Gliàssis (Je (Jécoralioii
des contourncments parfois bizarres, d'où découlent des difficultés de construction.
Leur grand inconvénient est surtout de reporter le poids dans la partie supérieure. La nature a fait le feuillage léger et le tronc de l'arbre robuste. Mais au théâtre, plus le feuillage est découpé, plus il nécessite de voliges et de taquets. Aussi, n'est-ce pas sans une certaine inquiétude que l'on voit évoluer sur une scène ces arbres auxquels l'art du décorateur donne, sur la face peinte du châssis, l'illusion et la légèreté de la nature, mais dont la face adverse, renforcée à l'infmi, éveille une idée de pesanteur et de porte à faux. M. Eug. Godin emploie, pour obvier à cet inconvénient parfois périlleux, un système très simple, qui lui donne les meilleurs résultats. Il construit le haut de ces châssis avec des battants d'un échantillon plus faible. Les battants minces et les battants épais sont réunis en sifflet, collés et cloués. 11 a établi de la sorte les châssis de l'Eden- Théâtre, qui atteignent parfois 8 mètres de hauteur. Ils sont en service depuis de longues années déjà. En raison des péripéties diverses par lesquelles a passé cette entreprise théâtrale, le service a été rude. Ces châssis sont encore en excellent état.
Les ajours à l'intérieur des châssis se font comme pour les plafonds. La toile est découpée et maintenue par un filet noir à larges mailles.
Le châssis, mis en place, est appuyé contre un mât. Un cordage fixé à une traverse supérieure s'attache au mât. Ce cordage, se nomme la guindé.
Lorsqu'on amène un châssis en vue du public, on place la traverse inférieure, le patin, sur un crochet, qui est entaillé et vissé à la base du mât.
Le crochet se recourbe en une saillie de 1 centimètre environ. Cette saillie prend place dans un encastrement ménagé sur la face du patin et placé de telle sorte que le châssis ainsi appuyé soit en équilibre au-dessus du plancher, qu'il affleure presque. D'ailleurs, dans la manœuvre qui l'amène en vue du public, les machinistes prennent
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soin de soulever ou d'appuyer, pour diminuer le frottement possible sur le sol.
Les châssis se fractionnent souvent en deux ou trois morceaux, qu'on raccorde au moyen de couplets^ charnières en fer réunies par une broche. Lorsque le patin est coupé pour ménager une issue, une porte, une tringle de fer, arrondie par-dessus, de façon à ne pas gêner la circulation, réunit et consolide les tronçons du patin.
Les décors d'intérieur, salons, mansardes, rustiques, etc., sont, en général, recouverts d'un plafond plat. Ces décors occupent les premiers plans du théâtre. Aussi les plafonds plats vont se loger dans la partie du cintre qui est située entre le mur de face et le premier pont volant.
Les plafonds plats sont construits comme les châssis, en toile clouée sur un cadre de bois. A moins qu'ils ne soient trop pesants, on ne prend pas la peine de les équiper sur des tambours ; ils sont montés sur de simples poulies. On les enlève, on les descend verticalement et on les place à la main. On évite de changer à vue ces sortes de décors. Le mouvement du plafond plat rappellerait celui d'un gigantesque couvercle de boîte s'abattant ou se relevant. Ce serait fort disgracieux.
Nous avons rapporté ici les moyens employés dans les théâtres français pour appeler au cintre les différentes parties de décorations qui doivent se loger en ce point. Occupons-nous maintenant des décorations qui s'effondrent dans les dessous.
Nous avons eu l'occasion d'informer le lecteur de ce que l'on désignait sous la dénomination de ferme dans la technique do la machinerie.
La ferme est une décoration qui, de la cour au jardin, traverse un plan du théâtre.
Les fermes sont de diverses hauteurs, selon le lieu à représenter. Elles servent parfois de rideaux de fond et viennent se raccorder avec des plafonds ; cela se produit quand la ferme représente un intérieur muni d'ouvertures praticables.
Le qualificatif «praticable » s'applique au théâtre à tout objet représenté en nature : une porte qui s'ouvre, un meuble en saillie, dont les portes ou les tiroirs sont mobiles, un balcon, s'il peut supporter un personnage, etc.
De même pour un escalier, une terrasse, un plan surélevé qui nécessitent des échafaudages compliqués. Ces échafaudages sont désignés sous la dénomination générale de praticables. Le mot cesse d'être un qualificatif et s'emploie, dès lors, substantivement.
Pour revenir aux fermes, ces décors sont construits, comme des feuilles de décoration, de lés de toiles réunis par des coutures en surjet, cloués, hroquetés. pour nous servir du terme spécial, sur des cadres ou châssis construits en battants, dont l'épaisseur et la largeur varient selon la dimension de la ferme.
Il s'agit maintenant de mouvoir cet engin. Un plan de trappillon est consacré à son évolution; mais, pour que l'ensemble s'élève ou s'abaisse sans flexion, sans devers, il est nécessaire de ménager, sur différents points, un certain nombre de guides ou glissières.
La rigidité des châssis et des fermes n'est que relative. Ces immenses cadres, surchargés irrégulièrement, se voilent facilement, et de surfaces planes se transforment au moindre mouvement en surfaces curvilignes quand on les abandonne sans soutien.
Ces glissières spéciales se nomment des cassettes. La cassette se compose de deux parties bien distinctes : la cassette proprement dite et l'âme [fig. 28).
La cassette est formée du dossier A, des jouées B et B', des faces C et C assemblées comme l'indique le plan cijoint, et laissant un vide sur la face.
Le vide de la cassette est rempli par l'âme, construite en deux parties embrevées qui glissent à frottement doux dans l'intérieur de la cassette, pendant qu'une saillie sort de la cassette par la fente pratiquée sur sa face.
A son sommet, la cassette reçoit deux poulies, E et E', maintenues dans leurs chappes respectives. Le bas de l'âme
LES ÉQUIPES
arrondi et fretté s'arme d'un crochet à paillette. A ce crochet est fixé un fil d'appel qui passe dans un anneau placé
Fig. 28. — La cassette et son âme.
directement sous l'âme, en F. Le cordage remonte dans la
cassette, en suivant la gorge creusée dans le côté de l'âme.
Le fil, quand il a passé sur la poulie, est renvoyé sur le
petit diamètre d'un des tambours du dessous (fig. 29). Celuici est actionné par un contrepoids convenable. Le gros diamètre est muni d'une commande tenue en retraite, comme nous l'avons expliqué au sujet de la manœuvre des rideaux du fond.
Les chappes et la cassette sont goujonnés sur les cha-
Fig-. 29.
Ferme montant des dessous équipée sur quatre casseltcs à âme A, B, C, D.
peaux de ferme et sur les sablières du trappillon où elles fonctionnent.
La cassette est immobile : Tâme supporte seule l'action du contrepoids. Lorsque la commande est détachée, les deux forces sont libérées ; la ferme descendra, si son poids est supérieur à celui des pains de fonte correspondants. Elle montera dans le cas contraire.
La ferme, selon sa largeur, sa hauteur, sera fixée sur trois, quatre ou cinq âmes. Ses traverses seront boulon-
LES EQUIPES. 77
nées à même les âmes. Los trois, quatre ou cinq fils s'enrouleront sur le môme tambour.
Les frottements de bois contre bois sont adoucis par l'emploi de la plombagine.
La cassette reçoit deux poulies, une à droite, une à gauche pour la facilité du service. Le machiniste utilise, selon son matériel disponible, les tambours de la cour ou du jardin.
L'effort qui s'opère sur l'un des cotés de l'âme a pour premier effet d'augmenter le frottement sur le côté opposé. Mais, l'ame est longue, et le vide est minime; l'angle de frottement très -aigu.
Cependant il arrive souvent que la ferme s'arrête en route, parce que l'âme a coincé et que le contrepoids est insuffisant à surmonter l'obstacle.
Le machiniste, dans ce cas, doit appuyer aux palettes du tambour. Il en résulte une série de saccades qui se répètent dans le mouvement de montée. L'accident est fréquent, et le spectateur prévenu enregistrera souvent cette irrégularité dans le mouvement, qui, à l'état normal, s'effectue doucement et sans à-coups.
Bienheureux encore lorsque la ferme ne s'arrête pas irrémissiblement en route et refuse de monter ou da descendre. L'inconvénient est moindre lorsque la ferme s'effondre, car la manœuvre est aidée par le poids du décor.
Les cassettes et les âmes, ainsi construites, subsistent depuis des temps immémoriaux dans la machinerie théâtrale. C'est, il faut en convenir, un des points sur lequel il serait le plus nécessaire d'innover.
LA CONSTRUCTION DES DECORS
Aperçu sur les différenles plantations des décors. Plantations carrées ou obliques. — Praticables. — Un vaisseau mobile. Le départ du paquebot. — Effet panoramique. — Bal à bord. — Orage et naufrage. — Le roulis et les cerces. — Tapis de mer. — Mouvement des flots. Les simulateurs de vagues. — Une corvette instable. — Le cul-de-poule. Les panoramas convergents. — La patience et la sangle. — Le piano truqué. L'emprisonnement d'un virtuose.
Un décor do théâtre ne se compose pas toujours de simples feuilles de décoration, placées devant une toile de fond. Cette disposition, qui répondait autrefois aux besoins des primitives scèneries, a été modifiée et singulièrement augmentée par la suite des temps.
Déjà au XYii'' siècle, et surtout au xvuie, on vit apparaître sur le théâtre de gigantesques échafaudages volants, qui sont une des nécessités de la mise en scène moderne, et qu'on nomme des praticables. On peut se faire une idée de ]a difficulté qui ressort de l'emploi de ces échafaudages supplémentaires à ériger et à démontrer en quelques minutes dans un espace restreint, encombré de matériel, et sillonné par une foule affairée. Il n'est de si petit théâtre qui, pour varier l'aspect du décor, n'utilise ce genre d'appareil qui permet de grouper la figuration en pyramide, d'imprimer un cachet de pittoresque au lieu de la scène, de figurer des montagnes, des ponts, des maisons à plusieurs étages, etc.
Sur les grandes scènes, le praticable apparaît, pour ainsi dire, à chaque grand décor. 11 est impossible, par exemple de régler le défilé d'un cortège, en lui faisant rendre son maximum d'effet, si le cortège ne circule pas, au préalable, sur les praticables des derniers plans, pour venir serpenter ensuite sur le plancher de l'avant-scène.
LA CONSTRUCTION DES DÉCORS. 79
Par cetto disposition, on évite do masquer les personnages d'arrière-plan et la figuration semble plus que doublée ; le décor s'anime, s'emplit dans toutes ses parties, et le spectateur a l'illusion d'une foule nombreuse.
Au siècle dernier, les décorations étaient plantées parallèlement à la direction des plans du théâtre. Les châssis se rapprochaient régulièrement jusqu'au fond. Le plus souvent, le décor était symétrique par rapport à l'axe transversal de la scène. C'est ce que l'on nomme encore aujourd'hui une plantation carrée.
L'œuvre d'un décorateur de talent, un Italien du nom de Bibiena Galli, a été gravé. La suite de ces maquettes représente des intérieurs de palais, des vues de parcs royaux, et la perspective est dessinée comme si tous les plans principaux étaient parallèles ou perpendiculaires à celui du tableau. Les coulisses de droite répètent exactement les coulisses de gauche.
Les praticables, très rares, participaient à la régularité de ces décors ; ils étaient construits comme les châssis, normalement à la direction des plans, et les escaliers ou pentes dont ils étaient munis se conformaient à la symétrie générale.
Cependant, Bibiena Galli s'est affranchi parfois, mais bien timidement, de cette régularité, sans cependant aborder la plantation oblique, très en faveur aujourd'hui.
Servandoni, l'architecte décorateur du TJiédtre des Machines, comprit quelle monotonie fatigante h l'œil imprimait cette disposition par trop régulière. Il commença donc à planter de biais ses châssis et ses fermes, au grand profit de la fantaisie pittoresque. Les praticables adjoints à ses décorations durent épouser les mêmes formes, et ce ne fut pas sans entraîner de sérieuses complications dans la construction de ces échafaudages.
Aujourd'hui, la plantation oblique est de règle, du moins en France, car en Italie on use fréquemment de plantations droites ou régulières. Cela tient au mode spécial du ballet italien, dont on a pu voir un exemple typique à
Paris, lors des représentations à'Excelsior et de Sièha à l'Eden-Théâtre.
Le ballet italien, dans la disposition de ses groupes et de ses quadrilles, se rapporte aux axes du théâtre. Un motif de milieu est encadré dans des motifs secondaires, et bordé de lignes régulières de personnages, qui répètent les mêmes gestes, les mêmes attitudes avec une exactitude mathématique.
La décoration, sous peine de discordance, doit se conformer à cette disposition. Le public parisien, ou français pour mieux dire (car les voyageurs de la province entrent pour un élément important dans le nombre des spectateurs journaliers), le public français, donc, se fatigua vite de cette régularité, et le ballet italien ne revit pas le succès qui avait accueilli ses débuts. Le premier effet de surprise passé, on préféra le désordre apparent, la mêlée plus animée de nos mises en scène, rehaussée par les lignes imprévues et toujours nouvelles des plantations obliques.
Parmi les décors qui présentent une surface considérable de praticables, on cite volontiers celui du Freyscliûtz à rOpéra, dont on a pu voir la maquette à l'Exposition de 1889. La vaste scène de l'Opéra de Paris est entièrement couverte de planchers, qui s'élèvent jusqu'au niveau des corridors de service, et qui sont reliés par des pentes, des passages qui s'entre-croisent. C'est une véritable montagne de charpente, dont le montage et le démontage s'opère chaque soir de représentation, dans un laps de temps fort court.
La construction des praticables devient particulièrement difficultueuse quand il s'agit de représenter des objets mobiles, comme le pont d'un navire, soumis à Faction du roulis.
Le théâtre aborde assez souvent ces effets, et l'on a gardé mémoire de navires qui ont fait époque dans l'histoire maritime de la scène.
Sans remonter jusqu'au navire du Corsaire ni à la corvette du Fils de la Nuit, on se souvient du vaisseau du
LA CONSTRUCTION DES DÉCORS
l^our du monde en quatre-vingts jours et surtout du vaisseau de V Africaine, qui navigue encore dans les eaux de l'Opéra.
Nous allons mettre sous les yeux du lecteur les équipes d'un paquebot, qui se produisit, il n'y a pas longtemps, sur la scène d'un théâtre parisien. La pièce avait été écrite avec
Fig. 30. — Le départ du paquebot.
une partie de pantomime jouée par une troupe d'acrobates agiles et amusants, celle des Hanlon-Lee. Nous ne nous étendrons pas sur cette œuvre théâtrale, qui, d'ailleurs, fut accueillie par un insuccès indéniable, en dépit de l'ingéniosité de la machinerie.
Si nous prenons cet exemple, c'est que le théâtre parisien sur lequel manœuvra le vaisseau en question reproduit, à quelques minimes différences près , les dimensions du
théâtre dont nous avons décrit la machinerie dans les chapitres précédents.
Le lecteur, en se reportant à ces articles et aux croquis explicatifs, se rendra un compte plus exact du fonctionnement des équipes.
Lorsque le rideau se levait^ le spectateur avait sous les yeux le décor représenté par la maquette ci-contre [fig. 30) figurant un port, avec une perspective fuyante de maisons, de mâts de navires. Le paquebot, qui remplissait une bonne partie du théâtre, semblait être amarré le long d'un quai d'embarquement.
Différentes scènes se déroulaient sur ce quai, puis l'on voyait les voyageurs filer sur la droite, gravir l'escalier et passer sur l'arrière du paquebot. Ils prenaient place sur les bancs disposés autour du lanternon, dont le toit vitré est destiné à éclairer l'intérieur du navire.
Le capitaine , l'homme de barre montaient sur la passerelle. La cloche et le sifflet de la machine donnaient le signal du départ. La cheminée fumait et le navire se mettait en marche.
Les acteurs demeurés sur le quai agitaient des mouchoirs, poussaient des cris d'adieu, puis on les voyait disparaître. Les maisons, les navires à l'ancre s'effaçaient à leur tour, et peu à peu l'horizon et la mer s'étendaient de toutes parts.
Le sol de l'avant-scène s'était recouvert d'eau, qui clapotait doucement. Au loin, le soleil, se couchait dans des nuages enflammés, puis tout à coup, l'arrière du paquebot s'ouvrait, et l'on apercevait le salon des passagers, disposé pour le dîner et encombré de monde.
Bientôt les voyageurs se levaient. Les sièges, les tables disparaissaient, emportés par les domestiques. Une sauterie était organisée, et les couples tournoyaient aux accords d'une valse, jouée par un pianiste chevelu, qui s'escrimait sur un piano placé au fond du salon.
Le soleil était couché; la lune versait sa lueur bleue, que des nuages de plus en plus épais obscurcissaient. De sourds grondements de tonnerre annonçaient l'orage proche. Le paquebot commençait à ressentir les premiers effets du
LA CONSTRUCTION DES DECORS
roulis. Les mâts, la cheminée, la passerelle, le pont du navire s'inclinaient et se relevaient tour à tour.
Devant le navire, et sur les côtés, la mer s'agitait plus houleuse. Enfin, le roulis s'accentuait, et, sur un coup plus violent que les autres, les passagers culbutaient sur le sol, le pianiste disparaissait, tête la première dans le piano. Un voyageur grotesque, qui s'était juché sur la passerelle,
F'ig. 31. — Plantation du paquebot et du panorama.
près de l'homme de barre, perdait l'équilibre, tombait au travers du lanternon, qu'il brisait avec un affreux fracas, et dégringolait sur le groupe des passagers (V. page 85).
Les éclairs s'accentuaient, le tonnerre grondait plus proche, le vent sifflait en enragé. — Le vaisseau coule ! criaiton, et l'on voyait les marins mettre les embarcations à la mer, pendant que le navire semblait s'enfoncer sous les vagues. Le rideau tombait sur cet effet.
Nous allons étudier sur quels procédés le machiniste et le décorateur avaient rendu ces divers aspects.
Voici la plantation de la décoration [fig. 31). Les doubles
8i TRUCS ET DECORS.
lignes ponctuées 1,2, 3, 4, 5, 6, indiquent les costières. Le périmètre, également ponctué, représente la projection des corridors de service et du pont du lointain. La décoration du paquebot occupait donc toute la scène.
Ici nous n'avons ni châssis latéraux, ni toile de fond. Tout cela est remplacé par deux parties de panorama, se déroulant du lointain à la face^, et portant peints sur leur surface les différents aspects que revêt le décor: d'abord le port, ensuite le soleil couchant, puis la nuit et enfin la tempête. Ces deux toiles, longues de 40 mètres chacune, marchaient selon le sens marqué par les flèches. Elles s'enroulaient à leur som.met sur des tambours verticaux G, D, E, F.
En S et T se trouvaient deux praticables, légèrement surélevés, et montés sur des galets. Quand le paquebot était censé se mettre en marche, alors que commençait à se dérouler le panorama, les deux praticables étaient tirés en arrière, et disparaissaient chargés de leur figuration.
Le paquebot est au milieu du théâtre. C'est une véritable construction, qui comporte deux planchers superposés ; celui du salon et celui du pont, sans compter la passerelle. On remarquera que le plan du paquebot, tel qu'il est figuré ici, s'éloigne fort du plan d'un véritable vaisseau. Les proportions sont loin d'être exactes, mais il faut compter avec l'art du décorateur, qui emploie toutes les ressources de la perspective pour obtenir un véritable trompe-l'œil.
D'ailleurs, ici, c'était relativement facile. Même pour les spectateurs placés sur les côtés de la salle, les flancs du paquebot se présentaient en raccourci : les deux draperies, ou manteau d'arlequin. Il et P délimitant le champ disponible accordé au regard.
En usant d'une légère décroissance en hauteur dans les lignes, on obtenait la fuite nécessaire pour donner à l'observateur l'impression d'une longueur plus considérable.
Ces nécessités de la perspective, jointes à la pente du théâtre (4 7»), augmentaient les difficultés pour le constructeur-machiniste, en multipliant les fausses coupes.