I. I. — Au retoui' du temps clair, pour rccommencor à ètro
Somme toute, si nous examinons les quelques types anciens de bcdades qui nous ont été conservés, on verra que la présence du refrain en est la caractéristique ordinaire : c'était la partie dévolue au chœur.
h) lue rondeau, dont la fortune fut grande dès le XIII® siècle, semble avoir eu son prototype dans les poésies latines du même temps, où cette forme abonde réellement. Mais, tandis que les rondeaux latins sont des pièces composées ordinairement de plusieurs strophes, le rondeau en langue vulgaire n'en a qu'une, c'est le rondel sengle des auteurs d'arts poétiques et, au XIV® siècle seulement, nous trouverons des rondeaux français développés plus longuement.
Voici quelle est la charpente du rondeau au temps des trouvères lyriques. L'élément générateur en est un refrain de deux vers. Ce distique appartient à la poésie popularisée, c'est une phrase familière, une sentence ; véritable passepartout poétique, nous retrouvons parfois un
en joie et pour irriter les jaloux, la reine veut montrer qu'elle est très amoureuse. Fuyez loin, très loin, jaloux, laisseznous, laissez-nous danser entre nous, entre nous !
II. — Elle a fait partout savoir que d'ici jusqu'à la mer il ne doit être jeune fille ou jeune garçon qui ne vienne danser en la danse joyeuse. Fuyez loin, etc.
m. — Mais le roi vient d'autre part, il vient pour troubler la danse, car il est en grande crainte qu'on ne lui veuille enlever la reine d'avril. Fuyez loin, etc.
même refrain non seulement dans les rondeaux, mais encore dans les motets, dans les pastourelles, dans les chansons. Le rondeau est le développement de l'idée contenue dans le refrain initial. Je désigne par AB les deux vers de ce refrain. Le rondeau se continue par un vers «, qui est appareillé par la rime au premier vers du refrain. Le vers A succède à a^ puis le rondeau se poursuit par deux vers nouveaux, a et 6, qui reproduisent la mesure et les rimes du début. Enfin la pièce se termine par la reprise du refrain. Je mets ces éléments bout à bout et nous avons une petite pièce de huit vers, ainsi formée :
ABa Aa^AB
On voit de suite quelle peut être l'interprétation de ce rondeau. Elle se répartit entre un personnage principal, le meneur du jeu, le conducteur de la danse, celui qui chante avant, peu importe, et le chœur. Le protagoniste chante toute la pièce ; le chœur répond en chantant les vers du refrain, au début, dans la partie centrale et à la fin de la chanson. Un exemple, pris entre mille, nous montrera comment dans la réalité on exécutait un rondeau ^
I. Ce rondeau est pris au ms. 264, foL 181, de la Bibliothèque Bodléienne, à Oxford.
Modère.
i^fj' J\^
En. si
qui
a mours
De - maine
son com.mant.
qui que
soit do lours.
En
qui
ji.jjji.i jij^
mours, As mau vais
est lan.g'ours Nos biens;
mais
non por .quant. En si
1^ .1 Jl'l
J JIJ. Il
qui
De .maine a
son com-mant .
Je signale en passant l'intérêt que présente le rondeau du moyen âge, dont l'évolution se fait régulièrement, de siècle en siècle, pour l'intelligence dans la musique classique de la forme du rojido^ qui est l'aboutissant logique du type primitif.
c) Une connaissance approfondie de notre littérature médiévale et une singulière faculté de pénétration ont permis à M. Joseph Bédier, professeur au Collège de France, où il a succédé à Gaston Paris, de proposer une forme nouvelle et heureuse d'interprétation pour un certain
nombre de chansons à danser qui restent inintelligibles, si on les suppose simplement chantées par le coryphée ou par le chœur. Je suis désormais uniquement l'article sur Les plus anciennes danses françaises^ publié par M. J. Bédier, dans la. Reçue des Deux Mondes, en 1906 ^ « Prêtez-les à des personnages de ballet dansant au milieu de la carole, ces fragments de chansons à danser s'animeront d'un mouvement plus expressif. Plusieurs de ces textes montrent que les danseurs ne se tiennent pas par les mains, comme dans la carole ordinaire, ce qui immobiliserait leurs bras, mais que, comme le dit joliment l'auteur de Guillaume de Dole, « ils dansent et chantent des bras et des mains ». Certains fragments nous invitent à imaginer non pas « deux groupes », deux chœurs alternans, mais deux ou trois danseurs qui miment une scène ». Et, partant de cette idée, M. Bédier, qui glane çà et là dans les textes lyriques, aidé de ses souvenirs, arrive à reconstituer quelques scénarios de danse qui ont pu vraisemblablement être exécutés dans les réunions des châteaux, où, les jours de pluie et les soirs d'hiver, les heures passaient lentement: chaque société a eu ses divertissements. Ces petites scènes de halerie cons-