‹ Troubles psychiques dans le goitre exophtalmiqueChapitre 13 sur 29 · LEONE · texte numérisé non relu

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tion entre la confusion mentale, qui n’est qu'un accident passager et les diverses formes d’aliénation mentale qui constituent, au contraire, des psychoses chroniques à évolution bien déterminée. Reconnaissons toutefois qu’il n’est pas toujours facile de tracer une ligne de démarcation entre ces deux états.

Cependant, il est possible de réunir un certain groupe de faits dans lesquels les troubles psychiques liés à la maladie de Basedow ne présentent ni la marche, ni l’aspect d’une véritable vésanie.

Dans un certain nombre de cas, le délire paraît être provoqué par l’intoxication dont le point de départ se

trouve dans un trouble du fonctionnement de la glande

thyroïde et dont l’action se manifeste directement sur les centres corticaux. -

RENAUT ( de Lyon) cite l'observation d’une: malade chez qui, après enquête très minultieuse, où n'a constaté aucune maladie nerveuse proprement dite; elle ne présente aucun stigmaté suspect au point de vue de l’hystétérie ; il n’y a aucune espèce d'affection cérébrale chez les ascendants. Dans le cours d’un goître exophtalmique dont elle est atteinte, éclate un délire aigu avec vagues idées de persécution et impulsions irrésistibles

telles qu'à la sortie de l'hopital, la malade se jette.

dans le Rhône. Puis, après quelques mois, tout rentre dans l’ordre au point de vue mental, en même temps que les symptômes du goître exophtalmique s’atténuent rapidement. !

Il paraît difficile de contester dans le cas qu'il n'y ait une relation directe, de cause à effet, entre le délire et la maladie de Basedow et on peut voir dans ce cas

Te.

un délire dù à l’intoxication produite par le fonctionnement vicieux du corps thyroïde altéré.

Les observations de Boinet et Ferranini nous démontrent que l’'ingestion du corps thyroïde en excès peut déterminer un accès de confusion mentale.

C’est l'opinion soutenue par RÉGis dans son excellent Précis de Psychiatrie. Pour lui dans tous les cas observés où un délire exalté, exubérant, vaniteux, inquiet, mélancolique ou persécuté cœxiste avec le goître exophtalmique, il s’agit toujours d’un accès de confusion mentale, généralement aigu, se traduisant à la fois par de l'agitation ou par des alternatives d’agitation et de dépression et par du délire hallucinatoire à type onirique très caractérisé. k

Les éléments les plus fréquents de ce délire halucinatoire sont des idées mystiques, érotiques, de- persécution. (de viol, de fausse grossesse, d’empoisonnement, des hallucinations contemplatives, extatiques, professionnelles, zocpsiques, terrifiantes, génitales.)

Ces accès sont habituellement passagers, comme tous les accès de psychoses toxiques et ils disparaisent au -bout de quelques jours ou de quelques semaines. Ce n’est que dans quelques cas rares qu'ils se prolongent, susceptibles de verser dans un délire chronique plus ou moins

faussement systématisé. =

Dans plusieurs cas les troubles psychiques ont débuté par un délire hallucinatoire à type onirique très caractérisé.

RENDU cite le cas suivant :

AS trre

OBsERVATION V Article goitre exophlalmique du dictionnaire Dechambre p. 572.

Une femme atteinte de goître exophtalmique avec insomnie se plaignait de cauchemars insupportables ; il lui semblait voir une foule d'objets lumineux d'apparence vague qui, pendant la nuit s’agitaient autour de son lit; bientôt ces objets prenaient des contours déterminés et devenaient des formes humaines ; aux hallucinations de la vue se joignaient des hallucinations de l’ouïe ; au milieu de l'obscurité elle entendait distinctement des voix qui l’appelaient et la jetaient dans dans une angoisse inexprimable. Cette malade, fort intelligente, exprimait parfaitement ses impressions successives, Au début, elle sentait qu’il s'agissait de purs cauchemars et n’y faisait point attention : > | PUIS elle avait conscience que son cerveau se prenait * qu'elle n'avait plus d’empire sur elle-même : le lendemain, elle était encore sous l’influence de cette idée fixe? et restait Pie qu'elle allait perdre la raison. Ces accidents durèrent une quinzaine de jours et disparurent

Dans l'observation V de la thèse de Brunet (1), les troubles psychiques débutèrent en même temps que les pre-: miers symptômes du goître exophtalmique. Le sommeil était très agité ; la malade avait des cauchemars terrifiants : elle voyait des loups et des chiens enragés, les membres de sa famille morts. Ces rêves l’épouvantaient à tel point que non seulement elle se réveillait en Sursaut, mais que toute la journée elle restait sous leur pénible impression. Les trou-

bles psychiques cessèrent avec FARÉOrsNEn du goître exophtalmique.

Parrhon et Marbe citent un cas où les troubles psychiques se traduisent par une irrascibilité exagérée,

des rêves pénibles, des hallucinations à caractère terrifiant.

(1) BRUNET. Thèse Paris, 1883.

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