CONSIDÉRATIONS SUR LES GLTCOLS
odeur aromatique, dont la densité est de o,83i à i5 degrés et qui bout vers i45 degrés.
La composition de l’octylglycol est représentée par la formule
pieuiü )
§ Ü73. Je vous ai fait remarquer, en terminant l’histoire des alcools, la régularité qu’on observe entre les points d’ébullition de ces différents produits et de leurs éthers. Nous avons vu qu’en passant d’un terme au suivant le point d’ébullition s’élève d’environ i 8 degrfe. Les différents acides composant une série homologue, tels que ceux de la série formique, nous offrent des résultats tout semblables, et il en est de même, comme nous aurons l’occasion de le constater plus d’une fois, de la plupart des séries homologues. Les glycols nous présentent précisément l’inverse, les points d’ébullition s’abaissant, au contraire, à mesure que le poids de l’équivalent s’élève. C’est ce dont on peut facilement se convaincre à l’inspection du tableau suivant :
PoiDts d'éballition.
Glycol 197”,
Propylglycoi de 188 à 189“,
Butylglycol de 1 83 à 184 “,
Amylglycol 177”.
Cette décroissance du point d’ébullition dans des produits semblables, à mesure que le poids de la molécule augmente, semblerait bien indiquer qu’ils ne sont pas les véritables homologues du glycol vinique. Néanmoins, si l’on n’avait pas à invoquer des réactions décisives qui démontrent que cette homologie n'existe pas, le fait de la décroissance des points d’ébullition ne serait pas suffisant; et, en effet, je vous ai fait voir, § 189, en traitant de l’acétonitryle, que le point d’ébullition do ce composé s’abaissait d’autantplus que la proportion du chlore substitué à l’hydrogène qu’il renferme allait en augmentant, contrairement à ce qu’on observe dans les phénomènes de cette nature.
ai .
GLYCOLS aromatiques. GLYCOt TOLLYLÉNIQI'E.
Glycols se rattachant à la série aromatique.
§ 57t. En considérant le chlorobenzol comme le correspondant do la liqueur des Hollandais, MM. Limprichtet Wicke avaient été amenés à penser qu’en faisant agir ce produit sur l’élliylale de soude ou l’acétate d’argent on devrait obtenir dos éthers analogues aux dérivés du glycol. L’expérience a permis, en effet, de réaliser la formation de produits présentant 1 a composition prévue; mais la saponification de ces éthers, au lieu de donner naissance au glycol cherché, ne fournit que de l’aldéliyde benzoïque. Les composés formés dans les circonstances précédentes présentent l’analogie la plus étroite avec des produits de constitution semblable fournis par l’aldéhyde.
Le glycol benzoïque n’existe donc pas plus que le glycol méthylénique; néanmoins on connaît un glycol primaire se rattachant à la série aromatique, le "h col tnllj /cfiif/iic, qu'on peut faire dériver du xylène, ainsi qu’il résulte des recherches si pleines d’inlérét de M. Grimaux, dont nous allons donner une analyse succincte.
Glycol tollylé.vique. (Éq. = i38.)
§ 575. Lorsqu’on fait agir le chlore sur le xylène à i4o degrés, température à laquelle cet hydrocarbure se réduit en vapeur, on obtient un produit cristallisé, représenté par la formule
C'irCH,
qu’on peut considérer comme l’éther dichlorhydrique d'un glycol correspondant
Pour obtenir ce dernier, il suffit de chauffer avec de l'eau dans des tubes scellés, entre 170 et i 8 i> degrés, soit le chlorure précédent, soit le bromure correspondant. En employant 3o parties d’eau pour i partie de chlorure ou de bromure, la saponification est terminée dans l’espace de deux lï trois heures.
Gl.YCOL TOLLYLÉNIQL'E.
La liqueur, parfaitement limpide, renferme en dissolution de l’acide chlorhydrique et du glycol tollylénique, qu’on ne saurait séparer l’un de l’autre par l’évaporation au bain-marie, Tacide chlorhydrique réagissant sur le glycol produit à mesure que la liqueur se conceniro pour régénérer le chlorure de tollylène.
Pour obteuir le glycol tollyltmique parfaitement pur, on concentre la liqueur précédente, soit par évaporation à l’air à la température ordinaire ou mieux encore dans le vide ; on la sature par du carbonate de potasse, puis on l’agite avec de l’éther. '
La solution éthérée, soumise à l’évaporation, laisse un résidu qu’on reprend par l’eau distillée bouillante; on filtre la solution aqueuse sur un filtre mouillé, puis on l’abandonne à l’évaporation dans le vide.
§ 576. Ainsi préparé, le glycol tollylénique se présente sous la forme d’aiguilles blanches opaques, entrelacées.
11 fond entre 112 et ii3 degrés. L’eau, l’alcool et l’éther le dissolvent en forte proportion.
Oxydé par un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse, il donne naissance à de VacUle téréplitaliriue.
Lorsqu’on chauffe la dissolution aqueuse de ce glycol avec un grand excès d’acide chlorhydrique, elle se trouble bientôt et la vapeur aqueuse entraîne, en se dégageant, un liquide huileux qui ne tarde pas à se .concréter et qui n’est autre que le chlorure de tollylène.
Les acides bromhydrique et iodhydrique se comportent de la même manière, en donnant naissance à du bromure et à de l’iodure de tollylène, qui sont également entraînés avec les vapeurs d’eau.
Le chlorure de tollylène, en réagissant pendant vingt-quatre heures au bain-marie sur une dissolution alcoolique debenzoate de soude, donne un abondant dépôt de chlorure de sodium, tandis que l’alcool retient en dissolution du monnbenzoatc detoUylène, qu’on sépare au moyen de la distillation. La matière, lavée avec une solution étendue de potasse, puis à l’eau pure, ne tarde pas à se concréter. On comprime la matière solide dans des doubles de papier buvard, on la dissout dans l’éther, et l’on abandonne la dissolution à l’évaporation spontanée. On obtient
GLYCOL STILBÉNIQUE.
ainsi de longues aiguilles fines et légères. La composition do ce produit est représentée par la formule
■‘H* j , C'MI’OM
La réaction du chlorure ou du bromure de tollylène sur une solution alcoolique d’acétate de soude à i5o degrés fournit un mélange de monoacétate et de diacélate de tollylène
MoDoacétate de lollylène. Diacélate de tollylène.
En chauffant pareillement du chlorure de tollylène avec une solution alcoolique très-concentrée de potasse, on obtient une monoéthyline
C‘“H* i H, C'IEj
Cette dernière, chauffée avec du chlorure de benzoïle, fournit un éther mixte, la bcnzoéthyline
C'IE, C'IEOM
F.CS faits que nous venons de rapporter suffisent, je crois, pour établir les fonctions du corps dont nous venons de tracer l’histoire et pour le placer au rang des glycols.
La composition du glycol tollylénique est représentée par la formule
piO TI» 1
Hydrobenzoïne ou glycol stilbémque. (Éq. = 214.)
S S77. Ce composé, dont on doit la découverte à M. Zinin, s’obtient en dissolvant 4 parties d’aldéhyde benzoïque pure dans 6 parties d’alcool à o,85, additionné de 4 parties du même alcool saturé de gaz chlorhydrique. On ajoute ensuite 1 partie de zinc en fine grenaille, et par petites portions à la fois, à ce mélange qui s’échauffe en prenant une coloration tantôt jaune, tantôt
GLYCOL STILBËNIQUB.
verte. Dès que la réaction paraît terminée, on porte à l’ébullition le mélange auquel on ajoute un poids d’eau triple ou quadruple do celui de l’aldéhyde benzoïque employée. Cetle addition détermine la séparation d’un liquide huileux qui ne tarde pas à se concréter par le refroidissement en cristaux assez durs.
La formation de l’hydrobenzoïne est toujours accompagnée de celle d’une proportion plus ou moins forte d’alcool benzylique, dont on la débarrasse par la compression entre des papiers absorbants.
Ce produit paraît encore prendre naissance, suivant M. Zinin, en môme temps que l’alcool benzylique, en dissolvant la benzoïne dans la potasse à l’abri de l’air.
Ce composé, que M. Grimaux considère comme le glycol stilbénique, se sépare de sa dissolution alcoolique bouillante sous la forme de tables rhomboïdales. L’hydrobenzoïne fond à i36 degrés et bout au-dessus de 3oo degrés ; elle est très-soluble dans l’alcool et l’éther surtout, à la température d’ébullition de ces liquides.
Une solution aqueuse ou alcoolique de potasse ne l’attaque pas. L'acide azotique du commerce réagit sur l’hydrobenzoïne, è l’aide d’une douce chaleur, et la convertit en benzoïne; en prolongeant l’action et ajoutant de l’acide plus concentré, cette dernière se change finalement en benzylo.
La composition de l’hydrobenzoïne est représentée par la formule
pMUIJ 1