‹ Troubles Psychiques Dans Le Goitre ExophthalmiqueChapitre 5 sur 23 · AT NE · texte numérisé non relu

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ne peut être considérée comme symptomatique de la

maladie de Basedow, mais constitue une seconde affection surajoutée à la première. ne

Chez les prédisposés et en particulier chez les hystériques, avec idées de tristesse, de frayeur ou d’'hypo-

Chondrie, la maladie de Basedow, se complique facile-

ment de troubles mentaux appartenant à la fois à deux états morbides, à l’hystérie et au goître exophtalmique, sans qu’on puisse rattacher la folie ‘uniquement à l’hystérie, ni à la maladie de Basedow.

En avril 1890, à la Société médicale des Hôpitaux, Joffroy présente l’observation d’une jeune fille à la fois.

hystérique et Basedowienne, qui avait des hallucinations

hypnagogiques. Avant l’apparition du goître, la malade avait eu peur d’un chien enragé et depuis qu'elle était atteinte de goître exophtalmique, elle voyait fréquemment en rêve le même chien et l'hallucination persistait après son réveil.

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SÉGLAS (Ann, méd. psych., 1890), publie l'observation d'une femme atteinte de mélancolie qui essaya deux fois de s’asphyxier avec Ses enfants. Elle présenta peu après de la tachycardie et de l’exophtalmie, mais sans goître. M. Vigouroux constata la diminution de la résistance électrique, ce qui entraîna le diagnostic de maladie de Basedow. Ceci est. très important, car, d'après

Séglas, la mélancolie s accompagne d'habitude d’une augmentation de la résistance électrique.

JACQUIN (Thèse Montpellier 1891) admet l'existence de troubles psychiques toxi-thyroïdiens et il pense que les troubles psychiques de la maladie de Basedow sont tellements particuliers qu'ils pourraient servir à diagnos-

tiquer la maladie. Il reconnaît que certains délires re-

connaissent pour cause une prédisposition héréditaire marquée, mais que le goître exophtalmique est capable de créer une aliénation mentale de toutes pièces, aliénation qui survient par le fait de troubles profonds de la nutrition que le goître exophtalmique entraîne avec lui ou par les crises épileptiformes qu'il détermine.

BœTrEau (Thèse Paris, 1892), divise en deux groupes les troubles mentaux du goître exophtalmique : 1° Ceux qui sont des simples altérations de l’état psychique du malade : troubles du caractère, de la volonté et qu'il rattache à la neurasthénie ; 20 les vésanies qu'on peut rencontrer dans la maladie de Basedow et qui en sont complètement indépendantes. ;

Ce sont deux affections différentes évoluant sur un même terrain, gardant leur autonomie et leur carac-

tère propre. Le facteur étiologique qui joue le rôle prépondérant dans la production de ces délires est l’hé-

rédité nerveuse.

: MM. Raymonp et SÉRIEUX (Congrès de Blois, 1892) attribuent à la dégénérescence mentale la déséquilibration psychique, les idées obsédantes, les impulsions et certains délires que l’on rencontre chez les Basedowiens. « Il n’y a pas, disent-ils, de psychose propre au goître excphtalmique ; il y a en réalité association au goître exophtalmique de psychoses distinctes

et autonomes. » Il y a lieu, d’après eux, d'opérer le ; |

démemibrement de ces symptômes psychiques au profit des espèces morbides auxquelles ils doivent être restitués ». Une certaine partie a pu être rattachée à la

neurasthénie, à la manie, à l’épilepsie, au délire alcoo-

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an

lique, etc. Un groupe important est étroitement lié à la dégénérescence mentale, que démontrent les antécédents héréditaires des malades, leur état antérieur, leurs stigmates physiques et psychiques, et «enfin la forme de leurs accès délirants.

GUIDENBERG (Messager de psych. et de Neur. du Dr Mierjewski, 1893), passant en revue les différentes opinions émises sur la question des troubles vésaniques, dans la maladie de Basedow pense que, aucune des opinions, prise à part, n’est suffisante pour expliquer ‘tous les cas que présente la clinique. Il cite deux observations dont chacune se rapporte à une hypothèse -différente : l’une d’elles confirme la théorie de Raymond et Sérieux et une autre lui est complètement opposée.

KronrHAL (Berlin. Klin. Wochenschr., 1893), publie l'observation d’une jeune fille de 12 ans, prise presque en même temps de goître exophtalmique et da troubles psychiques. Il insiste sur la rareté de la maladie de Basedow chez l'enfant puisqu'il ne peut en citer que 12 cas, mais il croit que chez eux les ‘troubles psychiques sont plus fréquents qu'on ne l’admet en général.

BRUNET (Thèse Paris, 1893), essaie de prouver que toutes les fois que des troubles mentaux surviennent au cours de la maladie de Basedow, on trouve dans leur délire tous les caractères des délires des dégénérés.

Hirscuz (Jahrb. f. psych, 1893), rassemblant tous les cas publiés jusqu’en 1893, en trouve 43 seulement. Il rapporte 6 cas de la Clinique du Professeur Kraft- Ebing : quatre manies et deux états d'angoisse intense. L'hérédité nerveuse était prononcée dans 5 cas et il

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cite l’observation d'un père aliéné dont la femme qui

était goîtreuse, procréa trois enfants atteints de maladie de Basedow. Tandis que la plupart des cas publiés jusqu'ici concernent des femmes, ceux de l’auteur sont des hommes en majorité (4 hommes et 2 femmes,

C’est aux changements qui s’opèrent dans la circulation artérielle du cerveau qu'il faudrait, d’après Hirschl, attribuer ce fait que le trouble mental associé au goître exophtalmique se traduit le plus souvent par un état d’excitation et d'inquiétude. |

-BuscHaAN (Leipzig u. Wien., 1894) à cause de la prédominance des formes maniaques et mélancoliques dans les psychoses qui se joignent à la maladie 'de Basedow et aussi vu les simples altérations mentales qui l’accompagnent généralement, est d'avis que ces changements psychiques font partie de la maladie de Basedow.

Marzoccr et ÆNTONINI (Annali di Neurologia, 1893), admettent une folie basedowienne par l'influence que la glande thyroïde a sur le fonctionnement du système

nerveux central. Elle est produite par un produit toxi-

; que que la glande ne peut plus détruire.

SOUKHANOFF (Revue neur., 1896), publie deux nouvelles observations. Dans l’une d’elles, le goître exophtalmique et la psychose, la mélancolie, se sont déclarées simultanément, et le mal nerveux a donné une em-

preinte particulière au trouble mental.

AUSTIN (Thèse de Lyon, 1897), pense qu'il existe une relation de cause à effet entre le bon fonctionnement de la glande thyroïde et les facultés psychiques. Les troubles mentaux dans le goître exophtalmique sont

d'origine thyroïdienne. Il publie une observation où les

troubles mélancoliques et physiques, ont guéri par l’énu-

cléation d’une poche kystique du corps thyroïde.

Devay (Archives de Neurologie, déc. 1897, p. 491), public une observation de maladie de on: com-

pliquée de mélancolie qui fut guérie par le HAlemEnt thyroidien. | À s

RAYMOND (Journal de médecine interne, 1902), pu-

blie un nouveau cas de maladie de Basedow chez une

héréditaire dégénérée, ce qui vient à l'appui de sa théo-

k rie sur les rapports du goître exophtalmique et des | vésanies. | de Le

TRAUBMANN (Thèse Paris, 1903), admet que la maladie de Basedow, crée les troubles mentaux dans cer-

"ais: cas, etl'qu il n'existe qu'une Fe association

dans les autres.

DroMaARD et LevAssonrT (Archives de Neurologie, jan-, vier, 1906), admettent la dégénérescence comme cause

commune de la maladie de Basedow et des troubles mentaux.

Parrnon et MarBe (Encéphale, 1906, p. 459), rappor-

tent l’observation de deux basedowiennes avec trou-

bles psychiques caractérisés par du délire onirique, et admettent que cette dernière est capable par ellemême de produire les troubles mentaux.

LAIGNEL-LAVASTINE (« Des troubles psychiques par

perturbation des glandes à sécrétion interne ». Congrès des aliénistes el neurologistes, août 1908). Après

Jr) RÉ ANS: OR

avoir passé en revue les psychoses observées dans les syndromes d’excitation thyroïdienne, conclut que les

troubles psychiques de la maladie de Basedow sont

d’origine thyroïdienne et que certaines -de leurs. psÿchoses sont toxi- thyroïdiennes.

MM. MAGNAN et ne (Bulletin de la Société clinique de médecine mentale, janvier 1909), citent le

Cas d’une basedowienne avec délire panophobique, hal- à

\ lucinations visuelles, relevant des. babitudes alcooliques de la malade.

CARRIER (Encéphale, 1908, p. 386), publie deux ob-

servations nouvelles : la première à trait à un malade

dont le goître exophtalmique a apparu à 16 ans et les troubles mentaux à 26 ans. Les symptômes mentaux

ont évolué pendant six mois, mais ont disparu progres-

‘sivement, sans apporter une modification appréciable

à la maladie de Basedow. La seconde est celle d'un} malade atteint d'hallucinations de l’ouie ävec idées de

persécution et troubles de la sensibilité générale. Les troubles mentaux et les hallucinations ont complète-

ment disparu après quatre mois d’internement. À ce moment, on constate une légère diminution du corps

thyroïde, mais les autres symptômes basedowiens persistent : la tachycardie est encore de 140.

I ressort de cet historique que les avis sont très partagés sur la pathogénie des troubles mentaux ob-

servés chez certains malades atteints de goître exophtalmique.

On peut PA en Hoi catégories les opinions qui ont été émises à ce sujet :

Pour certains auteurs, les troubles psychiques et la

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maladie de Basedow n’ont aucun rapport entre eux ; ils lui sont simplement associés et cette association n’est jamais que lé fait du hasard. Ces troubles psychiques doivent être rattachés soit à des névroses marchant de pair avec le goître exophtalmique, soit à ‘des causes prédisposantes que l’on retrouvera dans l'hérédité.

Pour d’autres, la dégénérescence mentale héréditaire est le terrain sur lequel viendraient à la fois se greffer psychoses et goître exophtalmique.

Enfin, pour les derniers, les troubles psychiques doivent être rattachés à la maladie de Basedow it sont sous sa dépendance immédiate. Le goître exophtalmique crée l’aliénation mentale de toutes pièces et on n’en peut trouver ailleurs la cause déterminante.

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