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emprunté au journal américain VElectrical Vorkl, complétera notre explication [fig. 86).
Fig. 86. — Une course de chevaux au théâtre de VUnion Square, h New- York
Le truc fit sensation à New- York, si bien qu'un directeur parisien, celui des Variétés songea à exhiber cette attraction sur son théâtre. M. Solignac, ingénieur électri-
cien, fut chargé d'installer sur la scène très exiguë des Variétés les moteurs et les chemins mobiles.
Le plancher de scène des Variétés se divise, selon l'habitude en plans, composés de rues et de fausses rues, séparées par les costières. Les points r"" appui, c'est-à-dire les potelets du premier dessous et leurs prolongements jusqu'au sol inférieur sont à l'aplomb des costières. Les chemins mobiles furent donc logiquement disposés dans l'intervalle des rues, mesurant 0", 93 de large sur une longueur de 9 mètres, alignement des levées. Les trappillons ou fausses rues, comme on le voit dans le dessin, étaient dissimulés sous des planchers triangulaires, peints en ton de gazon (V. liage 329).
Les chemins mobiles, montés sur des courroies sans fm, étaient fabriqués en épais tissu de cellulose, tapis bourre en fibres de noix de coco, qui assuraient une surface souple et rugueuse aux sabots des chevaux.
Les tapis passaient sur des tambours ou larges cylindres de 1",75 de diamètre, composés de douves jointives, montés sur une armature métallique. Les axes des cylindres étaient distants de 8 mètres. Dans leur intervalle on aligna une série de rouleaux en bois dur, presque tangents, car ils mesuraient 0'",19 de diamètre, et se trouvaient espacés de 0"',20 d'axe en axe.
Le premier cylindre recevait seul le mouvement de la machine. L'autre ainsi que les rouleaux tournaient comme des poulies folles, par la seule adhérence du tapis mobile.
Une dynamo spéciale commandait chaque piste ; il faut considérer que les chevaux développaient chacun une vitesse individuelle, qu'il était impossible d'uniformiser. Un rhéostat pour chacune des dynamos permettait à l'électricien de régler la vitesse des pistes mouvantes.
Les dynamos, placées dans les dessous, actionnaient, par l'intermédiaire d'un pignon, une grande roue dentée faisant corps avec le tambour d'entraînement. Ces dynamos, du système Gramme, étaient alimentées par les accumulateurs
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TRUCS ET EFFETS DÉCORATIFS RÉCENTS. 33o
de la station centrale Popp, établie rue Feydeau. Elles consommaient un courant de 100 volts et de 200 ampères, représentant l'énergie nécessaire pour allumer 400 lampes de 16 bonifies.
Avant le lever du rideau qui découvrait le tableau des courses, les jockeys montés se plaçaient et la piste mouvante se déroulait lentement d'abord pour prendre sa vitesse dès que le rideau s'élevait. Cette vitesse alors se chiffrait par 125 à 130 tours à la-minute, ce qui représente un parcours de 800 mètres. La durée du tableau atteignait deux minutes à peine.
Le rideau panoramique représentait la vue familière aux Parisiens de l'hippodrome de Longchamps, avec ses tribunes et les rangées lointaines de spectateurs peints sur la toile. Ce rideau, d'une longueur de 100 mètres environ, s'enroulait sur deux cylindres verticaux qui recevaient leur mouvement de rotation d'un moteur à air comprimé. Ce mouvement était de beaucoup inférieur en vitesse au mouvement des pistes, conformément à ce qui se passe dans la nature. Les plans éloignés pour l'œil de l'observateur mobile se déplacent plus lentement que les premiers plans.
Par contre, la barrière mobile interposée entre les chevaux et le public de la salle fuyait avec une rapidité égale à celle des coureurs.
Cette barrière se composait d'une lice horizontale fixe, devant laquelle passaient des montants verticaux, ces montants s'attachaient à une courroie sans fin qu'on voit dans notre dessin, passant sur trois poulies. Celle des poulies qui correspond aux tambours moteurs des pistes était entraînée par une transmission provenant d'un autre moteur à air comprimé.
Ce truc très ingénieux procède plutôt de l'art du mécanicien que celui du machiniste. Son installation nécessita un bouleversement total de la machinerie des dessous du théâtre des Variétés. 11 nous souvient des doléances du chef machiniste, M. Bruder, désespéré de voir son théâtre
à la merci des électriciens. Ceux-ci en agissaient, comme ils le font trop souvent dans nos appartements, coupant, taillant au hasard pour économiser du temps. M. Bruder dut intervenir au moment où on commençait à scier les jumelles des tambours du dessous pour laisser libre place au jeu des transmissions.
L'installation de ces effets mécaniques est non seulement coûteuse par le prix d'établissement, mais encore par les réparations subséquentes lorsqu'on remet le théâtre en état pour les pièces ordinaires.
Nous ajouterons que M. Bruder, chargé de construire le même truc pour un théâtre étranger, était arrivé à le faire fonctionner par le seul emploi de la force humaine.