‹ Troubles psychiques dans le goitre exophtalmiqueChapitre 6 sur 29 · TON · texte numérisé non relu

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servation d’une femme atteinte depuis plusieurs années de maladie de Graves, qui commença à devenir très irritable, puis elle eut une atteinte de manie aiguë, avec idées délirantes. Clarcke attribue la folie au goître exophtalmique.

BœŒDECKrER (Charité Annalen, 1889), publie quatre observations de Basedowiens, qui, au cours de leur maladie présentèrent des troubles cérébraux divers et il attribue ces troubles à une psychose nettement définie et indépendante de la maladie de Basedow.

Barr (Leçons sur les maladies mentales, 1890), attribue parmi les folies névropathiques, une place à part à la folie du goître exophtalmique. Le plus souvent, c'est de la mélancolie avec agitation, souvent aecompagnée d'hallucinations de la vue et de l’ouie ; d’autres fois, c’est de la manie aigue avec agitation. Il insiste sur le rôle que joue l'hystéric dans la production de ces troubles mentaux, mais il est convaincu qu'indépendamment de toute névrose, la maladie de Graves peut produire des troubles intellectuels.

PETER dans ses cliniques, cite la cas d’une femme très ambitieuse atteinte de maladie de Basedow, améliorée par l'hydrothérapie ; puis, son mari ayant échoué à la députation, elle resta privée de la raison pendant trois mois. Pour lui « les goîtreux exophtalmiques sont placés sur les frontières de la folie ». Tous ces. malades sont des agités ; ils sont irascibles, présentent des troubles de caractère « un degré de plus et ils deviennent fous par exagération de leur trouble cérébral antérieur ».

M. GILBERT BALLET (Bull. Soc. méd. hôp., 1890), présente une malade hystérique qui fut atteinte de maladie: de Basedow, avec hallucinations et idées de persécution

ue

Cherchant la signification nosologique du délire de persécution, M. le Professeur Gilbert Ballet, attribue les hallucinations à l'hystérie et trouve dans l’état d’ esprit particulier des Basedowiens l’élément secondaire indispensable à l'hallucination pour aboutir au délire de persécution. « L’hystérie crée l’hallucination, la maladie de Basedow se l’approprie et s’en sert pour réaliser les idées de persécution ».

M. RenauT de Lyon, publia l'observation d'une malade chez laquelle des idées de persécution se sont développées parallèlement à la maladie de Basedow. Cette malade n'avait aucun antécédent, ni héréditaire, ni per-

-sonnel, elle ne présentait aucun stigmate d'hystérie. On

est bien forcé de rapporter ce délire aigu à une poussée dans les symptômes du goître exophtalmique. « Il existe une relation directe et de cause à effet entre le délire de persécution et la maladie de Basedow.

JorFroy (Ann. méd. psych., 1890), à propos d’une malade atteinte de maladie de Basedow et de mélancolie, conclut de la façon suivante!

« Les modifications si fréquentes du caractère dans la maladie de Basedow, pourraient prendre dans certains cas une intensité telle qu'elles créent une véritable folie se présentant plus généralement sous la forme de mélancolie ou sous celle de manie, la manie et 1a mélancolie étant dans ces cas symptomatiques de la maladie de Basedow.

D'autre part, la maladie de Pas peut se, développer chez des malades atteints antérieurement d’ a

liénation mentale et provoquer l’exacerbation ou la ré- ‘apparition des troubles pee Dans ce cas, la folie

Dalmas.

a AO PEES

ne peut être considérée comme Symptomatique de la maladie de Basedow, mais constitue une seconde affection surajoutée à la première.

Chez les prédisposés et en Particulier chez les hystériques, avec idées de tristesse, de frayeur ou d’'hypochondrie, 1a maladie de Basedow, se complique facilement de troubles mentaux appartenant à la fois à deux . états morbides, à l’hystérie et au goître exophtalmique, Sans qu’on puisse rattacher la folie uniquement à l’hystérie, ni à la maladie de Basedow.

En avril 1890, à la Société médicale des Hôpitaux, Joffroy présente l'observation d’une jeune fille à la fois hystérique et Basedowienne, qui avait des haillucinations hypnagogiques. Avant l'apparition du goître, la malade avait eu peur d’un chien enragé et depuis qu’elle était atteinte de goître exophtalmique, elle voyait fréquemment en rêve le même chien et l’hallucination persistait après son réveil. !

SÉGLAS (Ann. méd. PsSycR., 1890), publie l'observation d'une femme atteinte de mélancolie qui essaya deux fois de s’asphyxier avec $es enfants. Elle présenta peu après de la tachycardie et de l'exophtalmie, mais sans goître. M. Vigouroux constata la diminution de la résistance électrique, ce qui entraîna le diagnostic de maladie de Basedow. Ceci est très important, car, d’après Séglas, la mélancolie s’accompagne d'habitude d’une augmentation de la résistance électrique.

JACQUIN (Thèse Montpellier 1891) admet l'existence de troubles psychiques toxi-thyroïdiens et il pense que les troubles psychiques de la maladie de Basedow sont.

tellements particuliers qu’ils pourraient servir à diagnos-

ot

tiquer la maladie. I1 reconnaît que certains délires reconnaissent pour cause une prédisposiltion héréditaire marquée, mais que le goître exophtalmique est capable de créer une aliénation mentale de toutes pièces, aliénation qui survient par le fait de troubles profonds de la : nutrition que le goître exophtalmique entraine avec lui ou par les crises épileptiformes qu’il détermine.

BœTrrEau (Thèse Paris, 1892), divise en deux groupes les troubles mentaux du goître exophtalmique : 1° Ceux qui sont des simples altérations de l’état psychique du malade : troubles du caractère, de la volonté et qu'il

rattache à la neurasthénie ; 20 les vésanies qu'on peut

rencontrer dans la maladie Ge Basedow et qui en sont complètement indépendantes. |

Ce sont deux affections différentes évoluant sur un même terrain, gardant leur autonomie et leur caractère propre. Le facteur étiologique qui joue le rôle prépondérant dans la production de ces délires est l’hérédité nerveuse.

MM. RAymonp et SÉRIEUX (Congrès de Blois, 1892) attribuent à la dégénérescence mentale Ia déséquilibration psychique, les idées obsédantes, les impulsions et certains délires que l’on rencontre chez les Basedowiens. « Il n’y a pas, disent-ils, de psychose propre au goître exophtalmique ; il y a en réalité association au goître exophtalmique de psychoses distinctes et autonomes. » Il y a lieu, d’après eux, d'opérer le démembrement de ces symptômes psychiques au profit des espèces morbides auxquelles ils doivent être restitués ». Une certaine partie a pu être rattachée à la neurasthénie, à la manie, à l’épilepsie, au délire alcoo-

in QE lique, etc. Un groupe important est étroitement lié à la dégénérescence mentale, que démontrent les antécédents héréditairés des malades, leur état antérieur, leurs Stigmates physiques et psychiques, et enfin la forme de leurs accès délirants.

GUIDENBERG (Messager. de psych. el de Neur. du Dr Mierjewski, 1893), passant en revue les difiérentes opinions émises sur la question des troubles vésaniques, dans la maladie de Basedow pense que, aucune des opinions, prise à part, n’est suffisante pour expliquer ‘tous les cas que présente la clinique. Il cite deux observations dont chacune se rapporte à une hypothèse différente : l'une d’elles confirme la théorie de Raymond et Sérieux et une autre lui est complètement opposée.

KroNTHAL (Berlin. Klin. Wochenschr. 1893), publie l'observation d’une jeune fille de 12 ans, prise presque en même temps de goître exophtalmique et de troubles psychiques. Il insiste sur la rareté de la maladie de Basedow chez l'enfant puisqu'il ne peut en citer que- 12 cas, mais il croit que chez eux les troubles psychiques Sont plus fréquents qu’on ne l'admet en général.

BRUNET (Thèse Paris, 1893), essaie de prouver que toutes les fois que des troubles mentaux surviennent au cours de la maladie de Basedow, on trouve dans leur délire tous les caractères des délires des dégénérés.

HirSCHL (Jahrb. f. psych, 1893), rassemblant tous les cas publiés jusqu’en 1893, en trouve 43 seulement. H rapporte 6 cas de la Clinique du Professeur Kraft- Ebing : quatre manies et deux états d'angoisse intense. L’hérédité nerveuse était prononcée dans 5 cas et HE

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