A.-l. Kendall, Journ. of infect. Diseases, avril
4. A. Pricolo, Centralbl. f. Bakter., I. Orig., 18 sept. 1900.
5. N.-I. Finkelstein, Arch. Se. biol., t. XIII, fasc. 2, édit. fr.
6. A. Balfour, Third Rep. of thc Wellcome research laborat., Khartoum, 1908, p. 143.
Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 20
savoir s'ils sont inoculables à la souris domestique; Wenyon n'a pu les étudier que sur des frottis colorés.
Tr. Duttoni ressemble beaucoup à Tr. Lewisi. « A l'état frais, écrit Thiroux, le parasite se présente sous la forme d'un fuseau très mobile portant un long flagelle au moyen duquel il progresse rapidement. Tantôt le parasite se lance en avant comme une flèche, tantôt ses mouvements sont serpentiformes. Il se meut si rapidement qu'il est difficile de le suivre, car il sort à chaque instant du champ du microscope. A cause de cette mobilité, il est difficile de distinguer les détails de structure ; cependant, lorsqu'on attend que les mouvements du parasite, ayant séjourné entre lame et lamelle pendant deux heures, se soient ralentis, on peut observer les mouvements d'une membrane ondulante.
« Après coloration par le procédé de Laveran, on constate qu'il s'agit d'un véritable trypanosome. Le parasite mesure 25 à 30u.de long, flagelle compris, et 2 a, 5 environ de large. Il possède un centrosome assez volumineux qui se colore en violet foncé et qui est situé à 5 [j. de l'extrémité postérieure. Le noyau ovale, facilement colorable en violet, est situé (limite postérieure du noyau) à 6 jjl, 6 du centrosome, il mesure 3 a, 3 de longueur, sur 1 ix, 6 à 2 a de large. On observe quelquefois, en arrière du noyau, quelques fines granulations chromatiques dans le protoplasme.
« A 3 [JL, 3 environ de la partie antérieure du noyau, le protoplasme se rétrécit brusquement, et il semble que le flagelle devient immédiatement libre; un examen approfondi montre que ce protoplasme longe encore le flagelle, sous forme d'une fine membrane, sur une étendue variable pouvant atteindre 5 y., 6.
« La partie libre du flagelle mesure de 6 a, 6 à 10 [x, la partie accolée au parasite borde une membrane ondulante mince et vient aboutir au centrosome. »
Les formes de multiplication n'ont été vues que chez des souris ayant de fortes infections. La division binaire longitudinale est la plus commune, mais on observe aussi quelquefois des divisions multiples. En somme les formes de division du Tr. Duttoni rappellent de très près celles du Tr. Lewisi.
Thiroux a obtenu facilement des cultures du trypanosome de la souris en se servant du milieu de Novy et Mac Neal un peu modifié d'après la formule suivante :
Macération de 125 gr. de viande de bœuf ou de lapin dans
un litre d'eau distillée 1 000 gr.
Peplone de Witte 20 —
Sel marin 5 —
Agar-agar 20 —
Solution normale de carbonate de soude 10 ce.
TllYPAN. NON PATHOGÈNES DES PETITS MAMMIFÈRES 307
On conserve le milieu stérilisé en culots dans des tubes fermés avec des capuchons de caoutchouc; la veille du jour où Ton doit se servir des tubes, on fait fondre la gélose, on la laisse refroidir jusqu'à 45° et on ajoute 2 volumes de sang défibriné de lapin pour 1 de gélose; on incline les tubes, on laisse la gélose faire prise. On ensemence dans le liquide de condensation.
Les premières cultures se développent du 10^ au 15'^ jour; à partir de la 4" culture, le développement est plus rapide, il s'observe dès le 4" jour.
Les trypanosomes qui se développent en zooglées (rosaces ou agglomérats de rosaces), à la surface de l'eau de condensation des tubes, forment souvent un voile perceptible à l'œil nu; des colonies peuvent aussi apparaître à la surface de la gélose.
L'aspect des flagellés des cultures est très varié; à côté d'éléments presque sphériques ou piriformes, on en voit de très minces. La disposition en rosace est la règle. Après coloration, on constate que les flagellés ont l'aspect des Leptomonas; la membrane ondulante n'existe plus ou elle est extrêmement réduite ; le centrosome est situé en avant du noyau ou sur le côté. Le mode de division le plus commun est la division multiple, mais on observe des divisions en 2 ou 3 parties. Les rosaces qui se forment ainsi ont le même aspect que celles qu'on observe dans les cultures du Tr. Lewisi; l'extrémité antérieure flagellée est toujours tournée vers le centre.
Tr. Dultoni peut être inoculé à la souris domestique {Mus musculiis), à la souris blanche et à la souris naine {Mus minulus).
La durée de l'incubation est de 4 à 9 jours; celle de l'infection est souvent longue. Des M. morio infectés de Tr: Dutlonî, arrivés du Sénégal au mois de mai 1911 (envoi de M. le D"" Thiroux) et conservés au laboratoire de M. Laveran, avaient encore, au mois de mars 1912, des trypanosomes non rares, comme à l'arrivée.
L'infection se fait aussi facilement par l'inoculation de cultures que par celle du sang contenant des trypanosomes.
Tr. Dultoni n'est pas pathogène pour la souris.
Les rats et les cobayes sont réfractaires aux inoculations faites par les procédés ordinaires. Roudsky a réussi à rendre le Tr. Duttoni virulent pour le rat, de même qu'il avait réussie rendre le Tr. Lewisi virulent pour la souris; le virus est devenu pathogène pour les rats qui ont succombé souvent à des hémoglobinuries abondantes '.
Pricolo a trouvé des trypanosomes dans les puces capturées sur les souris infectées, mais il n'y avait pas de stades de développement.
D'après le même observateur, le trypanosome de la souris peut traverser le placenta et se développer chez les fœtus dans le sang
' i. D. Roudsky, Soc. de Biologie, 10 fév. et 20 avril 191?.
308 ÏRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES
desquels on trouve des formes de multiplication très variées. Si les oJ?Bervations de Pricolo sont exactes, c'est là une rare exception à révolution des trypanosomes qui, en règle générale, ne traversent pas le placenta.
Thiroux a constaté que le sérum normal de mouton a une action préventive sur Tr. Dulloni quand il est injecté en mélange avec le virus. L'action préventive s'exerce encore dans la moitié des cas lorsque virus et sérum sont injectés en même temps, mais en des points différents du corps. Une fois l'infection produite, le sérum est inactif ^
§ 2. — Trypanosome du mulot. Tr. Grosi Laveran et Pettit.
En 1845, Gros a signalé l'existence dans le sang du mulot Mus sylvaticiis, en Russie, de vermicules très mobiles '^ qui étaient probablement des trypanosomes.
En 1904, n'ayant pas réussi à infecter des mulots avec le Tr. Lewisi, nous avons mis en doute l'identité des trypanosomes du mulot et du rat-.
En 1909, Laveran et Pettit ont décrit le trypanosome du mulot sous le nom de Trypanosoma Grosi *.
Les jmulots infectés provenaient les uns du Perreux (Seine), les autres des Boutards (Seine-et-Oise).
Sur 9 mulots du Perreux, un seul était infecté naturellement; sur 28 mulots des Boutards, 4 étaient infectés, ce qui donne une proportion de 5 infections sur 37 ou de 13, 5 p. 100,
22 mulots ont été inoculés (après examen négatif du sang) sur des mulots infectés par Tr. Grosi; 15 de ces mulots se sont infectés, 7 se sont montrés réfractaires.
L'incubation est de sept à dix jours.
Les trypanosomes sont d'abord très rares, puis rares, non rares et leur nombre diminue ensuite. Jamais l'existence de trypanosomes nombreux n'a été notée.
Tr. Grosi n'est pas pathogène, aucun mulot n'a succombé à l'infection. Chez les mulots sacrifiés au cours de l'infection, la rate n'était pas grosse (0 gr. 05 à 0 gr. 10 pour des mulots du poids de 15à20gr.).
La durée des infections expérimentales a varié de quinze à soixante jours; il est d'ailleurs difficile, alors même qu'on a fait