‹ Trusts, cartels & syndicats (notes & documents)Chapitre 19 sur 24 · C. Schwab · texte numérisé non relu

C. Schwab

Actions ordinaires

Actions privilégiées

SO.OOl 100.000 123.975 237.818

H. C. Frick

B. Coller. . . . ,

Marx Bulteel Hills and C°

Ces derniers étaient les courtiers du syndicat à Londres ; ces deux énormes paquets de titres représentaient ce qui avait été destiné au placement en Europe. On suppose que les actions ont été revendues pour le prix qu'on a pu en tirer, à New- York, peu de temps avant la dissolution du premier syndicat (25 avril 1903).

On cite le mot de M. Carnegie, interrogé en 1901, sur l'avenir du Steel Trust : « Don't ask. me. I am a manufacturer of iron, not of securities ; » et Ton trouve que ce scepticisme relatif contraste avec l'emballement de gens comme le sénateur Hanna ou comme M. Chauncey Depew.

La Corporation de VAcier aurait donné Tordre d'éteindre quelques hauts fourneaux ; les compagnies de chemins de fer, ayant constaté le mauvais effet produit par les emprunts à courte échéance et à 6 0/0 (dette flottante), auraient décidé d'arrêter les travaux neufs.

Dans la semaine du 18 au 15 juillet, Y International Marine est tombée à 4 7/8 pour l'action ordinaire, à 18 pour la privilégiée, la Northern Securities à 86 1/8, l'action du Standard OU à 580 (en baisse de 66 points) pour remonter à 600. Au début d'août, de grosses liquidations forcées ont continué à peser sur le marché de Wall Stret. La démission de M. Schwab a été acceptée ; il a été remplacé par M. Corey, qui sera chargé de la

partie technique de l'entreprise, quant à la présidence du comité financier, elle est dévolue à M. H. C. Frick.

La Northern Securities Company a gagné le procès engagé contre elle, mais appel a été interjeté et l'affaire viendra devant la cour suprême des Etats-Unis en octobre.

En terminant, il est permis de constater la défaite des faiseurs de trusts. Les grands financiers américains s'aperçoivent aujourd'hui que ni l'immensité du pays, ni d'incomparables richesses agricoles et minières, ni l'habileté technique, ni la grandeur des usines ne les mettent à l'abri des sanctions économiques. On peut grossir le capital nominal, promettre des résultats étonnants dans des prospectus suggestifs : on ne peut se passer de fonds de roulement suffisants ni éviter d'être écrasés sous des capitaux exagérés qui n'existent que nominalement. Ce serait commettre une erreur que de confondre le phénomène de la concentration et du groupement des industries avec les compagnies industrielles qui passent actuellement de si mauvais moments aux Etats-Unis. Le trust, constitué comme celui des chantiers de construction, de l'asphalte, du malt, est une affaire de spéculation qu'un syndic de faillite sera chargé tôt ou tard de gérer pour le compte des créanciers et des obligataires. Que réserve l'avenir à la Corporation de V Acier? nous n'avons pas la prétention de le savoir. Mais il est un fait acquis, c'est que créée uniquement pour empêcher une guerre de l'acier, un conflit entre les compagnies Carnegie et six ou sept entreprises, elle a assez mal réussi. On a étouffé la lutte intestine, mais on n'a pas tué les usines demeurées indépendantes, on n'a pas exclu la concurrence. La Corporation de C Acier représente une capitulation, un compromis partiel. Les promoters ont capitalisé les pertes éventuelles que pouvait faire naître pour neuf sociétés surcapitalisées une lutte avec la compagnie Carnegie.

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