Gros, Bull. Soc. Aat. Moscou, 184,^, p
3. Trypanosomes et Irypanosomiases, Paris, 1904. i" édit., p. 53.
4. A. Laveran et A. Pettit, Soc. de Biol., 27 uov. 1909, et 9 avril 1910.
TRYPAN. NON PATHOGENES DES PETITS MAMMIFERES 309
une série d'examens négatifs du sang, d'affirmer que les trypanosomes ont disparu d'une manière définitive.
A la suite de l'infection expérimentale, l'immunité ne paraît pas complète. Un mulot qui avait eu une infection légère, et qui depuis un mois ne montrait plus de trypanosomes, s'est infecté de nouveau après avoir été réinoculé. Un autre mulot qui avait eu une première infection légère a pu être réinoculé deux fois avec succès.
A la vérité 2 mulots, réinoculés après guérison, ne se sont pas réinfectés. Les 7 mulots inoculés sans succès doivent être considérés aussi comme ayant acquis l'immunité.
Le trypanosome du mulot se présente avec les caractères suivants.
Dans le sang frais, les mouvements sont si rapides que l'étude du trypanosome est très difficile. On constate facilement l'existence des parasites parce qu'ils déterminent des tourbillons au milieu dés hématies, mais les parasites, qui sont très transparents et très mobiles, échappent sans cesse à l'observation, surtout si l'on se sert de forts grossissements. On peut attendre que les mouvements se ralentissent, mais l'attente est longue. Parfois, au bout de quatre ou cinq heures, dans une préparation ordinaire conservée à la chambre humide, les mouvements des parasites n'ont rien perdu de leur vivacité; au bout de vingt-quatre heures, nous avons trouvé encore des trypanosomes bien mobiles.
Dans le sang desséché et fixé, les trypanosomes se colorent difficilement par le Giemsa; le procédé éosine-bleu à l'oxyde d'argent, tannin, donne des résultats beaucoup plus satisfaisants.
Les trypanosomes mesurent 24 à 28 a de long, sur 1 u., 50 environ de large.
Le corps du parasite se termine à l'extrémité postérieure par un cône plus ou moins allongé, il s'effile à l'extrémité antérieure. Le protoplasme se colore difficilement en bleu ou lilas clair, les granulations chromophiles sont rares, parfois on distingue deux ou trois grosses granulations.
Le noyau ovalaire paraît situé, sur les préparations peu colorées, à l'union du tiers moyen avec le tiers antérieur du corps; sur les préparations fortement colorées, on constate que le protoplasme et la membrane ondulante se prolongent à la base du flagelle et que, en définitive, le noyau est situé vers la partie moyenne du corps. Le noyau se colore bien et d'une façon uniforme.
Le centrosorae, volumineux, assez souvent bilobé, se colore fortement; situé près de l'extrémité postérieure, il donne naissance au flagelle qui borde la membrane ondulante et qui a une partie libre assez courte (5 à 6 (x, la longueur totale étant de 28 u.) à l'extrémité antérieure. La membrane ondulante est très étroite et peu plissée.
Les formes de multiplication n'ont pas été observées.
310 TRYPANOSOMES ET TIIYPANOSOMIASES
Tr. Grosi n'est inoculable ni à la souris, ni au campagnol, ni au rat.
Deux mulots inoculés par Laveran et Petlit avec le Tr. Lewisi (virus ordinaire) ne se sont pas infectés.
Quatre mulots neufs, chez lesquels l'examen du sang fait avec grand soin n'avait pas révélé l'existence de trypanosomes, ont été inoculés avec le Tr. Lewisi renforcé de Roudksy *. Un de ces mulots ne s'est pas infecté; chez les trois autres, les Tr. Lewisi se sont montrés dans le sang en plus ou moins grand nombre ; dans un cas, l'infection a duré une vingtaine de jours.
Quatre mulots ont été nioculés sur les mulots infectés avec le Tr. Lewisi renïovcé; trois d'entre eux se sont montrés réfractaires ; chez le quatrième on a constaté, quarante-huit heures après l'inoculation, l'existence dans le sang de trypanosomes très rares qui ont bientôt disparu.
Trois mulots ayant l'immunité pour Tr. G/'os/ ont été inoculés avec le Tr. Lewisi renforcé; l'un d'eux a montré, pendant trois jours, des trypanosomes (nombreux le deuxième jour) ; les deux autres ne se sont pas infectés.
Deux essais de culture du Tr. Grosi sur milieu de Novy ont échoué.
§ 3. — Trypanosome du campagnol.
Trypanosoma microti Laveran et Pettit.
Laveran et Pettit^ ont trouvé dans le sang d'un campagnol, 3//c/*ociis arvalis Pallas, provenant des Boutards (Seine-et-Oise), un trypanosome qu'ils ont décrit sous le nom de Tr. microti. 29 autres campagnols de même espèce et de même provenance étaient indemnes.
Le sang du campagnol infecté a été' inoculé successivement à 18 campagnols; aucun de ces animaux ne s'est infecté. Les expériences ont été faites pendant les mois de décembre 1909, de janvier et février 1910 sur des campagnols adultes qui, apparemment, avaient acquis l'immunité, à la suite d'une atteinte de la trypanosomiase. L'immunité conférée par Tr. microti paraît plus solide que celle conférée par Tr. Grosi.
Le campagnol infecté a montré des trypanosomes du 7 décembre 1909 au 3 février 1910; les trypanosomes, non rares au début, sont devenus rares, puis très rares et ils ont enfin disparu.
YakimolT, N. Kohi Yakimoff et Korsak ont trouvé un trypanosome chez les campagnols du gouvernement de Saratow (Russie) ^.