le réveil, avant de venir à la visite du matin, ils mangent et, à peine sont-il restés une heure à notre laboratoire qu'ils demandent à grands cris à revenir à l'hôpital, car ils ont faim, disent-ils. Très souvent, au moment de la distribution des vivres, ils se précipitent sur la nourriture, comme s'ils étaient à jeun depuis plusieurs jours, et ils mangent avec voracité, sans se donner la peine de la moindre préparation culinaire. Il est vrai de dire ici que, en colonne, par exemple, des individus très sains et très normaux engloutissent en quelques repas leurs provisions de plus d'une semaine, mais ils les préparent ordinairement avec soin. Ils agissent plus par gourmandise et par insouciance, et avec l'excuse de ne pas savoir s'ils pourront manger le lendemain. Nos malades, au contraire, ont des distributions régulières de vivres, et cependant, dès qu'ils ont un peu d'argent, au lieu de se procurer un vêtement, une couverture ou quelque objet de première nécessité, ils achèteront du pain, du sucre, du poisson ou de la viande. Ils resteront nus, déguenillés, exposés au froid de la nuit, mais ils auront l'estomac plein ! A tout instant ils demandent des per-
I. « La calorification nous a semblé diminuée : les malades sont plus sensibles aux impressions de froid. Ils recherchent le soleil et s'étendent au moment de sa plus grande ardeur sur le sable aride et brûlant. » (Gorre, p. 25a.)
missions pour aller à leur village demander à leurs parents ou à leurs amis du manioc. Nous verrons plus loin que le vol des trypanosomés est surtout « un vol de nourriture ». Les rares individus prévoyants qui gardent une petite provision de manioc devant eux sont obligés de l'enfermer et de la cacher, car ils savent combien les voisins se chargeraient vite de l'engloutir! Dans leurs rêves (Linda, obs. 418; Joseph Amboa, obs. 41 5), les tables où sont préparés des mets qu'on peut avaler jusqu'à satiété jouent un grand rôle. Dans leurs monologues (Manienga Maurice, obs. 169) et dans leurs chants (Joseph Kouka, obs. 413) reviennent à chaque instant des phrases comme celle-ci : « Le blanc viendra... il nous donnera beaucoup à manger... » Bobo (obs. 266), mélancolique, indifférent à nos questions pressantes, lui demandant comment il se porte, ne sort de son mutisme que pour nous demander une boîte de conserves. Le lendemain, il dit qu'il ne répondra pas à nos questions, qu'on doit le laisser tranquille et lui donner la permission de retourner à l'hôpital pour manger.
Dans leurs délires (délire des grandeurs par exemple), les trypanosomés racontent qu'ils ont beaucoup d'argent, ce qui leur permettra « d'acheter de la viande et de bien manger » et, très égoïstes, ils ne pensent qu'à eux, ne disent jamais qu'ils inviteront des camarades. « A leur village, on a du poisson en quantité, on a des provisions énormes, on mange sans se préoccuper du lendemain « jusqu'à se fatiguer », puis on dort et au réveil on recommence à manger. » « Laisse-moi aller à mon village chercher mon trésor, je te rapporterai des poules, des œufs et beaucoup de choses pour manger » (Parimo, obs. 374).
Si la question de l'alimentation joue un grand rôle chez le noir, elle prend donc une importance toute spéciale dans les préoccupations de nos trypanosomés.
Il ne nous a pas paru inutile d'insister sur ce point, car nous estimons que ce facteur devra rentrer en ligne de compte, quand il s'agira d'établir une ration d'entretien pour les malades hospitalisés ou dirigés sur un village de ségrégation. Il serait nécessaire de prévoir pour ces individus une nourriture abondante. D'ailleurs, à ne considérer la question de l'alimentation qu'en elle-même ^ une amélioration de celle-ci ne pourrait avoir que de bons effets comme adjuvant de la médication de la trypanosomiase humaine, maladie chez laquelle la misère physiologique joue un grand rôle au point de vue de l'évolution et de la mortalité.
I. Mesnil. Prophylaxie de la maladie du sommeiH {Bulletin Soc. path, exot., 1908, n» 6. Discussion p. 328.)
lO
l'encéphale
Signalons enfin que, dans la trypanosomiase, l'excitation génitale, qui paraît être un symptôme d'irritation cérébrale, ressemble dans une certaine mesure à celle de la paralysie générale, car si l'absence de désirs vénériens, l'abolition des érections, l'impuissance virile, la suppression des menstrues existent chez le plus grand nombre de nos malades, il en est des quantités qui conservent leurs facultés génésiques. Le délire trypanosomiasique prend même parfois un caractère érotique.
Ouabissou (obs. 291), quelques jours avant sa mort, frappe tout le monde avec tout ce qui lui tombe sous la main. Très excité, il parle avec une loquacité extraordinaire, changeant brusquement d'idée et racontant des histoires invraisemblables. Il étreignait un arbre et le caressait comme une femme, et, au milieu du flux de ses paroles, appelait : « Viens ! Viens !... » et disait : « Tiens, voilà de l'argent... »
Baka (obs. 188) est en assez bon état, mais présente des troubles visuels très accentués ; il se guide avec un bâton. Hospitalisé, il sait quand une nouvelle femme a été admise au pavillon des trypanosomés ; il lui demande d'être son épouse, et lui verse de l'argent. La nuit, il va la rejoindre, tâtonnant, et appelant à grands cris quand elle s'éloigne de lui!
Mabrouki I (obs. 81), d'ailleurs assez fort et vigoureux, dit avoir eu une crise d'excitation génésique, après une période sans désirs de trois à quatre mois ; il avait détourné de ses devoirs conjugaux la femme Mobenga (obs. 288), épouse de Bokété (obs. 23 1), tous deux également trypanosomés, et, celle-là, malgré les reproches de son époux, rejoignait pendant la nuit son amant, plus valide que son mari.
La femme Elisabeth (obs. 227), trypanosomée, est venue se plaindre à nous que son mari Benoît (obs. 122), également atteint, ne la laissait pas une minute tranquille la nuit, et voulait, malgré sa défense, partager la couche nuptiale. Cette crise d'excitation a été passagère et suivie d'un affaissement général. Auparavant Benoît n'avait pas de désirs vénériens.
Fanoken (obs. 119), ancien milicien, trypanosomé, a été en assez mauvais état, et sa femme Moukoko (obs. 169), parasitée elle aussi, mais en excellente santé, l'avait quitté. Après une période de calme pendant laquelle il acceptait très bien cette séparation, Fanoken vient tous les matins nous réclamer des papiers pour obliger sa femme à reprendre la vie commune. Le jour il la désire, dit-il, de toutes ses forces, et, la nuit, il ne peut dormir à cause de son excitation génésique. Il avoue d'ailleurs être enchanté devoir « ses forces revenir », car il a été toute
une longue période sans désirs vénériens ; il était impuissant. Mais nous devons dire que son état général reste toujours peu satisfaisant. La puissance virile n'est pas corollaire d'une amélioration de sa santé.