‹ Troubles psychiques dans le goitre exophtalmiqueChapitre 14 sur 29 · LT RE · texte numérisé non relu

LT RE

O8sEr VATION VI

(PARRHON ur Marse. Encéphale. 1906 p. 463).

Il s’agit d’une jeune fille de 21 ans, dont les parents ne présentent pas de manifestations pathologiques appréciables. il en à été de même pour ses grands-pères et ses grands-mères. Mais on trouve par contre, de nombreux troubles morbides chez les collatéraux de la lise paternelle. C’est ainsi qu'une sœur du père s'est suicidée en se jetant dans l’eau. On dit qu’elle était folle. Une autre sœur présente des crises de baïllements et très superstitieuse. Un frère (du père); est al- -Coolique, un autre bien que déjà âgé, et marié incapable d’apprendre un métier quelconque ou de trouver une occupation. C’est sa femme qui l’entretient. Celle-ci est normale, mais ellé donna naissance à un monstre. Les cousins et les cousines de la malade (du côté paternel) présentent des grands stigmates de dégénérescence psychologique.

En ce qui concerne la malade elle- -même, nous notons ce qui suit: son corps thyroïde s’est hypertrophié depuis huit ans. Elle à été menstruée à l’âge de 13 ans. Les règles. étaient abondantes et duraient quatre jours. C’est depuis cette épo- Que que la malade présente des palpitations et est devenue très irritable, entrant en colère aux moindres contrariétés.

Quand elle était encore à l’école, il lui arrivait souvent d’être obligée de s'arrêter en route à cause de ses palpitations violentes. Quand elle était examinée, elle était prise ‘de trembie- * ment et de palpitations et l'émotion l’empêchait de répondre De même elle ne pouvait jouer du piano à cause de l’émotion. Elle sentait sa gorge se sécher, un trouble dans les yeux, sa vue se voilait et elle ne voyait plus. La malade sentait de même comme un nœud, dans la gorge qui l’empêchait -de manger, Elle a suivi sans succès plusieurs traitements ef en 1905, elle subit la résection bilatérale du D QE cervical.

Dans l'observation ‘prise par l’un de nous en 1904 nous trouvons signalés les détails suivants : le corps thyroïde est hypertrophié ; la circonférence du cou: 345 millimètres. Les amygdales sont également hypertrophiées. La maladé prés

Dalmas. ï 4#.

ÉMORPESSS

sesnte une tachycardie manifesté ainsi que des palpitations:

violentes. Les membres supérieurs présentent un tremblement fin et à oscillations rapides.

Plus intéressants sont les troubles psychiques présentés par cette malade. Nous notons d'abord une irritabilité exagéré .La malade rentre en colère aux moindres contrariétés et adresse des paroles violentes à ceux qui l’ont fâchée. Cet état psychique s'accompagne d’une congestion du visage, d’une ‘sensation de bouffée de chaleur qui lui monte dans la tête, ainsi que de la sensation d’étouffement. Elle présente en même temps des palpitations et un tremblement de tout son corps.

Sa parole est également tremblante. Pour se calmer, elle se.

couche et après quelque temps, élle présente une crise de

baillement qui souvent dure de quinze à vingt minutes. Dans

le lit, elle se sent souvent sur le point de’ s’évanouir. La malade est très ambitieuse, égoïste, malicieuse, Ellé

tient toujours à faire dominer ses désirs et que les autres. fassent ce qu'elle veut, ce qu’elle obtient d’ailleurs facile

ment, Car les siens cherchent à lui épargner les colères. La malade présente encore des phobies multiples, c'est ainsi qu’elle à peur de rester seule dans une chambre, parce:

que quelqu'un pourrait venir la tuer ou bien quand sa sϟr.

sort, elle a peur que cette dernière ne s'évanouisse dans la rue. Ces phobies ont fait leur apparition il y a deux ans à la

suite d’un traumatisme psychique. La malade s’est effrayée-

à cause de l’indisposition de lune de ses' sœurs. Elle a poussé un cri et est tombée sans connaissance, C'est depuis cet accident que la malade à commencé ‘à présenter les phobies. À

La malade présente des HANCMaUons visuelles. Elle voit des ombres d'hommes qui l’effrayent. Ces hallucinations sont

presque continuellés et se produisent surtout quand la malade.

change la direction du regard ou quand un objet quelconque

se déplace. Alors, la malade effrayée commence à pleurer,

elle présente des palpitations. Puis le calme revient et elle se rend compte de l’irréalité de ses apparitions,

Ses rêves sont d'habitude pénibles. Elle voit des morts, elle croit se suicider ou bien elle voit des animaux qui lui font

peur. Parfois elle rêve sur les événements PRES qu'elle:

a lus dans la journée. ; En 1905, ia malade subit la résection bilatérale du sym-

es Dh

pathique cervical. L'opération fut pratiqéée en deux fois.

Pendant la chloroformisation elle dit avoir vu un grand animal cornu- qui lui chuchotait à l'oreille : « Que tu me donnes, que je te donne », Elle entendit un bruit de « tic, tic ». Elle vit enfin un ciel étoilé puis s’endormit,

Après la seconde opération elle commença à avoir des crises de pleurs. Elle pleurait— dit‘elle— parce qu’elle se sentait mal, comme près de s'évanouir ‘et de suffoquer.

Après l'opération les palpitations, la sensation de chaleur, le tremblement, les crises de diarrhée qu’elle présentait de temps en temps disparurent,

Elle eut après l'opération des menstruations supplémen-\ taires. Puis cette fonction s’est améliorée. Les règles tiennent trois jours ( au lieu de quatre } et ne sont plus douloureuses.

En ce qui concerne l'état psychique, celui-ci ne, s'améliora pas au moins d’une façon notable après l'opération. Pendant les deux premiers mois qui suivirent celle-ci la malade se sen-

tait poussée à casser, à briser les objets, mais elle s’arré-

tait avant de le faire. En même temps elle continuait à présenter des rêves pénibles à contenus semblables à ceux déjà signalés. Elle présentait encore des hallucinations psychomotrices. 8

Elle sentait un ver qui partant de l'abdomen lui montait vers le dos, puis dans dans la tête et qului disait : « Donnez-moi à manger ». La malade se mettait alors à manger, mais la voix ne se faisait pas. =

Elle présentait aussi des ballucinations visiuelles terrifiantes. Elle voyait un bouc qui la menaçait avec les cornes et montait même sur elle, Elle luttait avec lui, le repoussait mais il revenait et ainsi de suite, La malade effrayée commençait à pleurer et s’en allait chez sa mère mais elle ne présentait plus les palpitations,

Elle présente encore les phobies, C’est ainsi qu’elle se demande parfois avec angoisse si quelqu'un des siens ne vient pas de succomber, Elle a peur que si les hallucinations présentes disparaissent, d’autres viennent les remplacer. Elle continue encore à présenter une grande émotivité.

Un jour en retournant chez elle , elle eut la sensation que sa tête était vide, que son corps était mou, elle ne ne se sentait plus et se secouait pour se convaincre qu’elle a encore son cœur, La malade se fatigue facilement, bien qu'el'e puisse travailler longtemps si le travail est facile.

L'examen de la malade se fait difficilement. Elle n’est pas capable de fixer son attention, elle est instable et la malade ne pouvant suivre dans l’ordre le récit de sa maladie parle en même temps des faits anciens et de son état actuel.

Soukanoff dans un article paru en 1895 dans la Revue d e 1 Neurologique cite un cas très intéressant de confusion mentale développé chez un dégénéré héréditaire.

Osservariox VII

© Jeune homme, âgé de 18 ans, entré le 21 septembre 1894 dans la clinique psychiatrique de Moscou. Concernant l'hérédité les données suivantes ont été obtenues : le père et la mère du malade sont cousins germains, le père, du malade était alcoolique; l'oncle et la tante paternels étaient phtisiques ; l’aieul paternel a des accès de dipsomanie et était psychopathe; l’aïeul maternel est phtysique; l’aïeule maternelle fut atteinte d’apoplexie. Frère d'esprit borné : sœur nerveuse, atteinte de strabisme marqué; grand oncle paternel atteint . d'une maladie mentale de même qu’une grand'tante maternelle; de deux grands oncles maternels, l’un avait des bizarreries, l’autre est mort phtisique ; deux frères de l'aïieule maternelle sont morts d'apoplexie ; un des cousins maternels était phtisique, un autre alcoolique; un des cousins germains paternels est mort phtisique\; les cinq cousins issus de germains maternels étaient atteints de psychose : l’un d’eux finit par un un suicide, le second était idiot, le troisième débile, le quatrième avait la chorée et le cinquième avait des bizarreries ; l'une des cousines issue de germain -souffrit d’un goître exophtalmique, ‘une autre fut atteinte de paralysie post-diph-

térique; deux d’entre elles eurent des psychoses; trois étaient simplement nerveuses, une autre encore est morte d’une maladie de cerveau.

Le malade ést né à terme. Il commença à faire ses dents dans le cinquième mois de sa vie ,se mit à marcher après sa première année et commença à parler à deux ans passés. À l’âge de quatre ans il avait quelquefois. le sommeil inquiet,

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il s’agitait alors la nuit dans son lit, jetait des cris sans toutefois, s'éveiller. C’est vers cette même époque que sa mère observa chez lui la sortie d’un cucurbitin de ver solitaire ; après un remède anthelminthique qu'on lui donna alors, un ver solitaire fut expulsé :

. Quand le malade fut dans sa cinquième année il eut une inflammation de poumons; à sept ans passés il eut la rougéole et plus fard la coqueluche; à neuf ans ‘passésil eut un typhus qui se compliqua d’une pneumonie.

Durant son enfance ‘il était nerveux et irritable: il na jamais été sujet à des accès convulsifs, mais il a toujours été maladif, très sensible au froid et à 1 fatigue, toussait de temps en temps, transpirait abondamment: il était d’une extrême maigreur fout en ayant un bon D pedite : il souffrait quelquefois de diarrhées et de temps à autre de nausées. Il apprit à lire et à écrire à l’âge de 7 ans et peu de temps après, il fut placé dans une éco!e où il resta jusqu'à l’âge de 16 ans. Au sortir de l’école, notre malade travailla, quelque temps Comme teneur de livres dans un dépôt d'objets métalliques. Cette besogne (e calcul et les factures), le fatigüait beaucoup et en avril 1893 sa mère, obtint pour lui un emploi dans une brasserie, et, comme il ne cessait de ressentir une faiblesse et une sorte de lassitude continuelle elle lui conseilla de boire de la bière, ce qu'il fit en en prenant une à deux bouteilles par jour.

Vers la fin de mai de la même année, il revint un jour . à la maison dans un état d’excitation légère, le visage rouge, et c’est alors que sa mère remarqua pour la première fois qu'il avait un goître. Elle attesta cependant qu'il s'était plaint: huit jours auparavant que les cols de sa chemise lui étaient trop étroits, mais le malade attesta plus tard que le goître se produisit en un jour. Le goître était d’abord plus grand du côté droit. Le malade commença à souffrir simultanément de palpitations de cœur. En juin, juillet et août de l’année 1893 le malade ne s’est adonné à aucune occupation. Il entra en août dans un des hôpitaux de Moscou, et le 15 septembre 1893, il fut recu dans la chIque des maladies nerveuses de Moscou où il resta jusqu'au 12 février

À son entrée dans la ue des ma'adies nerveuses, les

faits suivants ont été notés : #

Le malade est de taille au-dessus de la moyenne, de constitution faible ; il a les muscles et la couche graisseuse sous-cutanée très peu développés.

L’exploration du cou du malade fait voir au niveau de la glande thyroïde une tumeur à pulsations distinctes ayant la forme de la glande.

Cette tumeur touche la clavicule du côté droit, atteint l’apophyse mastoide en haut et va jusqu'à la moitié de la partie latérale du cou en arrière. La tumeur est un peu

moins grosse du côté gauche. Les deux imoitiés sont réunies par un isthme qu'on aperçoit distinctement. La tumeur n'adhère ni à la peau, ni aux muscles sterno-mastoidiens, ni aux tissus sous-jacents. Quand on palpe la tumeur un bruissement particulier s’y fait entendre. La mensuration de la circonférence du cou à donné les résultats suivants il v a 36 centimètres de tour au niveau du point de la colonne vertébrale qui est située vers le milieu de la partie cervicale et de la partie supérieure de la tumeur, il y en à 38 au niveau de la portion médiane de la tumeur et 39 centimètres, au niveau de la partie inférieure ; la circonférence du cou au-dessus de la tumeur est de 32 centimètres, la pulsation des artères carotides est très marquée du côté droit ; la tumeur a une pulsation à part qui est isochrome avec les battements du cœur et les artères radiales. Pendant l’auscultation, un bruit vasculaire et sifflant se fait entendre ; ce bruit augmente constamment avec la systole du cœur.

Syslème nerveux. — Dans la sphère psychique, on observe une profonde dépression, qui cède la place, à de rares üftervalles, quand le malade entre en conversation, par exemple, à de l’excitabilité. Alors sa parole devient rapide, et incohérente, le malade s’agite. Autrement son état mental et intellectuel n'offre rien d’anormal. !

Les mouvements actifs des muscles de son visage sont normaux, à part une légère asymétrie de la bouche lorsqu'il découvre les gencives. Les prunelles sont un peu dilatées, mais à un point égal. Un léger tremblement se produit à la langue quand il la tire. Un léger tremblement se fait observer dans les extrémités supérieures ; il se traduit par de légers mouvements cloniqués. Ainsi quand on fait étendre le bras au malade, sa main tremble et c’est aux doigts que

le tremblement est le plus marqué. |

Les mouvements du corps sont normaux ; le malade marche régulièrement, les yeux fermés et les yeux ouverts. Le réflexe: patellaire, les réflexes des muscles biceps, triceps, du tendon d'Achille, les réflexes des yeux, du ventre, du crémaster, des parois abdominales sont restés intacts et ne sont pas exagérés ; le réflexe plantaire est absent. Les troncs nerveux et les be ne sont pas douloureux à la pression,

L'exploration du cœur a fait constater une augmentation de sa dimension transversale. La matité commence depuis le bord inférieur de la troisième côte en haut et va, jusqu'au bord supérieur de la sixième côte en bas ; en dehors elle dépasse la ligne mamelonnaire d’un centimètre. environ,

«Æt atteint en dedans le milieu du sternum du côté droit,

Le malade se plaint de palpitations de cœur; il ressent un malaise au creux de l’estomac chaque fois qu'il a mangé où bu et une sensation de chaleur dans la partie supérieure

-du corps ; il a une toux sans pituite, mais qui-lui fait ex-

pectorer beaucoup de salive.

En septembre, octobre et la prémière moitié de NÉ bDes aucun changement ‘considérable ne s’opéra dans l’état de

santé du malade ; il toussait souvent,, transpirait abondam-

ment, avait quelquefois le sommeil inquiet ; il était presque ‘constamment dans un état d’agitation, se mettait souvent à parler avec volubilité en se ent et en perdant pres que haleine.

‘Au bout de quelque temps, le malade conimença à se sentir plus calme et le sommeil devint meilleur ; il souffrit encore de temps en temps de diarrhée.

Le 11 septembre il fut pris d’une douleur au côté droit ; il eut aussi un coryza accompagné de mal de tête ; la température monta ; il fut pris en même temps d'accès de rire irrésistibles.

A la fin de cette journée, le malade pleura. Il dormit mal

la nuit suivante, s’agita dans son lit, se réveilla souvent,

parla d’une manière incohérente.

Depuis le 17 septembre jusqu'à son entrée dans la clinique psychiâtrique, il ne se fit presque pas de changement dans l’état de la santé du malade : il restait couché tranquillement le jour, se retournait d'un côté à l’autre, la nuit soulevait ses pieds, brandissait ses bras, se mettait tantôt

bre 5 à pleurer, tantôt à mugir, faisait des grimaces, demandait continuellement à boire, disait à haute voix des paroles incohérentes. ë FE À son entrée dans la Clinique psyChiâtrique (le 21 septembre), les faits suivants ont été notés.

Le malade est de taille élevée, extrêmement maigre, d’une.

mauvaise constitution, ses muscles sont gréles et maigres. Le visage est bourgeonné. Les oreilles et les dents ont des traces” marquées de dégénérescence. Le signe de Grœfe se fait remarquer aux yeux.

La glande thyroïde est augmentée de volume ; quand on la-palpe, un bourdonnement s’y fait entendre. La. circonférence du cou au-dessus de la glande thyroïde est de 24 centimètres et'de 42 centimètres à lendroit de la plus grande Saillie La dimension du cœur est augmentée ; les contractions en sont fréquentes, jusqu'à 120 par minute. ; les pulsations

du cœur sont visibles à travers le thorax. L’auscultation :

a fait entendre un bruit svstolique, très marqué. Des traces d'albumine ont été constatées dans l'urine.

Le malade est faible ; il est presque incapable de se tenir. sur pied, sans aide ; il reste couché! IL à l'air de ne pas

bien comprendre où il se trouve. Souvent il ne répond rien

aux questions qu’on lui pose, ferme les yeux et ne regarde personne, s'irrite quand on le touche, demande souvent à boire, appelle « Maman, maman ». Îl se retourne souvent d'un côté à l’autre, se parle à lui-même, se couche je visage tourné contre le mur, ou en contractant les membres. Man-: gea fort peu le premier jour ; eut une évacuation involontaire le soir

22 septembre. Le malade a mal dormi la nuit, a appelé sa mère, s’est parlé à lui même. La conscience est devenue Plus- lucide le matin. Il a commencé à retenir les noms des: personnes qui l'entourent. IL ne sait pas quand ii est entré dans la Clinique, ni avec qui il y est venu. Son incohérence a un caractère particulier : « Ah, bonjour, cest vous:

qui avez une barbe rousse ?: Qu'est-ce que c’est ? Des bou- .

tons de manche. J’ai vu une montre sur vous : vous. aviez

un autre pantalon, je crois, hier. Je puis distinguer tou-

tes les couleurs grise, verte, jaune, Paul ici a une barbe jaune : et ainsi de suite. Le malade a pu définir assez exactement le temps qu'il a passé dans la Clinique des maladies.

nerveuses ; il en a nommé plusieurs médecins. Le nouvel entourage n'a presque aucune prise sur Jui IL ma ni hallucinations, ni illusions, ni idées délirantes. Le jour suivant son incohérence eut de nouveau une empreinte assez spéciale.

Il ne parla que de ce qu'il avait sous les yeux ; tout objet attirait son attention et il faisait tout ce qu'il avait envie de faire au moment donné. Si l'envie de chanter lui venait la nuit, ‘il se mettait à chanter ; il cessait dès qu’on l'arrétait sans s’en formaliser aucunément Le séjour à la C'inique ne lui semblait pas être pénible ;'il n'a pas demandé à revenir à la maison et montra en général beaucoup de bonhomie. Il était d’une humeur joviale, riait souvent, ne se préoccupait guère de sa maladie, qu'il traitait avec beaucoup d'étourderie.

La conscience devint ensuite pius nefte de jour en jour, il commença à s'intéresser à ce qui se faisait autour de lui; commença à lire, devint plus retenu dans sa conduite ; cessa de chanter la nuit. Il quittait de temps en temps son lit dans la journée et marchait par la chambre en s'appuyant sur le bras de quelqu'un.

Le 28 au soir, le malade fut pris sûbitement d'un accès -convulsif ; écurie lui sortait de la bouche et ül perdit connaissance ; le tout dura 2 à 3 minutes. Le malade revint aussitôt à lui, mais pour longtemps la lucidité de sa cons- -cience ne fut plus la même quelle était avant l'accès. Sa conscience est devenue peu à peu plus claire dans le courant des jours suivants; mais il se plaignit encore pendant quelque temps d’avoir une difficulté à penser, ainsi qu'à retenir ce qu'il avait lu. Les forces physiques lui revinrent aussi peu à peu ; il prit de l'embonpoint, commença à marcher lentement d’abord, et timidement, plus vite et plus librement, dans la suite.

‘ Durant son séjour dans la clinique, la dimension du goître oscilla légèrement, mais en somme elle garda approximativement le « statu quo ante ». Après le rétablissement de la conscience, l’exploration de la sensibilité, fit constater une légère anesthésie à droite et sur la face externe, dans la région du tiers inférieur de la cuisse et les deux tiers supérieurs de la jambe.

Quand on questionne le malade sur l’époque de son entrée dans la Clinique psychiâtrique ét sur ce qu'il a ressenti pen-

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