C'*H“0"’ = C'H'O’ -4- H’OL
Lorsqu’on fait bouillir l’acide rufingallique avec un morceau d’étoffe mordancée à l’alun ou aux sels do fer, on obtient des nuances analogues à celles que fournit la garance.
D’après M. Grimaux, l’acide gallique donnerait naissance à deux dérivés bromés cristallisables, savoir :
Un acide monobromé C’IPBr 0'“,
Un acide dibromé C'*H‘Br’0‘“.
L’acide azotique le transforme à l’ébullition en acide oxalique.
La composition de l’acide gallique est exprimée par la formule C‘IUO'“.
D’après le mode de production de l’acide gallique, que nous avons indiqué plus haut, on voit qu’il existe entre ce produit et l’acide salicylique des relations analogues à celles qu’on observe entre l’acide succinique et l’acide tarlrique.
§ 708. Les chlorures des radicaux d’acide engendrent, par leur contact avec l’acide gallique, des composés qui n’en diffèrent que par la substitution d’un certain nombre d’équivalents du radical à des quantités équivalentes d’hydrogène ; il se dégage en même temps de l’acide chlorhydrique. Al. Nachbaur, à qui l’on doit cette observation, s’est ainsi procuré un acide triucétyl et un acide tétracétylgalliqiic , ainsi qu’un acide dibutyrylgallique .
Le chlorure de benzoïle donne un acide dibenzotlgalliqtie.
TANNIN
Acide ellagique. (Éq. = 338.)
§ 709. Lorsqu’on abandonne au contact de l’air une infusion de noix de galle, il se sépare un précipité de couleur fauve qui renferme, indépendamment de l’acide gallique, un acide particulier qu’on désigne sous le nom A’acide ellagujue. Cet acide, qu’on rencontre également dans les bézoards orientaux, est encore connu sous le nom d’acide bézoanlique.
C’est une poudre légère, d’un jaune pâle, presque insoluble dans l’eau. L’alcool la dissout en la colorant en jaune.
L’acide ellagique se dissout dans la potasse; la solution, qui présente une teinte safranée, s’altère rapidement à l’air.
L’acide sulfurique concentré le dissout sans altération.
L’acide azotique'le convertit en acide oxalique.
Sous l’inQuence de la chaleur, il se décompose sans fondre ; la masse charbonnée se recouvre d’aiguilles jaunes.
La composition de l’acide ellagique est représentée par la formule
C^‘H“0'*, 2 IPO’.
Acide tan.mqüe ou tannin. (Éq. = 618.)
§ 710. On donne ce nom à des substances astringentes trèsdiverses, précipitant la gélatine et formant avec la peau animale une combinaison imputrescible. Ces produits jouissent en outre de la propriété de faire naître dans les sels de sesquioxyde de fer des précipités bleu noirâtre, employés soit dans la teinture en noir, soit dans la préparation de l’encre.
On rencontre principalement ces produits dans la noix de galle, le café, le cachou, les quinquinas, dans l’écorce de chêne, de sapin, etc.; nous ne nous occuperons ici que du tannin extrait de la noix de galle, et, pour le distinguer des autres variétés, nous le désignerons sous le nom d’acide gnllotaiiniiiue, pour rappeler son dédoublement en acide gallique et glucose sous l’inlluence des acides et des ferments.
Nous ne décrirons pas ici les diverses méthodes employées
TANNIN
pour la préparation de l’acide gallotanniipie : nous nous bornerons à faire connaître le procédé fort simple décrit par M. Pelouze, qui consiste à traiter la noix de galle dans l’appareil de déplacement imaginé par M. Robiquet. Cet appareil se compose d’une allonge en verre 4 o), munie d’un bouchon à sa partie ne. 40 supérieure, et qui par sa partie in-
férieure repose sur une carafe ordinaire. On introduit dans cette allonge de la noix de galle réduite en poudre grossière, et pour que celleci ne puisse pas s’écouler par la douille de l’entonnoir, on y dispose une mèche de coton. On verse sur la noix de galle de l’éther saturé d’eau ; celle-ci dissout le tannin, tandis que l’éther, dont la tension est assez considérable à la température ordinaire, presse sur ce liquide et accélère la fdtration. L’éther et la dissolution sirupeuse de tannin tombent goutte à goutte dans la carafe et se séparent bientôt en deux couches distinctes ; l’une, très-fluide et éthéréc, occupe la partie supérieure; l’autre, pesante, visqueuse et de couleur brune, occupe le fond du vase : c’est une dissolution saturée de tannin. On évapore cette dernière dans le vide ou dans une étuve ; on obtient alors, sous forme d’un résidu spongieux , très-brillant, légèrement jaunâtre, du tannin parfaitement pur, dont la saveur, franchement astringente, est dépourvue d’amertume; 100 parties de noix de galle donnent, par cette méthode, jusqu’à 40 pour 100 de tannin.
§ 711 . A l’état de pureté, le tannin de la noix de galle se présente sous la forme d’une matière amorphe, incolore et dépourvue d’odeur. Il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool.
La dissolution d’acide gallotannique se conserve à l’abri de de l’air. Au contact de ce fluide, elle se colore promptement.
r.haulîé au bain d’huile, à la température do ai 5 degrés, ce
TANNIN
composé se transforme en acide carbonique et en un produit cristallisé en longues aiguilles blanches, qui n’est autre que Yncide pyro^altir/ue ; on obtient un résidu brun foncé.
L’acide gallotannique forme dans les sels de peroxyde de fer un précipité bleu noirâtre qu’on emploie dans la composition de l’encre et qui sert de base aux teintures en noir. Versé dans une dissolution d’albumine ou de gélatine, il produit un abondant précipité floconneux , ce qui le fait employer dans la clarification de certains liquides. Fait-on macérer une peau animale dans une solution de tannin , cet acide est absorbé rapidement en formant avec cette dernière une combinaison imputrescible. De là l’emploi de ce produit pour le tannage des peaux.
Suivant Berzélius^ les acides minéraux énergiques forment avec l’acide tannique des combinaisons fort solubles dans l’eau.
L’acide sulfurique concentré dissout à froid l’acide gallolannique en prenant une coloration jaune. Si l’on chauffe la liqueur, elle prend une couleur pourpre et dégage de l’acide sulfureux ; étendu, cet acide le convertit à l’ébullition en acide gallique et glucose ; cette réaction s’explique au moyen de l’équation
4IFO>= SClW-f CMPO'’.
Acide gallotannique. Acide gallique. Glucose.
I.a composition de l’acide tannique est exprimée par la formule
Le tannin extrait de l’écorce de la racine de grenadier se dédouble, sous l’influence des acides, à la manière de l’acide gallotannique, en glucose et en acide ellagique ou bézoardique, ainsi que l’exprime l’équation
Granatilannin. Acide ellagique. Glucose.
§ 712. On rencontre dans le bois jaune un acide analogue au tannin, et de plus homologue de ce dernier, dont la composition est exprimée par la formule
ACIDE OPIAMQUE.
(]elui-ci se dédouble, sous l’influence de l’acide sulfurique étendu et bouillant, en un nouvel acide homologue de l’acide gallique et en glucose, à la manière du tannin. Cette réaction s’explique facilement à l’aide de l’équation
C^IPO”, 8110= 3(C’“1I'0"')
Acide morilanuiquc. Acide moriaiqae. Glucose.
§ 713. On donne aux principes immédiats extraits de l’écorce de différents végétaux, qui jouissent de la propriété de se colorer au contact de l’air, le nom à^phlobapliènes, dérivé des deux mots grecs fxoïôc, écorce, et couleur.
Acide opiamque. (Éq. = 226.)
§71i. Je ne terminerai pas ce Chapitre sans vous dire quelques mots d’un produit qui se rattache à la série aromatique : je veux parler de l’acide opianique. Ce composé, dont on doit la découverte à MM. Liebig et Wôhler, prend naissance lorsqu’on oxyde la narcotine par un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganè.se ou d’oxyde puce de plomb. Il se forme en outre, dans cette circonstance, un composé basique désigné sous le nom de cotarnine, dont nous n’avons pas à nous occuper ici. Ce dédoublement s’explique au moyen de l’équation
C'*H’’AzO'‘ -h 0' = C*«H'“0'‘’+ C^'ir^AzO*.
Narcotine. Ac. opianiqne. Cotarnine.
L’acide opianique cristallise en prismes minces, souvent groupés concentriquement et enchevêtrés.
Il est incolore. Sa saveur est amère et sa réaction faiblement acide. Peu soluble dans l’eau froide, il se dissout assez bien dans l’eau bouillante, ainsi que dans l’alcool et dans l’éther.
Il fond à i4o degrés sans perte de poids. Chauffé à l’air, il répand des vapeurs dont l’odeur rappelle celle de la vanille.
Sous l’influence d’une chaleur prolongée, l’acide opianique éprouve une modification profonde sans que, toutefois, sa composition soit altérée.
ACIDE OPIANIQUE.
Après refroidissement, il reste mou pendant très- longtemps. Peu à peu, il durcit et devient opaque sans prendre do texture cristalline ; l’eau bouillante refuse alors de le dissoudre.
Les corps oxydants , tels que l’acide nitrique , un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de plomb ou de bichromate de potasse, le bichlorure de platine, etc., le convertissent en acide hémipinique
C«HioO”.
L’hydrogène naissant le transforme en méœnine C“H"0'.
Chauffé avec un grand excès de potasse caustique, l’acide opianique se dédouble en acide hémipinique et méconine, ainsi que l’exprime l’équation
Ac. opianique. Ac. hémipinique. Méconine.
Chauffé à loo degrés en vases clos avec plusieurs fois son poids d’une dissolution saturée d’acides iodhydrique ou chlorhydrique, il se dédouble en iodure ou chlorure de méthyle et en acide méthjlnoropianiqiie
L’acide sulfurique concentré le transforme, à i 8 o degrés, en une matière colorante qui produit sur les étoffes mordancées, soit à l’alumine, soit aux sels de fer, toutes les teintes de la garance. Lorsqu’on chauffe cette substance avec précaution, une portion se sublime en flocons orangés, mais la majeure partie se carbonise.
L’acide sulfureux dissout l’acide opianique en le transformant en acide opianosuljurcux.
L’acide sulfhydrique n’agit pas à froid sur l'acide opianique ; mais lorsqu’on fait passer ce gaz dans une solution de cet acide, maintenue à 76 degrés, elle se trouble et laisse déposer un précipité floconneux présentant l’apparence du soufre précipité. On désigne ce produit sous le nom à'acidc suif opianique.
AOIDB OPIAMQUE.
L’ammoniaque réagit également sur l’acide opianiqueet donne naissance à deux amides parfaitement définies.
§ 71.^). L’acide opianique peut être considéré comme le dérivé diméthylé de l’homologue d’un acide gallique
appartenant à la série cinnamiaue, Xacidc noropianique En effet, on a
Ac. noropianique.
îC’IE ==
Ac. opianique.
Cet acide noropianique n’a, jusqu’à pré.sent, été l’objet d’aucune étude. On en connaît deux dérivés métliylés, l’acide opîanique dont je viens de vous faire connaître les propriétés principales et un composé intermédiaire, l’acide méihylnoropianiqne dont nous avons indiqué plus haut le mode de formation.
Le perchlorure de fer fait naître dans la dissolution de ce dernier une coloration d’un bleu foncé que l’ammoniaque fait passer au rouge. L’acide nitrique le transforme en un dérivé nitré.
L’acide méthylnoropianiquo présente la composition de l’acide gallique de la série cinnamiquc. En effet, on a
cjnw,
Ac. cioDamique. ]
C’^iro", I
Ac. coumariqiic. '
Ar. caféique. I
c"’iro'», I
Ac. méihylnoropianiqne. '
qui nous offre le parallélisme le plusparfaitavec la série
Ac. benzoïque.
c'Mro»,
Ac. salicylique.
Ac. protocatéchiqne.
c"iro'“.
Ac. galliqne.
La composition de l’acide opianique est représentée par la formule
QzoïpoO'».
ACIDE OXUVITIQUE.
Acide oxuvitique. (Éq. = 196.)
§ 716 . MM. Oppenheim et PfafF ont obtenu tout récemment un acide isomère de l’acide méthylnoropianique en faisant agir le chloroforme sur le mélange ÿ éther sodacétique et A’ éther ncétyloacétique mnnnsodé, qui prend naissance dans l'action réciproque du sodium et de l’éllier acétique.
La réaction assez vive qui s’établit entre i molécule de chloroforme et 2 molécules d’éther acétyloacétique monosodé donne naissance à l’éther d’un acide ayant pour formule
et qu’on peut isoler par la saponification de cet éther. Cet acide ne différant de l’acide uvitique que par 2 molécules d’oxygène en plus a reçu le nom à'acUle oxuvitique.
Chauffé avec un excès do chaux, il se dédouble en acide carbonique et crésol, ainsi que l'exprime l’équation
CiBH'O'» -t- 4 (CaO) = 2{C’0', 2CaO) -(- C'H'O’.
Ac. oxuvilique. Crésol.
On sait, d’après les recherches de M. Bacyer, que l’acide uvitique fournit dans les mêmes circonstances du toluène pur
ce qui fixe très-nettement la constitution de l’acide précédent.
En faisant agir sur l’éthor acétyloacétique sodé des corps analogues au chloroforme et du chloroforme sur des éthers sodés analogues aux précédents, on devra obtenir toute une série de composés analogues à celui dont nous venons d’indiquer la for-
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