‹ Trouvères et troubadoursChapitre 15 sur 86 · J IJ JlJ · texte numérisé non relu

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Ka len da ma

ya Ni fuelhâ de fa

- ya Ni chanz d'au zelh ni îlors de g-la

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es quem pla ya, ..Pros dom na g-ua ya, Tro

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qu'un ys nelh meâ sai g-ier a

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bol cors, quem re tra ya, Pîa zer no velh qu'A-

mors m'a tra ya, E ja ya Em tra ya Vas

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VOS, dom na ve ra

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pla ya L'g-e.los, ans quem n'es tra

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Ma belh' amia, Per Dieu no sia Que jal gelos de mon dan ria ; Que car vendria Sa gelozia Si aitals dos amans partia ; Qu'ieu ja joyos mais no séria Ni joys ses vos pro nom tenria ; Tal via Faria Qu'om ja mais nom veiria.

Selh dia Morria, Donna pros, qu'ieus perdria.

Quo m'er perduda Ni m'er renduda Dona, s'enans non l'ai aguda ?

Que drutz ni druda Non es per cuda ; Mas quant amans en drut se muda, L'onors es grans queylh n'es creguda.

El belh semblans fai far tal bruda ; Que nuda Tenguda Nous ai ni d'als vencuda ; Volguda Crezuda Vos ai ses autr' ajuda^

I . I. — Ni le premier jour de mai, ni la [première] feuille du

Voilà donc l'histoire : ce qu'il faut retenir au point de vue musicologique, c'est que les paroles de la pièce Kalenda maia furent composées par Rambaut de Vaqueiras pour être adaptées sur une mélodie instrumentale.

B. On dansait aux chansons. — Cette forme d'art réunissait trois éléments : la musique, la poésie et la danse. Elle mettait en présence un protagoniste, celui qui chante avant ^ homme ou femme, et un chœur. Cette complexité demandait un certain ordre pour ne pas aboutir à la confusion. Il fallait que le rôle de chacun fût éta-

hètre, ni les chants des oiseaux, ni la fleur du glaïeul ne peuvent me réjouir, dame noble et belle, tant que je ne verrai pas arriver un messager rapide, venu de votre part, m'apportant des nouvelles réconfortantes pour mon amour, tant que je n'aurai pas été prosterné à vos pieds (?), et que je n'aurai pas vu, avant de vous quitter, le jaloux tomber, foudroyé par la colère.

II. — Ma belle amie, veuille Dieu ne pas permettre que le jaloux se réjouisse de mon dommage; sa jalousie pourrait lui coûter cher (?) si elle réussissait à séparer deux amants comme vous et moi. Jamais plus je ne connaîtrais la joie ; du moins aucune joie, sans vous, ne me serait douce : je m'éloignerais, nul ne me verrait plus ; ou plutôt, noble dame, je mourrais ce jour-là môme où je vous aurais perdue.

III. — Mais comment pourrais-je perdre, comment pourrais-je recouvrer une dame, qui n'aurait jamais été mienne ? Ce n'est pas en imagination que Ton peut être amant et amante ; quand un amoureux conquiert ce titre, c'est pour lui grand honneur. La gracieuse façon dont vous m'accueillîtes a pu faire croire que je l'avais mérité... ; mais il n'en est rien : je vous ai cherchée et voulue, sans jamais obtenir votre grâce (Traduction de M. Jeanroy).

LES GENRES LYRIQUES Sg

bli, que la part du soliste et la part du chœur, — celle-ci moindre et plus simple que la première, — fussent déterminées.

M. Jeanroy a donc eu raison de croire que la destination première des genres à formes fixes a été d'accompagner la danse. C'est au xiii^ siècle que nous les voyons apparaître ; deux surtout, la balade et le rondeau^ sont en faveur, mais au siècle suivant les formes poétiques et musicales seront astreintes à des règles de plus en plus précises et, de même, le nombre de ces genres à forme fixe va en s'accroissant : Guillaume de Machaut sait les manier avec une virtuosité surprenante.

A côté de ces danses qui ne sont que des danses, des recherches récentes ont établi l'existence de danses mimées, développement gracieux d'un petit drame à personnages chantant et évoluant : nous les appellerons, comme au moyen âge, des baleries. Ici pourtant nous ne retrouvons plus la fixité de la forme : elle est exclue par l'action dramatique. J'ai dit balades, rondeaux et baleries : ces expressions demandent à être précisées.

a) Au temps où nous sommes, au milieu et peut-être à la fin du xiif siècle, la balade ne s'astreint point encore à une régularité de structure aussi rigoureuse qu'à l'âge suivant. Les

6o TROUVÈRES ET TROUBADOURS

spécimens qui nous ont été conservés de Tâge des troubadours admettent bien des licences. J'en retiendrai un exemple, la célèbre balade A Ventrada du chansonnier Saint -Germain-des- Prés. Cette chanson à danser a été faite dans une forme très ancienne et très simple : elle est composée de strophes monorimes, chantées par un soliste, que suivait un refrain repris par le chœur. En outre, il semble bien que l'exclamation Etja qui s'intercale entre chaque vers de la strophe appartenait également au chœur : mais ceci est exceptionnel. Il serait regrettable de n'en point donner le texte ici \

Vif. LE SOLISTE.

LE CHŒUR

A l'eD tra da del temsclar LE SOLISTE.

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LE CHŒUR

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Per jo ia re eo nieD çar LE SOLISTE.

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I. Cette ravissante balade a été publiée une fois déjà dans ma brochure intitulée La chanson populaire dans les textes musicaux du moyen âge. (Paris, Champion, igoS.) Les divergences de transcription qu'on pourra remarquer sont le résultat de recherches nouvelles que nous avons faites et de conclusions auxquelles nous sommes depuis parvenu.

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