‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 165 sur 412 · L. Rogers, Proceedings of the R. Soc, i mai · texte numérisé non relu

L. Rogers, Proceedings of the R. Soc, i mai

Laveran et Mesnil. — Trypanosomcs et Trypanosomiases. . 24

mouche ne va pas dans les étables; d'après Schat, c'est le Stomoxys calcilrans qui serait, à Java, le principal agent propagateur du surra, cette mouche s'attaque aux bovidés aussi bien qu'aux équidés.

Pendant l'épizootie de Maurice, il ne paraît pas douteux que les mouches ont été les agents de propagation du surra. La tsétsé est inconnue à Maurice, mais un grand nombre d'autres mouches piquantes tourmentent souvent les animaux au travail. D'après Daruty de Grandpré, c'est un stomoxe, St. nigra, qui a joué à Maurice le rôle que joue en Afrique la tsétsé pour la propagation du nagana. Dans certaines localités où l'on n'a pas trouvé de mouches piquantes, l'épizootie ne s'est pas propagée (Albion Dock, par exemple) ; les vaches appartenant aux Indiens, enfermées dans des cases obscures, dans lesquelles les mouches ne pénètrent pas, ont été indemnes.

Dans une lettre datée du 12 novembre 1903, M. Deixonne nous annonce que le surra n'a pas reparu chez les équidés et il ajoute : « J'attribue ce fait à l'influence du froid sur l'éclosion des stomoxes. Notre hiver a été très long, et les mouches sont encore peu abondantes. » Dans une autre lettre, datée du 11 février 1904 ^, le môme observateur constate que l'épizootie de Maurice a repris violemment, au mopient de l'apparition des stomoxes, et que les animaux récemment achetés meurent en grand nombre.

Musgrave et Clegg ont réussi à transmettre le surra à des singes, à des chevaux, à des chiens, à des rats et à des cobayes, par des piqûres de mouches nourries sur des animaux infectés. Les mêmes observateurs auraient réussi à transmettre la maladie par les puces de chien à chien, de rat à rat et de rat à chien ^

Dans des travaux publiés en 1906, Lingard admet que des tabanides, des hippobosques et des stomoxes propagent le surra parmi les chevaux, les chameaux et les bovidés; il renouvelle son affirmation ancienne que, aux Indes, on trouve des rats infectés naturellement de surra. Tr. Evansi pourrait être transmis du rat au cheval par les puces ^ On sait cependant que les puces s'attaquent rarement au cheval.

L'expérience suivante, faite aux Indes par Leese, paraît démontrer que la transmission naturelle du surra se fait par les mouches piquantes : de six poneys placés au voisinage d'un poney infecté de surra, 4 qui n'étaient pas protégés contre les mouches se sont

1. La dernière lettre que j'ai reçue de M. Deixonne, qu'une mort subite et imprévue a enlevé prématurément à la science, à ses parents et à ses amis. (A. Laveran.)

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