TRAITEMENT
Le caractère irritable des Basedowiens, dit M. le Pro- : fesseur Gilbert Ballet (1), rend souvent illusoire, dans. la famille, toute tentative thérapeutique faite avec es- prit de suite. |
Leur mobilité d'humeur, leurs colères soudaines, mettent souvent leurs proches dans l'impossibilité de leur faire suivre avec régularité le traitement institué par le médecin. Les luttes continuelles qu'ils ont à subir ne peuvent qu'apporter un aliment nouveau à leur irritabilité. |
Il devient dès lors important de les soustraire à leur: milieu pour les soumettre à une discipline qu'ils acceptent beaucoup plus facilement de la part d'étrangers. que de leur famille. Aïnsi la maison de santé, en supprimant les causes émotionnelles qui entretiennnent leur état nerveux, se trouve, dans certains cas, comme nécessaire et indispensable. En dehors de la possibilité &
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(1) G. Bazrer et Sarnron. Traitement et pathogénie du goître exophtalmique.
LRO
qu'a le malade d'effectuer à heure fixe et régulière les différents traitements électrique, hydrothérapique, etc., l’observance d’un régime approprié, capable de produire une augmentation de poids toujours désirable chez ces malades est plus facilement réalisable. Enfin, c’est surtout à la maison de santé qu'on peut utilement exercer sur ses sujets une psychothérapie efficace et : on peut apaiser dans une large part leur déconcertant état psychique .
Lorsqu'il s’agit de psychoses, on ne doit jamais per-
dre de vue que le plus souvent l'amélioration de la maladie de Basedow est accompagnée d’une atténuation dans les troubles vésaniques. On commencera, si les troubles sont trop accentués, par isoler les malades et on les soumettra alors au traitement du goître exophtalmique. L’hygiène doit jouer un grand rôle ; elle doit être plus morale que physique. Les émotions seront ‘évitées le calme sera aussi complet que possible autour du malade .
La thyroïdectomie et la section double du sympathique cervical ont donné parfois d'assez bons résultats. AUSTIN a cité deux cas de mélancolie chez des Basedowiennes guéries par l’énucléation d’une poche kystique. La chirurgie a prouvé que leur affection thyroidienne était au moins la cause occasionnelle de leur folie. a
Si nous laissons de côté ces divers agents médicamenteux employés et les méthodes chirurgicales quelquefois utiles, tantôt dangereuses, nous trouvons en définitive comme donnant de bons résultats : l’électrothérapie et les produits opothérapiques:
La thérapeutique thyroïdienne compte à son actif un
certain nombre de succès: Baie dans le rapport ie qu'il présenta au Congrès des neurologistes et des’ alié- | nistes en 1895, rappelle les succès re par Voisin, Béclère: 1 MIS A\t
Depuis que M: le Professeur ea BALLET et EN- RIQUEZ ont imaginé et appliqué pour la première fois en 1895, un traitement sérothérapique dé là maladie de Basedow, un grand nombre d'auteurs en Allémagne et en Suisse, ont employé à leur tour la même méthode et obtenu des résultats FASQUTAPRODIE PA ;
Plaignard cite dans sa thèse la guérison d'une mélancolie par l’opothérapie thyroïdienne. Here dans cette ‘fe observation! un tel rapport entre les injections de li- À quide thyroïdien et l'amélioration constatée qu’on est entraîné à voir là plus qu'une coïncidence, d'autant plus | que tous Iles traitements faits antérieurement avaient 7 complètement échoué: : PAÉRCARSANTEES
Odilon Martin (1), rapporte l'observation d'un malade atteint de goître exophtalmique guéri par l'administration d'extrait de corps thyroïde. ; FRE Ua
Thomas de Genève (2), cite un cas de mélancolie chez. une basedowienne améliorée et guérie par l'hématothyroïdine. de Ÿ ï | Pisante (3), cite huit ‘observations dans lesquelles le traitement thyroïdien amena des résultats satisfaisants.
Le traitement thyroïdien est appelé à à donner des résultats positifs dans les cas de goître exophtalmique nettement liés à la suractivité thyroïdienne.
(4) OniLon MARTIN. Presse. médicale, 43 juillet 1898. (2) Tomas. Bull. gén. de thérapeutique, 1907, p: 324. (3) Pisanre. Thèse dé Paris, 19061908. il
Cette méthode semble à ce point supérieure, qu’elle est en passe de faire oublier deux traitements opothérapiques du goître exophtalmique, dont on a souvent discuté les effets : l'emploi des préparations de thymus et d’ovaire (chez la femme).
C’est en partant de cette donnée initiale : réalité dans Ja plupart des cas de goître exophtalmique du phénomène hyperthyroïdisation, qu'on est amené à l’administration de ces deux produits. Les origines complexes du syndrome basedowien peuvent être rattachées à l'in-
suffisance pathologique des organes chargés de contrebalancer l'action de la glande thyroïde. Or, l'ovaire et le thymus paraissent comme les antagonistes physiologiques du corps thyroïde, leur insuffisance fonctionnelle fut invoquée dans la pathogénie de quelques goîtres exophtalmiques.
1 C’est en partant de telles considérations, qu'on a fait dans la maladie de Basedow de l’opothérapie thymique el ovarienne.
Le traitement ovarien a été administré à des basedowiennes chez lesquelels on a supposé la réaction thyroïdienne liée à des lésions génitales, à l'insuffisance ovarienne. On a obtenu plusieurs fois des résultats satisfaisants par les préparations d’ovaire chez la femme.
JAYLE publia deux observations de malades améliorées par l’ovaire cru et les injections de liquide ovarique ; chez l'une d'elles, le goître exophtalmique était consécutif à une castration : l'amélioration fut nette ».
Joux traite deux basedowiennes à forme fruste, devenues malades à la ménopause ; « toutes les deux furent très rapidement améliorées ».
DELAUNAY (1899), fait connaître l'intéressante obser-
Nen er
vation que voici : « Il s’agit d’une femme de 50'ans chez laquelle les symptômes de l’affection se sont manifestés au moment précis de la ménopause ; c’est sur cette coïncidence que je m'étais basé pour conseiller la médication ovarienne. Chez cette malade, il n'y avaïît, à vrai dire, que peu d’exophtalmie, mais en revanche, on notait chez elle une tachycardie extrême, accompagnée de tremblement, d’agitation nerveuse intense, d'hypertrophie du corps thyroïde, de diarrhée, de vomissements, et d'un amaigrissement très prononcé. L'opération de Jonnesco avait été repoussée par la famille et la thyroidine n'avait donné qu'une amélioration insignifiante et tout à fait momentanée L'administration de l'ovarienne aux doses que l’on prescrit ordinairement dans le traitement des accidents de la ménopause, amena, au contraire, presque immédiatement, une amélioration considérable et bientôt une guérison qui semble devoir être définitive ».
On doit conclure que l’opothérapie ovarienne est un traitement s'appliquant spécialement chez la femme aux symptômes basedowiens par insuffisance ovarienne, par lésions génitales.
La seule conclusion qui découle de l'étude des dif-
férents traitements est qu'aucun d’eux ne réalise la
thérapeutique idéale. Il n’est pas possible d'avoir une
méthode de traitement unique. Sur certaines formes les traitements généraux comme l'isolement, le repos, lélectricité les médications toniques ou sédatives ont une une action incontestable et une véritable valeur pathogénique en combattant le trouble nerveux initial. Mais
(1) Decaunay. Presse médicale, 21 janvier 1899.
ce donne d. bons résultats chez un ie se Joel sans action chez l'autre. Cette iné-
gaité d'action s'explique : il est rationnel d'admettre
que s'il existe ui un 1 syndrome de Basedow, multiples sont À ‘les causes capables de lui donner naissance et le trai-
“tement doit s'inspirer de l'étiologie c e | La à pathogénie. 5