Lettre de M. J. Maingard au D' A. Laveran
4. H. Fraser et L. Symonds, Studies froin the Inst. for med. Res. Jed. Malay St.,
o. 'J.-B. Gleland, Journ, of trop, vêler. Se, 1999, et S.-H. Haji, même Bec, Janv. 6. G.-W. Sturgess, Soc. de path. exotique, 13 mars 1912.
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S 2. — Évolution. Symptômes.
Le surra est inoculable à la plupart des Mammifères *, mais, à l'état d'infection naturelle, on ne Tobserve que chez les équidés, les bovidés, les camélidés, chez Téléphant et plus rarement chez les chiens. Nous étudierons d'abord les symptômes et la marche de la maladie chez ces animaux; nous nous occuperons ensuite des espèces chez lesquelles le surra n'est connu que comme maladie expérimentale.
EqurnÉs. — Le cheval, le mulet et l'âne sont très sensibles au surra. Dans certaines parties des Indes, le surra donne lieu fréquemment à de graves épizooties sur les chevaux. En 1890, 40 poneys meurent du surra à Katgodam; de 1891 à 1893, il en meurt 50. En 1893, une épizootie de même nature règne dans les écuries entre Saharanpore et Mussoorie. Plusieurs épizooties de surra ont atteint les chevaux dans le Sind.
Le premier symptôme de la maladie naturelle est l'élévation de la température. Dans l'infection expérimentale (voie sous-cutanée ou intra-veineuse), Lingard a constaté, par de nombreuses expériences, que la durée d'incubation varie de quatre à treize jours. Dans un certain nombre de cas, l'élévation thermique est bientôt suivie d'une éruption d'urticaire. On constate des pétéchies sur les muqueuses, principalement sur la nictitante, du larmoiement, des œdèmes. L'animal est abattu et montre une grande faiblesse; généralement l'appétit est conservé. Les muqueuses deviennent très pâles, puis prennent une teinte jaunâtre. L'anémie est constante et progressive; on constate une augmentation du nombre des leucocytes (le nombre des éosinophiles diminue). Les hématies pâlissent; elles ne se mettent plus en piles, mais s'agglutinent.
La fièvre est rémittente, ou bien elle présente des intermittences plus ou moins régulières; intermittences qui peuvent atteindre de 1 à 6 jours.
Les trypanosomes, d'abord peu abondants dans le sang, croissent plus ou moins rapidement en nombre jusqu'à un maximum; le nombre des parasites par mmc, qui excède rarement 400, peut atteindre 350 000; puis il décroît, et ainsi de suite; l'examen histologique du sang est parfois négatif pendant 1 à 6 jours consécutifs; les périodes d'absence des trypanosomes correspondent nettement aux périodes d'apyrexie (Lingard).
1. La maladie ne paraît pas transniissiblc à l'homme; Schat s'est piqué plusieurs fois impunément, avec des aiguilles ayant servi à prendre du sang à des animaux infectés de surra.
La mort est fatale; elle survient au bout d'un temps variable après le début de la maladie; Steel indique : 52 jours pour le cheval, 30 pour le poney.
Sur 35 chevaux infectés expérimentalement par Lingard, 9 sont morts moins de 6 jours après la première apparition des trypanosomes dans le sang, 25 de H à 45 jours après cette première apparition; 1 est mort 56 jours après. De 76 chevaux ayant contracté une infection spontanée :
4 sont morts moins de 6 jours après la 1'"'' apparition des tryp. dans le sang. 63 — 6 à 55 • — —
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Fig. XLIX.
Tracé thermométrique d'un cheval mort de surra pendant l'épizootie de Maurice.
La durée moyenne de la maladie de la mule serait, d'après Steel, de 19 jours seulement.
Lingard a infecté, par voie sous-cutanée, un âne ; la période latente a été de 3 jours 1/2 et la durée de la maladie de 9 jours.
Pendant l'épizootie de Maurice, la mortalité du surra chez les chevaux et les mulets a été de 100 pour 100. Dans certaines exploitations agricoles, tous les équidés ont été enlevés par l'épizootie.
Dans une lettre, datée du 27 juin 1902. le D"" Alfred Lesur décrit comme il suit les symptômes observés chez les équidés, pendant l'épizootie de Maurice.
« Le début de la maladie est insidieux. Le premier phénomène qu'on observe est un changement dans l'allure. L'animal n'a plus son ardeur habituelle, il est mou au travail, paresseux. Il y a
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souvent, en même temps, diminution de l'appétit, mais ce symptôme n'est pas constant.
« La fièvre ne tarde pas à apparaître. Le thermomètre monte souvent à 41 degrés et même au-dessus. Un certain nombre d'animaux meurent à cette période, mais c'est la minorité. Chez les autres, la température, après avoir oscillé à ces degrés élevés pendant deux ou trois jours, s'abaisse soit spontanément, soit sous l'influence du traitement. Des exacerbations se produisent à 4, 5, 9 ou 10 jours d'intervalle.
« Peu après le début de la fièvre, se montrent des œdèmes assez
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Fig. L.
Tracé thermométrique d'un cheval mort du surra pendant Tépizootie de Maurice.
considérables siégeant au poitrail, à Thypogastre, très souvent au fourreau de la verge, chez le mâle, œdèmes fibrineux ne donnant à l'incision qu'une faible quantité de sérosité dans laquelle on trouve de nombreux trypanosomes. Ces œdèmes peuvent disparaître et se reproduire ensuite dans le cours de la maladie.
« L'anémie survient rapidement et atteint un degré extrême. Les conjonctives sont exsangues, la muqueuse buccale prend la couleur de l'ivoire.
« A cette période de la maladie, l'animal a perdu l'appétit; il est très faible et tombe facilement dans sa stalle, souvent pour ne plus se relever.
« La mort peut survenir d'une façon foudroyante à la première période de la maladie; beaucoup d'animaux qui ne paraissaient pas malades et qui travaillaient encore sont morts ainsi.
« Le trypanosome n'est présent, en quantité appréciable, dans le
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sang recueilli à la périphérie, que d'une façon passagère et intermittente. Tel animal qui avait des trypanosomes en abondance un mardi, par exemple, n'en laissait pas voir un seul le samedi suivant, dette disparition, peut-être seulement apparente, ne coïncide pas avec une amélioration de létat de l'animal *. »
M. le D' Alfred Lesur a bien voulu nous envoyer des tracés sur lesquels on constate les poussées successives qui caractérisent la fièvre symptomatique du surra, les figures XLIX et L reproduisent deux de ces tracés.
Bovidés, buffles. — Les bovidés résistent beaucoup mieux que les équidés. Lingard a donné la maladie à des bœufs, par inoculation de sang; tous ont résisté. Les symptômes morbides ont été peu accentués II se produit du gonflement aux points d'inoculation. On observe généralement une poussée thermique au début de l'infection; puis, de loin en loin, quelques autres poussées. Les trypanosomes ne sont observables à l'examen microscopique que du quatrième au dixième jour qui suivent l'inoculation, rarement plus tard; mais le sang reste infectieux assez longtemps (dans un cas il était infectieux le 163'- jour après l'inoculation; il ne l'était plus le 234'). L'animal revient à la santé après avoir montré un amaigrissement profond. Ces résultats de Lingard ont été confirmés par Rogers. Une deuxième inoculation n'est suivie d'aucun symptôme et les inoculations au cobaye sont négatives. Il y a donc immunité.
Vrijburg, à Sumatra, a confirmé ces observations relativement âux zébus.
Steel regarde le bœuf comme insensible, il s'est contenté de l'examen microscopique du sang, le bœuf qu'il a inoculé a pourtant montré des poussées de température, dont une particulièrement nette peu de jours après l'inoculation.
Lingard a observé la maladie naturelle chez les bœufs de l'Inde, la guérison est la règle, mais les bœufs passent par un état d'émaciation extrême.
Lingard a constaté la sensibilité relativement grande du buffle. Chez deux buffles, la période d'incubation a été de 5 jours. Le premier a succombé en 125 jours, après avoir montré 12 paroxysmes fébriles et 11 intermissions. Emaciation considérable, appétit vorace jusqu'au bout. Le deuxième buffle est mort en 51 jours.
Penning (/. c, deuxième mémoire) à décrit avec soin les épizooties de surra des buffles à Samarang et à Rembang (Java). La maladie est généralement à marche chronique, mais il y a des cas de mort rapide. On note ordinairement un amaigrissement graduel, de faibles oscillations de température et une inflammation muco-purulente de la
1. Lettre particulière du D' Lesur; voyez A. Laveran, Acad. de médecine, 28 oct. 1902.
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cornée, des paupières et du nez. Chez quelques animaux, œdèmes, en particulier de l'abdomen.
Sowerby a constaté, au moyen d'injections de sang faites à des cobayes, que des buffles sains en apparence étaient parfois atteints de surra dans les environs de Bombay et que, par suite, ces animaux pouvaient servir de réservoir au virus '.
Pendant lépizoolie de Maurice, la mortalité chez les bovidés a rarement dépassé 23 à 30 pour 100, alors que, chez les équidés, elle était de 100 p. 100 (Deixonne). Les animaux bien nourris et qui ne sont pas astreints à un travail fatigant résistent beaucoup mieux que ceux qui sont mal nourris et surmenés. A Maurice, les troupeaux de souche, affectés à la reproduction, ont joui d'une immunité presque complète, alors que. dans certains districts, la mortalité des bovidés soumis à un travail très pénible s'élevait à 73 et à 80 p. 100. Les bœufs surmenés, alors qu'ils sont infectés, meurent d'anémie plutôt que de surra; l'inoculation de leur sang à des animaux sensibles donne souvent, à la dernière période de la maladie, des résultats négatifs (Deixonne).
Les symptômes du surra chez les bovidés, à Maurice, étaient beaucoup moins constants et beaucoup moins apparents, en général, que chez les équidés. La maladie se traduisait seulement, dans un grand nombre de cas, par des accès de fièvre qui passaient inaperçus si l'on ne prenait pas la température des animaux.
Les trypan. sont en petit nombre dans le sang et l'examen hislologique ne révèle pas, en général, leur présence, l'inoculation à des animaux très sensibles est donc indispensable pour faire sûrement le diagnostic.
On peut observer cependant, chez les bovidés, des formes très graves et à évolution très rapide. Pendant l'épizoolie de Java, ces formes graves et compliquées ont été particulièrement fréquentes. Nous empruntons au D'' Schat la description de ces formes en la résumant.
La respiration et le pouls sont très accélérés, la température est de iO° à 40°, 5; naseaux secs; yeux larmoyants, rougeur intense des conjonctives. Eruption pustuleuse avec production de croûtes et petits abcès superficiels sur diverses parties du corps, notamment au cou, au ventre et aux pattes de derrière. Muqueuse buccale parsemée de taches rouges, perte de l'appétit, déjections presque continuelles consistant en une matière rougeâtre, mélangée avec des restants d'aliments non digérés. Dans les cas légers, déjections de couleur jaune verdâtre sans traces de sang.
Chez un bœuf, on observa une véritable sueur sanguine; on