SANTO OULE
On sait que la maladie de Basedow S'accompagne dans un certain nombre de cas de troubles mentaux plus où moins accentués. Dans les cas de Paul, Kœætel, Séglas ,Soukanoff, Austin, Devay, Stien, Richardson etc. ces troubles étaient représentés par le syndrome mélanccliques et dans ceux de Cane, Savage, Collins on avait noté des troubles mélancoliques et de lexcitation maniaque. Ball admet que parmi les troubles mentaux Signalés. dans la maladie de Basedow, les plus fréquents Consisteraient en mélancolie et d’autres fois en manie.
L’un el l'autre de ces auteurs sont d'avis que ces troubles font partie de la maladie en question et Devay, préci- Sant encore plus, les attribue à l’'intoxication thyroïdienne..
La présence, au cours du goître exophtalmique, de troubles semblables à ceux que nous avons notés dans no$ cas, constitue une seconde raison en faveur dell Opinion que nous soutenons que ces troubles sont dus à une modification de la sécrétion thyroïdienne. |
La fréquence de la manie et de la mélancolie développées sur le terrain commun de la maladie de Basedow nous semble confirmer l'opinion de Kræpelin pour lequel la plupart des cas diagnostiqués manie ou mélancolie appartient à une seule, et même psychose maniaque dépressive..
D'autre part, cette même fréquence nous porte à croire qu'il est possible que dans la psychose citée, les troubles soient en rapport avec des modifications de la sécrétion thyroïdienne.
Un autre argument qui nous semble appuyer l'hypo-
thèse que nous soutenons, réside dans l'interprétation pathogénétique donnée par plusieurs auteurs à la mélancolie. C'est ainsi que pour Kræpelin la psychose maniaque dépressive semble être engendrée par des. troubles des échanges. Stoner (1), dans un travail paru dans la « Revue neurologique », exprime une opinion semblable.
Or ,on sail précisément quel rôle considérable exerce la glande thyroïde dans le métabolisme de notre organisme. L'opinion des auteurs cités, jointe à la constatation des troubles mélancoliques et maniaques dans des cas où on peut incriminer la glande thyroïde comme cause des perturbations du métabolisme, nous porte à penser qu'il est très possible que ce soit elle qui les produit encore ; dans d'autres cas où l'attention n’est pas directement attirée sur elle.
Mais unc raison -encore plus forte qui nous fait penser que la glande thyroïde doit jouer un rôle important dans l’éclosion des troubles mélancoliques, et aus-
si maniaques, est donnée par la fréquence prépondé-
rante de ces troubles dans le sexe féminin. Pour Kroæpelin, la mélancolie d’involution se trouve dans 60 pour
100 des cas chez les femmes, et la différence entre. les deux sexes est surtout apparente à l’époque de la mé-
nopause. Si on à en vue non seulement cette forme de mélancolie, mais la psychose maniaque dépressive, en général, la fréquence devient encore plus grande chez les femmes qui représentent d’après le même auteur les deux tiers des cas de cette psychose
(4) Sronxer. Revue neurologique, 1901, p. 41133.