LES DEUX DANSEURS CHANTENT AVEC LE CHŒUR
Si s^en entra la bêle en un <^ardin.
Li rousegnols un sonet li a dit :
« Pucele, amés,-joie ares et délit ».
La pucele bien l'entent,
Et molt debonairement
Li respont et sans orguel :
« Sans amour ne sui je mie,
Ce tesmoiernent mi oel.
Bon jour ait ki mon cuer a,
N'est pas od moi ! »
Pleiist Dieu ki aine ne menti Que li miens amis fust or ci
A séjour !
Si j'avoie une nuit s'amour, Bien vauroie morir au jour !
Enfin, au nombre de ces scénarios de balerie, il faut mettre une pièce, le Jeu du guetteur, dont je dirai quelques mots en parlant des chansons d'aube.
Ces jeux seigneuriaux, ces divertissements qui furent pour les grandes personnes, rappellent de très près les danses enfantines d'aujourd'hui : ils portent en eux leur jeunesse et cette jeunesse, c'est celle du tempérament national^ celle du génie français.
Ce paragraphe n'a point la prétention de retracer l'histoire de la danse au xiii" siècle, mais simplement d'indiquer ce que nous en savons. C'est peu à la vérité, mais il est fort à craindre que, présentement, ce ne soit tout.