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Plancher jointif du 1" service des corridors

22. — Ponts volants et pontsdu lointain. Pose des étriers^ des tabliers et des garde-fous.

23. — Garde-corps des services. Pose des châssis mobiles avec leurs rouleaux et les chevilles de retraite.

24. — Boutonnage général. Pose des corbeaux et pattes à scellements.

25. — Jouées des cheminées de contrepoids. Pose des cloisons, en planches espacées exactement de 0'°,08.

Ces interstices, comme nous l'avons expliqué, permettent aux machinistes de descendre et de monter dans les cheminées.

Le travail de l'ingénieur machiniste se termine par le placement des agrès suivants, dont nous expliquerons l'usage ultérieurement.

26. — Pose des moufles de famille à trois poulies pour les plafonds. Ces moufles sont fixées en dessous des solives du gril.

27. — Pose des crochets à paillette pour les attaches des faux cordages, fixées également en dessous des solives du gril.

Gela fait, il ne reste plus qu'à amener des décors et des cordages, et la machinerie est prête à fonctionner pour aménager la scène suivant le milieu oi^i se déroule la pièce en représentation.

LES ÉQUIPES

Les rideaux. — Perches, fourreaux et bavettes. Les fils d'appel. — Équipe sur uu tambour. — La commande et les faux cordages. — Crochets à paillette. — Bandes d'air, plafonds et frises. Moufles de famille. — La poignée. — Les châssis. — Traverses à pomme. Mouchoirs. — Voliges chantournées et taquets. — La guindé. — Les couplets. Les fermes. — Cassettes et âmes.

On désigne sous l'appellation d'équipes, les modes d'attache et de suspension des différentes parties du décor. Nous avons suivi la construction d'une scènerie, l'installation des organes est complète. 11 ne reste plus qu'à montrer comment ces organes fonctionnent.

Nous laisserons de cùté les installations accessoires ; la canalisation du gaz et la pose de l'électricité ; les différentes distributions d'eau pour parer auxcommencemjents d'incendie; la construction et les manœuvres du rideau de fer, etc.

Un décor se compose de plusieurs parties, qu'on nomme : rideau, châssis, fermes et plafonds.

Le rideau est attaché au cintre. Il est foi^mé d'un nombre suffisant de lés de toile de chanvre assez forte. Les lés, disposés horizontalement, sont cousus en surjet. Haut et bas, souvent au milieu, des remplis sont ménagés. Ces remplis, qu'on nomme fouy^reaux, reçoivent une longue perche en frêne de 0°',045 de diamètre. La perche est constituée par des rondins écorcés et blanchis ; ils s'aboutent deux à deux, par une enture taillée en sifflet, clouée et collée. Une bandelette de toile, enduite de colle-forte, s'enroule en spirale autour de la jonction, et constitue une ligature solide et peu saillante.

Si la hauteur du gril le permet, les rideaux monteront

du fond, d'une pièce. Dans ce cas, le rideau sera appelé par la perche du haut. La perche du bas, autant par son poids que par sa rigidité, maintiendra sans plis la surface de la toile.

Lorsque le machiniste ne peut disposer d'une hauteur suffisante, il équipe son rideau par la perche du milieu, en maintenant celle du haut par un dispositif spécial de cordages. En ce cas, la perche du milieu est appelée, le rideau se plie en deux et vient se ranger dans le cintre. Cette épuipe présente un inconvénient : le pli du milieu, au bout d'un certain temps de service, se marque de plus en plus, d'autant que la peinture cassée s'écaille et tombe.

Le rideau est cousu à la main, dans l'atelier du machiniste, par des ouvrières spéciales. C'est un labeur pénible que d'enfoncer l'aiguille dans cette toile raide et rêche. Les fourreaux sont ménagés, en même temps, que la bavette. La bavette est un volant fixé à la base du rideau, au-dessus de la perche inférieure qu'elle dissimule en même temps qu'elle s'étale sur le sol et intercepte toute solution de continuité, ce qui produirait un effet désagréable pour l'œil du spectateur.

Le rideau part pour l'atelier du décorateur où il est peint. Alors, on le munit de ses perches, on l'enroule et on le transporte sur le plancher de la scène, parallèlement au sens des rues, à la place qu'il doit occuper lors des représentations.

Cinq fils A, B, C, D, E, sont descendus du cintre (fig. 24). L'un de ces fils sera attaché au point milieu de la perche ; deux autres aux extrémités. Les deux derniers seront placés dans les espaces intermédiaires qu'ils diviseront également. Ce nombre de points d'attache est indispensable pour éviter le fléchissement de la perche.

Les machinistes font une incision au couteau dans le fourreau et nouent directement sur le bois.

Les cinq fils montent verticalement au gril. Celui du milieu, C, se repère exactement sur l'interstice des deux solives médianes. Ce repère détermine la place des quatre

LES EQUIPES.

autres fils. Chacun passe sur une petite poulie, et le faisceau rassemblé vient s'enrouler sur le petit diamètre d'un tambour, où les abouts des fils sont cloués.

Un nouveau fil, H, est enroulé et cloué sur ce même petit diamètre, mais en sens inverse; il est envoyé sur une poulie, dont la chape est supportée par les lambourdes qui bordent l'une des cheminées de contrepoids. Il s'attache sur la poignée d'une tige, chargée du nombre de

Fig. 24. — Équipe d'un rideau sur un tambour du gril.

pains de fonte nécessaire à contre-balancer le poids du rideau.

Il serait impossible de laisser en l'état ces deux poids équilibrés plus ou moins exactement; le plus lourd entraînerait l'autre. Il faut maintenir le tambour immobile. Pour ce faire, un cordage, HG, est enroulé sur le gros diamètre du tambour; ce cordage, c'est la commande. On la choisit d'un plus fort échantillon, pour qu'elle offre plus de prise, qu'elle soit mieux en mains. Elle est également clouée de façon à laisser deux bouts qui descendent jusqu'au corridor du premier service, en constituant un fil sans fin. Un appel dans l'un ou l'autre sens détermine la révolution du

tambour. Les fils en faisceau s'enroulent ou se déroulent, le rideau monte ou descend.

Le cordage de la commande, à l'état de repos, se fixe en retraite, par un nœud en croix, sur l'une des chevilles qui hérissent les traverses de châssis mobiles.

Que l'on détache la commande, le rideau obéira à l'action du contrepoids. Si celui-ci est plus pesant que le rideau, ce dernier montera. Si le contrepoids est plus léger, c'est lui qui sera entraîné par le rideau, qui s'abaissera.

Si, plus logiquement, le rideau et le contrepoids sont équilibrés, ils demeureront immobiles, mais un léger effort, sur un des fils de la commande, produira l'ascension de l'un ou de l'autre.

Les treuils, placés généralement au troisième service, servent, comme nous l'avons dit précédemment, à rappeler les contrepoids qui ont accompli leur course.

Nous savons comment et pourquoi un rideau de fond s'élève ou s'abaisse. Il est difficile, impossible même, de régler la hauteur exacte à laquelle il doit se tenir, en vue du spectateur, pour produire son effet décoratif. Si nous supposons qu'il se loge plié au cintre, et, par conséquent, appelé par la perche du milieu, il évoluera plié continuellement, ce qui répondrait bien médiocrement à l'usage auquel il est destiné.

C'est alors qu'interviennent les faux fils ou faux cordages.

Les faux cordages sont également au nombre de cinq. Que le rideau monte de fond ou se plie en deux, ils sont invariablement attachés à la perche du haut. L'extrémité supérieure est accrochée aux solives du gril. Leur longueur est calculée de façon que la perche inférieure du rideau qu'ils soutiennent repose à quelques centimètres du sol. Si cette perche posait sur le plancher, le rideau se plisserait, au grand détriment de l'effet décoratif.

D'autre part, la solution de continuité serait non moins déplaisante à l'œil. On l'évite par le volant de toile, la bavette, que nous avons mentionnée plus haut.

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Lorsque le rideau a pris sa place, on donne du lâche, c'est-à-dire qu'on remonte .suffisamment le contrepoids de façon à ce que les fils d'appel cessent d'être tendus. Le poids est reporté exclusivement sur les faux fils. Ceux-ci, à vrai dire, dans les manœuvres, s'emmêlent souvent avec la multitude d'agrès qui encombre le cintre. Dans ce cas, un machiniste passe sur un pont volant, et remédie à l'embarras.

L'attache des faux cordages s'opère du pont volant qui est immédiatement situé sous le plancher du gril, à 2 mètres environ^ hauteur à laquelle un homme de taille ordinaire atteint facilement en élevant les bras. Les faux cordages se nouent dans une série de crochets, fixés aux solives du gril, qu'on nomme des crochets k paillette.

Ces crochets sont analogues aux mousquetons dont le type est suffisamment connu. Ils sont formés d'un fer méplat, fraisé pour le passage des vis d'attache. La partie méplate s'arrondit et se recourbe, formant boucle. La boucle est fermée par un ressort d'acier dont la partie basse vient buter sur une encoche ménagée dans la partie supérieure de la boucle. Nous donnerons plus loin, dans le dessin représentant une cassette, la figuration d'un crochet analogue à celui-là.

Le ressort ou paillette est destiné, comme on le comprend, à empêcher le nœud des faux cordages de s'affranchir du crochet.

On appelle bande d'air, plafond ou frise, ces parties de décor qui réunissent à chaque plan les extrémités supérieures des châssis et qui sont destinées à arrêter les regards du spectateur. La succession des plafonds constitue un dispositif qui rappelle celui des lames de persiennes.

Les spectateurs des fauteuils d'orchestre et du parterre apercevraient la profondeur du cintre sans cette utile précaution. Les plafonds dissimulent encore les appareils horizontaux d'éclairage, les herses, qui garnissent chaque plan. Leur présence est donc indispensable, mais elle donne sujet à maintes critiques.

Lorsque le décor est fraîchement peint et que l'éclairage

est bien réglé, les plafonds se dissimulent; leurs silhouettes se confondent dans la teinte générale, mais bientôt la poussière les frangent de taches irrégulières. Si, par malheur, le comble n'est pas suffisamment étanche, ils portent la trace des infiltrations de la pluie et toute illusion disparaît. Les frises constituent un écueil redoutable pour l'art des peintres décorateurs. Aussi évitent-ils, autant que faire se

Fig. 25. — Bande d'air et plafond de paysage.

peut, les ciels dégagés qui nécessitent l'emploi de teintes claires et qui se salissent au moindre accident.

Ils multiplient, surtout au premier plan, les silhouettes d'arbres penchés, se réunissant pour encadrer le décor. Ces arbres leur fournissent des formes précises et des teintes plus soutenues. Ils usent et abusent des figurations de bannes ou vélums ; ils emploient, en un mot, tous les artifices possibles pour remédier à ces malencontreuses bandes d'air, qui, en dépit de toutes les précautions, produisent le plus piteux effet.

Dans certains théâtres, on préfère exagérer outre mesure la hauteur et la largeur des rideaux de fond, ce qui permet

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de supprimer la majeure partie des plafonds. A l'Opéra, par exemple, un décor de dix plans est accompagné de trois plafonds seulement, alors que le chiffre normal s'élèverait à neuf. L'effet scénique est meilleur, mais l'éclairage devient plus difficile, et la superficie des fonds du décor s'exagère dans des proportions gigantesques.

Le plafond ou bande d'air [fig. 25) se compose de plusieurs lés de toile, accrochés par un fourreau à une perche supérieure. La partie inférieure est découpée selon la nature de la décoration. C'est tantôt une ligne légèrement

Fig. 26. — Moufle de famille pour l'équipe des plafonds.

infléchie, se raccordant au châssis, tantôt c'est une silhouette de feuillage, avec des ajours si le plafond représente des têtes d'arbres.

Les ajours sont découpés dans la toile, mais les saillies se recroquevilleraient si elles n'étaient soutenues. Aussi colle-t-on derrière des morceaux de filet noir à larges mailles, qui échappent à la vue du spectateur.

La perche du plafond est attachée à cinq fils, qui remontent verticalement au gril et passent sur de petites poulies.

Ces petites poulies ne sont pas fixées sur le plancher du gril, comme celles qui reçoivent les cordages des rideaux. Elles sont placées dans des chapes vissées aux solives du gril et pendantes au-dessous. Ces chapes portent le nom de moufles de famille [fig. 20). Elles contiennent trois ou quatre poulies.

11 est indispensable de multiplier ces appareils , car le nombre des plafonds équipés dans un même plan est parfois considérable. On doit se rappeler que les cours de solives du gril sont parallèles à Taxe longitudinal de la scène.

Les cinq fils du plafond se réunissent en faisceau et viennent s'enrouler sur une poulie à large gorge placée à l'aplomb des services de la cour ou du jardin. Ils descendent jusqu'au premier corridor où la 'poignée est mise en retraite sur une cheville.

La manoeuvre se fait à la main, sans intervention d'un contrepoids. Le plafond est assez léger pour que l'effort d'un homme le remonte sans peine. Si on emploie cinq fils pour la suspension, ce n'est pas pour obvier à une rupture possible, mais pour obtenir le raidissement parfait de la perche. Les plis dans les plafonds sont d'un aspect désastreux.

Le machiniste, malgré l'embarras du faisceau de cinq fils, conserve ces cordages jusqu'au point où la manœuvre s'effectue, au lieu de les réunir sur un seul fil d'appel. Ce serait plus commode et moins encombrant, mais les cordages de chanvre travaillent en raison directe de leur longueur. Aussi doit-on régler continuellement la poignée, pour obtenir une suspension horizontale et régulière.

Les châssis, ou portions latérales du décor, sont construits en toile et en bois. Le cadre ou bâti est formé par un échantillon spécial que l'on nomme le battant. Le battant varie de dimension, selon les châssis.

Le cadre est forcément irrégulier, puisqu'il circonscrit la forme éminemment irrégulière du châssis. Les battants s'assemblent à mi-bois, ils sont collés et cloués. A 0'°,70 du sol, est toujours disposée une traverse dont l'usage principal est de faciliter la manœuvre et la préhension.

Lorsque les machinistes déplacent un châssis, ils dressent un bras le long d'un battant vertical, et de l'autre bras ils saisissent la traverse placée à 0",70 du sol (fig. 27).

D'autres traverses, à des distances variables, maintiennent l'écartement des battants verticaux. Ces traverses s'assemblent d'une façon spéciale. C'est un assemblage à

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pomme. La traverse est seule entaillée, à demi bois, tandis que le montant vertical conserve son épaisseur.

Le châssis, dans les manœuvres, subit en raison de sa flexibilité une série de mouvements oscillatoires dont les points d'application se déplacent selon Tamplitude des oscillations. Si le point d'application rencontrait une partie entaillée, le bois énervé se briserait aussitôt. Or les châssis sont exclusivement construits en sapin, bois cassant s'il en fut.

Le bâti du châssis, une fois construit, doit être habillé pour recevoir la silhouette tracée par le peintre décorateur. On pratique une feuillure sur le contour extérieur du battant. Cette feuillure reçoit des voliges clouées et collées. Ces voliges elles -mêmes ,

pour éviter toute solution de continuité, sont réunies à languette.

Lorsque le peintre a dessiné son profil, le machiniste le découpe à la scie à chantourner, et s'il se rencontre des saillies trop prononcées, on les soutient par des taquets., renforts en bois, cloués et rivés sur la volige, et s'appuyant d'autre part sur le battant.

Les angles du châssis sont renforcés par des équerres en bois, clouées, rivées et chanfreinées. C'est ce qu'on appelle les mouchoirs .

Les châssis représentant des motifs de paysage offrent

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