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Troyes et ses environs

Ce ne sont pas les nMNiographies qui manquent à Troyes. H y en a sons toutes les formes et dàns tou$. les formats.

La topographie, les institulioiis, la voirie, les aw^umeiits, ke honmes célèbres, les vieilles coutumes, les grands faits historiques ont fourni des suida ooiiibreux, les uns effleurés, les autres rainu- , tieusement étudiés.

^ 11 n'est presque pas de côtés par lesquels des écri**» vains ne soient entrés, plus ou moins, dans le passé ^ 4e la ville. Les cours d'eau, les remparts, les mes,

les vieilles: maisons, les établissements de toute naiure ont lourai aussi les éléments de travaux particuliers. Eux-mêmes, les chiffres, ont trouTé des historiographes sous la forme de dépenses somptuaires, militaires on de bâtisse. Il ne reste guère maintenant à faire qu^une HUioire d'ensemble, travail difficile, il est vrai, rendu plus difficile encore par la valeur des travaux qui Tout préparé*

Cette histoire sera la bien venue, si elle est bien faite, si Térudition, la patience, la méthode et le style s'y montrent , et si surtout les notes et les pièces justificatives ne Tencombrent pas.

En attendant, il n'existe rien qui résume le passé et le présent de Troyes, et réunisse les éléments de son histoire épai s sous bmi de formes dans iaui de publications. C'est la modeste tâche de combler

cette lacune que uous avons entreprise.

Le lecteur nous tiendra compte des nécessités résultant de la concision rigoureuse imposée à des ouvrages du genre de celui-ci, car, à c6té de l'obligatiou d'être rapide et bref au point de mentionner souvent sans pouvoir expUquer, s'élève le danger de trop sacrifier.

Abstraction faîte des nomenclatures et des cadres réclamés par quelques parties de Touvrage , nous avons pris Troyes^Sttr le fnfen Fétudiant de quartier

à quartier, de rue à rue. C'était le seul moyen d'atténuer la scclictcssc à lac^iiclie certains détails eussent été condamnés, et de signaler des choses qui,

sans ce procédé, n'eussent pu trouver de place.

Le public et la critique qui nous ont habitué à

une bienveillance si soutenue, quelle qu'ait été la direction de nos trairaux, jugeront si le but a été atteint.

La multiplicité des ouvrages consultés ne nous a pas permis d'indiquer successivement toutes nos autorités, mais nous ne nous croyons pas dispensé de citer ici les noms de MM. Corrard de Breban, d' Artois de JuLainville, Harmand, Vallet de Viriville et Deniel, qui, par des notes ou par leur3 ouvrages, ont particulièrement facilité notre travail. L'ouvrage de M. F. Arnaud {Voyage Archéologique); celui de Gourtalon {Topographie historique)^ les Mémoires et les Ephemerides de F. Grosley, et quelques autres publications, sans parler des documents manuscrits ou inédits, nous ont également lbiu:ni de nombreux renseignements.

mOYES ET SES ENVIRONS.

Bien avant la conquête défi Gaules par Jules-Gésar, noyés était d^à le eentre de l'ancien Civiias FWeof-

Hum dont parlent les géographes et les liibloriens romains.

M«»y comme la plupart des villes gauloises, Troyes était plutôt un point militaire et un lieu de refuge qu'une ville selon les habitudes modernes. Le moindre village occupe assurément plus de place que Taucien Ùpfidum ou CM des premiers habitants. Ën effet, la cité se composait d'un carré fortifié, inscrit entre deux petits cours d'eau aujourd'hui confondus avec les deux dérivations 4e la Seine, dont le canal de la Haute-Seine, eeltti dee Trévois, le ru de Meldançon et le ru Gordé sont les principales branches.

On eOtoie l'ancien Troyes de la période galloromaine, en partant de Taa^e droit de la rue de la Oité Bat le quai, en suivant le mur de la terrasse de THospice, les rues du Vert-GLiIant, du Ponl-Rogaon, du Bon-Pasteur, de la Pierre-d 'Amour, des Godets; en inversant la rue de la Cité pour prendre les rues du 9etiUCl#ttre^int41erre et de Holéme. Arrivé là, en

remontant le cours d'eau qui borde Tancien jardin de la Santé, aigourd'bui la Recette Générale, on trouve, à

rextrémité de la place de la Tour, le ru Cordé, puis le canal qui permet de remonter jusqu'au point de départ.

Des débris de maçonneries gallo-romaines, seméa presque géométriquement le long de ce parcours, jalonnent 1 ancien Oppidum.

De très-nombreuses découvertes sur les points les plus éloignés de la ville actuelle, particulièrement dans le Quartier-Bas, ont permis d'établir authentiquement ce qui n'était qu'une conjecture.

Aux abords de la Cité se trouvaient de nombreux établissements, des malsons Importantes où Ton a constaté la présence de restes considérables de mosaïques et de peintures à fresque, de poteries de belles formes, de divers échantillons de la céramique gallo-romaine.

Ces habitations, en groupes ou Isolées, répondent assez exactement à la constitution capricieuse des villages moitié agricoles, moitié industriels de certaines contrées.

Lorsque les comtes féodaux de Champagne et de Brie furent en possession de Troyes, iis développèrent les clôtures défensives de l'ancienne Cité à peu près jusqu'où elles se trouvaient au xri* siècle, lorsque l'invasion de Charles-Quint provoqua de toutes parts un redoublement de mesures militaires.

L'ensemble des fortifications imposantes dont la Seine et la Vienne baignaient le pied a successivement dls^ paru. C'est de 4830 surtout que date le début de sa destruction» Jusque-là la vieille cité féodale avait impunément traversé les siècles ; elle offiraît, vivante et

palpabie, Thistoire de son passé. Chaque pierre était pour ainsi dire un témoin et une caution.

Aujourd'hui, en suivant dans tous ses développements le grand bras de la Seine qui, de la porte Groncels, coule vers ies Tanneries et le port, et du déversoir du 6oulh*e, porte ses eaux à travers les Charmilles, Gournay. Chaillouet, les prolongements des Tauxelles, on côtoie les anciennes contrescarpes. Si de l'£ciuse on suit les boulevards de la ville jusqu'à la porte de Croncels, on marche le long des anciens murs détruits ou enfouis, comme les restes de la porte de Paris et . du fort Belin ; on passe en ilice de ce qui fut le fort Chevreuse, le boulevard de Tlsle, la porte Saint-Jacques, le Ra\ t lin, la porte de Belfroy, la Tour-Baleau et la porte de Uroncels.

Mais nous aurons à revenir sur ce siiyet, rentrons dans le cadre de Thistoire.

Les empereurs Julien , Adrien , Antonio et Marc- Aurèle vinrent à Troyes, où ils passèrent pendant leur règne ; c'est de leur temps que datent la plupart des vestiges retrouvés aux environs de la Cité.

Dès le iv® siècle, ce fléau de la décadence romaine, qu'on appelle l'invasion des Barbares, frappa la ville. Les Germains d'abord, puis après eux, au v« siècle, les Huns et les Vandales se montrèrent aux yeux épouvantés de la population.

Tout le monde sait que le fameux Attila, battu dans les champs catalauniques (entre Tioycs et Ghâlons), se replia sur Troyes, qu'il n'épargna que sur les instances de révéque saint Loup.

Le premier roi des Francs, Glovis, a donné k un coin

obscur du territoire de Troyes une Miommée bMo*

rique. Ce fat à Villery, village voisin de Troyes, qu'il vint recevoir Clotilde, fillo du roi de Bourgogne. '

; Jusqu'à Pépin-le-Bref, l'histoire de la ville se eon** fbnd dans Thistoire générale. Rien de bien important à constater pendant Téc roulement de la puissance romaine dans les Gaules ; ce ^i s'y produisit n'est guère que du domaine de la géographie politique : les fàlts spéciaux sont rares. A Troyes, comme dans toutes les contrées où ils se rencontrèrent, les soldats de Syagrîus et cent de Glovis ravagèrent le pays; mais Im de la fameuse intaston sartazine ûvt Tfit« dièck, la présence des Maures fut (épargnée aux habitants, car sur le territoire sénonais commencèrent la dé£ute et la retraite des envahisseurs.

Les incursions normandes, les compétitions, avantcoureurs du démembrement féodal, se traduisent aussi par des désastres, des contributions, des piUages et des bèendies.

En Charics-le-Chauve entre solennellement à Troyes, et y ttàt de nombreuses largesses. 878 est la date d'un concile tenu à Troyes par le pape Jean VIII. km xe 6ièe)«, Rohm de Vermandois, aprèsi ivoir battu Tévêque Anségise, qui voulait s'emparer de la ville, pose les fondements de sa dynastie. Comme nous l'avons déjà dit ailleurs, • tous les genres Ae télëbfitfi flrti* » vèreni à Troyes, sous le gouvernement de ses comtes, » et particulièrement de Henri 1er et de? Tbîhault. t

Sous lètir tiègne habile et fécond, Troyes s'agittndtt, s'améliora, devint une ville importante et riche, dont la renommée s'étendit dans toute l'Europe et jusqu'en

OrienU Sao» leiir impulsion, l'induâtrie prit un essor inconnu; les foires de Troyes, plus que toutes ceilei de Champagne, attirèrent des marchands du fbnd des contrées les plus éloignées. C'est à cette période glorieuse et prospère que remonte, sinon rétablissement «ompiet de la distribution des etux 4e IVojes, nu moins la création des dérivations les plus utiles à Tindnstrie. Les églises, les hôpitaux^ les couvents, ces asiles de la science au moyen-flge, «'Avèrent de toutes parts, témoignant do l'intelligence et des Ubéndilés de leurs fondateurs. On jugera de l'étendue des ressources et des générosités du comte Henri par un seul détail. Il fonda et enrichit treize églises coUégialest treize hôpitaux, et une foule d'établissements religieux.

Pendant plus de trois cents ans, Troyes, capitale du comté de Champagne, ût envie aux plus grandes villes deFmaee; mais àia fin^u xiii« siècle, lonque Jeanne, la dernière comtesse de Champagne, eut épousé PWyppe-le-Bel (42S4), commença une période de décaidênce, inévitable d'aiUeuirs, car Tancienne capitale du oomié, n'étant plus que la principale ville d'une province, avait perdu les avantages et les privilèges qui avaient créé sa prospérité.

Bn IISO, la morti à l^yes, du eomte Henri i^; un grand incendie, en Ilg8; un siècle plus iard, l'établissement des Xjlrands Jours de Troyes, et pendant la d^ée-du xui^ siècle, la fondation de la cathédrale «ctaeUe el de la collégiale de Saiait-lJrbain soat les points culminants delachronique dcTVoyes. Tare 45^6, Troyes fut assiégé par l'armée des grands vassaux, dont Ikitait IV avait dés^ le ^rti pour soutenir k cause

dé Louis IX. Le sire de Joiovilie repoussa les jassiégéants.

Au xiT« siècle, c'est la guerre anglaise qui fournit les

éléments de l'histoire locale. C'est le drame militaire qui a la parole. Toutes les misères de l'occupation armée tombent sur les environs, si elles sont épargnées aux villes fermées et bien défendues. L'évéque Henri de Poitiers bat les Anglais aux portes de Nogent {\ 359) et près de Saint-Just, après les avoir repoussés de Troyes; mais la ville n'en fournit pas moins, en qualité de bonne tnlle (il y avait 49 bonnes villes), des 6ta- ■ges à l'Angleterre pour la rançon du roi Jean. Outre les malheurs engendrés par la guerre et par le brigandage qui lui fàit cortège, Troyes voit se continuer la ruine des foires qui a\ aient fait sa fortune. L'interdiction prononcée par Louis-lc>Hutia à l'eucoutre des mar- ' cbands Flamands, Génois et Provençaux, avait été un premier coup, les circonstances firent le reste. Notons, en 137c>, une peste qui eni^endra une î?randc mortalité.

Au xv« siècle, Troyes est momentanément le siège du gouvernement. Gbarles YI et la reine Isabeau de Bavière y installent la Cour et le Parlement, en 4447, de concert avec le roi d'Angleterre, Henri V. C'est à Troyes, le 24 mai 4420, qu'est signé le honteux traité connu dans l'histoire sous le nom de Traité de Troyes. Par cet acte, la reine Isabeau, dominant et dirigeant l'esprit ailaibli du malheureux Charles YJ, donne la Vrance aux Anglais, sous la réserve d'un usufruit. Après Charles YI, ce n'est pas Charles YII, le Dauphin, qui doit régner, ce sont Henri Yet ses successeurs. La France n'est plus qu'une province augl^se. Kien ne manque

aux mesures prises pour dénatioDaliser le pays. A Troyes, 4)500 notables sont forcés de Jurer fidélité et ■ obéissance au roi d'Angleterre; à Paris, les bourgeois et les trois Etats accepteut le traité de 1420 comme une loi de TEtat. Il semble que tout soit consommé, car la plupart des pairs et des grands seigneurs du royaume ont fait comme le duc de Bourgogne, l'un des instigateurs de cette trahison, ils se sont ligués contre le Dauphin et ont déserté la cause de la nation. Mais la résistance et les protestations germent dans tous les esprits. Malgré la présence des agents et des soldais de l'Angleterre, le sentiment national s'élève hautement contre le Traité de Trayes^ même et surtout dans les Etats du duc de Bourgogne. Et lorsque Jeanne d'Arc, la noble paysanne champenoise, subissant la divine et patriotique inspiration qui lui fait abandonner Domremy, va trouver le Dauphin, Tesprit et le ooBur de la France sont avec elle. Troyes, où s'était médité et signé le -traité, est Tune des premières villes qui s'ouvrent devant Charles VII allant à Reims y chercher la couronne et l'onction qui le sacre roi de la France française. C'est le 7 juillet -1429, malgré la garnison anglo-bourguignonne qui Toccupe et Tanglais Salisbury qui' y gouverne» que la ville se rend à Jeanne d'Arc. L'ins* pirateur de cette reddition patriotique est l'évêque Jean VIII Léguisé, digne successeur de cet Henri de Poitiers, qui trois fois s'était d'évéque improvisé général pour repousser Fennemi.

AumomentoùlerrazY^ «/crroy^* était devenu définitif entre les contractants, le 2 Juin 1420, Henri 1er, d'Angleterre, épousa, dans l'église Saint-Jean de Troyes,

Catherine de France, fille de Charles YI et d'Isabeau, croyant ainsi consolider un acte que devait bientôt déchirer ïépée de la Fucelle. Le lendemaiiii la Goor de ffliarlea VI et les troupes avaient quitté la ville.

En f î33, les Troyens, qui tiennent pour le roi et répudient tout ce qui vient de l'Angleterre, déclarent Phi- I^ipe-le-Bon, dnc de fioursogne, ennemi de la ville, en aesemblée générale. Gette manU^eetatfon du 44 juin est suivie, le 4 juillet, de l'arrivée du duc et de son armée sous les murs de Troyes. Heureusement la ville est bien fsrtiflée et bien armée, et sur ses murailles se montent de nombreux défenseurs. Le suifendemain, Philippe, craignant un échec, lève le siège et s'éloigne.

Peu de temps après, la population fut décimée par mie peste. Sous le tègae de Louis Kl (4470), la eemmune deTroyes, affranchie par Thibault IV en -1230, vit s'étendre le cercle des pouvoirs municipaux.

lie 4 1 mal UUê^ le roi Charles ViU entre solemiellemewà k Trttyes, au milieu âVm déploiement d'ellégCk ries, de décorations, de troupCi> de jeunes filles, et d'un ecrtége dont les merveilles laissent bien loin en arrière les eoleonités ûOeieUes modernes. Louis XII fait aussi $Qa entrée dans la capitale champenoise, et la popular tîon lui offre une coupe d'argent pesant 40 livres, et mU)erii»aat mille iécus au ^soleil, frappés à 4sette ocea-

La peste qui éclatait presque périodiquement dans les villes, au mo^^cn-âge, ravage Troyes avec une vio- AsuGS inouïe, en 4548; raouée suivante, de peur d'un retour du fléau, b poliee Mi brtier tous les meaUes

et tous les hâl>it^ à l'us^j^e des iiabitants.

Bm 4524^ î»\B man» f raaçois i» Tient à Tctyeapltt- Mt eomiDe général que eomiie souvefsin en tcmrnét;

M s'agissait de mettre ia ville en défense ; en 4523, une compagnie de l'arquebuse a'étdïlit, et la Tifle déploie tout^i ses raKOurees pour résister à GharleM)ainty qni a envahi la Champagne ; elle s'approvisionne de munitions, de prejectiles, lorsqu'un événement, plus terrible que les conséquences matériellee d'un siège, vient jelet la p^^pulstum dans la stupenr. Un incendie édate sur plusieurs points à la fois. Sa date est marquée en chî^ fres ineUaçablea dans i'bistoire du pays. C'est le 25 mai 48^4. Tontrespace occupé par vmgl-âenx mes^ les plus riches de la ville, est couvert de décombres et de ruines. Trois mille constructions sont la proie des ftUBBies; 801 édifices, églises et du^lies, sent graEver ment endommagés on détroits.

Malgré ce sinistre, les Troyens ne perdent pas coarage; ils rebâtissent les maisons, veillent aux murailles, dégagent les aborda de la place en prescrivant la démolition et la destruction de tout ce qui est bâti ou planté à 400 toises de la contrescarpe des fossés. C'est de 45» a 4540 qu'on édiâe le boulevard de la Tour- Baleau, remplacé auîourd'hui par la caserne d'infont»ric. Saccessivement, quatre nouveaux boulevards sïlèvent, à la porte Saint-Ântoinc, à la porte de la Madeleine, entre les Gordeliers et le Joli-Saut, enfin au poot de Riolensa. Henri II, préoccupé cMnme son père François de la défense du pays, vient à Troyes en

Après les dangers de la guerre étrangère, la guerre

des idées et des croyances éclate à Troyes. Essentielle-

ment religieuse et catholique, la population résiste à l'invasion du protestantisme, et repousse les luthériens

et les calvinistes, qui sont secrètement soutenus par révêque Caracciole, puis ouvertement par ce prélat qui donne, en 4564, le spectacle inouï d'une apostasie.

A partir de cette époque, les agitations et les troubles religieux grandissent en intensité. En 4562, on se bat dans les rues, aux abords des endroits où les protestants avaient brisé des images de samta, sans parler des luttes extérieures et des attaques & main armée.

La Ligue ue pouvait manquer d'adhérents dans une ville depuis longtemps cléricale et monastique, où les ^ protestants étaient au ban de l'opinion et exclus des charges publiques. Troyes fat la première ville de France où l'on signa le traité d'association appelé la taimte lAgue, La Champagne et la Brie, gouvernées par Vmri de Lorraine, duc de Guise, suivirent l'exemple. Les signataires s'engageaient par serment, « à sacrifier i leurs biens et leur vie à la défense de la religion ca* » tholique, envers et contre tous, excepté contre le roi,

la famille royale et les princes ses alliés. »

A peu près secrète entre les engagés, individuelle surtout, et limitée à la Champagne, l'association àtlalAgue ne se répandit au dehors qu'après 4576. On comprend dès lors que la Saint-Barthéiemy dut avoir un écho à Troyes. 4572 est une date sanglante qu'il faudrait pou* voir effacer partout, car si les causes immédiates des massacres de Paris peuvent être discutées, leurs causes générales et l'identité de leurs victimes ne sauraient l'être. Avant de noter les Mts dont Troyes fut le thé&tre en cette année 4 572, il fiiut signaler l'entrée, en 4 564 , de

Charles IX et de Catherine de Médicis, qui iùrent reçus

en grande pompe par les liabitants, puis les mouvements militaires opérés dans la banlieue par les armées du prince de Gondé et de Charles IX (4^68) ; eufin le cautionnement et le paiement parla villedeplnsd'ûn million de livres tournois, au profit du fine Casimir, en l'acquit du roi pour l'évacuation des armées du duc (^568). Ce fait, qui prouve l'importance des ressources deTroyes et sa bonne renommée, fût le résultat de la demande formelle du duc Casimir, qui préféra, à la garantie du duc de Lorraine et à celle des banquiers allemands, rengagement des bourgeois de Troyes.

• Le massacre des Huguenots avait eu de nombreux avant-coureurs, sans parler des luttes individuelles et collectives, et de la Franc-maçonnerie de la Ligue. En 4568, le rôle des Huguenots rivait été dressé; leurs réunions étaient prohibées, à peine de destruction des maisons où elles seraient tenues. Quelques jours après, les associés à la Ligue j uraient publiquement la ruine et l'ex* termiaation des hérétiques. Du 27 août au 2 septembre, plusieurs protestants furent massacrés dans les rues et dans les prisons de la yille, situées alors dans Tancien chftteau de la Tow. De particulière qu'elle était jusquelà, la Ligue devint officielle. Le duc de Guise décida la municipalité, qui prit ofUciellement parti pour Tassociation, et s'engagea à fournir des hommes et des che* vaux (t577). Alors les persécutions redoublent de rigueur, après quelques hésitations et des scrupules du eorps de ville dissipés par le duc de Guise. Les particuliers riches lèvent des troupes pour tenir garnison au nom de l'association; le corps de ville décide l'expul-

mn atoalue desr Huguenots ; \^ arre^tatiojQs 8q suceàdflnt» puis> par un dc) oes retours aubils. que les lutles de parti engendrent si souvent, Taffitiation se discrédite 4U point de fa^re repausser le caidiaal de Guise. Mai3 hi due de Mayenne paraît ipelque temps après et entre miUtaipemenl en ville. L'agitation et les oonspiraUons se multiplient. Les Ligueurs reprennent hautement l'avantage. Le comte de Saint-Poly lieutenant-général pour kt Ligue, vient organiser la résistance à FavènemenI d'Henri IV (4590). Les fortifications sont retenues^ les abords de la ville dégagés sur un rayon inusité et à des distances considérables» au moyen de la plocbe et de }«s baohe; toute la population esl mise sur un pied militaire; les boutiques et les ateliers sont fermés; on élève de nouveaux travaux défeisu^il^ autour de renceinte.

clergé Ittî^m^me p^ de sa personne aprëe avoir ps^é de ses ressources son tribut h la Ligue.

C'est sur ces entrefaites que, le 47 septembre 4796, d'accord avec les royalistes et les politiques, Bustacbe

de Mesgrigny essaie de placer par surprise la ville de Troyea sous l'autorité d'Henri IV. Après avoir escaladé les murailles pendant la nuit, ses troupes sont battues eur tous les points ati milieu des barricades élevées à la hâte par les habitants, et contraintes de s*enfuir en laissant environ mille des leurs tués, blessés et prisonnler& Cette journée, pendant laquelle les religieux el notamment les chanoines de Saint-Etienne se battirent bravement, s'appelle la journée de saint Lambert y à cause du vocable de la date. Des émeutes et un redoublement de rigueurs fùrent la conséquence de cette Ifiitative. Plusieurs personnes s'enfuirent clandestine-

ment, et le comte de Saint-Pol continua à agir militairement à Troyes«t dan» les environs. Quoiqn'il en soit, Ildée de TecottnaltFe Henri IV fàisalt son chemin mek gré les ligueurs passionnés, et le 5 avril 1594 la ville ouvrait ses portes au maréchal de Biron, commandant les troupes 4a roi, cantonnées an village deTorvilUeis. L'année suivante, Henri IV emtrait en personne dans la ville, qui déploya à celte occasion un grand cérémo* niai.

Un peu anpmvant, en 4586, une émente avait en* sangflanté les rues et amené des pillages. Ble avait en

pour motif un impôt sur les métiers.

Au commencement du xvu« siècle, Tordre des Jésuites devint la cause d*ane lutte passionnée qui se prolongea pendant ptèB de vingt ans. La ville de Troyes ol)tint enfin l'expulsion de ce corps célèbre en 4624. Bans les mêmes temps, la première 'Fronde agita et passionna la population. La ville prit un instant parti pour les princes, et mît son matériel de guerre à la disposition des Frondeurs. Un peu plus tard, en -1629, Louis XIII faisait son entrée àTtoyes, où il séjournait ; en 1^0, e'étaloift Louis XlV et Anne d'Autriche qui y étaient reçus. En ^1668, Louis XIV, en revcaaiil de la Franche-Comté, entrait de nouveau dans la ville.

Le xfVfi sièdeiùt marqué par une décadence inconnue jusque-là. La population, dont l'industrie ne se relevait point, avait considérablement diminué. L'appauvrissement de la ville et des maladies contagieuses avaient amené ce triste résultat.

Dans la première moitié du xviiie siècle, aucun fait important ne £ait relief à la chronique locale. Il n'y a

à mentionner, en -1744, que le passage de Louis XV; mais dans la seconde moitié viennent se placer les agitations et les sinistres .conséquences de la période terroriste. La Révolution de 4789 eut, à Troyes, un sanglant début. Le 3 septembre, le maire de la ville, M. Huez, accusé par une abomiaal)le clameur d'être complice de prétendus empoisonnements de farines amenées du dehors pour faire face aux besoins que multipliait la disette, souleva autour de lui la haine aveugle d'une populace ignorante et stupide. Vainement la fable de l'empoisonnement fut réduite à une décomposition résultant d'avaries; vainement le maire lui-même sévit contre ceux qui avaient vendu la marchandise avariée, les nombreux ennemis politiques que Tanthipatie de M. Huez, pour le nouveau courant de l'opinion, lui avait suscités, entretinrent et stimulèrent la calomnie* En plein tribunal de police, M. Huez fut saisi, renversé par une bande de misérables, foulé aux pieds, les yeux crevés, et traîné de rue en rue, une corde au cou, le malheureux maire fut abandonné expirant dans la rue du Giraetière-Saînt-Jean ; son cadavre fut relevé et porté à l'église. La preuve des inimitiés politiques qui avaient poussé la populace se trouve dans l'opposition des gardes nationaux de service à l*hôtel-de-ville , qui empêchèrent la troupe cantonnée aux abords de prêter secours à la victime. Dans le même temps on eut la preuve d'une conspiration qui tendait à l'assassinat de plusieurs nobles et de prêtres- Ucnergiques mesures durent être prises pour la sûreté des gens menacés.

L'assassinat du maire de Troyes fut puni d une ma-

nière éclataote : sur soixante dixrsept inculpés, cinq furent condamnés à périr snr la roue et par la corde, vingt-deux autres subirent diverses condamnations.

-4790 est marqué par les fêtes populaires qui se multipliaient sous l'influence des actes de la Constituante; 479d,par des incarcérations sous le prétexte d'incivisme cl (l'aristoc ratie. Des prisons furent improvisées pour loger les suspects ; Rousselin de Saint-Albin, commissaire de la République, frappa la ville d'une contribution de près de deux mîUions, laissa faire les pillards, fit dresser devant la cathédrale im échafaud permanent, ferma les églises, spécula sur les arrestations, et se rendit tellement odieux, qu'il dut s'enfuir en toute h&te après quelque temps d'administration. Traduit devant le tribunal révolutionnaire de Paris, il reçut en récompense de èes exploits la eourùnne civique I Son dénon-^ dateur AugusUn Guélon, courageux cito} en dont le ùom ne doit pas être oublié, fut arrêté; il devait monter àTé-^ chafaud le JourmémeoùtombaRobespierre. Laréaction de thermidor le sauva. C'est à cette funeste époque qu'appartiennent la destruction et le pillage des trésors de Saint-£tieune et de la cathédrale, riches au-delà de toute expression, en objets d'art et d'histoire, qui ont disparu pour la plus grande partie. Tous les genres de folies semblent avoir marqué l'époque terroriste. Les églises profanées devenaient des salles de clubs, des lieux de débauche; les citoyens, d'amis devenaient ennemis : tout était prétexte à suspicion, et si Troyes ne vit pas les scènes terribles qui ont marqué en lettres de sang le nom des Carrier, des Lebon et de quelques autres, il n'en paya * pas moins sop tribut aux échafouds de la Terreur. Plu-

sieurs habitants lionorabies, traînés d(nant le tribunal révolutionnaire de Paris, n'en sortir^ot que pour passer par .ks mains du boencaiL

L1ii«toi?e des assignats renouvelés «nr une plus grande échelle des coupons de la banqae de Law sous le Aégent» n'est pas un des faits les moins caractéiîstiqnes de l^admînistration terrarîste. Celte fiction monétaire tomba dans un tel discrédit que le secrétaire de la mairie fut appointé^ de 4,200 francs en numé* raire, à 30,000 francs en assignats. Sneore, et le supiMmetft à flair d'nne épigramme, Itii paya4^n son pain à part !

Avec le coup d'état qui plaça Napoléon I«r sur le tWtoe, le calme revint à rintërieur. Après «voir reçu la visite de l'Empereur à Tapogée de la puissance, et fait une réception solennelle au pape Pie VII, Troyes eut la visite de Napoléon au moment de sa chnte. En A 944, les plaines èhampenoîses furent le champ de bataille où se décidèrent les destinées de l'Europe. A dix lieues à la ronde, Troyes entendit le bruit du canon et aperçut la lueur d'innon^ralkles incendies. Arcis, Mérj, -Mo» gent, Brieime, BmNsiu^Aube, Troyes, 'sont désormaiB des noms du domaine de l'histoire militaire de l'Empire. La contrée qui depuis Attila avait épcourvé tant de Ibis les misères de la guerre, «sidusious ses noms Ht tous ses prétextes, la revit dans un cadre considérablement élargi avec ses dévastations, ses victimeâ,<ses.conr tributlons foroées, ses pillages* La peste vint.compléter les épreuves imposées à la population. Bans le va-etvient des armées coalisées, Troyes fut occupé à la fois par Alexandre h* de Russie, le TOi de Prusse Frédério*»

Guillaume III, Tempereur d'Autriche François qui y tinrent des conseils diplomatiques et militaires.

Pendant la Restauration, le duc d'Angouléme et le roi Charles X -visitèrent la ville. Après la Révolution de 1830, Louis-Philippe ler, accompagné des ducs d'Orléans et d'Aumale, ses ûls, ûi son entrée à Troyes. Après la Révolution de 4 848, Napoléon III, alors président de la République, y vint à son tour. II s'y arrêta au mois d'août 485S, mais il ne sortit pas de la gare du chemin de fer, où il reçut les fonctionnaires et des • députatîons. La Restauration des Bourbons et le temps auxquels correspondent le règne de Louis-Philippe, la République de 4848 et la Restauration de l'Empire, outre qu'ils ont fourni peu d'événements comparables en importance à ceux des siècles passés, ont encore aujourd'hui l'inconvénient de manquer de la perspective nécessaire à l'histoire. Nous devons donc arrêter ici la chronique particulière à la ville de Troyes, envisagée à travers les événements généraux.

GÉOGRAPBIB.- HYDROGRAPHIE.- GEOLOGIE.- TOFOGRAPRIB.

(jÉOGRAPHiE. Ancienne capitale de la Province, et auparavant du comté de Champagne et de firie, la ville de Tiroyes est située sous le  44 Âi degré de longitude, et le 4S 48 S de latitude septentrionale, à 180 kilo* mètres de Paris. Son altitude, au niveau de la mer, dans le centre de l'ancienne cité, est d'environ 4^0 mètres.

HïBROGaAWHE. — Tro>eâ esl placé au milieu d'un réseau de dérivations de la Seine, grossies par les affluents de la Barse et de la Vienne.

Dans les temps primitifs, la Seine s'écoulait tout entière dans la portion de son Ut qui s'étend depuis le village de SaintpJulien, situé en amont, jusques du c6té et en aval du moulin de Fouchy, où les eaux du lit primitif et celles des dérivations artificielles se réunissent. Ce ne fut que sous le gouvernement intelligent et fécond des comtes de Champagne que les eaux de *la Seine fhrent distribuées dans la ville et dans sa banlieue. Auparavant, la Vienne et la fontaine de la Vacherie pénétraient seules dans le territoire de la ville. Le cours de ces deux ruisseaux Ait modiflé de façon à compléter et fortifier le système hydrographique adopté

par les comtes de Champagne. L'ensemble de ces grands travaux, de l'aveu même des ingénieurs les plus habiles, n'est rien moins qu'un chef-d'œuvre. Or, comme Tentreprise de ce gigantesque travail ne peut remonter au-delà des débuts du xi« siècle, si l'on s'en rapporte à l'histoire étayce de preuves et d'indices, il s'ensmt que le moyen-àge, déjà si remarquable au point de vue de Fart, possédait encore, et à un degré éminent, la plupart des sciences exactes nécessaires à l'architecture et à l'hydraulique.

Pour ne s'en tenir qu'à la dérivation de la Sèine et à sa distribution, il faut dire que les comtes de Champagne maintinrent la tête delà dérivation à une hauteur suffisante pour créer six chutes d'eau successives, re^ présentant une force motrice de plus de mille chevaux, qui, remplacée par des machines à vapeur, équivaut à un million de francs par année.

Le point de départ de ce réseau aquatique se trouve sur le territoire de Saint* Julien, où le bras unique ancien n'est plus que Texuloire des trop pleins de la ri- . vière. Avant. d'entrer en ville, la dérivation se subdivise en deux bras à la Grande-Pointe, et Tun de ces deux bras arrive bientôt à Groncels, après avoir donné l'impulsion à plusieurs usines et alimenté un grand nombre de prises d'eau industrielles et horticoles* L'autre se subdivise à la Petite-Pointe, au-dessus des moulins de la Molîne et de la papeterie Le Roy, et vient, en triplant son partage, se distribuer entre la chute du Gouffre, le bief du canal et la Planche-Clément Tous les cours d'eau qui sillonnent la ville çn si grand nombre, et qui naguère venaient baigner le pied des murailles, ne

sont ou n'étaient que des isectiono des deux L'raiidcs dérivations que nous venons d'indiquer. Sauf quelques exceptions dues surtout à des barrages de construction moderne, la course des eaux n'est pas moins rapide dans la traverse de Troyes qu'en amont et en aval. C'est autant dans Tbabileté qui a présidé au calcul des pentes dans tous les traversins de ce labyrinthe aquatique, que dans les forces hydrauliques accumulées sur les points occupés par les grandes usines que se manifestent llntelligence et la capacité des ingénieurs du moyen-âge. Leur œuvre subsiste dans toute son intégrité depuis sept cents ans, et n'a pas cessé de donner le travail, la vie et la prospérité à la vieille capitale léodale. Souvent, sur le penchant de sa ruinée sous Tin- Aoence des événements et des catastrophes dont son passé est rempli, Troyes a toujours pu se relever, t^ràce à l'admirable instrument de travail dont ses souverains Font doté.

Moyen tout puissant de production pour l'industrie, la Seine, ainsi partagée, ne pouvait se prêter facilement à la navigation telle qu'on la pratique aujourd'hui. Plus accommodants, nos ancêtres, privés des bonnes routes, trouvaient de grands avantages à faire transporter par eau les produits du sol ou de leurs industries. Hais c'était au prix de lenteurs infinies et d'obstacles renaissants. Néanmoins, la navigation avait une telle supériorité sur les moyens de transport par terre, que, malgré ses inconvénients, on la multipliait sur tous les points et sous toutes les formes. Les plus minces affluents de la Seine portaient bateau. La Vienne et la Barse ont elles-mêmes prêté leurs eaux irrégulières et

si peu profondes au transport des bois et des marcbaadises pendant plusieurs siècles.

Abandonnée graduellement, à mesure du développement et de raméiioration des voies de terre, la navigation revit maintenant par d'autres moyens que ceux du passé* Un canal, alimenté d'ailleurs par les eaux amenées dans la ville de Troyes, a été creusé de ^808 à 4812, en vertu d'un décret impérial. Inachevés pendant plus de vingt-huit ans, les travaux furent enfin repris en vertu d'une décision des Chambres législatives, sous le gouvernement de Louis-Philippe. De iSîO à -1842, le canal de la Haute-Seine fut enliu terminé, et sa traverse dans rintérieur de Troyes présenta l'aspect qu'elle offre aujourd'hui. Sans la concurrence du chemin de fer, la navigation aurait bientôt acquis un immense développement, en jugeraitpon seulement par les résultats qu'elle donne aujourd'hui. Un projet de prolongement de ce canal en amont, jusqu'au-delà de Bar-sur-Seine, a été conçu et ébauclié en 4848. Son achèvement assurerait à la navigation de très-nombreux éléments de prospérité,

GomiuniGATioKs. — Quatre routes impériales passent dans la ville de Troyes : ce sont celles de Paris à Baie

(no ^9) ; de Nancy à Orléans (n^ GO) ; de Dijon a Troyes (no 74); de Sedan à Nevers (u9 77).

Le chemin de fer de Paris à Mulhouse passe au

nord-ouest et au sud-ouest de Troyes. La station établie au sommet du Quartier-Haut est la plus importante du parcours. U en sera question au chapitre des établissements particuliers du tour de ville.

GÉOLoeiB. — C'est au milieu d'une large vallée que

ia ville de Troyes est bâtie sur un plan incliné du côté du Quartier-Haut, sur une surface à peu près unie dans le Quartier^Bas, ce qui explique les deux désignations. Dans plusieurs endroits, les maisons s'élèvent sur des terrains d*alIuvion moderne et des terres rapportées. On trouve au*dessous des lits de tourbe, des bancs de terre bouleversés; mais la constitution du sol est celle ides terres à gravier et k argiles calcaires superposées à la craie. Dans la banliciie les terres mélangées, graveleuses et sableuses, dominent et permettent une culture jnaratchère très-justement renommée pour la qualité «t l'abondance de ses produits; elles donnent de belles plantations, des chanvres et des froments. Au nord- Ouest, et dans la plupart des dépendances du faubourg Saint-Martin, le sol, d'une apparence gi*lsùtre, est composé de calcaire graveleux d'une qualité trèsmédiocre. •

Aspects. — La situation de Troyes, au fond d'une vallée, ne permet pas au regard de saisir la ville dans son ensemble. Cependant, du pont du chemin de fer, sur la route de Sedan à Nevers, on voit la ville

sous un angle assez ouvert pour embrasser une grande partie du Quartier-Haut.

De ce point jaillissent les sommets des principaux

monuments qui permettent de juger les profondeurs des plans qui se dérobent à la vue; mais, de ce côté eomme de tous les autres, on ne voit qu'un ^semble de lignes tranquilles et prolongées. Des files de peupliers et des masses d'arbres qui continuent en s'y suu-

daat, les profils de cet amas de construetions, dlBnmutet les poMs de départ et les Iniiilfls nïbdnes 4e la

vieille cité.

Mais si le pittoresque, le mouvement et la surprise setQt absents de renemble vu dans le sens horizontal, regardée des faatiteim de la cathédrale, la TiHe ofte

un vaste panorama plein de contrastes et de curieux tableaux.'

Les OÉpj^idea d'âne toirie sinueuse brusquement entrecoupée, les lignes mouvantes et fugitives des cours d'eau qui apparaissent et disparaissent en éblouissants édkùrs èxkx rayons du soleil} saiis ^ue l'on voied^éù is déMAritr <A ffi ^oiri» la iftxt&é èes gron^ «atpAa à vèi â'e4èean suffisent à retenir 16tig<(^ps Tattention.

les ojqpôsftiohs abondeott. A iôfé des mtonutfi^ts HVnniê pitr fa padfte des iïMés é'életetft tëtits tAtsitt i de date modexn»' ùvec leurs teîntes blanches ou ^t'isés. De toutes parts se multiplient l%s étrangetés architecturales, les bizarreries, le neuf et le vieux, l'édîfice en piefrre de taille et la maisonnette de torchis àvec ses membrures disloquées ; le surplomb eoudoi^ partout l'aplomb, la ligne droite, la ligne briéèe ; iihpbssible de tltouver une percée que le rayon visuel puisse parcourir sans se heurter, sans fléchir. Des ; hauteurs de grandes toitures à versants exagérés qui tMiissent le meyeiMigd w tout au moins la Aenais- «uwe^ le Hgwfd tombe eil eaMade sur une aéde de croupes moutoiiiiantes qui répètent dans les airs les fentaisîes géométriques auxquelles se livrent toutes les «ectiotis de la voirie.

Ainsi regardé, du haut de son église cathédrale,

Troyes dembte être vu à travers les âges, depate le onuème siècle tout au moins, que représente à droite la porte militaire du château de la Tour ou du Donjon.

Les temps de la splendeur poliUquc, industrielle eC

monastique de Troycs, qui s'étendent du xif siècle au xiii<', ont des témoins dans la cathédrale, sous les pieds du spectateur, 6n avant dans les cours d*eau, en àiVière dans le vieux cloître, en face et de tous côtés dans la masse aériennne de Saint-Url)ain qui donne l'illusion d'un brouillard condensé, enûn dans l'église de }A Madeleine.

te xtv« siècle se Aiit cautionner par Saint- Jean et le clocher de Saint-Remy, par cette même cathédrale ofi toutes les époques se donnent la main et s'enchaînent, par plusieurs vieux bâtiments qui se trouvent enfouts ét cachés pour le passant, maiù que l'observaleur devine et découvre des hauteurs où 11 plane.

Le siècle dlsabeau, de la Pucelle d'Orléans, de

Louis XI, est affîrmé dans presque tous les monuments religieux par des fragments, de^ réseaux, par la petite Chapelle rustique de Saint-Gilles, la nef de Saint-Jean, la nef de la cathédrale et une foule de maisons des vieux quartiers.

Quant aux temps de Louis XII, de François d'Henri IV, de Louis XIV, de Louis XV, c'est par ceti'- Ûdnes que Sd présentent les habitations conteûiporaines. Saint-Martin , Saint-Nîzier, Saint-Pantaléon , Sainte-Savine, le minaret enluminé de Saint-Jean où s'arrondit le galbe d'une grosse cloche, la toiturè en dttèùe des Tlsitandines, le paiallélognuDtne de Salint-

Loup, rtivêi iié, rh6pital, l'hôtel-de-ville, prennent le pas daos ce déûié lû&tohque.

L'époque actuelle montre ses halles, ses prisous, sou canal, ses chapelles neuves, ses moulins. Les cheminées d'usines qui s'élèvent comme un Jeu de quilles de Titans, en balayant les airs de leurs longs panaches de fumée, disent assez haut le nombre et l'importance des industries qui ont du demander à la vapeur une force à laquelle les vieilles chutes de la Seine ne suiUsaient plus. Les végétations arborescentes qui enveloppent la ville, les longues surfaces jardinières et la multiplicité de cultures vigoureuses qui se révèlent de tous côtés, témoignent à leur tour de la fécondité du sol et des labeurs de ceux qui le font produire.

Certes, un pareil tableau vaut un livre, ou, plutôt, il est Villustration et le commentaire matériel de i'iiistoire et de la chronique ; il donne à rintelligence et à la mémoire les fiches coudées de la fantaisie et de la mise en scène. Un fragnieiu devient un ensemble; on renverse, on édifie, on restitue sans dommage pour les personnes et pour les choses ; on peut comparer^ juger et conclure à vol d'oiseau, comme on voit.

PopuLAnon. — Pour tous les siècles sur lesquels les renseignements ont quelque certitude, on a la preuve

que la population deTroyes avarié d'une inauièro sensible. U est prudent de ne pas accepter sans beaucoup de réserves les coi^Jectures arbitraires qui donnent de 70 à 80,000 âmes à Troyes, sous le gouvernement des comtes.

Si dans le périmètre actuel, qui était d^à occupé au

douzième et au treizième siècles^ les rues étaient plus étroites qu'elles ne le sont aujourd'hui; si les habitudes

et les nécessités aggloméraient dans les maisons un plus grand nombre d'individus, il faut reconnaître aussi que les trois ehflteaux militaires compris dans l'enceinte couvraient de grandes surfeces. Il en était de même relativement aux dépendances monastiques, aux ateliers de tannerie, de teinture, de draperie, etc., si nombreux et auxquels de grands emplacements étaient nécessaires. Le nombre des institations, juridictions, arsenaux, cantonnements, halles closes servant aux grandes foires, les entrepôts permanents et le peu d'élévation des maisons tendent aussi à ramener le chiffre de la population à des proportions moins exorbitantes. L'exhaussement actuel des maisons, le remplacement des petits moulins d'autrefois par de grandes usines où se réunissent des centaines d'ouvriers, la suppression des châteaux forts, la multiplication des constructions de banlieue, Textension des anciens faubourgs et le nivellement des ouvrages avancés, aujourd'hui couverts de maisons, permettent (le supposer que le nombre des habitants de Troyes ne dépassait guère celui que l'on compte aujourd'hui.

A partir de lafin du xni« siècle, époque de l'annexion de la Champagne à la France, il n'est pas contestable que la décadence des foires et de l'industrie, les guerres civiles et religieuses du xiy* au xv« siècle^ n'aient eu une influence sensible sur le chifihre de la population. Au XVII' siècle, sous Louis XIV, cette décroissance continue avait atteint ses dernières limites. On évaluait à 45,00a seulement le nombre des habitants de Troyes.

▲ptès wu prograMfon lente, interrompue, des oscttU- IkftnB DOinlii^easeS) et tout l%rfliiènee de Tessot <i«e

prirent les industries du cotoa, succédant à celles du lainage et île la draperie, la population reprit une laar' tthe amndante. Ou ompte buiourdllui à Troyee, de population offieielle, un peu plus de 8S,000 âmes. En évaluant très-modérément la population flottante, on peut ôier le ohiifre des habitaats eédentalree et tempo* mirée è HS^OOO iadl? idue.

MCIESNES ADMINISIBAI[0.\S £1 JL'RlDICI10]i$ DE TBOYES.

Daas un rapide sommaire comme celui que nous avons à esquisser ici, nous ne pouvons suivre les iilia- ' tions et les substitutions administratives depuis la féo* dalité jusqu'à la Révolution; il ne s'agit que d'indiquer ks établissements civils, judiciaires, ecclésiastiques, lidministratifs et uiiiitaires qui ont été brusquement renversés ou remplacés à la fin du xvm« siècle. • Outre les gouverneurs et leurs lieutenants, qui représentaient le roi dans toute l'étendue de la province, il y avait, dans les centres importants, des délégués do pouvoir provincial. Le plus important, à Troyes, par exemple, était le bailli, premier en titre de la Champagne; ses fonctions, d'abord et tout à la fois militaires, politiques, judiciaires et financières, finirent par ne plus être que des sortes de commandements ayant pour objet la levée et la conduite du ban, puis seulement de l'arrIère-ban de la noblesse quand il fallait qu'elle prit left armes. Vers la fin de leur existence, les baillis avaient des prérogatives plus apparentes que réelles. Ainsi, les lieutenants-généraux civils et criminels, les juges préàidiaux, les prévôts des maréchaux se partagèrent les plus importantes de leurs attributions.

Du bailliage dépendaient, après en avoir été distinctes

. et séparées, la prévôté et la mairie des quatre faubourgs. Daas ces cinq institutions se confondaient, comme dans la plupart des anciennes administrations,

tout il la fois le droit d'action et celui de répression, c'est-à-dire que, préposées à certains commandements et chargées de perceptions dans les subdivisions où elles étaient placées, elles appliquaient elles-mêmes des condamnations pour ce qui les regardait. Le siège de la prévôté était sur la place de la Banque.

Le présidial n'était pas autre chose que l'équivalent

des tribunaux civil, correctionnel et de police.

Les Grands-Jours de Troyes étaient une juridiction, supérieure et souveraine qui ne siégeait que deux fois

par année, et qui touchait autant à la législation, à radmiuistraiion qu'à la justice.

Les Assises, qui équivalaient à la réunion de tou tes les Chambres d'une Gour, avec plus de pouvoir, étaient la monnaie des Grands -Jours, Le bailliage, en séance extraordinaire et assisté de tous ses officiers subal- ' ternes, écoutait et appréciait toutes les plaintes, et ju* geait tous les pourvois sans appel.

Avec plus de solennité, la Lieutenance générale de Police était la représentation des tribunaux.de police actuels.

La Chambre de VEdit tenait de la justice de paix. Le Bureau des Hypothèques y la Maîtrise des Eaux et Forêts, qui ont des équivalents, ne demandent aucun com*mentaire. Seulement, les eaux et forêts, comme beaucoup d'autres institutions , jugeaient elles-mêmes les délits au civil et au criminel.

L'Élection de Troyes j comme ses pareilles, répartis^

sait l'impôt, Jugeait les cas civils et crimîueis relatifs aux aides, aux tailles, aux subventions. C'était une institution fiscale et judiciaire en môme temps; 247 paroisses en dépendaient.

Le Grenier à sel était un entrepôt juridique, diaigé, comme les autres administrations, de statuer sur les infractions à la législation qui avait fait du sel un mouopole. Son hôtel existe encore. 52 paroisses relevaient du grenier de Troyes.

Jusqu'en 1775 existèrent les Traites foraines, tribunal qui statuait sur les droits d'entrée et de sortie, sur les contraventions relatives aux marchandises de l'extérieur. L'Ëlection absorba ces deux juridictions.

La gendarmerie moderne avait pour équivalent la Maréchaussée; mais cette institution, comme tant d'autres, se complétait par une juridiction. — Les différends de la noblesse étaient jugés par le Tribunal du Point d'honneur, relevant des maréchaux de France. Troyes possédait un hôtel des Monnaies, qui subsista depuis les comtes de Champagne jusqu'en 4772. Le Domaine — VHôtel de ville, ou pouvoir municipal, sont assez fidèlement représentés par les institutions actuelles qui les remplacent, pour dispenser d'une explication, n suffit de rappeler que la commune de Troyes, d'abord restreinte dans les limites fiscales et étroitement administratives que comportaient les affranchissements de la féodalité, ne date régulièrement que de Louis XI, si on veut comparer le passé au présent. Depuis lors, elle prit une grande importance et comprit dans ses attributions des pouvoirs qu'elle n'a plus aujourd'hui ; elle était chargée de la garde de la ville, de l'en-

treiten des murailles, des fbrtlflcatioiiB, des rues, des p<mfs et chaussées, etc.

Lii Juridiction Consulaire, représentée par le tribunal de commerce, fut établie par édit de Charles IX, eu

II y avait encore une foule d'institutions et de juridictions féodales et judiciaires. La Vicomte ^ délégation administrative, fiscale et judiciaire du pouvoir des comtes féodaux, devint un fief héréditaire, démembré dans plusieurs de ses droits et profits, par héritages, ventes et cessions. La vicomté de Troues se résumait, surtout VéCS la fin de son existence, par des perception^ sur différents objets, par dies droits Seigneuriaux et de justieé. la police de la Seine et de ses afYluents appartenait au Bureau de la ville de Paris; la vérification des pesées

c^ènlîeusès ftaft ttue Juridiction. Du reste, oif edt elfra^ qctimd on entre dahs le déddé des Justices sef- ^eurtales, monastiques, religieuses, royales qui régnaient sur le pavé de ia ville seule. Dans les faubourgs, fhns ehaque quartier, dhdiie ^e à ittie ttutre rue, d'une portion de place à une autre, se dressaient des justices et des liscalités particulières, sans parler des juridictions gètiérales. L'émplacemènt de i'évéché apparte* tnft au baitltflge épiscupal ; left rives de ta ptaee et les

Clortreâ Sâint-Pierre étaient de la grande mairie du Chapitre^, le cloître Saint-Etienne et quelques riies a(]ja-

etmtes revenaient à la grande m^ie des chanoines de cette ^Ise; fretee SaM-MaHin liAfisnt, an m^e

<Rre, dans la dépendance de Saint-Jeati-Châtel. Même situation pour le couvent de Saint-Loup, pour celui de NMne-Dame^x^Koimaliis, dotft la gr^ude mairie ùom-

IHienait une partie des nies de Notre-Dame, de l'Hôtel-

de-Ville, de Saint-Paul, de la rue Perdue, de la Petite- Tannerie et des quais. La Gommanderie du Temple iiomait flOD rassort au pourfuis de soa étaUissement Saint-Urbain avait son juge de la mairie, qui ne dispa^ rut qu'en 1782, fikiite de justiciables. Les TTiniiaireB de Saiat-Jacques avaient juridiction sur une partie du faubourg et sur ses proleugementS} compris le Labourât. La mairie royale de Gfaaillouet cémpreBait une partie du même faubourg, les moulins et l'écart de Chailiouet. Le garde-justice du couvent de Montiéramey siégeait an bout de la ruelle des Ghats^ autrefois radie Maillard, du côté de la Poulaillerie. Celui de Montier-la-Celle s'installait sur les bancs de la rue de la Trinité, du côté éà iùsadsé am oignons^ Outre ces prtérogatives,il j m \vtB^ eneete d'aulra rétiuHanit de dâmemlireiieiitSy d érections en fiefs, de donations ou d'acquisitions qui subdivisaient à l'iniini les obligations personnelles, péeuniaires et honorifiques dont la population était frappée. Parmi les juridictions d'exception^ il faut noter celle des administrateurs des hôpitaux, qui avaient la justice des contributions de l'aumône, et celle des punitions à inOiger aux païuwres. Mitres et vagabimds* On peut juger jusqu'à quel point se multipliaient leurs variétés sur ce seul fait : Un bourgeois de Troyes, en récompense d'un prêt fait à Henri IV, avait reçu à titre gracieux: le droit do lever une tax/e sur les eheminéest

Faussée dans d'autres directions, cette esquisse bien sommaîi'e févélerait d'innombrables causes de vexa<-

tions, de coiillits, de prétentions, de compétitions : c'étaient les ponts elles puits qui étaient imposés^ c'était

ie bourreau qui avait ses revenus hypothéqués sur les profiittaées et les marchands de comestibles ; le Chapitre de la cathédrale, qui contraignait à moudre à son moulin de Jailiard, sous peine d'excommunication; la maladrerie deBréviandes^lefr-Troyes, qui percevait des redevances en nature, accompagnées d'un cérémonial, sur le corps des bouchers. Les couvents, les paroisses avaient aussi sans cesse des décimateurs en campagne. C'était une variété d'impositions, et surtout de perceptions, qui tenait toute l'année le contribuable et le cor* véable en haleine. Ce n'est assurément pas l'imagination qui manque au ûsc actuel, mais la simpliûcation de ses rouages et ses procédés ont supprimé les causes d'irritation dont fourmillait la vieille fiscalité. Il ne se passait guère de semaine et parfois de journée qu(^ l'hiibitant n'eût quelque compte à régler avec l'impôt civil, municipal, royal ou clérical; avec l'agent d^une administration ou d'un particulier, substitué aux domaines publics; avec les inspecteurs et les gardes. A chaque sortie, il fallait faire le calcul des frais de son itinéraire, à cause des collecteurs des péages, des pontages, qui tendaient la main à tous les passants, de quartier à quartier, de ville à faubourg. Ce droit si élémentaire d'aller et de venir, de travailler, de vendre, d'acheter,* d'importer, d'exporter, de sortir et de rentrer, même de s'lial)iller, était paralysé de cent façons. Il yavaitdes restrictions, des droits, des chartes de communauté, des obligations continuelles de corvéable, de soldat, deguetteur, de milicien ; des prohibitions de Jour ou de nuit, des quarantaines, des lois somptuaires, sans parler de la multiplication quotidienne des calamités publiques :

guerres étrangères, civiles, religieuses, émeutes, pestes, pendant lesquelles le 5a^«/ publie obligeait à des sacrifices et ù une abuégatioii dont nous n'avons pas l'idée.

Ët cependant, il est quelque chose qui surprend plus encore que tout cela, c'est la patience, Fénergie intelligente et le courage qui en ont triomphé pour laisser tant de témuiguages de la virtualité et de rmitialive de nos ancêtres.

B'ÉDUCATIOll, BB RBFDGVy D'aSHK^ STC

Dans la revue détaillée des monuments de ia ville et de la banlieue, on retrouvera la plupart des édifices qui

rappellent les établissements religieux et monastiques d'autrefois, les hôpitaux, les écoles, etc. Nous n'eu donnons ici la liste que pour permettre une comparaison. I! n'y avait pas moins de cinquante-un églises,

chapelles, couvents, congrégations d'hommes et de femmes, d'hôpitaux et d'écoles tenus par des religieux.

I^GLiSES COLLÉGIALES. — La Cathédrale. — Saintiiitienne. — Saint-Urbain.

Églises pàiioissules et succlusales. — Saint-Jacquesàux-NoQDains. SaiBt-Jean-au-ililarebé.-«-$ain1rRemy. *— Sainte-Madeleiiie. Saint«Mider. ^ Saint4>€(ni8. —

Saint-Aventia. — Saiul-FroberL — Sainl-Pantaléon. — Saint-Nicolas. — Saiut-Gilles. — Sainte-Savine. — Saint*Martin-ès-Aires.

GocTfKTS d'hommes. — Jacohifis ou Dominicains. — Gommanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem. — Capucins. — Cordeliers. — Augustins de Saint-Martin-ès- Aires. — Augustins de Saint-Loup. — Trinitaires ou

Mathurins. — Bénédictins de Montier-la-Gelle. — Chartreux» — Oratorîens.

CouTSNis DE FEUES. Abbaye royale des Bénédictines de Notrc-Dame-aux-Nonnains. — Soeurs de la Charité. — Visitation. — La Congrégation. — Les Carmélites. — Les Sœurs r^entes. — Les Ursulines. — Les Bénédictines de Notre^Dame^es-Prés, près Troyes. — Les Religieuses bénédictines de Poicy. — Les Augustines de i'Hôtel-Dieu.

SÉMiNimES. — Collège. — Écoles ex PjiiLiEKs, — Grand et Petit Séminaires. — Collège dirigé par les Pères de TOratoire. — (Autrefois plusieurs grandes et petites Écoles étaient l'équivalent des Collèges et des Écoles actuels.) — Les Frères des Écoles chrétiennes.

— Prieuré de Saint-Blalse. — Prieuré de SaintrQuentîn.

— Prieuré de Notre-Dame-en-risle.

Institdtions hospitaliâees. — Les sept hôpitaux réunis, en ^630, et administrés par les mômes commissaires, étaient : l'Hôtel-Dieu-le-Comte. — Les Orphelines de imtei-Dieu. — L'hôpital Saint-Bernard. — L'hôpital du Saint-Esprit) cédé aux Oratoriens. — Les Orphelines de VEnfant-Jésus. — L'hôpital de Saint- Abraham. — L'hôpital de la Trinité.

ChapellI; paeticuliébe. — Notre-Dame-de-rEcherelle.

AiiiiiiismTio.%.- msiiiDW.- JDUiiiiiiioiis mim

Tout l'ancien mécanisme administratif a i té i efondii ou simplifié depuis 4792. On en jugera par l'énoncé

des instîtations actuelles, comparées aux anciennes administrations.

Administrations civiles et militaires. — Préfecture.

— Subdivision de la 4r« division militaire et de la 20« lëjgîon de gendarmerie. — Subdivision de rinspection (Nord*£st) des Mines, et de la 3« Inspection des Pont^ et Chaussées. — Recette générale. — Bureau de Payeur.

Sous-Intendance. — Direction d'Enregistrement et Domaine^. — Direction des Contributions directes. — Direction des Contributions indirectes et des Douanes.

— Direction des Postes. — Station télégraphique. — Conservation et inspection forestières. — Inspection de la navigation. — Archives départementales.

JuBiBiCTioiis. — Cour d'assises. — Tribunal civil de 4f instance. — Tribunal correctionnel. — Tribunal de

Commerce. — Trois justices do paix. — Conseil de Prud'hommes. — Maison d'arrêt et de correction.

INSTITUTIONS INDUSmiELLES, COMM£ACUL£S, SCIEI^TIFI-

QUES, ETC. — Chambre de commerce. — Société d'agriculture, sciences, etc. — Chambre consultative d'à*

ij'riculturc. — Ilalks aux grains, aux vins, à la hormeterie et à la toilerie. — Foires en mars et eu septembre. — Succursale de la Banque de France.

Étibltsseheuts sitsus. — Hôtel-de-Yille. — Musée de peinture, de sculpture, d'archéologie, d'histoire naturelle. — Bibliothèque publii^ue. — Théâtre. — Cours gratuit d'anglais et d'aliemand. — École gratuite de dessin et d'architecture. — Orphéon. — Écoles de chant. — Gymnase. — Caisse d'épargnes. — Bureau de bienfaisance. — Casernes.

Institutions cnAumBLEs et de secours. — Hôtel- Dicu-le-Comte. — Hospice des vieillards et des enfants (Sajint*-Nico]as). — Hospice des orphelines de Saint- Martin^ès-Aires. — Société de charité maternelle. — Sociétés libres de bienfaisance, sur chaque paroisse | urbaine. — Gonférence^ 4e Saint-Vincent-de-Paul. — Sociétés de Secours mutuels entre les membres de di* vers corps d'état.

Instrlction publique. — Lycée impérial du ressort de l'Académie de Dijon — École normale primaire. i — Dix-neuf écoles primaires. — Quatre salles d'asile. — ^* Dix-sept pensionnats. — Inspection académique.

GlEBGÉ et GoHHUIliUTÉS BEIIOIE1JSES. — Évéché CxlS- j

tantdepuis l'an 3î0 de J.-C.; il compte une suite de 97 évéques, dont 9 ont été canonisés. Ses limites diocésaines, en prenant la circonscription départementale, ont absorbé une partie des anciens diocèses de Langres et de Sens, et délaissé ses anciens prolongements dans la Marne et Seine-et-Marne. — Grand et Petit Sémi-

naires. — Douze communautés, congrégations ou maisons religieuses, savoir : Maison des Prêtres auxiliaires. — Monastère des Carmélites (cloîtréj. — De la Visitation (cloitré). — Couvents des Ursulines* — Filles de Saint-Vincent-de-Paul. — Sœurs du Bon-Pasteur. — Sœurs de la Providence. — Sœurs de Bon-Secours. — Dames du Sacré^ur ou de Picpus. — Sœurs hospita* lières de la congrégation de Nevers. — Augustines. — Franciscaines. — Les Ursulincs, les Sœurs de la Providence, de la Visitation, du Sacré-Cœur, tiennent écoles et pensionnats; les sœurs de Bon-Secours gardent et soignent les malades au-debors; les Augustines, précédemment attachées à l'hopilal, ont fondé une maison de retraite, et elles soignent les malades en \iUe ; les Franciscaines et les Sœurs du Bon-Pasteur recueillentles fille$ repenties; la Congrégation de Nevers est at(a<'îiée au service des trois établissements hospitaliers de Troyes; les religieuses de Saint-Vincent-de-Paul ont à la fois un ouvroir et une maison de refuge ; elles visitent les malades pauvres et distribuent les médicaments et les secours délivrés par le Bureau de bienfaisance. — Dix paroisses, dont une suburbaine : — Saint-Pierre. — Sainte-Madeleine. — Saint-Jean. — Saint-Remy. — Saint-Urbain. — Saint-Pantaléon. — Saint-Nicolas. — Saint-Nizîer. — Saint-Martin-ès-Vignes. — Sainte- Savine {extrà^muros)» — Un temple protestant dépen-. dant de la Consistoriaie de Meaux.

l»Dll&IRIKSr

Dans los siècles passés, les grondes industries éta«« blks à Troyes étaient nombreuses et pro^iftères; en J remarquait la papeterie, la drapem, le tissage ûm étoffes, les blanchisseries, la teinturerie, la fabrî*» cation des cartes à jouer, les tanneries, hi chapellerie, la passementerie, la pelleterie, la poterie ri'étain, l'épinglerie, la fabrication des alênes, des contrepointes, du bougran, des basanes, des cordes, des armes blanches, la fonte des métaux.

De ces industries, il ne reste plus sur une grande échelle que la blanchisserie. La draperie, la tannerie, la papeterie et le tissage ne sont plus quo l'ombre

BONNETERIE ET TISSERANDEEIE.

La pi od action industrielle de ïroyes consiste surtout dans la^ bonneterie et la ganterie qui dnmiiient absolument toutes les autres bratiches du tnn^l. C'est àepvlis la disparition de la draperie que l'emploi du coton a pris surtout de rîmportance et s'est répandu dans tout le département. Plus de cent trente maisons, dont un certain nombre fort importantes, comj^osent les rouages de la fabrication et du négoce sur la place seule de Troyes.

La bonneterie, qui a pris à Troyes un dév«lo)|)penient si considérable, est une industrie relalivcment mod^iue, el iiui

longtemps resta stationnaire. Son introduclion ne remonte guère au delà de 1745, c'est-à-dire à une époque où déjà Arcis-ï^ur-Aube el Dienville, grâce à leur seigneur, M. Grassin, directeur général des Monnaies, possédaient des métiers.

Ce fut M. Jean Berthelin, maire de Xroyes en 475i, el alors administrateur des Hospices, qui prit Tiniliative, de concert avec MM. Lemuet, Kiembaull el Camusat de Marmoret, ses collègues.

Les orphelii)'; de riiôpiial de la Triailé l'ureul les premiers ouvriers bonnetiers de Troyes.

La tentative ayant réussi, Tindustriese répandit au dehors, mais ses progrès furent lents, car elle avait en face d'elle la draperie» la tisseranderie et une foule de professions raanu* f;aicturières qui avaient ponr elles des cadres tout préférés» l'habitude et rexpérieDce.

L'existence simultanée des fabriques d*Arcis«8ur*Âube» de ' Dienville (ob la tentative ne réussit pas), de Romîlly-sur- Seine, dont la création concorde à peu près avec celle de la manufacture de Troyes» de Marîgny-les-Etangs, était en flagrante opposition avec l'ordonnance de 1700, rendue par Louis XIV. Cette ordonnance défendait d'établir des métiers à bas alDeurs qu'à Paris, Dourdan, Bouen, Gaen, Nantes, Oleron, Aiz en Provence, Nîmes, Toulouse, Uzès, Romans, Lyon, Metz, Bourges, Poitiers, Amiens et Reims. L'introduction de la bonneterie dans le rayon de Troyes tùi une exception due sans doute à rinfloence de ses patrons, et dont l^bonneur remoute an directeur général des Monnaies.

La décadence de la lisseranderie, de la draperie cl des professions qui en dépendaient, rallia à la bonneterie les ouvriers déclasses. Mais d ins les premières années de ce siècle, c'est-à-dire de 1800 à ISiO, après la disparition des anciens privilèges, la boniiclerie ne laissait pas encore soupçonner ce qu'elle deviendrait pins tard. L'élévalion du prix des tricots produits par les méiicis rectilignes, des concurrences puissauies qui taxaient la fabrication de Troyes d'infériorité, et les mille diHiculiés que rencontre la grande fabrication à ses débuis, engendrèrent plus d*un méconiple et d'uue cataslroplic. Cependant la bonneterie de Troyes, après de nom-

breases vicissitudes, parvint k dominer la situation. Le métier circulaire, en rapprochaut le tricot de tontes les classes de coubomniateurs, donna une exteusiou immensiî à la production, sans cependant annuler le métier recnligue. Aujourd'hui, Troyes est la première place de bonneterie de France; elle répand ses produits jusqu'à Tétranger, et elle centralise la plupart des tricots fabriqués dans le département.

On compte, dans l'arrondissement de Tioyes, plus de 5,600 métiers consacrés aux bas, aux pantalons, aux gants, aux mitaines, aux tricots à la pièce. En poids, les métiers circulaires absorbent environ les trois quarts du colon employé dans la fabrication.

L'arron(iî>si' 11)01) L (!c iNogeul compte près de o^bOO métiers (Romilly eu a la meilleure partie).

L'arrondissement d'Arcis, un nombre à peu près égal.

L'arrondissement de Bar-sur-Aube n*a que à â5 métiers.

L'arroodisscnient de Bar-siii -Seine, de 30 à 40.

Le total, en moyenne, des métiers en action dans le département de TAube, dans ces dernières années» était de 10,500. II a dû augmenter.

Quant à la tisseranderie appliquée aa tissage du coton, dans tout le département, elle ne compte pas plus de 1,100 métiers. Le chanvre, Tétoupe et la laine eu emploient environ 200.

On n^évalue pas le montant des matières premières employées à moins de 9 à 10 million^ de francs, et celui des salaires payés au-dessous de 8 millions.

Oa voit quelle importance l'industrie du coton a prise à Troyes.

QaaDt à la tisseranderie, elle se survit représentée par une douzaine de fabricants dont un seùl emploie

des procédés du domaine de la mécanique. Il n'y a pas plus de trente ans, dans toute la rue dti Bois, depuis la Madeleine, dans le Marché-aux-Trapans et les rues secondaires des quartiers Saint-*Jacque8 et des Prisons,

au pied de presque chaqutj maison, s'ouvrait un large larmier vitré de papier huilé derrière lequel on entendait battre sans relâche les métiers à finette et à toile de coton. Maintenant, quatre ateliers rue du Bois, et les autres égrenés par unités» rues -de Fort-Bouy, de Uleille-Bome, de Surgale, de Sainl^Nizier, des Moines, de Saint-Loup et du Marclié-aux-Trapans , représentent seuls celte bruyante fabrication qui com{itait les ouvriers par centaines. La rue Surgale, dernier refuge du caribari, jusques dans ces dernières années, n'a plus que deux ateliers! Pour concilier cette décadence avec la prospérité de la vente des tissus de coton, sur la place de Troyes, il fkni songer que le commerce utilisait la vieille et excellente réputation de la fabriqua, couvre de spii pavillon bea^icoup de produits extérieurs.

Aujourd'hui concentrée dans neuf grandes usines, la iUature du coton a débuté par l'emploi de petitâ métiers à main exploités à domicile.

Après avoir alimenté exclusivement la tisseranderle,

le filage prépara les cotons employés par la bonneterie, niais ce filage, qui laissait beaucoup de besogne aux fabricants, ne pouvait échapper aux nfu-essités industrielles qui ont amené la création des grandes filatures.

La première ûlatnre de Troues date de'4798; elle !^t établiedanslesb&tîmentsderancîenneCommanderie^e SfrîTean deJérasalem, rue du Temple, par MM. Tme^le-

Lemaire et Ferrand aîné. Elle était nmc par un nnanège. En ^800, les associés s'étant séparés, l'un d'eux, M. Ferrand, établit une seconde usine dans la même rue du Temple, au numéro 45, à c6té d« celle qui existe maintenant cour BQHvhi.

Peu de temps «près, HH. Huot flrères créèrent, rue de la ^Mnîlé, un troisiènie muiège, tandis que M. Ber-

thelin, fils de rintroducteur de la bonneterie, établissait une quatrième filature à bras clans les bàtuaciit^ de l'ancien couvent de Saiiit-Abraham-ès-Aires.

Les nouvelles entreprises soulevèrent une véritable tempête de doléances et de «lameurs dans la classe des ûleurs au petit métier, qui con^^rirent que c'était la fin de leur industrie.

Jusqu'en 1804» il ne s'éleva pas d'autres usines, et leurs propriétaires obtinrent chacun du gouvernement impérial uac prime de 5,000 Ir. à titre d'cncouragemeiii. Mais de -1804 à -1844, sept ou huit autres filatures du même genre furent créées.

A ce premier pas en succéda un second qui consa- OEUi définitivement le succès du filage en grand. Vers 4817, le moulin de la Tour j»réta sa force motrice aux métiers de BIM. Truelle ârères. Puis, en 1820, on établit «ux moulins de Saint-Quentin un atelier dont le matériel fut transféré plus tard à JaiUard. Dans la môme année, la filature s'établit a la MoHne; en 4822. aux moulins Brusiey (Ghaîllouet) ; en 182 î, au niouiin de Meldançon, qui fut brûlé en 'i 834, dans la nuit de^oèl, et immédiatement reconstruit; en 4826, les moulins de Jaillard commencèrent à prêter leur force hydraulique à la filature du coton.

L'avènement de la vapeur eut pour effet de seconder les effets de la force hydraulique, de parer aux chômages, et de permettre rétablissement de filatures et d'usines dans des endroits où Teau ne pouvait servir de moteur. La Moline — Meldançou — les usines de Ghaillouet — Jaillard — sont maintenant et à peu près 6idu«îvement des filatures de coton. Les moulins de Fouidiy ofli adopté la bourre de soie ; cette filature n'existe que depuis 4 845 ; sa création Ait la conséquence

de rincendie qui détruisit, en 4844, la filature à vapeur élevée à côté du moulin de Paresse. — Les autres filatures de coton, mues seulement par la vapeur, sont celles de la cour Bouvin, rue du Temple ; de la rue du Bois, no 4\ ; de Girardon, no 13; de la Tour-Boileau, n» i\7. C'est, en tout, dix filatures qui ne suffisent pas à l'alimentation de la bonneterie, car onze représentants d'usines étrangères fournissent les compléments nécessaires à la fabrication.

BtAMCHlSS£ai£S If(iI)USTRlËLL£S.

Elles sont au nombre de huit, la plupart fort importantes, mais il y a loin du présent au passé.

Au temps des grandes foires, les fabricants des Flandres, de Hollande et d'Allemagne, étaient en relations continuelles et soutenues avec la blancbisserie de. Troyes, qui avait une renommée européenne. On a prétendu que la beauté du blanchissage tenait aux qualités des eaux de la Seine. Nous croyons que c'est une de ces raisons banales, de pure supposition, qu'il faut prendre pour ce qu'elles \al»'iil. Pourquoi, au-dessus et au-dessous de lYoyes, les villes industrielles n'eussent-elles pas utilisé, comme leur rivale, le passage des eaux de la Seine?

U est bien plus naturel et plus sûr d'attribqer le mérite du blanchissage de Troyes h Tintelligence et à l'habileté des ouvriers, rar on voit dans plusieurs circonstances les comtes de Cliampagne former à Troyes des colonies de travailleurs industriels pour les établir dans des centres éloignés. Ainsi, les tanneries de Goulommiers ont été créées par des ouvriers de Troyes, et Thibault lY, devenu roi de Navarre par sueeession, envoya dans son nouveau royaume des artisans troyens appartenant à différents métiers.

Une circonstance presque contemporaine contribue à rectifier le préjugé dont nous parlons. Il y a quelques années, les procédés de blanchisserie adoptés dans quelque;, villes d'industrie obligèrent, par comparaison^ les blanchisseurs de Troyes à abandonner leurs ancîèns errements. Aujourd'hui, les blancs de toile et de boiiii neterie justifient pleinement la vieille renommée des anciens établissements.

Les apprêts, qui sont le coinpléinciit obligé de la plupart des produits de la bonneterie et de la toilerie, cons« tîtuent une branche importante du travail locaU

PAPBTSaiB.

Il n'y a plus que deux moulins à papier dans le rayon de Troyes; une troisième usine se trouve à la Tilleneuve, près de Bar>sur-Seine.

C'est tout ce qui reste d'une industrie qui comptait au xve siècle quarante ou cinquante moulins.

La papeterie de Troyes remonte aux premiers temps de la création de cette industrie en France; elle y acquit une immense importance. Parmi les plus célèbre* papeteries du xv^ siècle, il faut citer les Perrin le Qa» musat, les Piétrequin, les Denis, les Guillaume Jour» née,' et surtout les Le Bé, qui à eux seuls possédaienl de trente à quarante moulins à Bar-^ur-Seîne, Barbe» rcy, GlLTcy, Guurcelles, Fouchères, Saint- Julien, et dans les environs de Troyes. En -1488, le corps des papetiers jurés, de l'Université de Paris, comprenait quatre fabricants de Troyes et quatre de Paris.

L'industrie du papier, qui avait pris un rapide essor, tomba presque d'un coup ; auiviiesiècle, il ne restaitplQs d'usines à papier qu'au moulin Le Roy et à ceux de la Moline.La famille Le Bé, enémigrant à Paris, désorganisa cette industrie qui avait à lutter alors contre des con-

ourraMses extérieiires auxquelles elle céda le terraîo.

Disons, à propos des Le Bé, que la fille de Henri, maître d't critiire de Louis XIII, devint la œère du peii^e d(B Louis XiV, Charles Lebrun.

l>e|)uis qu'il exiate à Troyea des papeteriea, c'est-àdire depiiia le siècle, le moulin Le JRoy iie^eessa f as dlMre un moulin à papier. Le perfeetioiuiement des moyens mécaniques et chimiques a inmaforoié r^anden mede de falH'icatioa. Les produits de Tusine actuelle équivuleut certainement, en quantité, à une bonne partie de ce que pouvaicût iabriquer les anciens mouiiinâ établis à Troyes.

TAHHBRIB BT DBAPBRIB.

La tannerie et la 4raperie de Tpoyes tenaient autre^ fois le haut du pavé.

La puissante corporation des tanneurs, quia compté de trois à quatre cents ateliers, et qui, vers -1820, était oucoçe importante, n'a plus maintenant que seize représentants de rancienne industrie, encore fautai eom-. f rendre dans un seul groupe les tanneurs, les cliar moIseiirS) les mégissiers et hongri^eurs. Sans remonter plus loin que 4S26, on trouve la preuve de ramoindrissement continu de la corporation. En 4826, il y avait encore trente-quatre atelieis occupés par la pré-, paration des peaux.

L'histoire de la draperie n'est pas moins significative; elle précédait de quelques années seulement la tisseranderie sur la pente de la mine.

â «me époque ancienne, il y avait de deux à trois mille métiers de drapier à Troyes et aux environs. Le nombre des maîtres s'élevait à cent cinquante. Il y a maintenant une trentaine d'années, vingt grands ateliers de draperie s'élevaient encore i Troyes ; des vingt

ateliers, il en reste un seul >iiujourd'hui ! Fabricant à peu près exclusivement la serge et les gros draps, la draperie dp Troyes cpssa de prospérer quand la consommation stimulée par les produits d'Ëlbœuf^ deLouviers et de Sedan, sa détourna des, étoffes grossières* Mie périt faute de «MisoiiimateuTS. L'asine qui a ear^ vëea, vit préciséneMt aiyourdliui de <ee qui a fiiit périr ses rîTalee. Ses ratines, ses molletons, ses couvertures, ses gros draps, se vendent en Mur van, en Champagne et en Brie.

Le cartonnao-e, rombalioffc. l'apprêt, la meunerif de commerce surtout qui est devenue une industrie importante, sont des branches de travail modernes, ainsi que toutes celles que nécessite la bonneterie. Ia mécaniqae a reçu une impulsion très-active depuis la multiplication des moteurs à vapeur et l'invention du métier circulaire. On exporte très-loin les métiers de Troves.

Signalons maintenant le chanvre, les crains, les fromages de Troyes, qui se sont fait un renom dans le midi et à Paris, la célèbre charcuterie qui va jusqu'en. Italie et en Espagne, conservant une réputation trois ou quatre fois centenaire et historiquement constatée. Enumérons les arbres et arbustes, la tuile, la brique et la poterie qui sont l'objet d'une grande fahrication, la distilîerie,les huiles, les noirs de raffinerie, les entrais, les bois de construction recherchés fort loin et connus sous le. nom de chênes de Champagne (4); le blanc de Troyes, vulgairement blanc d'Espagne; la fabrication des registres, des corsets, des eaux de seltz, les fontes de mé-

(i) Le clocher de Notre-Dame do Paris, restauré par M. VîoU let-Ladac, est en chêne de Champagne.

nage et d'ornement, les peaux de lapins, les chocolats, les cierges, la chandclie, la confiserie, la sparterie, les divers emplois des plantes textiles connus sous la désignation de crin végétal, et qui ont amené àTroyes la création d'une grande usine; la corderie, l'imprimerie et la librairie si connues par lears almanachs, sans parler des belles impressions qui les reconomandent autrement On pourrait allonger cette nomenclature, mais elle suffît à prouver que l'activité industrielle de Troyes embrasse encore un grand nombre d'objets parmi lesquels les produits du sol cèdent le pas à ceux du laboratoire, de l'usine et de l'atelier. Dans le va et vient familier à l'industrie, Troyes a fait des pertes; mais ses babitants ont su largement les compenser.

HAGIOGRAPHIES El BIOGRAPHIES.

Sainte Matdie.

Vierge et probablement martyre, cette sainte naquit à Troyes dans le siècle où les premiers missionnaires vinrent y apporter l'évangile.

Ce qa'on en raconte est bien plutôt du domaine de la légende que de la biographie. Populaire dès le ix« siècle, son culte resta en honneur à Troyes, jusqu'en 4830. Encore à cette époque la date du sept mai amenait de nombreux pèlerins et surtout des jeunes filles auxquelles ce jour-là on donnait le nom de viergeottes^ Les châsses de la catiiédraie recevaient de nombreuses visites. Une foire accompagnée denlanses et de divertis* Bements se tenait sur le parvis»

Sauit£ Jule.

Aux abords du grand cimetière, dans la rue Sainte- Jule, s'accomplit un martyre. C'était sous l'Empereur Aurélien. La victime ctait une jeune fille qui fut vénérée comme une sainte et donna son nom au lieu où elle avait été martyrisée.

Jusqu'en 4792, on alla en pèlerinage au puits creusé sur l'emplacement.

SlIIfT faOBSBT,

D'abord moine à l'abbaye deLuxeuil, puis fondateur de l'abbaye de Montier-la-Gelle près I^yos» Frobert

assaillit toute la partie ouest de Troues coimue sous le nom d'Ile-Gcrmaine. Le monastère prit un développement extraordinaire, dès le rm siècle, époque de sa fondation. GaDonisé après une vie de dé^oùment remplie de grandes vertus, saint Frobert conserva à Troyes une grande popularité. Une église dont les restes subsistent dans ie quartiei' de la GiLe lut placée sous son invocation.

Thisaut (de Troyes).

Il vivait au^iiit" siècle et parvint au siège épiseopai 4e QiàlaiiSrSur^Sa^ne, dans un temps où les év6q«eB avaient une'importance spiiifaelle et politique consîâé^ fable.

Pàkxaléok AacHEa (le cardinal).

Neveu du pape Urbain IV, Ancher remplaça d'abord son onoîe dans Tarchidiaconé de Laon; il tut emuite grand archidiacre de Téglise de Paris.

Sous le pontificat de son oncle, Ancher Pantalà)n fut oomnié cardinal 4u titre de Sainte-^raiLède à fiome (décembre 4262). Biei^Mteur de l'ancienne chapelle de Saînt-Pantaléon de Troyes, exécuteur testamentaire des voloiitcs d'Urbain IV en ce qui touche la construction de la collégiale Saint-Urbain, le cardinal Ancher mérite dans l'histoire locale une place à côté de son onde. Par sesâOios, l'église fut continuée, le cbapitrie consolidé. Le pape Giàment IV envoya Ancher avec le titre de légat au couronnement de Charles d'Anjou, roi ie Napks el de Sicâe (I26S).

Ancher, mourut le novembre ^286. Son tombeau existe dans Téglise de Sainte-Praxède à Rome, dans une chapelle à main droite de la sortie conduisant à Sainte- Marie majeure. C'est un massif en marbre blanc avec relief^ de pilastres et de draperies, sur lequel rqrasela

statue couchée du cardinal. Une inscription latine signale fia bonté, sa droiture et sa charité.

Lbguisb (Joaot.

ÉvCquc de Troyes, sous Charles VII, Jean Lf^ffiiîsé amcn:i les habitants de Troyes à chasser les Anglais et à ouvrir les portes de la ville à Jeanne d'Arc, qui conduisait alors le roi à Reims. Anobli par Charles VII, Léguisé justifia cette distinction par sa conduite et son intelligence. La célèbre Féte des Fous, qu'on célébrait dans les églises de Troyes, fut abolie sur son initiative.

Heknequin (Odard).

Né à Troyes, en U84, d'une famille considérable alliée aux Molé, aux Balzac d'Entragucs, aux Brichanteau-Nangis. etc., Jean Hennequin entra dans les ordres. Distingué par François ^^r^ ji en devint l'aumônier. Nommé évéque de Senlis, puis de Troyes, Henne- QUin^ qui avait en même temps le titre d'abbé commendataire de plusieurs abbayes, combattît le protestantisme par le meilleur moyen, en réformant les abus dans son diocèse, et en multipliant les actes de charité. II mourut en 4544.

Ubbaiii IV (pape).

Fils d'un pauvre cordonnier de Troyes, Jacques Pantaléon, qui devint pape sous le nom d'UibainlV, naquit en 4485. Delà mattrise delà cafthédrale dcTroyes, où il

MiGiWD (Pierre). ,

DesccndauL d'artisans, Pierre Mignard cul la faiblesse, commune à Le Brun, de déguiser son origiue. Son grand-père était armurier et capitaine de la milice bourgeoise. Sa Ûlie, la marquise de Feuquières, se dou* liait une souche anglaise, et attribuait à .son aïeul un grade militaire et une origine noble.

Pierre Mignard, qui avait sous les yeux les oeuvres de Gentil, de Gonthier, de Macadré et de tous les artistes de Troyes, si nombreux au xv i^ sièele, put développer ses dispositions et ai quérir ensuite à l'école de Vouët le talent qui a fait sa renommée. Il devint peintre de Louis XIY et dii crteur de l'Académie de peinturé. Mignard a eonsidéraMement produit. Versailles, les musées, des ^lises, renferment une bonne pairtie de «es œuvres. Presque toutes les grandes familles du temps <le Luuis XIV ont voulu des portraits de la main de l'artiste qui pos^ctiait les qualités que recherchent les modèles, l'élégance et la grâce. Seulement, l'aiïéterie, leur voisine, dans laquelle est tombé souvent le . peintre de Louis XIY, la mollesse du dessin, la recherche de la eouleur ont donné raison à la qualîfieation de mignardise, qui caractérise justement parfois son exécution. L'une des œuvres capitales de Mignard est la décoration de la coupole du Yal-de-Grâce. Cette peinture, le plus considérable ornement de l'église, exigeait un très-grand talent de composition et d'exécution, car la coupole du Yal-de-Grâce est l'une des plus grandes qu'on connaisse. 11 y a plus de deux cents ûgures religieuses dans cette peinture. La Trinité et la réine Anne d'Autriche sont particulièrement en vue. Il y a des personnages de premier plan qui n'ont pas moins de 2 à 3 mètres.

Nous préférons à cette vaste machine, comme disent les peintres, le Baptême dans le Jourdain, qui figure aa grand retable de Saint-Jean de Troyes. La femme et la fille dé Mignard sont peintes sous les traits de l'ange blond et de l'ange brun qui assistent au baptême,

Mignard, devenu puissamment riche, maria sa fille au marquis de Feuquières. II mourut en 4695.

Gi&AADOK (Jt'rançûis).

Celui-ci resta toute sa vie bon, simple, naïf, ce qui ne l'empécba point d'être un plus grand artiste que son concitoyen Mignard, qui le regardait du baut de ses dentelles. Né d'une funille de fondeurs en bronze éten

cuivre, il uébuta dans Fétudc de Pierre Geoffroy, procureur, mari de sa marraine. Comme il faisait plus de croquis que de copies de pièces, on Tenvoya chez Beaudesson, un menuisier-sculpteur du voisinage ; on croyait le punir, on lui ouvrit sa voie. Etudiant les œuvres de Gentil, de Dominique, de Juliot, pour lesquels il garda tov\jours une sincère admiration, Girardon commençait à révéler son avenir, lorsque le basard le conduisît au château d'Estissac, chez le chancelier Séguicr. Homme de goût et généreux, le chancelier envoya Girardon à Rome, pour y étudier la grande sculpture. Diriiré par Philippe Thomassin, de Bar-sur-Aube, qui fut son ami autant que son maître, le jeune homme revint àTroyes en 4652; de là il alla à Paris, où il retrouva le chance^ lier, son protecteur. Mignard et Golbert frayèrent à Girardon le chemin de la célébrité, mais Mignard gfttu sa protection par la manière hautaine et blessante dont il l'exerça. Tout autre que Girardon y aurait mis moins de modestie et de reconnaissance. Sculpteur du roi, membre, puis directeur de l'Académie, Girardon était

un provincial égaré à Paris. II garda jusqu'à la fin sa rusticité candide et sa bonhomie. Ses grandes œuvres sont le Mausolée de Richelieu^ dans Téglise de la Sor* bonne, et qui n'est rien moins qu'un chef-d'œuvre; des groupes et des statues au palais de Versailles ; le monument consacré au marquis de Louvoîs (hôpital de Tonnerre); celui de Gérard Bignon, à Saint-Nicolas-du- Charduiiiieret, de Paris, et une foule de statues, de bustes, de médaillons consacrés à Louis XIV, à Marie- Thérèse, au grand Gondé, à Golbert et à ses parents, et aux illustrations du siècle. La mythologie et l'allégorie ne réussissaient pas moins à Girardon que les motifs historiques. On a de lui d'adorables angelots et des tjStes d'enfants d'autant mieux réussies que la sculpture (lu xYue siècle modelait plus volontiers la cliair que le muscle. Talent souple, facile et hardi, Girardon est toujours reconnaissable. Troyes possède seulement de ce grand sculpteur : Un Christ en bronze, à Saint- Bemy ; Un médaUlm de Louis XIV, dans la grande salle de rHôtel-dcpTille; Des ornements de bronze, au grand autel de Saint-Jean ; Les bustes de Louis XIV et de Marie-Thérèse; Un bas-relief de marbre, provenant du tombeau de M^c de Lam oignon : Un autre, en bronze, représentant Saint Charles cornmuniant les pestiférés, au Musée; Deux bustes d'enfants, l'un pleurant, l'autre riant, à la Mairie.

C'est peu, car l'hùtel des Ursins, M. Dare, maire de Troyes, la famille Quinot et beaucoup d'autres possé* daient des œuvres du grand sculpteur. Il est à souhaiter que Troyes fasse exécuter des copies ou des moulages, qui prendraient naturellement place à côté de l'œuvre de Simart.

NiGOT (Jean).

Contemporain de Mignard^ élève de Poussin, Jean

Nicot ne doit qn'k lui-même et h Tabos de son iiAmX

d'imitation de n'avoir pas laiss(' un nom plus populaire et plus retentissant. Il copiait ou imitait un peintre de façon à déconcerter son modèle.

Vingt ans l'élève et l'ami de Poussin, il s'effaça derrière son maître, q]u'il ne quitta que pour revenir se fixer à Troyes. Les portraits de Nieot étaient fort re^ eherehés, et ses compositions personnelles ont ralluie magistrale et la couleur vigoureuse de Poussin.

En ^675, l'artiste troyen exécuta, pour l'église de la Madeleine, dix tableaux dë chevalet représentant les actes de la vie de la Madeleine* Ils y sont encore.

NiRET M L^Smme {Jacques)»

Elève de Youet en même temps que Mignard, Lesueur et Le Brun, Jacques Ninet, auquel est resté le surnom de De TEstain^, a beaucoup produit. Après avoir débuté à Troyes, par douze toiles représentant le

Martyre de saint Etienne, il se fit comiaiti o à Paris par un Saint Paul devant r Aréopage ^ duniie à Notre- Dame par les orfèvres, et par un Saint Tliomas d*A^ guin, composition allégorique, commandé par les Dominicains. Quittant brusquement Paris, l'artiste revint à Troyes, où il se fixa. L'église SainIrRemi, de Troyeâ, renferme plusieurs tableaux de Ninet de l'Estaing. On voit de ses œuvres dans les environs et dans quelques collections.

Gabbt (Jacques).

Cet artiste fût un utile auxiliaire de son professeur Le Brun, avec lequel il travailla aux peintures des galeries de Versailles; mais ce n'est pas un maître. Il voyagea en Orient, dessinant en naturaliste,, en arcbéo-

logue et en paysagiste. Il exécuta udb riche collection

de dessins d'architecture, d'animaux et d'etnographie. Retiré a Truyes, dans sa famille, il fît plusieurs tableaux d'église, notamment six toiles qu'il donna à l'église Saint-Pantaléon, sa paroisae d'adoptioa (il était né sur Saint-Jean). Elles représentent la vie et le martyre de saint Pantaléon. On ne peut ji^er absolument le peintre sur ces tableaux exécutés à la fiB de sa carrière, — il avsit74 ans, — malgré l'exemple qu'a donné Titien d'un talent dans sa piéDilude, a l'âge de Carey. On y voit des défaillances de contour et de couleur, et un ensemble mou et blafard.

Thoiussin (Philippe).

Elève des erands maîtres italiens, Tiiomassin acquit une grande réputation comme graveur. Il se fixa à Rome, où il aida de ses conseils et de sa protection les jeunes artistes ses compatriotes. 11 est surtout connu par une riche collection de portraits de princes et de capitaines* II eut l'honneur de compter parmi ses élè« ves Jacques Gallat, le célèbre caricaturiste.

JoLï (Jean).

Sculpteur, ardiitecte et ingénieur, Jean Joly fut élève de Girardon, avec lequel il travailla à Vereailles où se trouvât plusieurs statues de sa main. C'est à cet artiste

qu'appartient l'exécution de la statue équestre de Louis XIV, qui fut placée sur la place du Peyrou de Montpellie r Jean Joly, fixé dans cette ville, fut ingé-» nieur et architecte en titre de la province du Languedoc.

Beaudesson (Nicolasj.

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